LEÇON XXII
Mélanthacées
l)es Mélanlhîvcôos, nous lirons los nifMlioainonts suivants : Verni mm album, Veratrum viride, Sabndilla, ol Colchicum. De ces médicaments, je peux dire que je suis absolument persuade que Veratrum album et Vcrafrum viride sont très bien compris et, par conséquent, sont facilement employés à propos. Je suis aussi bien persua-dé que Colchicum n'a pas dans la pratique la place qu'il mérite. En vérité, il nous vient de Técole allopathiquc comme un remède hautement recommandé pour la goutte. Nous ne devrions pas cej)endant, à cause de l'abus qu'on en fait dans celte école, tomber dans l'extrêmo opposé, et le négli
grer.
Coi.ruiciM.
J'ai rangé les symptômes de Colchicum sous quatre rubriques: La première, les nerls, comprend les étals typlioïdes et la faiblesse. Vous devez savoir que le médicament tend à produire une grande prostration, el de là vient le grand danger de ladministrér à grosses doses comme on le fait d'une façon routinière dans la goutte et le rhumatisme. Pendant que les paroxysmes douloureux peuvent être ainsi soulagés, il peut se produire un état de faiblesse qui conduit le malade à d'autres et nouveaux dangers. Voyons comment nous pouvons employer cet effet du médicament avec notre loi de guérison. Nous trouvons qu'il est indiqué dans la faiblesse, particulièrement celle qui succède h la perte du sommeil ; par exemple, quand on ne se relire pas aussitôt que d'habitude le soir, de telle sorte qu'on est privg d'une partie de son sommeil ordinaiiy}, et qu'on se réveille le
lendemain malin avec une sensation de fatigue et de mollesse ; on peut à peine mettre une jambe devant l'autre ; Tappétit est parti, et on éprouve dans la bouche un mauvais goût avec des nausées. Donc la faiblesse vient de là ou atteint le système digestif comme résultat de la perte de sommeil. Vous pouvez voir combien cela a de rapports étroits avec Télat de Nux vomica. Il y a, parfois, de Taversion pour toute nourriture ; Todeur des aliments en train de cuire donne des nausées au malade ; il devient irritable, ; toute impression extérieure même petite lui est pénible ; c'est ici précisément comme \ux vomica.
Comme autre forme de faiblesse ou de fu^^vre débilitante, nous Ircuvons Colchicum indiqué parfois dans In fièvre typhoïde. La position de Colchicum dans la fièvre typhoïde est entre Arunicum et Cinchona, D'abord nous trouvons que Tintellecl du malade est obscurci. Quoiq\ie son esprit soit embrumé, il répond encore correctemeni aux questions, montrant qu'il n'est pas dans une stupeur complète. A moins qu'il ne soit questionné i'i ce point de vue, il ne dit rien sur son état, qui ne lui semble pas dangereux. Il n'y a pas cette crainte, cette peur de la mort, qui caractérise certains autres médicaments indiqués dans la fièvre typhoïde. Les pupilles sont largement dilatées, et très imparfaitement sensibles à la lumière. Il y a une sueur froide sur le front : ici vous noterez une ressemblance avec Verairum album. Quand le malade essaye de soulever la tête de l'oreiller, il retombe en arrière, la bouche grande ouverte. On voit ainsi combien les muscles sont faibles dans le cas de Colchicum. Im face a une apparence cadavérique. I>es traits sont amincis et pointus ; le nez semble avoir été pincé ou étroitement serré, et les narines sont sèches et même noires. La langue est lourde ot raide, et n'est tirée qu'avee difficulté. Dans les cas extrêmes, <^lle est bleuâtre, particulièrement à la base. Il y a i)erte presque absolue de la parole, et l'haleine est froide. Il y a souvent des nausées et des vomissements, ces derniers pouvant être accompagnés de renvois considérables. Ces symptômes sont associés à de l'agitation et des crampes dans les jambes. En venant aux régions abdominales, nous trouvons que le corps est <*haud, tandis que les extrémités sont froides. La tympanite est oxcessivement marquée. I>es selles sont aqueuses et fréquentes, et s'échappent involontairement. Tels sont les symptômes qui vous indiquent Colchicum dans les états typhoïdes. Ils ressemblent beaucoup à ceux qui demandent Arsenicum. et Cinchona. Ils ressemblent à Ars. par l'intensité de la faiblesse et à Cin- *"hona par l'état lympanique. Colchicum semble être situé entre les deux, combinant Taeritation et la faiblesse d'.4rs. avec le
234 MATIÈHK .MKI>li:Al.t: fk.IMOl K
tympanisme de (^inchona, Vous iM>toFez qibe los syniplomos île Colckicum sont principalement abdominaux. Oriains dVntre eux suggèrent Vernirum album. Vous (tevez. doï>c placer ce médicament dans voire esprit à cAlé de Colchicum, afin de faire la distinction nécessaire entre les deux.
Carbo veg, va avec Colchicum pour le refroidissement de l'haleine, le tympanisme, et la grande prostration. Mais Carbo veg. semble indiqué quand il y a abamlon des forces vitales* I^e patient reste froid et presque sans pouls. On sent le pouls tout à fait comme un petit murmure sous le doiigt qui lexamine; il n'y a pas de pulsation vériti^ble. ï^es pieds el les jambes andessous des genoux sont froids, ou il peut y avoir du re^froidissemenl des pieds et des genoux, les j)arlios intermédiaires n'étant [)as froides. ï>es selles aqueuses no sont pas si earaetrristiques fie (><//>»» reg,, les évacu4ïtions riant absentes ou, si olles existent, brun foncé et liorribloment fétides.
Nous en arrivons maintenant aux symptômes de /V/Momen. FiO lyni[)anisme et la diarrhée ont déjà été mentiounés. En plus de ces symptômes nous en a\ous d'autres (jui rimiiqiten! fortement conniM» un' renu>de possible dans le choléra. Il y a naugée et vomissement, la nausée semblant provoquée par lodeur des alimentas. Dès que le patient se lève sur fton séant, la n«iusée et les vomissements empirent, l^es matières vomie» s^onl aqueuses et bilieuses. Quand il y a des symptôme» dysentériques, les selles sont fréquentes, aqueuses et sanglantes, et oon^ tiennent des lambeaux qu'on supposait autrefois être des portions de la membrane interne de l'intestin, qu'on sait maintenant être une formation plastique de l'exstidation» \jb tén«sm« est violent, et est suivi de spasme du sphincter anal. Si vous avez un cas de dysenterie a\ec ces symptômes, Colchicum vous sera utile. S'il y a aussi du tympanisme il est d'autant plus in diqué, étant alors de l)eaucoup préférable à Cantharif^. \4ercuriufi, ou tout autre remède de notre matière médicale.
Le troisième chapitre» e.st celui des iiss^us fibreux. Celui-ci nous amène à envisager Colchicum dans le rhumatisme et la goutte. Colchicum a une affinité spéciale pour les tissus fibreux. J'englobe sous ce terme les tendons et les aponévroses musculaires, les ligaments articulaires, et même le périoste. I^e gonflement (ju'il j)ro(biit est soit roug<^ foncé, soit pâle, sans tendance p:jrticulièi*e à la sup|>urntion. e| extrêmement sensible au lojcher, avec une forle îentlance n voyager d'articulation en articuL'ition. Dans le rhumntisme ])i<)|)rement «lit. (-nlchicum est indiqué qujnid il rnmm(»nco <l:uis une fU'ticiilalion et \oy:ige de Ih à une antre, on djins niî côté du corps pour s'envoler en
éuito à Taiilro. L<îs douleurs sont pires le soir. La jointure est extrêmement sensible au plus léger mouvement. L'urine est rouge foncé et rare, absolument comme vous pourriez vous y attendre dans la goutte et le rhumatisme. Vous trouverez de fels malades excessivement irritables. Toute petite impression extérieure, telle que la lumit'^re, le bruit: une odeur foMe, Taflecle, et ?a douleur lui senlbfe insiipportabîe. La seule différonce entre ces symptômes et ceux de la goutte est que, dân^ collo-ct, te gros orteil est pris et rpie les paroxysïYves survkèftuonl la nuit.
Quelquefois nous avons la métastase du rhumatisme ou fie Va goutte à la poitrine. Mc^nie alors Coîrhicnm peut être le remArte. Dans les affections valvnlaires du cfrur et de la périrardite, qui suivent le rhumatisme, il est indiqtié par de violentes douleurs coupantes et aiguiliomiantes dans la jmitrîne, par!^euîi^^enr>enl \ors le cœur, axec grande oppression et dysj)n('M\ Il y a aussi la sensation connue si la poitrine était (*froitenienl serrée par un bandage. i^nlcUicum a luie situation pres<fue iinrque dans Irt goutte et le rhumatisme. [I n\v a pas de remcVle dont l'action lui soit ici égale.
Colchicum est quelque-fois indiqué dans rhtidropisie avec »u[>prossion de Turine. L'hydropisie a particulièrement tendance à apparaître <*omme hydrothorax. L'urine qui sVcoule contient (lu sang et est presque aussi noire que de rendre, et est chari:ée d'albumine. De là vous voyez qu'il est indiqué dans l'hydro-' pisie, qui dépeîvii d'un mal de Bright. Ici il ressemble tout h fait à Lachesis, qui a aussi cette urine noire.
Il ressenïble aussi à Terehitiihina, qui cause de la congesfîoh Hes rein* avec rupture des fins capillaires et, en conséquence, un suintement de sang des reini?. L'urine contient des cylinflres. Elle a un aspect trouble, et un dépôt rougeAtre sale.
Ainsi, vous avez vu quand on peut employer To/cfï/cwm dfins le rhumatisme, quand <lans la fièvre typhoïde, cl quand dans la simple débilité. La prostration dont je vous ai parlé comtne suivant l'abus de Colvhivutn peut é^tre utilisée de cefte manière: Quand, après de fréquentes attaques aiguës de goutte, le malade arrive A tm grand affaiblissement. Dans les affectiotis du fonir CoîrhicUm est étroitement allié à SpiijcUa.
Après l'abus de Cnlchicum, l^pifjelin est le retnède à employer comme antidote.
Veratrum album.
Veratrum album nest pas un médicament difficile à comprendre. Il a élé employé depuis l'époque d'Hahnemann pour le choléra asiatique, le choléra morbus, el les autres affections abdominales. Ses symptômes, sous ce rapport sont bien connus, mais à moins d*ôtre soigneux, on néglige un usage également important du médicament, ses symptx'imes mentaux. Dans l'empoisonnement par Veratrum, il y a très peu de symptômes se rapportant au cerveau. Il semble agir d'une façon prédominante sur les organes abdominaux, agissant probablement par l'intermédiaire des nerfs splanchniques. Quand ces nerfs sont paralysés, les vaisseaux sanguins deviennent surchargés de sang et laissent suinter leur sérum. Sous ce rapport, il est semblable à Elaterium. La prostration, le rc'froidissement, et la terrible sensation de défaillance de Vcralrum viennent entièremenl de ces nerfs. Mais Veratrum peut aussi bien affecter le cerveau. Même alors, les symptômes sont probablement associés au refroidissement, à la faiblesse, etc.
Veratrum album peut être indiqué dans le délire. Ce qu'il faut noter particulièrement, c'est combien, sous ce rapport, il est apparemment voisin de Bellad, Le délire est associé à de l'agitation, du désir de couper et de tirer les vêtements, de la loquacité, et une parole rapide, ardente, à haute voix ; il frappe ceux qui l'environnent : il y a de l'anxiété, de la frayeur de choses imaginaires, de la lascivité, un langage débauché ; il saule hors de son lit el se précipite à travers la chambre comme s'il pouvait en obtenir du soulagement. Tant que les symptômes sont ainsi, c'est avec difficulté que l'on peut les distinguer de ceux de Belladonne et Stramonium. La distinction est ici : Veratrum album a le refroidissement de la surface du corps avec sueur froide sur le front. Quelquefois la face e&l rouge et les lèvres bleues, et il y a des impatiences dans les jambes.
Veratrum album est aussi convenable pour les femmes quand elles semblent avoir des impressions mentales anormales venant d'un trouble dans la sphère génitale ; dans la nymphomanie par exemple. La malade est lascive à l'extrême. Elle se promène à travers la pi^ce, cherchant à embrasser tout le monde. Ces attaques ont spécialement tendance à apparaître avant chaque période menstruelle. Elle prend constamment des poses du caractère le plus outra geux.
^lATlÈRE MÉDICALE CLINIQUE 237
On doit aussi penser à Veratrum quand, après une frayeur, ii y a un grand refroidissement du eorps avec diarrhée. Gels. aussi a la diarrhée après une frayeur. Avec Veratrum, elle est associée à du refroidissement et de la prostration.
Voyons maintenant quelques-uns des symptômes de V abdomen, Veratrum album est indiqué dans les affections des intestins, le choléra morbus, le choléra infantile et le choléra asiatique et dans l'invagination intestinale. Les selles, dans la diarrhée qui demande Veratrum, sont profuses, aqueuses et verdâtres, contenant parfois de petits flocons comme des épinards. Parfois au^si elles sont sanglantes, et sont toujours associées à des douleurs aiguës, tranchantes dans Tabdomen, et aussi parfois à des crampes dans les membres. Il y a une grande faiblesse, et presque une défaillance à chaque effort pour aller à la selle. Il y a des vomissements très peu abondants, écumants. Il existe une sueur froide sur le front.
Dans les différentes affections cholériformes plus particulièrement, Veratrum est indiqué par les symptômes suivants ; vomissements et diarrhée en môme temps, douleurs de coliques dans Tabdomen avec crampes, spécialement dans les mollets, selles prof uses aqueuses, selles eau de riz comme on les appelle. Elles sont accompagnées d'une grande prostration et de sueurs froides, spécialement ou front. Il est inutile de donner Veratrum dans les affections cholériformes s*il n*y a pas de douleurs. Le patient est plus ninl la nuit. L'émaciation est rapide.
Le premier remède à considérer ici en rapport avec Veratrum album est Camphor, (-omme le premier, celui-ci produit du refroidissement et des symptômes de collapsus. Camphor, répond mieux au choléra quand les évacuations sont peu abondantes et les nausées marquées. Quelquefois la lèvre supérieure est tirée en haut, montrant les dents, rendant plus hideuse l'expression nauséeuse de la face. Le corps entier est froid. La voix est criarde ou élevée.
Yatropha curcas produit un tableau du choléra encore plus exact que Veratrum, Il donne des vomissements de matières visqueuses albumineuses avec purgation.
Podoph. ressemble à Veratrum album en ce qu'il produit un tableau parfait du choléra morbus. Il est spécialement indiqué quand le cas est caractérisé par l'absence de douleur. Par là, il ost 1res différent de \ eratrum, I^s attaques surviennent généralement pendant Télé. Les selles sont aqueuses et sortent en «kiat et avec tapage comme leau d'une pompe. Il y a un détîoût marqué de la nourriture. Lrs selles se produisent surtout
I':j8 MATitH!: Mi'iDK au: Cl.lNIOl L
•ai>r(*s luijiuil cl ^n•s lo uiatiii. KlU's sont très variaMos c<*inin<' couleur, tantôt jaunes, tan loi \<îrtes, etc.
11 y a un renièck» qui o$t, à mon a\is, niknix adaiM^» aw malaise frété des enfants que ne lest Verairum. Je \«ux parler ci7n,s rersicolar. l\ produit des synij^lômes infl.ammatoiws marqués. ave<r un« sensation de plaie et d'éeorehure à l'anivs. Ia" fuitient esi, plus mal vers 2 ou 8 heures du matin. Il y a 4es ïmusées et des \ omisse nietits siirs et efuetquefois bUieux. I^»s .selles sont soit aqueuses, ou gris-javu»àtre, et nièlées de biie ou de particules huileuses.
Putsal. est hïidiquée pour la diarrhée après miimit, €-ausé« par Tabus de pâtisseries, ete., ou jmur avoir maa^é de la glaee immédiatement après un repas.
Croion tiglium est indiqué quand les seHes sont jiiuftàtre<> ou vert-jaunâtre, sortant avec \iolenee eomme Teau d'uïie ponî|K?. KUes sont provoquées par lout essai de m«nger ou de boîre.'
Eiaiermm est le remède pour les selles aqueuse* profuses quaud elles sont de couleur \erl oii\e.
J'ai souvent trou\é Vcratrurn album utile |)our la fîiildesse cardiuqne, suivant le^ inaladies aiguës, (|tian(l le muscle ear diaque d(*\ ient si faible <jue lo pouls est filifonn^^. ^a^ malîid<* défaille au Uiouxemenl. rouehé, la tare est rouge : s'il s'assied, elle est d'une pâleur moHoUe. Souvenl Ton liHMne les mains froides cl \is(iueuses.
\'liRATRli.VI \1RM>E.
•(^oi^fue le nom de e<^ médicament r43»s*;Hibl<» à 4*elui (jue nous ve'ïKmç d'étudkr, il ne faut pas en eoochire qu'il produ-it les méines i^ympt-ônje*. Vi'ratnim v truie pi>odui.t lie. la eoiigeslion de la base du eei've^u et ik\ la ])ortiou suj^rieure de la Tiioêile. Il y a aussi une action sur la fonction des pnewfiogaslrUjuen. D'abord il sewvl^le prochiire Vi'mjorg^jneîU des poumons, tout coimfie lïous Je trouvons au (UU)ul de la piieumoïiie. Ceci est associé à un haut degré fVe.triUdion ariêrieliJe. Si ces sym^iô- /«ee 14e sont pas enrayés, il y a du vertige et de la défaillance lor&quoR veut s'a^secxir, des nausées, u»e sueur froide et 4e TortlK>pi>ée, et, en fait, tous les syniptomes de la panilysie du «œur par le surmenage de cet organe. Ainsi, l'on voit que Veratmm virMc fve ]>résente r<mMue un médicament de valeur dans ces \iolentett congestions qui prétrèdonl la prw^unîonie. Il peut même fiaire avorter toute la wialadie.
MATJKIUC MlIDICALli CLÉNioUE 'SVJ
Vci'ulriun i iritlc pruduil «jussi do VwsophaijUc, maladie dans laquelle il peut ùlre indiqué même quand le désordre est \<înu de causes lraumali<iues. U est iudi(|ué par la diffieullé d'avaler el par les douleurs brûlantes et ardentes dans rœsophago.
Dans la choréc, il est aussi indiqué lorsque, en plus des Iremblemenls choréiques, il y a une violente eougeslion des centres nerveux. Donné à une l)«isse dilution il soul.juie la congestion et, par là, les troubles nerveux.
Nous pouvons aussi employer Vcraivum viride dans les convulsions puerpérales» La <'45ng<'s1ion <'é1^ébrale est profonde. La malade est couchée dans un étal semblable à l'apoplexie. Entre les convulsions elle n*est pas consciente, mais est dans un profond sommeil. La face est rouge, les yeux sont injectés, el il v a un violent tressaillement eonvulsif.
bîtfW ccrteMiis cas, (iels. iwus est uliU» quavMJ il y a un élat alourdi , asHaupi, de lesprit.
Saiudilla.
Cuinnie \ cnihiun r(/b«wi, StUKuUHd est un remède uliU' en raison de ses symptômes mentaux. Oji \h^u[ l'employer a\ee succès dans les cas de maladie imaginaire. Par exenij^le, la makde croit <prelie est enceinte qu«iKi <41e est simplement gonflée de gaz. ou hm\ /[u'eHe a une horrible maladie de la gorge <îui va sûi'ement n\o\r une t<»rminaison fatale. .
Thafa a w symptôme : elle s'injagine être double ou triple ; im qu'elle est e« \<u*re, et -qu'i^lle craint tiout le temps qu'on n^ la ca>iâe en la louchant.
Sahadilla e^ utile dans rinfluen/^. H y a de \iolertt« ékTnueniauts spasmodl/fiiefi et des pleurs en aHtint à l'air ; la gorge aussi est atteinte, domjaut un tableau ]>arfait de Vamiiffdnlil&. I4} tlifftculté conuneiu'-e dw coté gauche, el s'(?t^nKl vers ha df*oile: U douliNur eet pire en ai^akuit à vide. O^ielquefoi*; il y a Uï4e îieusation comme d'un fil ou d'un coixlon dans la gorge oii une sensation de constriction dans la gorge, comme si elle était serrée i3tar une ficelle.
iXous pouvons aussi empteyer Sahfuiiïla pour les vers, quand tt y a -êtes «ausées et des vomissenjents a\ec une colique particulière. ciiffiiiUA* si les intestins étai^'Ut enroulés.
LEÇON XXITI
Ménispernfiacées
Les Méiiispormacées ne constituent pas une. très grande famille de plantes, il n'y a qu'un remède qu'on en lire, à considérer pour nous, c'est le Cocculus indicus. Le nom donné à la famille vient de la forme des graines.
CoCCLLLS INDICLS.
Cocculus indicus doit s«(}s propriétés à un principe actif appelé Picroloxine^ ce terme étant dérivé de deux mots qui, combinés, signifient poi&on amer. J ai arrangé la symptomatologie du remède sous deux chefs, les nerfs, et les organes en général. MaintenanI, quelques caractéristiques individuelles que vous puissiez avoir pour un médicament dans un cas individuel, ces caractéristiques doivent cadrer avec les effets généraux du médicament ; autrement vous faites im choix partial. Ainsi, pour Bellad. vous connaissez le symptôme « a sommeil, mais ne peut dormir », qui est caractéristique du médicament. Mais on trouve le môme symptôme avec Cinchona, Ferrum et Apis. Comment distinguer entre eux ? En prenant l'effet général de Belladone comme une base à laquelle les faits particuliers doivent s'adapter.
Donc, nous trouverons avec Cocculus des symptô^mes qui se trouvent a\(»c beaucoup d'autres médicaments, mais avec aucun aulI^e ils n'ont les mêmes rapports qu'ici. Quel est donc l'effet général de (\xculus ? Cet effet est l'action bien connue de la drogue sur le système cérébro-spinal, ayant très peu d'in fluenco sur les nerfs et le syslèine ganglionnaire. Comment
peut-on k découvrir ? Pas très facilement, je Tavoue, mais on oore cela a été fait en étudiant le médicament comme un tout, en essayant de découvrir, par le moyen de la physiologie, 3e la j>athologie, et de toute autre science qui se rapporte au sujcl, sur quelles portions du corps il agit, quelles fonctions il altère, et quels tissus il change. Alors vous avez une forte base pour édifier votre symplomatologie.
Cocculus agit sur le stjstème cérébro-spinal produisant une grande {aiblesse de ces organes ; l'action du médicament sur le cerveau lui-même, je vous l'expliquerai quand j'en arriverai à vous parler de son usage dans la fièvre typhoïde. Nous allons en ce moment considérer le médicament comme affectant la moelle épinière. Il cause une faiblesse paralytique de la moëJlc, et spécialement de ses nerfs moteurs ; ainsi nous trouvons que c'est un remède certain ou fréquent dans la paralysie ayant son origine dans une maladie de la moelle. Il est spécialement indiqué dans ces cas quand la région lombaire de la moelle est affectée ; il y a de la faiblesse dans le bas des reins, comme si cell^ région était paralysée ; elle défaille j>endant qu'on marche. Il y a de la faiblesse des jambes, et par jambes j'entends les extrémités inférieures entières : les genoux se dérobent en marchant ; la plante des pieds semble comme endormie ; les cuisses sont douloureuses comme si elles avaient été battues ; d'abord une main, puis l'autre, s'endort ; quelquefois tout le bras tombe endormi, et la main semble comme si elle était gonflée, ^es symptômes sont à la base de la symptomatologie de tout le médicament ; ils dépendent tous de la faiblesse spinale. Nous trouvons que ces symptômes sont assez communs chez les femmes, avec des difficultés menstruelles, quand le dos faiblit le malin, après des excès vénériens, et aussi par le manque de sommeil.
^.\ v a un symptôme concomitant qu'on trouve presque toujours associé à ceux que je viens de mentionner, et c'est une sensation de vide dans certaines des cavilés du corps, soit dans la tête, la poitrine, ou l'abdomen. C'est plus qu'une faiblesse ; c'est une sensiition absolue comme si ces parties étaient creuses. Parler, fatigue beaucoup ces malades.
La débilité de Cocculus est d'origine spinale. Elle a particulièrement tendance à succéder ti la perte de sommeil ; le patient ne peut se coucher mémo une ou deux heures plus tard que d'habitude le soîr, sans se sentir languissant et épuisé pendant tout k jour suivant.
Que je vous énumère maintenant les symptômes typhoïdes de Cocculus ; sous ce titre, je parlerai de ceux du cerveau. Il ne
MAT. idb. 01 16
"^iZ MATIÈRE MÉDICAXJ:: GLlNlQUE
faudrait pas s'aliendre à trouver Cocculus indiqué quand les changenienls ou les ulcérations des plaques de Peyer sont marqués, ou quand il y a une diarrhée profuse, une pneumonie, ou des complications semblables. Mais dans le type nerveux de la fièvre, quand le système nerveux cérébro-spinal supporte le choc de la maladie, Cocculus devient un des remèdes qui nous aideront pour ce cas. Les symptômes qui l'indiquent sont les suivants : Le malade se plaint d'un grand vertige, qui est pire en étant assis, ou en essayant de changer d'une position couchée à une position assise. Il est souvent associé à de la nausée, de lenvle de vomir, et même de la défaillance. Bryonia aussi a ce symptôme. Tant que Ton considère ce symptôme, il n'y a pas de différence entre Bryonia et Cocculus, mais si Ion examine le cas entièrement, on trouve qu'avec Cocculus c'est la faiblesse des nerfs cérébro-spinaux qui en est Torigine. Il y a une grande confusion de l'esprit ; une sorte d'état d'égarement, de pesanteur, expliquerait mieux ce que je veux dire. Il faut un grand effort pour parler carrément. Dans certains cas, ils ne peuvent pas trouver les mots qu'ils désirent pour exprimer leur pensée. Généralement, ces malades sont tranquillement absorbés dans leurs pensées ; les paupières sont lourdes, connne si elles pouvaient difficilement être levées : Il y a ici un symptcVnie qui rappelle Gelsemiuni, Si le malade est encore assez conscient pour vous décrire son état, il se plaindra d'une sensation de tension du cerveau, comme si tous les nerfs de la tète étaient fortement tiraillés. D'autres fois, il a cette sensation de vide, de vacuité, de cavité dans la têle. Tout essai de remuer le malade produit une faiblesse ou même une défaillance. I^a langue est ordinairement couverte d'un enduit blanc ou jaune ; il y a un goût amer dans la bouche. L'abdomen est très distendu et tympanisé ; cette tympanite de Cocculus n'est pas la même qu'avec Clnchona, Carbo veg,, Colchicum, Suiphur, et mêîne Lycopod,
Il y a beaucoup de causes de tympanite. Elle peut provenir des vaisseaux sanguins, de l'air avalé avec la nourriture, des changements dans la nourriture elle-même et aussi de la rétention de gaz. Ce âernier état est la cause du tym}>anisme do Cocculus, Il ne faut pas y penser comme i-emède quand la flatulence vient de la décomposition de la nourriture, ce qui demande Carbo veg. Cocculus a l'oppression considérable des poumons, cet état étant d'origine nerveuse. Le patient la rapporte ordinairement aux parois de la poitrine. Il est sans sommeil ou au moins les pensées d'affaires se pressent dans son esprit et le laissent dans un état de demi-veille, le faisant, ici
encore, ressembler à Bryonia, Tels sont les symptômes qui noue indiquent Cocculus dans les états typhoïdes.
Le chapitre suivant à considérer est celui des spasmes, Cocculus indiens est utile dans les affections spasmodiques quand le malade est grandement débilité quant au système nerveux cérébro-spinal. La (aiblesse irritahle est Tétai qui donne naissance aux spasmes pour lesquels Cocculus esl le remède. Il est spécialement utile quand les symptômes spasmodiques sont le résultat d'un manque de sommeil prolongé. Nou« trouvons cet état plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes. liCs premières sont aussi plus sujettes à la faiblesse spinale. On peut aussi employer Cocculus pour les spasmes après îa suppression des règles. I^es yeux sont ordinairement fermés pendant ces convulsions, et il y a une rapide oscillation (les globes oculaires saus les paupières closes. Mais la femme doit être d'un tempérament faible, nerveux, ou Cocculus est de moins en moins indiqué.
Sous ce titre « Organes », nous avons encore un mol à dire sur Cocculus, D'abord pour ce qui est du mal de UHe, Il y a (|uelques 'années, il y avait une épidémie de fièvre pourprée dans cette ville. Beaucoup d'enfants en mouraient, surtout dans les premiers jours. Au bout de quelque temi)s, ou <lécouvrit un symptôme caractéristique de cette épidémie, et ^ni était un mal (le tête intense dans la région occipitale, dans la partie inférieure du derrière de la tête, cl de la nuque. I^i céphalée inlensc se manifestait de manières variées. I^s enfants, dans un état de stupeur, la manifestaient en renversant la tôle en arrière, de manière à soulager la tension des iBeini>ranes du cerveau ; d'autres, conscients, portaient leurs rnsLUis derrière la lèic ; |)endaut que d'autres encore, se plaignaient d'une douleur derrière la tête, comme si la région s'ouvrait et se fermait alternativement. Ce symptôme indiquait Cocculus, Il y eut très \)e\i de cas mortels après que l'on employa Cocculus, Les céphalé(*s occipitales sont dures à guérir. Cocculus est un bon remède. Ocfe. en est un autre. Dans le dernier, il y a une congestion artérielle passive, ce qui veut (lir(^ pour moi que le sang artériel arrive librement à une région, le pouls étant plein et arrondi, et non dur et tendu comme a\ec Bellad, ou Aconit. Sou- \ent aussi il y a avec Gels, une jiiirole épaisse.
Un autre remède encore pour la céphalée oc('ipîtale est Jugions calharlica, quelquefois appelée Juglans cinerea. Je le considère comme le meilleur remède pour les douleurs aiguës dans la région occipitale.
Nous avons déjà parlé par anticipation des symptômes de
Cocculus, qui ont Irait aux organes génitaux de la femme. Il y -en a encore d'autres. Les règles sont soit profuses, et venant trop souvent et avec violence, et très débilitantes, ou elles sont tardives comme apparition, et la malade souffre chaque mois de ce qu'on a appelé colique menstruelle. Nous avons pour cet état un petit groupe de remèdes, dont Cocculus, Les autres sont: Pulsatilla et Chamomilla. Je vais décrire d'abord les symptômes de Cocculus. Ce remède est indiqué par une colique, dans laquelle la douleur est comme s'il y avait des pierres aiguës frottant les unes contre les autres dans l'abdomen. Il y a très souvent avec cette colique une distension excessive de l'abdomen par accumulation de gaz. La colique a spécialement tendance à se produire à minuit et à réAciller la malade. Elle est soulagée par des renvois, mais revient par la réaccumulation de gaz- La malade est, en conséquence, irritable.
Avec Chamomilla, le flux menstruel est très foncé. Les symptômes mentaux que je vous ai décrits dans ma leçon sur oe médicament sont nécessairement présents.
Pulsatilla a un flux menstruel rare, venant par jets et à-coups, des douleurs crispantes, faisant courber en deux la malade ; mais la disposition est douce et larmoyante.
Cyclamen est semblable à Puisai.: Il a la frilosité avec les douleurs; une humeur criarde, larmoyante; de la dyspepsie, pire en mangeant une nourriture grasse et de la pâtisserie ; des règles peu abondantes ; des coliques menstruelles. Mais nous faisons la distinction en ceci; Cyclamen n'a pas de soulagement à l'air froid ou dans une pièce froide, et souvent Cyclamen a soif. La ressemblance entre Cocculus et Cyclamen est que les deux remèdes correspondent à un état de dépression du système nerveux cérébro-spinal. Les symptômes de Cyclamen sont ceux-ci : La malade se sent du vertige ; elle a une faiblesse à tout mouvement, est très anémique; et ordinairement plus mal assise. Ces symptômes sont ordinairement, accompagnés de trouble de la vue. Nous trouvons aussi avec Cyclamen cette colique flatulentc, venant de vents dans les intestins, survenant la nuit, et seulement soulagée en se levant et en marchant. Il faut aussi comparer, dans la colique menstruelle Jgnatia et Nux vomica.