LEÇON XXV
SaNGLINABIA KT CflELlDONll m
Avant de procéder à noire étude de Sanguinarla, je \eux dire qu'il y a une vari<^té de pavot croissant au Mexique, et appelée Argemone mexicana. On l'emploie au Mexique tout à fait comme nous employons TOpium. Il cause des éruptions cutanées et a été employé pour lexpulsion du lœnia. Le jus de la plante, collecté cl desséché, a beaucoup rapparonce de la gojnniegulte. Je le mentionne, non que cela ait de Timportimce, mais coumie une information qui peut Hre utile à l'occasion.
Nous allons maintenant entreprendre Télude d'un autre membre des Papavéracées, le Sarujuinaria Canadensis, ou racine de sang.
r'esl une planU^ qu'on reconnaît facilement par le caractère de sa racine, qui, loi-scju'on la coupe, est rouge, et laisse exsuder un liquide ayant l'apparence de sang : c'est pourquoi on a api)elé la plante racine de sang. IjCs graines de Sangiiinaria sont narcotiques. On peut voir une ressemblance entre lui et Opium, non daiis l'état complet de sa symptomatologie, mais une ressemblance suffisante pour le placer à côté de YOpium : il y a <^e|>endant des différences assez grandes pour qu'il n'y ait pas de danger de confondre les deux médicaments. Daas \i\ narcose extrême de Sanguinaria, nous trouvons de la langueur et de la torpeur, des pupilles dilatées, avec un trouble de la vision et un pouls irrégulier. I^s symptômes ressemblent à ceux (|ui suivent l'empoisonnement par le Slramonium.
Sanguinaria est en premier lieu un irritant, qu'il soit pris dans la bouche, appliqué sur la peau, ou charrié par le sang vers les autres tissus.
Donc, comme effet primitif cl le plus important, de la drogue, nous avons Tirritation des tissus. Par exemple, le cerveau est irrité par Sanguinaria. Cela est mentionné d*abord à cause de l'importance prédominante de tous les symptômes mentaux,
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qu'ils soient d'ordre émotif ou intellectuel. L'anxiété est presque toujours présenle iivec les symptômes de Sanguinaria. LVtle anxiété, cependant, n est pas un symptôme isolé. Elle apparaît donnant une qualilicatioii aux maux de tête, aux malaises gastriques, aux symptômes -du cœur et de la poitrine, et, en fait, à tous les états dans lesquels Sanguinaria est applicable. Comme presque toute anxiété, elle est accompagnée d'irrégularités ou de troubles de la circulation. Il y a aussi une /mhibiliié de caractère, qui rend le patient morose, irritable, de mauvaise humem' ou excitable. Nous notons aussi que les oreilles sont irritées par la drogue. Primitivement, Tirrilation vient de l'action irritante sur la circulation. Elle cause une rougeur (fc l'oreille externe, avec bourdonnement et rugissement dans les oreilles, à cause de raccroisscment de la circulation sanguine à travers les tissus de l'oreille. Elle produit aussi une hyperexcitalion des nerfs auditifs avec, comme caractéristiques, les symptômes suivants : sensibilité douloureuse, spécialement aux bruits soudains ; sensation comme si la malade était dans un wagon ou dans un véhicule remuant et bruyant, avec une sensation comme si toutes les personnes qui l'entourent parlaient vite et confusément ; la malade désire être tenue pour éloigner cette sensation nerveuse vibratoire à travers son corps.
Ainsi l'on voit l'effet irritant primitif sur l'oreille réfléchi à Iravers le système nerveux entier, produisant ces symptômes qui î*<>nt communs chez les femmes vers la ménopause. Saiiguinat'îa est équivalent à Glonoïn dans ces cas.
('e désir d'être soutenu nous rappelle celui de Gelsemium, <!ui a la maladie de cœur avec tremblement de tout le corps <'l désir d'être tenu.
Nous arrivons maintenant aux symptômes du nez. Le sens «le l'odorat est ordinairement accru : aussi nous notons une sensibilité particulière aux odeurs, qui fait que le patient se sent «l^faillir. Ge n'est pas un symptôme rare dans le « rhume de rose ». Il appartient aussi à l'hystérie, et place Sanguinaria «« (ôlé de PhosphoruH, hjnaiia, Valériana, Nux vomica, et les r^^mèdes semblables.
Maintenant nous en venons aux troubles de la circulation. .Vous trouvons que ceux-ci se manifestent d'abord par le verlige, un flux de sang à la tête se produisant avec ce vertige ; la patiente se sent mal à l'aise et défaillante, comme si elle allait tomber quand elle essaie de se lever de la position assise.
Nous avons aussi les troubles circulatoires représentés par le mal de tête nauséeux, spécialement dans cette forme assez
commune en Amérique, pour avoir reçu le nom de migraine américaine. Le patient souffre d'un flux de sang à la tête, qui cause de la défaillance et une nausée prononcée, la nausée allant même jusqu'au vomissement. Les douleurs, qui sont d'un caractère violent, commencent dans la région occipitale, s'étendent de là, sur la tête, et s'établissent sur l'œil droit. Elles sont d'un caractère aigu, lancinant, et quelquefois battant. Au summum de la maladie, la patiente ne peut supporter ni bruits, ni odeurs. Il faut remarquer l'effet sur les nerfs auditifs et olfactifs. Elle ne peut supporter que quelqu'un marche dans la pièce, car le plus petit craquement lui fait maL Quand le mal de tête atteint son acmé, des nausées et des vomissements s'ensuivent, les matières vomies consistant en nourriture et bile. La malade est forcée de rester tranquille dans une chambre obscure. Elle n'a de répit que lorsque le sommeil vient la soulager. Quelquefois la douleur est si violente que la malade perd l'esprit, ou cherche du soulagement en pressant sa tête avec ses mains ou en l'enfonçant dans l'oreiller. Telle est la migraine de Sanguinaria au complet. Le médicament n'est pas seulement un palliatif, mais il guérit.
Si l'on étudie Sanguinaria avec les remèdes concordants, on voit se présenter à l'esprit surtout Belladonna comme affectant le côté droit, ayant des douleurs battantes, de la congestion cérébrale, et de l'intolérance de la lumière et du bruit. Vous voyez que les deux remèdes sont très semblables. Parlant pratiquement, Sanguinaria est le plus utile des deux dans la forme gastrique. Avec Bellad., on trouve presque toujours les pieds froids avec la tête chaude, ce qui peut n'être pas nécessaire- • ment présent avec Sanguinaria. De plus, la malade de Bellad, n'est pas soulagée en se couchant, mais en s'asseyant droite, appuyée, tandis que Sanguinaria a le soulagement étant couché. Enfin Bellad. n'a pas, d'une manière si caractéristique que Sang., la direction des douleurs ; c'est la douleur venant de l'occiput sur la tête, qui n'est pas tout à fait si marquée avec Bellad. qu'avec Sanguinaria.
Melilotus, une variété de luzerne, produit une très violente congestion cérébrale a\ec mal de tête, qui amène le patient presque à la fureur. Il semble absolument au malade que le cerveau éclaterait à travers le front. La douleur battante est presque aussi violente qu'avec Glonoln. Dans une expérience de ce médicament, une dame eut ce mal de tête congestif avec prolapsus utérin et violente palpitation de cœur.
Une autre drogue à rapprocher étroitement de Sanguinaria est Iris versicolor. Ce médicament est utile pour les migraines,
partkulièremenl quand l«ur apparition est périodique, revenant, j>ar exemple, tous les dimanches. C'est parce que l'effort des six jours précédents a cessé et qu'alors le malade ressent les effets de cet effort, et a cette migraine. Il s'applique particulièroinent aux maîtres d'école, aux professeurs de collège, aux éludiants, etc. Les douleurs sont intenses et d'un caractère batlaul, et supra-orbilaires. Elles affectent souvent les yeux et ciusent une cécité temix)raire. Au summum du mal de têle, des \omissements se produisent souvent, les matières vomies étant amères ou sûres^ ou les deux.
Je veux aussi mentionner Paullinia sorbilis. Celui-ci a une ]>elite histoire. 11 y a quelques années apparut un spécifi(juo, sous forme de pilules, pour la migraine, et dont le principal ingrédient était ce Paullinia. Il se montra un remède efficace. L objection que je fais à ce médicament, est qu'il doit être employé à fortes doses, et en conséquence, je ne pense pas qu'il a une vraie relation symptomatique avec l'état pour lequel on l'a recommandé. On dit que son principe actif est identique à la Caféine et à la Théine.
Continuant notre étude des effets de Sanguinaria sur la circulation, nous trouvons qu'il est quelquefois indiqué pour les hémorrhagies^ pas très fréquemment, il est vrai, mais cepen- <iant quand les symptômes l'indiquent, il faudrait- y penser. Il est spécialement indiqué dans la métrorrhagie survenant à la ménopause. Le sang est rouge brillant, caillé, et souvent fétide. On doit spécialement l'employer quand la métrorrhagie est accompagnée de la forme de migraine que j'ai décrite, et I>ar les flux à la face, et les flots de chaleur qui se produisent ou changement de vie des femmes. La face devient écarlate. Celte couleur vive s'en va avec la sueur et un sentiment de fiéfaillance, de faiblesse, de mal de cœur. Ici donc, on peut (>lacer Sanguinaria avec Glonoln, Niiriie d'amyle, et Lachesis. ^ ^ flux menstruel de Sanguinaria est rouge brillant, caillé, et fétide, devenant plus tard foncé et perdant sa fétidité.
In autre fait encore qui montre ces irrégularités de la circu- '•Jtion est l'application de Sanguinaria à la phtisie floride. En ^'éUillant les symptômes qui indiquent ce remède dans la phti- ^i<* floride, je mentionnerai aussi le caractère de la toux et aussi • ^application du médicament à la pneumonie, parce que les ^vmptômes dans chaque cas sont semblables bien qu'apparte- "■îr^l à des maladies différentes. On trouve le patient souffrant •J^ fièvre hectique. La fièvre survient habituellement vers 2 à i heures de l'après-midi : les joues ont un flux rouge circons- ^^'t- La toux est ordinairement sèche d'abord et semble excitée
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par un chatouillement ou un fourmillettient dans le larynx el la pot-lion supérieurtî de la poitrine, probablement daiis la trachée et peut-être dans la partie supérieure des tubes bronchiuues. 11 y a beaucoup de brûlure et de plénitude dans la partie supérieure de la poitrine, comme si elle était trop pleine de sang, ce qui existe en réalité. Le malade se plaint de douleurs aiguës , piquantes, spécialement dans le poumon droit et dans la région du mamelon. Ces douleui*s sont de toute probabilité myalgiques. Les muscles de la poitrine sont, par «îonséquenl, douloureux. Il y a aussi une grande dyspnée.. Ainsi, de bonne heure dans la maladie, Sanguinaria, en calmant la cii'culation, en éloignant la congestion de la ï)<>itrine, en diminuant la fièvre hectique, samerâ votre maUuU; de ce qui se lermin^îrail l'atalcment en quelques mois.
(Juand la i)ncumonic doinande Safitjuifiaria, nous a\iHib, «ji plus des syin[>tônies déjà mentionnés, les crachais rouilles avec la toux (ainsi qu'on la tr0uvx3.au slade <i'hépatisation roug(î), uno dyspnée très inUMise, les mains el les pieds étant d^uiie ihahnir brûlante, ou, in\*'rsement, i'roidos. Ouel(|ucfois, mcinr avant cpie rijiU'nsilô do Thépatisation l"rxj)li(|U(\ il y a défaillanctî de l'action cardiatpu*. L'action cardiaque devient faible el irrégulièiH^. Il y a un<î sensation <le faihless^î, <le défaillance v<m*s le cœur. Li» patienl esl déprimé. 11 est couvert de sueur el souifj-e de nausée.
Les congestions localisas sont assez fréquentes dans la symplohiatologiiî de Sangninaria. On a vu comment il cause la congestion cérébrale, la rougeur circonscrite des joues, etc. On peut aussi l'employer pour une toux tracassante, qui force le malade à s'asseoir la nuil. La toux cesse dès que le malade laisse passer des gaz intestinaux. En même temps que celte forme de refroidiss<Mnenl, il y a une sensation coiinne d'un courant chaud venant de la poitrine à l'estomac. La maladie j)eut être transportée de la poitrine h leslomac, toute la difficulté se terminant par de la diarrhcVe.
Sanijuinaria ressembla à [)lusiours médicaments pour la pneumonie. Il a une ressi^nhlance avec Veratruni turide pour 1 engorgement des ]X)umons et j)our l'intensité des symptômes. Verairum viride a, i)lus marquée (jue Sanguirmria, IVxcitatîon artérielle. Jusque-là, l'hépatisiUion ne s'est pas produite. Si on donne alors VvTaîmm viride, il apaise le pouls, réduit la congestion et modifie la pneumonie. Il ressemble aussi à Sangiiinaria, quand l'engorgenienl est assez profond |)our menacer de mon le malado. Le ])ouls dénient rapide et Irémulanl, la face livide, 0! Ion trouve tous les symptômes d'une paralysie
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mê&âçanie dés poumons. Quaud rhépatisaticii sosl produite,
VeraJinim viride n'«sl pas indiqué.
Phospharus ressemble à Sanguinaiia dans la pneumonie. J'en
mentionnerai les symptômes eii parlant de ce médicament. Ardim, tari, ressemble à Sanguinaria quand la face devient
livide, le SAng est surchaiTgé d'acide carbonique, il y a une toux
bruyante, etc.
Sulphur ressemble à Sanguinaria dans le stade de résolution quand le pomnon hépatisé ne se dégage pas convenablement et que les crachats devieiment pui-ulents. Dans ces cas, Tun ou l'autre remède est indiqué, Sanguinaria étant préférable quand l'expectoration est très fétide, même pour le patient lui-même. Revenant à Sanguinaria et passant en revue son action sur les muqtieuses, nous voyons qu'il a U4i v-ff^t hautement irritanl, causant d'abord une extrême sèchtresse, qu'il s'agisse de la cou jonctive, de la muqueuse buccah», ou de toute autre muqueust». .Vlternant avec cette sécheresse et indi(|uant le médicament dans ime autre phase du cas, il y a de l'avivement avec brûlure, comme si les muqueuses étaient dépouillées de leur épithélium. C'est assez commun dans les catarrhes. On trouve le nez douloureux et excorié avec un coryza fluent excoriant. La toux est telle que je l'ai décrite et semble dépendre de la sécheresse on de l'irritation des muqueuses.
Quand la muqueuse laryngée est affectée, nous avons des «ymj>iômes très pénibles. Il y a de l'aphonie, et, en plus, une sensation de gonflement dans la gorge, comme si le malade allait étouffer. Sanguinaria est indiqué dans le catarrhe laryngé, que œ soit dans la phtisie ou dans un simple rhiune ou un refroidissement.
Le croup pour lequel nous pouvons employer Sanguinaria eei un croup dans lequel il jjeut y avoir formation d'une fausse membrane av^c sécheresse, sensatioji de brûlure et de gonflesnent dans la gorge, et une toux crou^uile métallique, qui ne peut être caractérisée par d'autres mots que respiration ron~ fiante et sifflante. C'est trop aigu pour être seulement ronflant et trop humide pour être seulement sifflant. Si s'est accompa gué de sécheresse et de brûlure, et quelques-uns des autres symptômes catarrhaux, Sanguinaria guérira rapidement toute la maladie.
Quelquefois il y a de l'ulcération de la muqueuse avec les symptômes qualificatifs déjà mentionnés.
Un autre effet sur les muqueuses est la formation rfe polypes. On peut les trouver dans le nez ou sur toute autre partie du corps. Sanguitiaria est spéciiUeinent utile pour les polypes mu-
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queux, quand ils saignent d'une façon profuse. Quand ils surviennent dans le nez, ils sont accompagnés de la forme de coryza déjà rapportée. Il y a aussi une salivation profuse, montrant que le médicament irrite les glandes salivaires.
I^ peau est aussi atteinte avec Sanguinaria, Il produit de Tacné de la face, particulièrement chez les femmes qui ont une menstruation peu abondante et sont sujettes à des irrégularités de la distribution du sang.
Enfin nous trouvons que le médicament affecte les muscles, les enflammant, et donnant un tableau du rhumatisme musculaire aigu. Les douleurs sont erratiques, aiguës et [)i(iuaiite? avec grande sensibilité et raideur des muscles, spécialement ceux du dos et du cou. Sanguinaria montre une affinité particulière pour le deltoïde, droit. Les douleurs sont intenses. Sanguinaria a la même relation avec le deltoïde droit que Ferrum avec le gauche.
Chelidonium Majus
Je serai bref dans mes remarques sur Cholidonium, n'ayant pas le temps d'épuiser ce médicament. C'est un remède unique, possédant des points de ressemblance avec ses congénères, Sanguinaria et Opium, et aussi avec Nux, Mercurius, PhosphoruSj et Kali carh, La plante sécrète un jus jaune, acre, amer, qui, appliqué localement, produit l'inflammation et même la vésication. La principale valeur de Chelidonium vient de son action sur le foie, le poumon, et les reins.
Le malade a de la dépression mentale, de la tendance à pleurer, mais sans en savoir la cause ; il est agité, obligé de remuer de place en place, avec angoisse mentale ; mal de lêle, avec refroidissement s'étendant du cou à l'occiput; la tôle est si lourde, qu'il peut à peine la soulever de l'oreiller ; pression dans l'occiput vers l'oreille gauche. Il peut être indiqué dans beaucoup d'affections du foie, depuis la simple congestion, jusqu'à la véritable inflammation. Il produit des douleurs dans Thypochondre droit, selon toute la gamme, depuis une simple sensibilité jusqu'à la variété la plus intense de douleurs aiguës, piquantes, qui frappent depuis le foie jusqu'à l'estomac ou dans le dos, depuis la face postérieure du foie. Il y a une douleur marquée sous l'angle de l'omoplate droite. C'est la clef de l'emploi du médicament dans les maladies du foie. En plus do ceci, vous avez les symptômes hépatiques habituels,gonflement du
foie, frissons, fièvre, jaunisse, langue couverte de jaune, goût amer dans la bouche, langue gardant Tempreinte des dénis, comme on la trouve avec Mercurius cl désir ou goût du lait, qui plaît d'une façon exceptionnelle. Il y a aussi ordinairoincnl du désir des choses acides ou sûres, comme les pickles el le vinaigre. Les selles sont caractéristiquemenl profuses, jaune brillant et diarrhéiques, ou elles peuvent être argileuses. Tels sont les symptômes de Chelidonium, et ils sont très définis.
Je vais vous dire comment les appliquer. Vous iK)uvez employer le médicament dans le simple état bilieux ; dans la congestion ou rinflammation hépatique, et aussi dans la pneumonie avec symptômes bilieux, dans ce qu'on a appelé la pneumonie bilieuse. Je vous donnerai les symptômes l'indiquant (lai»s celle dernière affection.
Cette douleur sous l'angle de lonioplate droite de Chelidonium fait penser à des douleurs d'un caractère analogue qu'on trouve avec d'autres médicaments.
Chenopodium a uno douleur profonde plus bas que l'angle de l'omoplale droite el plus près de la colonne vertébrale.
Rananculus bulbosus a la douleur le long de tout le côté interne de l'omoplate gauche s'étendant quelquefois au-dessous de son angle inférieur et à travers le côté gauche de la poitrine.
Lobelia syph, a la douleur sous le bord interne de l'omoplate gauche (non au-dessus), pire après avoir pleuré.
Angustura a une douleur aiguë coupante venant juste d'audessous de l'omoplate droite vers le sein, près du mamelon.
Brijonia est très semblable à (-helidonium dans les affections liépatiques. Les deux remèdes ont des douleurs aiguës piquantes, les deux ont la douleur au-dessous du plat de l'épaule droite, les deux ont un goût amer dans la bouche, et la langue «ouverte de jaune, et les deux ont le gonflement du foie. Mais Bf'yonia diffère par ses selles qui sont soit dures, sèches et brunes, ou, s'il y a du relâchement, sont pulpeuses et profuses ^f accompagnées d'une colique tout à fait semblable à celle de ( oloc. Quelquefois les selles ont une odeur de vieux fromage.
^ycopodium, qui offre de la ressemblance avec Chelidonium, se différencie facilement, spécialement par les borborygmes dans l'hypochondre gauche, par le goût sûr plutôt qu'amer, rc vomissement sûr, la sensation de plénitude après avoir pris "6 petites quantités de nourriture, et le caractère des douleurs, ^1 sont profondes et vives avec Lycopod., aiguës et lancinantes avec Chelidonium,
On peut employer Chelidonium dans la névralgie de la (ace,
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L^'s douleurs vont de Tos malaire droit dans les dents ou dans l'œil; ou la douleur peut être localisée dans les nerfs supraorbitaires. Cette névralgie ne se rapportera à Chelidonium, cependant, que s'il existe quelques-uns des symptômes hépatiques du médicament. C est nn«e prosopalgie névralgique dépendant du désordre hépatique et non idiopathique.
Chelidonium est utile, comme je l'ai déjà dit, dans la pneumonie bilieuse. Il est aussi indiqué dans la bronchite capillaire des enfants quand ces symptômes hépatiques existent, spécialement quand elle succède à la rougeole ou à la coqueluche.
T. a face, dans ces cas, a tendance à être profondément rougo. Il y a une grande oppression de la poitrine comme lo montrent les efforts de respiration et les battements d'éventail des ailes du nez (symptômes de Lycopod,), un pied chaud et l'autre froid (symptômes de Lycopod,) et une douleur piquante sous l'omoplate droite. La toux est ordinairement grasse et bruyante. I/expectoralion est difficilement détachée.
Mercurius est quelquefois indiqué dans la pneumonie bilieuse. Il diffère de Chelidonium par le caractère des selles plus que par autre chose. Ijos selles de Mercurius sont glaireuses et accompagnées de grand ténesme avant, pendant et après la selle, tandis qu'elles sont tout à fait libres avec Chelidonium. L'expectoration de Mercuriufi a tendance à être striée de sang, et il y a des douleurs aiguës frappant à travers la partie inférieure du poumon droit dans le dos. Ce dernier symptôme peut se trouver aussi avec Chelidonium.
Aniim. tart. a la peau jaune, ainsi que l'urine, les vomissements, etc. (dans la pneumonie bilieuse), des picotements, sous les fausses côtes droites, des crachats tenaces jaunes écumanls, du bruit dans la poitrine avec suffocation, des mouvements d'éventail des ailes du nez, une grande oppression, de violents battements de cœur.
Kali carh. est un médicament souvent oublié dans la pneumonie. Il nest pas indiqué au commencement, mais plus tard, quand il y a une copieuse exsudation dans les poumons avec grand bruit de mucus i>endant la toux. I>es symptômes sont pires vers 2 ou 3 heures du matin. L'expectoration contient de petits globules de pus. Il peut mc^me y avoir des symptômes de cyanose avec gonflembnt de l'une ou des deux paupières.
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