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LEÇON XXVI

Cucurbitacées

Nous conimoiicons aujourd'lnii nolro éludn des CucurhilacOcs. Cet ordre nous doiuie de (') à S médicaments, el aussi des sid)$taaces <M)inoslibl-es. Parmi ces d<Tnières sont le melou d'eau, le cantaloup, et le concombre. Ixîs graines de quelques unes ont des propriétés diurétiques, et celles du melon d'eau ont été employées .pour guérir des vers.

Des substances médicinales obtenues de cette famille, noue pouvons dire que toutes agissent surtout sur le tube digestif. Elles agissent probablement en paralysant les nerfs ya&o-moteurs de l'abdomen. Elles prodiiisent des douleurs crispantes, une diarrhée aqueuse en coup de canon. Ce dernier symptôme est surtout prédominant avec Elatcrium.

Enumérons maintenont ces médicaments :

Colocynihi^ cucumis.

Bryonia alba.

Cilrullus (melon d'eau), grain<*s diurétiques.

(7ucurbita.

Momordica balsaminn. Flatulence.

Elalerium momordicq. Intestins et fièvre.

IjC cinquième sur la liste est Momordica bahamina ; de celuici, nous n'avons guère qu'un symptôme caracléristique, et c'eaf l'a^jcumulafion de gaz dans l'angle splénique du côlon. C'est une chose très utile à cx)nnaître. Par exemple, si, dans le cours d'une maladie plus ou moins chronique, ce seul symptôme devient très gênant, et que vous ne' vouliez pas détruire l'action du médicament que vous administrez, vous interposez simplement une dose de Momordica, qui enlève le symptôme et vous perniel de continuer le traitement comme avant.

EJaierium^ un autre membre de la famille, a été employé principalement, dans notre école, dans une forme particulière de diarrhée. Comme toutes les . Cucurbilaciies, il agit a\ ec force sur le tulHî digestif produisant une soudaine et énorme effusion

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de sérosité dans les intestins. Ainsi il cause une diarrhée aqueuse, les selles fusant au dehors d'une façon très profuse. Le symptôme caractéristique du médicament, celui qui vous le fera choisir dans le choléra infantile,ce sont les selles aqueuses d'une couleur vert olive, sortant avec éclat. Ainsi, vous le voyez, il est comparable à Cvninn Utjlium, Pndnph,, et Verairum album. et les remèdos de ce type.

On le distinguo farilenuMil de Croion lujlium, qui répond k une diarrhée aqueuse, j)rot'use, jaune, cpii se produit chaque fois que le malade niango ou boit.

Podoph, a, connue on sait, l'aggravation matinale qui le distingue.

Les autres remèdes appartenant aux Cucurbitacées sont le CUrellus, ou melon d'eau; le Cucurbita, ou courge, dont les graines, eomme celles du potiron, ont été employées pour le taenia, Co/or., et Brtionia alhfi^ ces <leu\ derniers, iVnue grnnde.im|M»r la née.

CoLOCYNTHIS CUCIMIS I

Le Cotocynihis cucumis nous fournit une gourde de la taille d*une orange environ avec une surface unie vert marbré. Desséchée, elle apparaît d*une couleur brunâtre. Elle est importée de Syrie et de Turquie. Cependant, souvent on la trouve sur le marché, desséchée, ayant Tapparence d'une balle moelleuse, pleine de graines, et très légère. Elle est inodore, mais a un goût très amer.

Comme les autres membres de ce groui>e, Co/oc. cause une violente irritation intestinale, d'abord des évacuations aqueuses, puis du mucus et du sang. Les douleurs sont atroces,crispantes, coupantes, etc. Mais ce n'est pas tout. Cette drogue affecte aussi puissamment le système nerveux, d'où viennent ses heureux effets dans le traitement de névralgies variées. Dans ses symptômes nerveux, Coloc. est étroitement parent de Dioscorea villosa.

Allant plus loin, ce remède si longtemps restreint au soulagement de la colique seulement, a fait des guérisons dans certaines maladies ovariennes profondément implantées, telles quo des tumeurs ovariennes. Co/oc. agit directement sur les ovaires, et aussi sur l'épididyme. C'est une erreur de dire, comme on l'a fait autrefois, qu'il ne peut causer une action inflammatoire; car dans un cas d'empoisonnement l'autopsie trouva des intestins nouvellement agglutinés, montrant ainsi un exsudât inflammatoire. Il est indiqué dans les affections des ovaires par des

douleurs piquantes, comme par une aiguille profondément enfoncée dans la région ovarienne droite, et des douleurs de crampe soulagées en se courbant ou par la pression.

Deux cas de tumeur ovarienne ont été rapportés comme guéris par Coloc. sur ces symptômes.

Je me rappelle bien avoir guéri une dame de colique ovarien- 110 dont elle avait souffert trois ans, avec Coloc, I^s douleurs flans ce ras étaient d'un caractère crispant et étiiient soulagées on se courbant en deux. Il n'existait aucun changement organique.

Examinons maintenant Faction de Coloc. sur Vabdomen et son contenu avec ks symptômes concomitants. Goût amer persistant ; soif violente ; éructations à vide ; nausées ; vomissement d'un liquide amer ou de nourriture ; douleurs crispantes qui forcent à se courber en deux ou à appuyer fortement sur l'abdomen. C^îtte crispation est la caractéristique bien connue du médicament, et l'indique, qu'elle soit d'origine locale ou réflexe, qu'elle vienne de gaz, d'indigestion, ou de refroidissement ; ou qu'elle résulte de \iolentes émotions, comme dans ce qu'on a appelé colique nerveuse. Les selles peuvent être fluides, copieuses, fécales, flatulentes cl pulpeuses ; ou glaireuses et sanglantes et précédées d'un violent ténesme ; mais dans tous les cas il y a cette crispation qui, plus souvent, précède la selle et est ensuite soulagée. Quelquefois, cependant, elle continue après la selle. Ces évacuations sont provoquées par la plus lépère nourriture ou boisson, comme l'est aussi la douleur. Dans oertains cas la crispation se développe en douleurs coupantes, poignardantes, qui s'étendent à tout l'abdomen et descendent dans le pelvis. Elles sont soulagées par l'émission de gaz ou I)ar une selle. Cette pression de gaz peut incommoder la vessie, le soulagement, cependant, suivant à l'instant les borborygmes, L'urine est fétide et laisse déposer un sédiment muqueux.

Laissant Coloc, pour un moment, nous allons maintenant le comparer avec quelques-uns de ses remèdes concordants.

Dans les mauvais effets de la colère, Coloc, est étroitement alliée à Chamomilla et Staphysagria, et de plus loin à Causticum. Il ressemble à Chamomilla pour la violence de ses émotions. Les deux médicaments peuvent être employés chez les enfinls quand de violentes émotions produisent des crampes et même des selles bilieuses. Chamomilla diffère de Coloc. par la violence de ses symptômes congestifs, sueur chaude sur la tête, etc., etc. Le tempérament caractéristique de Chamomilla vous aide aussi à vous décider.

^taphysoffiia doit être quelquefois substitué à Coloc. dans I<'s effets d'une vive émotion chez les femmes et les enfants

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quand les violentes crampes abdominales ne sont pas soulagées

par ce remède.

Pour ses symptômes abdominaux el gastro-entériques, il faut le comparer à Aconit,, Veratrum album, Bovista, Croion Hgliurriy Elaterium et Mercurius.

Veratrum album a les douleurs abdominales forçant le malade n se plier en deux, mais il doit marcher pour avoir du soulagement. Il a aussi la sueur froide sur le fropt. Il s'applique spécial-ement à Tiléus ou à l'invagination intestinale.

ï^ colique de Bovinia est soulagée en fte courbant en de\ix après avoir mangé. Ivurine est rouge.

rro^nn tiglium a oes douleurs avec une profuse diarrhée aqueuse. Les selles sont jaunâtres, brunâtres ou grises, et profuses, sortant avec éclat comme l'eau d'une pompe. Elles sont aggravées après avoir mangé.

Comme le montrent les symptômes, Coloc. est un remède quelquefois nécessité par les dérangements de l'été et dans \^ dysenterie. Il diffère de Croton iiglium, qui a des sellas quand le patient mange ou boit, en ce que ces évacuations sont profuses et aqueuses, et éclatant comme l'eau qui sort d'une pQ^lpe, Elaterium encore change le tableau en produisant des selles vert olive, profuses et éclatantes.

Croton tigl,, il est vrai, donne les selles vertes, mais elles sont d'un vert brunâtre. Coloc. diffère de Mercurius parce que le ténesme, etc., cesse après la selle avec Coloc. Il diffère aussi de Nux vom. en ce que, bien que la douleur cesse après la selle avec Nux, les évacuations sont peu abondantes et qu'il y a un fréquent besoin inefficace.

La crampe déjà décrite n'est pas, avec Toloc, confinée au tube digestif. \ous pouvons employer le médicament avec confiance quand la crampe atteint la vessie dans certaines formes (h strangurie ou de spasme de ce viscère, et aussi dans la coli- ([uo menstru<'lle, qu'elle soit utérine ou ovarienne. Tout co qui est demandé esl (|uo l'élément nerveux doit prédominer l'inflam n.iatoire. avec le soulagement en se courbant en deux et par une forte pression extérieure.

Trans[)<)rtant celte action nerveuse du médicament au système volontaire, au système cérébro-s[)inal, nous trouvons des symptômes comme les suivants : douleurs forantes, tirantes dans la tète, piquements i>erforanls, douleurs aiguës coupantes dans Jes irlobes oculaires et s'étendant de là dans la tête ; pires au repos et en se baissant, et améliorées par une pression ferme et en se promenant ; l'œil, quand on se baisse, semble sur le point de tomber ; larmes acres, profuses. Ces symptômes suggèrent Coloc. comme remède dans les maux de tête goutteux et bilieux.

et aussi dans les douleurs intenses de ririlis, de la névralgie ciliaire et du glaucome.

Ici on peut comparer Chamomilla, Cedron, Spigelia, et Prunus spinosa.

Chamo. aussi a le mal de tête tirant du côté gauche, suite de colère, état bilieux, etc., mais il a une face plus rouge, une sueur brûlante, etc.

Cedron a les douleurs périodiques vers les yeux ; cVst ordinairement, cependant, supra-orbilaire, et |>oul-(^lro <rorigine malarienne.

Spigelia est très semblable à Cnloc. L'œil semble trop grand: les douleurs sont en coup de poignard, tirantes, et radiante; elles sont aggravées par la pression et lo mouvement; Co/oc. trouvant le soulagement en se promenant dans une cliambre diaude, et par la pression.

Prunus spinosa a dos douleurs plus j)n*ssantes : une sensation comme si les parties étaient press('»es Tune contre l'autre.

Coîoc. s'est montré utile dans les maladies do la hanche, spéoialement du côté droit : |)iquements profonds en marchant, obligeant à s'arrêter ; suivis de lourdeur et de sensibilité <les parties affectées; douleur de crampe comme si les parties étaient serrées dans un étau ; se couche sur le coté malade avec le genou replié. En étudiant ces symptômes nous voyons aussi l'application du médicament à la sciaiique ; do\deurs s'élendant en bas le long du sciatique, vers le genou ou même vers le talon, aggravées par tout mouvement, li/es attaques de douleur sont suivies d'engourdissement de toute la jambe et de pa- ''âlysie partielle. Si le cas est de longue durée, la nutrition du nombre est défectueuse. Quelquefois les crampes dans la jambe ^"1 si intenses que le malade ressent comme ai toute la jaml>e ^l*»it liée avec des bandes (]o fer. l^es douleurs sont ordinairement pires la nuit.

^f^fiphalium est très semblable à Coloc. dans la sciatique. Il ^ tes douleurs névralgiques intenses le long du trajet du nerf scialiqii^^ alternant avec l'engourdissement.

Dans les crami^cs musculaires, il faut comparer avec Coloc, •'Vuar vomira, Veratrum album, et Cholos terrapinac.

Dans le rhumatifime, Coloc. peut être utile, spécialement pour 1^ raideur des jointures, suivant la maladie aiguë.

Si cependant, il y a des concrétions dans les jointures, il faudrait penser à Causiicum et Guaiacum.

Guidés par ses qualités constrictives, des médecins ont employé Coloc, dans le paraphimosis.

, Coloo. est antidote par Coffea, Camphor. et Staphysagria,

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