‹ Matière médicale clinique de FarringtonChapitre 24 sur 59 · LEÇON XXVII · texte numérisé non relu

LEÇON XXVII

Bryoma vlba.

Il y a trois espèces de Bryonia, mais si identiques, que Allen les a classées sous un seul chapitre dans son Encyclopédie. C*est un des plus anciens remèdes de la matière médicale homa>opathique <M l'un des mieux expérimenlés. Bryoma croît en abondance en Angleterre et sur le continent européen. La teinture se pré[)are avec les racines. C'est un polychreste, qui s'applique î^i bea\icoup de sortes de maladies. Pour donner tous ses symptômes, môme tous ses symptômes caractéristiques, il faudrait deux ou trois heures de travail acharné. J'essaierai dans l'heure que je vais passer avec vous de vous expliquer assez complètement l'action de Bryonia, pour que vous soyez capables d'appliquer le médicament, et, je l'ai dit auparavant, de compléter à loisir ce qui vous manque.

Nous trouvons Bryonia indiqué avant tout dans les modifications du sang, pour les changements affectant sa quantité, sa qualité, et sa circulation. Par exemple, il est indiqué dans les états fébriles ; dans les fièvres d'un type intermittent, bien que non fréquemment ; dans celles d'un type rémittent, très souvent ; quelquefois aussi dans la fièvre synoque ; et aussi dans les fièvres rhumatismales, gastriques, bilieuses, traumatiques, et typhoïdes, toutes celles dans lesquelles les symptômes gastriques prédominent. Les symptômes qui caractérisent ses fièvres sont, en général, ceux-ci ; il y a accroissement de l'action du cœur, donnant un pouls fréquent, dur, tendu, ressemblant beaucoup h celui qu'on trouve avec Aconit. Il y a actuellement une augmentation dans la force et la puissance de l'action du coeur. L'action est augmentée par tout mouvement du corps, conséquemment le malade a l'anxiété de rester parfaitement tranquille. On trouve aussi qu'il a presque toujours un intense mal de tête avec ces fièvres. Celui-ci est ordinairement d'un caractère fortement battant ou il peut y avoir de fortes douleurs en coup de poignard dans la tête. Il est presque toujours associé î\ de violentes douleurs dans ou sur les yeux. Toutes ces parties sont d'une sensibilité exquise au moindre mouvement. I^ patient évite de remuer les yeux, par exemple parce que

cela aggrave la douleur. Le moindre essai d€ soulever la tète •de loreiller cause une sensation de défaillance et de nausée. La bouche est très sèche et la langue est chargée dans les formes bénignes de fièvre, comme, par exemple, dans la fièvre svuoque. ou dans le léger type gastrique de fièvre. L'enduit de la langue est blanc, et est spécialement marqué vers le milieu. Les bords de la langue peuvent être parfaitement nets. Quand l'intensité de la fièvre augmente, elle approche plus du type typhoïde. Les symptômes bilieux prédominent. Cette langue blanche devient jaunâtre et est accompagnée d'un goût assez marqué dans la bouche. Il y a un mal de tète brisant, de i'ï soiisibilité à Tépigastre, avee des picotements, de la douleur m de la sensibilité dans Thypochondre droit. Quand les symplômes typhoïdes augmentent, la langue devient de plus en plus sèche, mais conserve encore son enduit. Si la fièvre est d'un hV^ intermittent, vous trouverez toujours le frisson mêlé avec la chaleur, c'est-à-dire que pendant le frisson, la tête est chaude, les joues sont très rouges et il y a une soif marquée, qui ®sl généralement d'une grande quantité d'eau à longs intervalles.

C^ans certains cas, il peut y avoir une soif continue. Le pouls est dur, fréquent et tendu. La sueur est provoquée par le moindre exercice et a une odeur sûre ou huileuse.

^^ns la fièvre typhoïde, Bryonia est indiqué dans les stades ^1» début et par les symptômes suivants : Il y a confusion de ^f*sprii; le sensorium est déprimé mais il n'y a pas de perversion des sens. Pendant le sommeil, il y a du délire, qui est ordinairement d'un caractère doux. En fermant les yeux pour doriï^ij,^ il croit voir des personnes qui sont absentes. En les ^"^rant, il- est surpris de voir qu'il s'est trompé. OU'Olquefois ce délire est précédé ou accompagné d'irritabilité. a Parole est hâtive, comme on le trouve avec Belladone, Quand '•» inaladie s'accroît, une certaine lourdeur approchant presque d« la stupeur accompagne le sommeil. IjC malade a des rêves ^1^1 Ont pour sujet l'occupation du jour. Fréquemment, avec ce <iélire le patient souffre d'un mal de tête agonisant. Il est ordi- "^*ï*ennent frontal. Si le malade est capable de le décrire, il ^^}*^ dira qu'il sent comme si sa tête allait éclater. On ne pou-r- 1*311 trouver pour le décrire d'autre terme que mal de tête bri- ^^^*^- Il est d'un caractère congestif. La face est ordinairement ^^^g-eslionnée et d'une couleur rouge foncé. Il est augmenté, ^^^rne tous les autres symptômes du médicament par tout ^^uv<îment de la tête, et souvent le saignement de nez Taccomï^^8ne. L'épistaxis a particulièrement tendance à survenir vers

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3 ou 4 heunes du matin et est fréquemment précédée par une sensation de plénitude dans la tète. Dans les cas très graves, vous noterez que le patient porle la main à la tête connue s'il y avait là de la douleur, et la face exprime la souffrance. Cela même s'il est à ce i)oint dans la stupeur qu'il ne fait pas d'autre plainte que celles qu'<îx])riment ces mouvements automatiques.

Un autre symptôme à noter dans ces fièvres typhoïdes, c'est la sécheresse des muqueuses, spécialement celles de la bouche et de restomac. C'est le résultat du manque de sécrétion. Dans aucun cas cet état n'est plus ai)parent que dans les états typhoïdes.

\m lK)Uche est sèche, comnie je Tai dit, et cependant il peut n'y avoir pas de soif. S'il y a de la soif, elle semble avoir le caractèî'e que jai mentionné en parlant de la fièM-e inlermit tente, ije malade boit par grandes quantités, mais peu souvent. Après avoir bu de l'eau ou |K3ndant qu'il essaye de s'asseoir, le patient a une sensation de nausée mortelle et quequefois même vomit. D'autres fois, il se plaint d'ime pression profonde dans l'estomac comme si une pierre y était placée. Ce symptôme est dû, à n'en pas douter, au même état pathologique que nous trouvons dans la muqueuse de la bouche, La sécrétion du suc gastrique est insuffisante, et, en conséquence, la nourriture reste dans l'estomac sans être digérée. Ordinairement, quand Bryon. est indiqué, il y a constipation intestinale. Quand les intestins fonctionnent, les selles sont grosses, dures, et sèches, ou d'une couleur brune ou noire. Elles sont expulsées avec difficulté à cause de l'atonie du rectum. Quelquefois, dans les cas t^rès avancés de iièwe typhoïde, vous trouverez des selles molles, mousseuses, indiquant Bnjon. 11 y a un symptôme qui accompagne quelquefois la fièvre typhoïde vers la fin de la première semaine de la fièvre typhoïde bien développée, et c'est une forme de délire dans lequel le patient exprime un désir continuel d'à/ier chez lui. Il s'imagine qu'il n'est f)as chez lui et il désire y être i)ov\é pour être convenablement soigné. C^ symptôme est mie fr)rte indication de Bryonia et disparaît souvent après deux ou trois doses du remède.

Dans ces états fébriles, il est nécessaire de [X)ser les relations de Bryonia avec les remèdes concordants. ]je premier de tous est Aconit. Aconit, offre des rapports intimes avec Bryonia dans tous ces types de fièvre, exce|)té la fièvre gastrique, les fièvres intermittentes et typhoïdes. Aconit, n'a pas dans sa totalité, un rapport spécial avec aucun d'eux, quoique, d'une fatjon incorrecte, il puisse être donné pour diminuer la température. La symptomatologie d'Aconit est opposée sous tous les rapports

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à celle de la typhoïde. Dans la lièvre gastrique, on peut k dojiner au commencement quand il y a le pouls plein, la peau chaude et sèche et l'agitation qui indiquent ce médicament; mais, quand le oours de la fièvre avance, il n'est pas indiqué à moins qu'il n'y ait des complications bilieuses : alors c'est un remède tout à fait suffisant. Les distinctions qu'il faut faire entre Aconit et Bryonia sont les suivantes : en premier lieu, il y a relation entre Aconit et Bryonia et non entre Bryon, et Aconit, ce qui signifie qu'Aconit est indiquée plus tôt dans le cas que Bryon. Aconit répond à l'hyperémie, la congestion ou même le frisson qui précède une fièvre inflammatoire. Bryon, est indiqué plus tard quand Aconit ne réussit pas. Ijcs symptômes menlnux des deux drogues sont si distincts que vous ne devriez pas les confondre. Aconit exige que le malade soit excité, qu'il soit agile, se remuant dans son lit, plein de craintes. Il croit qu'il va mourir. I^ malade de Bryon. peut souffrir autant que c<»lui à qui vous donneriez Aconit, mais il est parfaitement tranquille. 11 est tranquille, parce que le mouvement aggrave ses symj) lômes. De bonne heure, dans la fièvi*e typhoïde, et quelquefois dans la fièvre rhumatismale, vous pouvez avoir Bryon, indiïpiée par ce symptôme ; le patient est agité et se remuant dans S43n lit, poussé par la nervosité, et cependant il est empiré par le mouvement.

Un autre remède auquel il faut penser en rapport avec Bryonia dans ces fièvres, est Belladonna, et particulièrement au coni mencemenl de la fièvre typhoïde. Maintenant, il n'y a réellement rien dans la symptomatologie de Bellad. qui l'indiquerait dans un cas bien avancé de fièvre de type typhoïde. C'est seulement au commencement que vous pourriez le confondre avec Bryonia,

En premier lieu, il a l'éréthisme. Ici, vous le distinguez par son délire, qui est d'un caractère violent. Le patient a des secousses des membres et tressaute pendant son sommeil. Il se réveille en sursaut de son sommeil, effrayé. Dès qu'il ferme les yeux il voit toutes sortes d'objets et de gens qui disparaissent dès qu'il ouvre les yeux. Bellad., donc, a plus d'éréthisme cérébral et plus de yiolence dans son délire que n'en a Bryonia,

Avec le mal de tête de Beliad. il y a des douleurs battantes et le patient peut être obligé de s'asseoir plutôt que de rester parfaitement tranquille pour avoir du soulagement.

Un autre remède à comparer à Bryonia est Rhus tox. Celuici est souvent indiqué dans la fièvre typhoïde. Vous savez tous le fait historique que Hahnemann pendant une des épidémies de guerre de typhus a guéri beaucoup de cas avec ces deux

ivîmèdes. Depuis le temps de Hahnemaiiii, l'usage de ces reuièdos est devenu universel. Rappelez-vous cependant qu'ils ne sont |)as spécifiques. Chaque épidémie peut changer de caractère ot demander daulrcs médicaments. Rhus tox, est nidique quand il j a une agitation marquée. Le patient, couché d'abord sur un coté, change en se mettant sur l'autre. Pendant quelques insl'ints, il se trouve mieux dans sa nouvelle position. Alors son coté commence à le faire souffrir, et de nouveau il se retourne. Comme Bnjon. il a le saisiiiement de nez, lequel soulage les svmplôines\lu patient, el le mal de tète que j'ai décrit connue une sensation comme si une planche était fortement serrée sur le front. 11 y a des donlcurs rhumatismales pénibles dans les jointures et les muscles des membres. La langue diffère de celle de Bnjonia. Elle est brune et sèche et même craquw, et a une pointe rouge. C'est aussi une excellente indication pour Sulphuv. Avec Rhus tox., il y a souvent de la diarrhée tout à fait au commencement. Bryonia a ordinairement de la constipation.

Je viens de me reporter au symptôme donné avec Bellad. : i< Le patient voit les personnes et les objets en fermant les yeux; ils disparaissent dès que les yeux sont ouverts. » Calcarea ostr. et Cinehona ont tous deux ce symptôme. Avec ce dernier remède, cependant, il ne survient pas dans la fièvre typhoïde, mais après une hémorrhagie.

Maintenant, je désire parler de l'action de Bryonia sur les séreuses, Bryonia agit puissamment sur elles, en en produisant l'inflammation. De là, nous sommes amenés à la prescrire quand les méninges cérébrales ou spinales, la plèvre et le péritoine, et les synoviales, sont enflammés. Les indications de Bryonia dans les inflammations des séreuses doivent être parliculièremeiit envisagées après que l'exsudalion s'est produite. 11 y a d(^ violentes douleurs piquantes, pires par tout mouvement. La fièvre peut encore être élevée, ou elle peut avoir été partiellement amoindrie par le lemède qui a précédé.

En comparant encore une fois Aconit avec Bryonia, vous verrez la même règle applicable ici comme auparavant. Bryonia est indiqué après et non avant Aconit. Prenons pour exemple un cas typique de pleurésie. Au commencement de la maladie, quand la fièvre est élevée, vous choisissez Aconit, mais dès que la fièvre commence à décroître et que l'épanchement commence, comme c'est indiqué par les bruits de frottement. Aconit cesse d'être d'ancun service et Bryonia se montre comme un remède tout à fait suffisant. Certains médecins ont l'habitude de donner Aconit pour la fièvre et Bryonia pour le trouble pleurétique. Mais c'est à tort. Bryonia s'adapte au cas entier. Il n'a

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pas la môme agitation, qui demande Aconit, Le patient est tranquille cl est rempli de douleur. Il gît sur le eôté atteint. Pourquoi ? Parce que la pression ainsi exercée sur les côtes remue moins les parties malades qu'il n'arriverait s'il se couchait sur le côlc sain.

Quand les méninges crâniennes sont affectées, Bryonia est un médicament de valeur, mais ici, sauf en quelques-uns des cas, il succède à Bellad, plutôt qu'à Aconit. Bellad, cesse d'être le remède dans la méningite, tuberculeuse ou autre, quand l'épanchemenl ventriculaire ou méningé commence. Alors il laisse la place à Sulphur dans certains cas, à Apis dans d'autres, à Bryonia dans d'autres encore. Bryonia est indiqué quand la ménin- ?ile succède à la suppression d'une éruption, comme celle de la scarlatine ou de la rougeole. La face de l'enfant est pâle, ou avec alternatives de rougeur et de pâleur, la langue est blanche. L'enfant crie subitement, comme s'il éprouvait de grandes douleurs, ce qui est réellement. Ces douleurs sont d'un caractère lancinant violent, et se manifestent spécialement quand le patient se remue. Il y a une déviation marquée de l'un ou des deu.x yeux. Il y a ordinairement constipation, l'abdomen est distendu et l'enfant a une dépression sensorielle très marquée, qui semble approcher de la stupeur. Si vous réveillez i<Mifant et lui offrez à boire, il le prend avec impétuosité ou liàlc, tout à fait comme avec Bellad. Ce dernier remède a plus de roulement de la tête.

Pour raison de commodité nous étudierons maintenant les catarrhes de Bryonia et les effets du médicament sur la structure du poumon. Nous trouvons Bryonia indiqué dans le catarrhe uasal, (|uand il y a soit une grande sécheresse do la muqueuse, ^oit (plus fré(iuemment), quand l'écoulement est peu épais et jaune. Il est aussi indiqué quad l'écoulement a été du caractèn^ que nous venons de désigner et a été soudainement supprimé. *'omme résultat, il y a un profond mal de tête battant immédiatement au-dessus des sinus frontaux.

Lachesis est aussi utile pour le coryza supprimé. Mais il n'a pas une aggravation par le mouvement aussi marquée, et il n'a pas non plus cet écoulement jaune. Le traitement des rhumes est l'épreuve difficile de l'habileté d'un médecin. Si vous pouvez les traiter avec succès, vous devez bien comprendre rhomœopathie. C'est la classe de cas la plus difficile, en présence de laquelle nous pussions nous trouver. Il y a deux raisons à cela. L'une est que les malades sont constamment expoî'^is. et l'autre qu'ils ne sont pas gardés suffisamment enfermés. ^1 vous faites surveiller ees cas suffisamment, de telle sorte

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que vous puissiez prescrire les remèdes dès que les indications changent, vous guérirez pi-omptement.

Vous pouvez aussi employer Bryonia dans la pneumonie. Le type de la maladie dans lequel il est indiqué est la vraie forme croupale. De même que nous trouvons Bryonia indiqué dans la pleurésie avec effusion, de même est-il à sa place dans la pneumonie quand Texsudat fibrineux s*est établi. Ordinairement, quand il est indiqué, il y a aussi de la pleurésie ; aussi est-il applicable à la pleuro-pneumonie. Il n'est pas indiqué au commencement de la maladie parce que Texsudat ne se produit pas à ce stade. Il est indiqué après Aconit, avec Tétat suivant, qui est facile à comprendre.

La fièvre continue encore, mais la peau n*est pas si chaude, la face si rouge et le patient si agité que lorsque Aconit est indiqué. Le malade est plus tranquille et sa face et tout son habitus expriment l'anxiété. Je voudrais que vous discerniez entre cet état et celui qui demande Aconit, Ce n'est pas tant l'anxiété mentale que peint V Aconit que ce n'est l'expression de l'oppression pulmonaire. Vous devez vous rappeler ceci: La toux qui, avec Aconit était d'un caractère sec, tourmentant, avec des crachats écumants, reste peut-être encoi-e importune, mais elle est plus facile et plus humide. Il y a encore très peu d'expectoration, mais, quelque peu qu'il y en ait, elle est jaunâtre ou striée de sang. On sent dajis la poitrine des points pleuréticjues aigus dus à l'inflammation pleurale concomitante. Ils sont pires du côté gauche. Le malade se plaint d'une lourde pression juste derrière le sternum. Le pouls est plein, dur et tjendu. L'urine est rouge sombre et rare.

Vn autre remède encore auquel on devrait penser avec Bryonia dans la pneumonie est Antim, tart. Il est indiqué dans la pneumonie, qui eommence par une bronchite et qui s'étend eu descendant. Il convient spécialement aux cas qui coinmeneent du côté droit, et qui ont ces douleurs aiguës piquantes, la forte fièvre, la grande oppi-ession de la poitrine, comme avec Bryonia, Mais il est indiqué plus dans la pneumonie catarrhale que fibrineuse. On entend distinctement des râles muqueux dans la poitrine.

Il faudrait aussi rappeler Sanguinaria et Chelidonium.

Plusieurs remèdes autres que Bryonia ont ces douleurs dans les parois de la poitrine. Gaultheria a la pleurodynie, avec douleurs dans le médiastin antérieur.

Banancalus bulbosus est tout à fait le meilleur remède pour le rhumatisme intercostal ; il a des douleurs vives, piquantes, et un point douloureux dans la poitrine, et ces douleurs sont pi-

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ros par tout mouvcmeni (môme en wjspirant), par la pression, ou le changement de température. La dyspnée dans ces cas donne quelquefois un sentiment de détresse.

Arnica est quelquefois d'usage quand la sensation de douleur et de brisement de la poitrine prédomin<'.

Rhus radicans est indiqué pour la pleurodynie, quand les douleurs frappent dans l'épaule.

Senega agit surtout bien chez les personnes grasses à tissu lâche. Il est utile dans le rliume quand il y a beaucoup do douleur et de sensibilité dans les parois thoraciques, ol beaucoup de mucus. 11 y a de l'enrouement : la gorge est si sèche et si sensible que cela empêche le malade de parler : la toux se termine sauvent par des éternueinents.

Ramex crispas a des douleurs aiguës de piqûre ou d'aiguillon ^ travers le poumon gauche ; il est plus indiqué dans les premiers stades de la phtisie. Quand le patient se tourne, il y a de la douleur dans le côté gauche.

Trifolium pratense a l'enrouement et les attaques d'étouffeinent la nuit avec la toux. I^e cou est raide : il y a des crampes dans les muscles sternœléido-mastoïdiens, qui sont soulagées par la chaleuT et la frictioA.

Actœa racemosa a la pleurodynie ; pire dans le côté droit, spécialement chez les femmes nerveuses.

Dans la bronchite, Bryonia est indiqué par cotte même pression sur le sternum : la dyspnée est grande : la toux est se che, et semble venir de l'estomac. Ouelquefois on expulse un peu de erachat tenace strié de sang. La toux est pire après un repas, et peut se terminer par un vomissement. Pendant la toux, k patient appuie la main sur son côté |>our soulager sa douleur d'aiguillon.

Revenant maintenant à l'action de Bryonia^ sur les séreuses, nous trouvons qu'elle produit de la synovite. La jointure affectée est rouge pâle et tendue. Il y a épanchement dans le sac synovial. Il existe des douleurs aiguës, fnquanles, aggrnvf^es par tout mouvement. Bryonia est indiqué dans ce cas, que la synovite soit d'origine rhumatismale ou traumatique. Ici, le remède qui s'approche le plus de Bryonia est Apis, qui est un excellent remède pour la synovite, particulièry^ment du genou. Des douleurs aiguës, lancinantes et piquantes, et Tépanchemenl dans la jointure, sont plutôt des indications pour ce remède. Apis semble préférable à Bryonia quand cette synovite est d'origiae scrofuleuse, ou au moins apparaît dans une constitution scrofukuse.

Apis a aussi une autre sorte d'inflammation, qui se termine

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par un épaississement du sac séreux et des tissus et cartilages entourant les articulations, donnant le gonflement blanc bien connu.

Il faudrait aussi penser à SiUphur dans ces cas. Ce remède complète Bryonia et Apis, et les aiûe quand ils manquent à leur tâche.

Nous arrivons maintenant à l'étude de Bryonia dans son action sur le système musculaire. C'est un 4es quelques médicaments qui produisent une inflammation positive de la substance musculaire ; en conséquence, vous vous atléndez à trouver le médicament en usage dans le rhumatisme musculaire. Les muscles sont douloureux au toucher, et parfois gonflés, et, comme vous pouvez vous y attendre, il y a aggravation des douleurs par le plus léger mouvement.

Bryonia peut aussi être indiqué dans le rhumatisme articulaire. Nous trouvons que la fièvre n*est pas très violente, et les douleurs et le gonflement ne changent pas de place ou très lentement. L'inflammation locale est très intense ; ceci est caracléristique de Bryonia. Les parties sont très chaudes, et rougefiombre ou pâle. Le pouls, dans ces cas, est plein et fort, et la langue est, soit uniformément blanche, ou, ce qui est plus caractéristique, sèche et blanche au centre. Il y a de la constipation. Il est inutile de dire que les douleurs sont aggravées par le mouvement.

La différence entre Bryonia et Rhus est principalement celleci : Rhus répond au rhumatisme après une exposition à l'humidité, spécialement quand on a très chaud et qu'on est en sueur. Et aussi le malade de Rhus trouve du soulagement dans le mouvement. Rhus attaque les tissus fibreux, les gaînes des muscles, Bryonia le tissu musculaire lui-même.

r^ différence entre Bryonia et Ledum peut être ainsi décrite : ï.edum est utile pour l'inflammation rhumatismale ou goutteuse du gros orteil ; au lieu de tendre à un épanchement abondant, l'épanchement est faible, et tend à se durcir en nodosités.

Dans le gonflement* brûlant de la hanche et de l'épaule, on devrait penser à Ledum comme aussi utile que Bryonia.

Actsea spicaia a une affinité spéciale pour les petites articulations. Il a cette caractéristique : Le patient sort se sentant assez bien, mais quand il marche, les jointures deviennent douloureuses et même gonflent.

Viola odorata a une action spécifique sur le poignet droit.

Caulophyllum répond spécialement au rhumatisme des articulations des phalanges et des métacarpes, particulièrement chez les femmes.

MÂTIKRE MÉDICALE CLINIQUE 4i (

Avec Colchicum nous avons une aggravation marquée le soir ; les jointures affectées sont gonflées et rouge foncé. Il est spécialement utile pour les personnes faibles, débilitées, ou pour celles qui, indépendamment d'une inflammation rhumatismale locale, montrent des symptômes généraux de torpeur. L'estomac est généralement affecté ; nausées par Todeur de la nourriture. L'urine est rare et rouge, et brûle au passage de l'urèthre. Les douleurs sont d'un caractère de déchirure ou de coup de fouet et semblent venir du périoste. Elles sont superficîelks en été et profondes en hiver. Dans la métastase du rhumatisme au cœur, les deux remèdes sont à étudier.

Bryonia a une grande oppression derrière le sternum, pire par le repos; des points aigus dans la région cardiaque, de Tépanchement péricardique avec un pouls fort. Colchicum a l'épanchement péricardique, la plénitude et l'oppression en s'étendant sur le côté gauche, forçant à se retourner. Le pouls est petit, faible et accéléré. Les douleurs de Colchicum apparaissent dans la nuque et les épaules, ou dans une petite partie du corps à un moment, puis changent rapidement.

Guaiacum est utile dans les formes chroniques de rhumatisme quand les jointures ont été tordues par les concrétions. Il est aussi indiqué dans la pleurésie pendant le second stade de la phtisie avec crachats muco-purulents.

Arctium lappa peut aussi être comparé à la Bryone dans le rhumatisme. Il guérit la sensibilité des muscles, les douleurs pesantes, tout cela pire par le mouvement ; urine haute en couleur. Tous les expérimentateurs étaient si fatigués et endormis qu'ils ne pouvaient pas travailler.

Nous étudierons maintenant le tube digestil. Nous avons déjà parlé de Bryonia ici si fréquemment, que ses symptômes no demandent qu'une notice passagère. Ce sont la sécheresse <le la muqueuse, le revêtement blanc de la langue, la soif caractéristique, une sensation comme si uno pierre ou un poids lourd ]»esait sur l'estomac, les selles dures, sèches, brunes, émises avec difficulté en raison de la dureté des matières fécales, l'atonie du rectum, et l'intolérance de la nourriture végétale. Les symptômes sont tous pires en été. Il semble que le malade de Bryone ne puisse tolérer la chaleur du soleil. Le foie est aussi affecté. Nous le trouvons congestionné, ou même enflammé. Les symptômes gastriques mentionnés compliquent le cas. Le péritoine péri-hépatique est enflammé, et en conséquence ,il y .1 des points douloureux aigus dans Thypochondre droit, pires îi tout mouvement et soulagés quand on se coucho sur le côté droit.

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Dans la jaunisse par catarrh<^ duodénal, vous pouvez donner la Bryonôy spécialfîment quand la maladie a été amenée par une crise de colère. Quoique le patient semble brûlant, il se plaint de se sentir frissonnant.

Chelidonium est un remède admirable pour des symptômes très semblables à ceux de Bryonia : douleurs aiguës dans la région du foie, irradiant dans toutes les directions, en haut dans la poitrine, en bas dans l'abdomen ; douleur bien marquée au-dessous de l'épaule, traversant même la poitrine comme une broche : souvent il y a une douleur aigué, venant du lobe inférieur du poumon droit.

La différence entre ces douleurs et celles de Bryone est que celles-là ne sont pas nécessairement aggravées par le mouvement.

Yucca filameniosa est un remède admirable pour Tétat bilieux, avec douleur allant à travers la partie supérieure du foie vers le dos. Il y a un mauvais goût dans la bouche; les selles ftont diarrhéiquos el conticMinont un excès de bile. Beaucoup de gaz par le rectum.

Chamomilla, comme Brynriia, est indiqué dans Tét^l bilieux qui suit la colère. Avec Bryone il y a tendance au frisson a\ec la colère : avec Chamomilla le patient a chaud et sue.

Berberis vulgaris aussi a des douleurs aiguës, piquantes dans la région du foie ; mais les douleurs frappent en bas de la dixième côte à l'ombilic.

J'ai dit qu'il y a ordinairement de la constipation avec Bryonia, mais dans certains cas, on obtient l'effet coniraire. Bryonia est indiqué dans la diarrhée quand les attaques sont provoquées par l'abus de nourriture végétale ou de fruits cuits, on aussi par l'excès de chaleur en été. L'état est particulièrement plus accentué le malin après s'être levé quand on commence h se remuer, ce qui le distingue de Sulphur, et le rapproche de Xatrum suJ(, Dans d'autres cas le malade est saisi de soudaines douleurs de tninchées, qui le font courber en deux, avec de copieuses selles pAteuses. Quelquefois les selles sont vert fonc^. par adjonction do bile. Elles ont ime odeur de vieux fromage. I.es sympiômefi mentaux de Bryone onl été largement décrits ([uand nous avons parlé de la fiè\re typhoïde. Je dirai seule nient ici, que les malades sont irritables et se mettent facilement en colère. Cela accompagne des symptômes bilieux et le mal de tête; ainsi que h\ dyspnée: en fnit, c'est caractéristique du remède.

Le mal de fiHe de Bryonia, je vous l'ai déjà dit, est aggravé par tout mouvement, môme par le mouvement des globes ocu-

MATIÈRE MÉDICALE OLISUMîE -"'

kires La douleur commence dans l'occiput, ou dans le front ï^nt en arrièU dans l'occiput. Elle est pire en se réveillant te matin et après de violents accès de colère. .

\T êmède le plus proche de Br,on.a que nous j^ons .c. ^s Gelsemium, qui a le mal de tête avec cette sensibilité des globes fM»iilflir«s auand on les remue.

Srum^mu.. a le mal de tête, avec des battements comme par de petits marteaux, avec aggravation en remuant la lete

ot l^s veux.

Av«-: le mal de tête occipital de Bryonia, on P^"» «'f 1"°";parer Petroleum, qui a le mal de tête occipital battant, et J.iil' coihaHica, pîur la céphalée occipitale avec douleurs d un

caractère aigu. , ••. i .„ „ii„

Carbo veg. et \'nx vnm. ont les douleurs occipitales avec attaques bilieuses. d. .„ Sur les parties externes de la tête, nous trouvons que Br./om« développe une perspiration huileuse avec une odeur sûre. Un symptôme semblable qui se rapporte à la face se trouve

avpx Nalrum mur. , .,• . , „

Brvonia est un remède de valeur dans les maladies des yeux, pas 'cependant quand les membranes externes des yeux sont affectées. On doit v penser dans les métastases oculaires du rhumatisme. Les douleurs sont violentes et frappent à travers les dobes oculaires dans le dos de la tête, ou en haut vers le verlex, avec aggravation par tout mouvement de la tête et des yeux II y a aussi une sensation de tension comme si les yeux avaient été étirés. Vous savez aussi, par ce que j'ai dit, que Bnionia «st indiqué dans l'inflammation des séreuses avec effusion Bruonia devrait, symptomatiquement et pathologiquemenl. être un remède dans le glaucome. La tension de l'œil est grandement accrue. Des larmes brûlantes coulent des yeux. Il y a (le la photophobie et de la diminution de la vision.

U mal de denh de Bmonia est d'origine rhumatismale et vient d'un refroidissement. Vous le trouverez souvent dans des flents qui ne présentent aucun signe de carie. Nous somnies donc amenés à supposer que c'est le nerf qui est afftK-té. Plusieurs dents peuvent être atteintes et on obtient un soulageineiil momentané par une pression accentu<''e de la tête contre l'oreiller, ou par l'application du froid.

IjO mal de dents cliez les enfants, par des dents cariées, avec soulagement par l'application d'eau froide trouve son meilleur

remède dans CoHea.

Kreosote a la névralgie de la face avec douleurs brûlantes accrues par le mouvement et la parole, spécialement chez les

personnes nerveuses, irritables, dont les dents se carient rapidement.

Rryonia pourrait être employé dans la stomatite aphteuse. L'enfant saisit le mamelon, mais le lâche et crie, mais notez celte sécheresse caractéristique, qui fait que lorsque sa bouche a été humidifiée, par le lait, il tète assez bien»

1/unne caractéristique de Bnjonin est foncée, presque rouge brun, sans aucun dépôt. Los changomonts de son apparcno<» sont dus à l'excès de matière colorante.

Bryonia a une action sur les organes (jènilnux de la (emnie. Il est indiqué dans les difficultés menstruollos quand l'écouloment est rouge sombre et profus, mais plus spécialement quninl il a été supprimé et qu'il y a ce qu'on a appelé une menstrualion vicariante.

Ici on peut comparer Puisai, et Phosph., spécialement si la suppression de récoulemont produit une hémoptysie ou une hématémèsc.

Senecio si la malade a de la toux avec expectoration sanglante. Hamamelis^ Usiilago eX MiUefolium pour l'hématémèsc.

Binfonia est indiqué dans les suites de couches. Depuis des ann('îes j'ai l'habitude d'employer Bryonia dans ce qu'on appelle la fièvre de lait. Je le considère plus indiqué qu'aucun autre remède, parce que les symptômes sont ceux de Bryonia, Il n'y a pas une fièvre très accentuée, il y a cette tension du sein avec mal de tête, des tiraillements dans les membres, la malade est fatiguée et aspire au repos.

Dans le début des abcès du sein, Bryonia est indiqué quand il y a des douleurs aigués piquantes, de la tension du sein, et une couleur rouge pâle du gonflement.

Dans le début de l'abcès du sein vous devriez le comparer avant tout à Belladonna, qui est utile quand les symptômes sont violents : rougeur avec battements qui irradient du point central de l'inflammation.

Phytolacca est un excellent remède quand, dès le commencement, le sein a tendance à former un gâteau. Phytolacca est particulièrement le remède quand la suppuration est menaçante. Quant l'enfant îèto, la douleur s'étend du mamelon dans tout le corps, allant en bande le long du rachis, en haut et en bas: flux excessif de lait.

Phellandrium aqwdicum est un excellent remède quand les douleurs suivent les canaux galactophores entre les tétées.

Croton tiglium quand il y a une douleur allant du mamelon à travers le dos quand IVnfant tèt<\ comme si le sein était tiré par un cordon.

On doit penser à Bryonia dans la rougeole. Ici il est indiqué par la lenteur de l'apparition de l'éruption. Il y a une toux dure, sèche, qui fait crier l'enfant. Il se plie en deux comme pour résister à la douleur tiraillante que cause l'effort de toux, il peut y avoir peu ou pas d'expectoration. Les yeux sont enflammés. Dans d'autres cas, l'éruption disparaît soudainement (l€s symptômes cérébraux apparaissent. L'enfant est assoupi. Sa face est pâle et il y a des tressaillements des muscles de in face, des veux et de la bouche. A tout mouvement Tenfanl crie de douleur. Dans d'autres cas, au lieu de ces symptômes cérébraux il y a des troubles inflammatoires de la i>oitrine, Uronchite ou même pneumonie.

Dans la scarlatine, la Bryone n'est pas souvent indiquée, mais, quand elle l'est, on trouve pour se guider tous ces symptômes ou quelques-uns d'entre eux. I /éruption n'a pas le carac- \he lisse qu'on observe avec Bellad, Elle est parsemée d'un rash miliaire. L'éruption sort imparfaitement et il y a les symptômes He poitrine et cérébraux sus-mentionnés. Maintenant, alors que lous les sens sont engourdis dans ces cas, il n'y a pas les hallucinations totales des sens qu'on trouve avec Bellad,; les malades n'entendent pas des voix leur parlant comme avec Aruicardium; ils ne se réveillent pas de leur sommeil en s'attachant à ceux qui sont auprès d'eux, comme avec Stram. et Cuprum.

Quand une éruption a été supprimée et que, à cause de cela, le cerveau est affecté, on peut aussi considérer Cuprum, qui est le remède quand les symptômes sont violents. L'enfant se dresse pendant son sommeil. Il y a une perversion marquée des rfens pt les spasmes caractéristiques de Cuprum,

Zincum doit être préféré si l'enfant est trop faible pour profluire son éruption. L'éruption sort d'une façon éparse. La surface du corps est plutôt froide. L'enfant gît dans la stupeur, grinçant des dents *; il se dresse en dormant. On observe du strabisme, les yeux roulent, il y a des mouvements constants ' fies pieds.

On doit penser à Ipéca, quand la |X)itrinc est affectée par la rclrocession de l'éruption de la rougeole, quand il y a de la difficulté pour respirer, de la toux, etc.

Tari. émet, devrait être ordonné de préférence à Bryon, dans la variole.

bryonia est complémentaire A'Alumina.

Il est antidote par Chamomilla, Nux l'om.. Puisât., Rhus et ^nega.

11 antidote Bhtix tn.r.. Bhua vcnenata ot Chlnrine.

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