LEÇON XXX
ACTEA RACEMOSA..
Nous a\oiis dans la matière médicale homœopathique deux variétés d'Actea : Actea racemosa, et Actea spicata. Pour celle <l€rnière, quelques mots suffisent ; elle agit sur les joinUires, particulièrement les plus peliles, comme celles des mains et des pieds. Elle est utile dans le rhumatisme affectant ces parties, spécialement si les mains et les poignets sont pris.
Actea roc, agit sur le système nerveux cérébro-spinal et spécialement sur les nerfs moteurs. 11 semble avoir une influence marquée sur les nerfs qui se distribuent- aux muscles, produisant un tableau parfait de la myalgie.
Actea rac.a aussi de la valeur en raison de ses symptômes nerveux réflexes. Il a la névralgie d'une partie du corps comme symptôme réflexe d'une maladie utérine ou ovarienne. Un de ses symptômes les plus importants venant de cette cause est une sensation de chaleur brûlante sur le sommet de la tète juste en arrière du centre. Les autres symptômes que vous pouvez noter dans la tête sont une sensation comme si le haut de la tête allait s'envoler, des douleurs aiguës lancinantes, et névralgiformes dans et sur les yeux, des douleurs supra-orbitaires frappant vers le sommet de la tête. Ces symptômes indiquent dd, rac, dans certaines des maladies particulières aux femmes et dans les maladies propres à l'œil. Dans toute maladie des yeux, quand il y a des douleurs du caractère ci-dessus, Aclea est un des premiers n^nèdes auxquels il faut penser.
Spigelin a des dtjuhuiis seniblnhles. Avec ce ivïuède la douleur vient et s'en \.m axec U» soI^mI. <'"<*s1 h dire quelle atteint son maximum à midi 4*1 tombe le soir. I.n (ioul^ur d Actea est pire la mi.it plutôt que dans le jour. Lu douleur de Spigelia c<unmenc^ derrière la tête, \ient en a\aiit, et s'établit sur un œil ou sur l'autre. Ce remède a aussi une sensation comme si le gk>be de Toeil était énormément gros. Ouand cependant oe der-
nier symptôme est atlribuable à un déplacement utérin, Aclea est préférable.
Cédron est un remède inestimable dans les affections névralgiformes quand les douleurs atteignent le nerf sus-orbitaire et l'oeil, et sont pires du côté gauche. Lœil brûle comme s'il était en feu. Les douleurs reviennent régulièrement chaque jour à la même heure.
Un autre remède à. mentionner sous ce rapport est Kalmia lalilolia, qui a une névralgie sus-orbitaire, pire du côté droit.
Actea peut aussi être employé pour le mal de tête accompagné d'une sensation comme si le patient devenait faible d'esprit. Il a spécialement de la valeur quand il existe des symptômes utérins.
Il est aussi indiqué quand il y a une douleur dans» la région sous-mammaire dépendant de troubles utérins.
Nous en arrivons maintenant à l'action d'Actea sur les organes sexuels léminins. Il est indiqué dans le travail ou dans la menace d'avortenient quand les douleurs vont à travers l'abdomen d'un coté à l'autre {Lycopod, de droite à gauche, Ipéca de gauche à droite, avec nausées). L<es douleurs semblent faire plier en deux le malade. On peut aussi l'employer dans les premiers mois de la grossesse pour ces douleurs dans les parois abdominales qui affligent tant la patiente.
Quand il y a beaucoup de sensibilité dans l'abdomen, l'application locale d'une solution (.VHarnaniélis est un bon remède.
Les douleurs du travail semblent être associées à des attaques de défaillance, ou des cris d'agonie, tant elles sont intenses.
Dans les douleurs des suites de couches, il est utile seulement quand elles sont intenses, quand la malade est excessivement sensible et ne peut les tolérer, et quand elles sont pires dans l'aine.
Actea peut aussi être employée dans la manie puerpérale. La malade déclare qu'elle deviendra folle, et toutes ses actions semblent indiquer qu'il en est ainsi. Elle est soupçonneuse. Sa parole est sans signifîaction, et cependant elle semble consciente de ce qu'elle fait, et elle dit qu'elle n'y j^eut rien. Quelquefois elle a des visions de rats, etc. Ces symptômes peuv'ent aussi indiquer le médicament dans le delirium tremens.
Ici vous pouvez comparer Lachesis, qui a « se réveille de son sommeil et se précipite hors du lit, non seulement avec une force surhumaine, mais avec une grande terreur ».
Arsenicum aussi, qui suit souvent Lachesis quand la patiente a peur d'être laissée seule.
Calcof^ea ostr. visions de rats et de souris dès que la malade ferme les yeux.
Un autre symptôme que nous trouvons indiquant Actea dans le travail est « frissons nerveux » dans le premier stade du travail. Gelsemiiun est aussi utile dans cet état.
Aclea raC' ne cause pas la phtisie, cependant il peut être un des premiers remèdes à employer quand la maladie n'est pas d'origine héréditaire, spécialement si la maladie a été amenée par un refroidissement, ou dans tous les cas où la toux bien définie d'Aciea est présente, et qui est une toux sèche, agaçante, pire la nuit, avec peu ou pas d'expectoration, et ordinairement associée à de la pleurodynie.
Dans la pleurodynie associée à la tuberculose, vous trouverez que Gelsemïum est un médicament qui échoue rarement.
Vous pouvez employer Actea dans Tangine de poitrine, quand les douleurs irradient dans toute la poitrine, et sont associées a de la' congestion cérébrale et de Tinconscience. I^ face est livide, et le bras gauche est senti comme s'il était étroitement lié au corps.
Un autre usage que nous pouvons faire d'Actea est dans cet état connu comme irritation spinale. Il est spécialement indiqué lorsque les vertèbres cervicales supérieures et inférieures, spécialement la dernière, sont sensibles à la pression ; aussi la malade ne s'appuie pas en arrière dans sa chaise à cause du malaise que cela produit. Ce symptôme d' Actea .est ordinairement réflexe de l'irritation utérine.
Nous avons plusieurs remèdes semblables à Actea dans l'irritation spinale. Un d'eux est SaXrum mur,, qui produit aussi de la sensibilité entre les vertèbres. La principale distinction entre lui et Actea est qu'a\ec lui la malade trouve du soulagement en restant à plat sur le dos, et cela même quand il y a du déplacement utérin.
Une autre indication appelant Natrum mur, est une paralysie partielle venant de la faiblesse de la moelle. Il est spécialement indiqué quand ces symptômes viennent d'une injure, d'une colère, etc.
Physostigma, ou la fin de Calabar, développe un tableau parfait de l'irritation spinale. Il produit toutes sortes de sensations brûlantes et pinçantes se rapportant à la colonne vertébrale, avec engourdissement dos pieds et des mains et d'autres parties du corps, des douleurs de crampes dans les mains, de soudaines secousses des membres en se laissant aller au sommeil. I-es muscles du dos deviennent rigides, et même un état tétanique peut se produire.
MAT. uiD. CL. 20
!)06 ÀIATlkRi: MÉOIOALB OLiNl(>UË
Agaricus muêcarius produit un tableau parfait de Tirritation spinak, avec des démangeaisons ou des formicalions accentuées dans le dos^ d« la démangeaison ou de la brûlure de la peau comme si elle était gelée, des tressaillemente musculaires, Spécialement des paupières, et des sensations en différentes parties du corps comme si des aiguilles de glaco étaient fichées dans la p^au.
Cette irritation spinale peut développer une paralysie partielle, dans quel cas nous avouB deux remèdes à lui opposer. L'un d'eux est Zincum met Celui^i produit un tableau parfait de rirrilation spinale, avec douleur dans le dos et vers la dernière vertèbre dorsale, qui est plus accentuée en s'aSseyant qu'en marchant ou en étant étendu. Avec cela il produit de la faiblesse des jambes, spécialement vers midi, quand la malade a faim. Il faut aussi se rappeler que les syfnptômes spinaux de Zinciim sont aggravés par le vin*
Le second remède est Cocculus indiens. Nous remployons chez les femmes à faiblesse médullaire quand il y a douleur paralytique dans le bas des reins. La malade ressent comme si elle pouvait à peine marcher. Avec ces symptômes, il y a aussi une sensation de vide, d'abandon dans l'abdomen, qui est &enti comme creux.
Chez les hommes nous ne trouvons pas ces symptômes, sauf comme résultat d'excès sexuels, cas dans lequel Nux vomica est le remède.
Kobalt doit être employé pour l'irritation spinale venant d'excès $H;xnels quand ce symptôme est présent : mal dans le dos pire en étant aasis, avec faiblesse dans les jambes.
Ranlncllus bulbosus.
Nous avons deux viiriétés de RananciUus à considérer : Rananculus bulb. et l{anunculus sceleralus. Ces deux plantes ont un jus ou suc, qui est excessivement irritant ]>our la peau. Appliqué localement, il produit un érythème suivi plus tard par une éruption d'abord vésiculeuse, cl accompagnée de brûlure, de cuisson, et de démangeaisons. Si les symptômes augmentent en raison de l'intensité de Taclion du médicament, l'ulcération et même la gangrèii-p <los parties s'ensuivent, la gangrène étant associée à de la fièvre et du délire. C'est un tableau extrême, et cependant il peut se })roduire à. la suite de l'usage prolongé de quelques espèces de renoncules.
kATIÈRË MÉDICALE CLINIQUE 30t
Considérons maintenant, fi. bulbosus, et d'abord son action sur l68 séreuses, .\ous pouvons penser à Han, 6u/b. dans l'inflammation des séreuses, particulièrement de la plèvre ou du péritoine, quand il y a des douleurs aiguës poignardantes dans la poitrine, dans le cas <le pleurésie, avec eiïusion de sérosilO dans Tune ou l'autre cavité, selon que l'une ou l'autre séreuse 68t enflammée. Accompagnant cet épancheirient, nous trouvons ""e grande anxiété, de la dyspnée et de la défaillance, causées ^^" partie par Taccumulation de liquide et en i)artie par l'anxiété ^^»ant des doukurs elles-mêmes. Ce sont des svniplômes qui nesont pas ordinairement connus parmi leb médecins, mais vous trouverez qu'ici Ranuncidus vous rendra autant de services que ^P««, Bryonia, ou Sulphur,, ou même plus qu'eux si le carac 1ère des douleurs ci-dessus décrites est présent.
'-^ second chapitre est l'action sur lés muscles^ Nous trouvons
^^^ Hanunculus agit ici comme un agent curatif. II est spécia-
•^'^^eni indiqué pour le rhumatisme des muscles, particulière -
'"^nt des muscles du tronc. Le rhumatisme intercostal cèdo
.""Coup plus vite à ce médicament qu'à aucun autre. Il y a
i ^^îrement beaucoup de sensibilité au toucher, et les muscles
^ ^X^ sensation de brisure comme s'ils avaient été piles. Jo
S'AV^ qu'on donne souvent Aconit.^ Arnica^ ou Bryon. quand
on devrait donner RananculuS'
Aconil, peut être le remède pour la pleurodynie quand il y a une forte fièvre (ce qui n'arrive pas souvent), spécialement si on |>eut attribuer la maladie à une exposition au froid après iivoir eu trop cliaud.
Raminculus bulb, peut aussi être employé dans le cas de ÏH^rsonnes qui sont sujettes à des points dans la poitrine à chanw. chantfrmenl de temps.
On peut aussi l'employer i)our des points douloureux, qui restent dans la poitrine après la pneumonie. I-a sensation ca ï'acléristifjue accompagnant la sensibilité de Ranunculus est une s^'nsalion d'ulcération sous-cutanée qui est purement subjective. ^'<' symptôme est aussi caractéristique de Palsalilla
lianunculiis peut encore être em[)loyé pour des douleurs <lans les poumons, venant d'adhéreiu'os après une j)leurésie.
Les douleurs rhumatismales de Ranunculus sont pires par le l^mps humide et particulièrement par un changement de temps ou de température. Même un mal de tète rhumatismal ayant cette aggravation peut demander Ranunculus.
Nous pouvons aussi le trouver indiqué dans l'inflammation du diaphragme, quand il y a des douleurs aiguës frappani de riiypochondre et l'épigastre vers le dos.
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Un autre remèd<i que j'ai trouvé utile dans celte dernière ma ladie est le Cactus grandiflorus, qui est un excellent médicament pour les douleurs aiguës dans le diaphragme, particulièrement s'il y a une sensation comme si un lien était serré autour de la taille, marquant juste les attaches du diaphragme au bord des cètes.
Il faut se rappeler J^an. bulb, comme un remède pour les mauvais effets de l'excès de boisson, dans le hoquet, et même dans les attaques épilopliformes et le dèlirium trèmens.
Enfin, nous arrivons à l'action du médicament sur la peau, lian. hiilb, est utile dans l'herpès: le zoster el le zona. Des vésicules apparaissent sur la peau, sont remplies de sérosité, et brûlent. Quelquefois ces vésicules ont une apparence noir bleuâtre. Ranunculus est spécialement indiqué quand l'affection suit le traiet des nerfs sus-orbitaires ou intercostaux, et est suivie de douleurs aiguës piquantes. Ici vous pouvez comi:>arer Rhus tox,y Arsenicum et Mezereum,
Ranunculus peut aussi produire du pemphigus. De larges ampoules se forment qui se crèvent et laissent des surfaces à vif.
On peut encore employer Ranunculus dans l'eczéma, accompagné d'épaississemenl de la peau, et de formation de croûtes dures, cornées. Ici, il est semblable à Aniim, crudum, qui a aussi des excroissances cornées ou des callosités à la plante des pieds.
Les ulcérations que cause Ranunculus sont atones et sont accompagnées de beaucoup de douleurs piquantes. L'écoulement est ichoreux.
En dernier, l'action de Ranunculus sur les muqueuses. C'est un des remèdes qui sont utiles dans la lièvre des foins. Vous trouverez qu'il y a de la cuisson dans les yeux ; les paupières brûlent et sont douloureuses ; le nez est gonflé, spécialement \ers le soir, avec pression à la racine du nez, et sensation de démangeaison et de fourmillement dans sa cavité. Quelquefois celte sensation atteint les choanes, faisant cracher et avaler le malade, et essayer de toutes manières de débarrasser la partie affectée. Arsenicum et Silicea aussi ont ce symptôme. Vous noterez, de plus, qu'il y a, avec cet hayfever, de l'enrouenienl, et très facilement des douleurs piquantes dans la poitrine cl \ers les parois, dans la sensibilité musculaire générale. Le colde la vessie peut être affecté, produisant de la brûlure à la miction.
Sulphur, ne suit pas bien Ranunculus,
MATIÈRi: MÉDICALE CLINIQUE 300
Rwr.NcrLrs s( kleratis.
Ran. ficeler, a une action plus irritanl^* que Ran. hitlhosu}^. Dans son action sur la peau, il produit une éruption vésiculeuse avee un écoulement peu consistant jaune, acr(\ quoique chose comme celui de Ran. bulb. Il produit aussi d\\no. façon plus marquée de grandes vésicules isolées. Quand celles-ci se crèvent, elles laissent une ulcération, dont récoulement est très acre, irritant les parties voisines.
Dans la stomatite, et quelquefois même dans la diphtérie ou la fièvre typhoïde, vous trouverez Ren. sceler. indiqué par la présence de places dénudées sur la langue, le reste de Torganc étant chargé. Nous avons ainsi Tétat connu sous le nom de langue en carte de géographie. Natrum muriat. a ce symptôme, ainsi qu\4r.scn., Rhus tox., et Taraxacum, mais aucun de ces remèdes n'a autant de brûlure et d'état à vif que Ranunc. scélérat. L'âcreur de la drogue la différencie de toutes les autres.
Comme Ran, bulb., Ran. sceler. peut être indiqué dans les -catarrhes ordinaires avec éternuement, coryza fluent, douleurs dans les jointures, et brûlure en urînant.