‹ Matière médicale clinique de FarringtonChapitre 29 sur 59 · LEÇON XXXIII · texte numérisé non relu

LEÇON XXXIII

CiNCHoNA.

Cinchona est certainem^înl uii iiiédicameiil merveilleux, mer veilleux dans les nombreuses variétés de ses aspeets, dans sa composition, et dans ses effets. Il a aussi une valeur historique pour les homœopathes comme étant le médicament qui amena Hahnemann à la loi de guérison et lui fît établir rhomœopathie comme une science iixée. Il n'est pas peu singulier que Icï:^ indigènes du Pérou, surtout dans les premiers temps, ne permettaient pas de toucher à larbre du quinquina, le croyant vénéneux et sous la garde de dieux spéciaux. Aussi ne furent-ils pas peu étonnés quand les Européens se mirent à prendre Té corce des arbres et à lexporler en Europe. L'industrie du quin quina est maintenant arrivée à une extension si grande qu'ello a dû être soumise à des restrictions pour la récolte et Texportation afin d'empêcher l'espèce de s'éteindre. On plante contî niiollement de nouveaux arbres, de sorte qu'il n'y a pas de danger d'extermination du médicament.

Il y a plusieurs sortes d'écorce de quinquimi dont je ne mentionnerai que trois : Técorce pâle, l'écorce jaune ou Calisaya, et enfin l'écorce rouge ou Cinchona rnbra. Il y a 30 ou 40 autres espèces connues.

Un médecin de l'Ouesl, do la valeur des expériences duquel j'ai tendance à douter, dit avoir trouvé dans Cinchona rnbra un spécifique contre rinlempérance, contre l'abus des liqueurs. Il donne la racine à doses appréciables, et prétend que dans un temps variable de une à quatre semaines elle guérira le plus invétéré des ivrognes de son pernicieux besoin.

En publiant les résultats de ses observations dans les journaux, il dit (lu'il fut amené à cette découverte en traitant un vieil ivrogne, qui n'avait jamais connu un jour de sobriété jusqu'au moment où il eut des frissons et de la fièvre, et fut guéri par la racine rouge.

Le quinquina contient toute une quantité d'alcaloïdes ou de principes actifs: Cinchonine, Cinchonidine, Quinine, Quinidine, Quinamine, Acide quinique, Acide cincho-tannique, Acide quinovique, et plusieurs autres. Ils diffèrent l'un de l'aulro dans

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leur composition chimique iieulemeiit pur les (juaiitilés de C H. nitrogène, et 0. qu'ils contiennent.

Il nous reste mainteïiant à étudier les elîels généraux du quinquina, avant de procéder à nos considérations sur sa symplomatologie-

La quinine et ses sels, appliqués localement sur une surface dénudée ou sur une muqueuse, agissent comme des irritants.

La quinine a aussi un effet destructif sur le mouvement amiboïde , forme de mouvement qui a été oijservée sur des globules blancs du sang ou leucocytes. Ceci est une raison pour laquelle les médecins allopat-hes roui employée pour prévenir Tinflammation. La quinine relarde aussi l<'s échanges des tissus. Ceci est une explication de son effet tonique. Vous ^errez que cette propriété de retarder la destruction est encore plus marquée avec Coffea.

La quinine agit aussi sur le tissu du cœur, en Taffaiblissanl. Ainsi la circulation est diminuée. l'U autre effet de la quinine quand elle est employée en injections sous-cutanées est que de grandes quantités détruisent le pouvoir ozonisant du sang. C'est à cet effet que les médecins allopathes attribuent son pouvoir de réduire la température dans les maladies fébriles.

Elle a aussi tendance à agir sur la rate, produisant la congestion, l'inflammation, et l'hypertrophie de ce viscère.

Il y a encore une autre propriété de la quinine, qu'il peut être bon de se rappeler, et qui est son pouvoir d'abolir l'ac tion réflexe quand elle est prise en grandes quantités.

Je vais vous donner maintenant les symptômes du cinchonisme, c'est-à-dire les symptômes qui succèflent à l'emploi abusif du quinquina. Vous trouverez comme tout à fait prédominante parmi tous les autres symptômes une augmentation de l'appétit par une stimulation de la digestion. Bientôt des nausées et des vomissements se montrent et même de la diarrhée s'ajoute aux troubles .^aslricfues. Alors la tête se prend. Il y a une sensibilité particulière aux impressions extérieures, aux bruits, aux lumières brillantes, ou à tout ce qui peut rendre le malade irritable. On tr^ouve une forme particulière de mal de tête, qui est caractérisée par une douleur j)rofonde et à d'autres moments par un battement dans la tête. 11 y a des sons de sonneries ou de roulements dans les oreilles, effet très caractéristique de Cinchona. Du vertige vient encore compliquer le cas. Si Tusage du médicament contmue encore, la surdité se produit.

Dans d'autres cas, se montre une sorte d'intoxication par

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le quinquina, qui ressemble à celle que produit Talcooi. Elle est suivie de délire, avec pupilles dilatées, puis de stupeur complète avec respiration difficile et finalement de convulsions, qui viennent de l'anémie des centres nerveux et non de la congestion, comme dans le cas de Belladonna, Dans les cas extrêmes, se produisent le coUapsus et la mort par paralysie du coeur. Ce sont les effets généraux du quinquina quand la drogue est donnée d'une façon persistante el à pelîls intervalles. Ils peuvent varier de gravité depuis un simple tintement d'oreilles jusqu'à tous les symptômes de l'empoisonnement complet.

Hahnemann nous a enseigné que l'anémie que cause le quin quina le rend utile seulement quand la débilité ou l'anémie vient de la perte de liquides. Dans l'école allopathiqiue, il est employé dans toutes les formes de débilité, donné soit seul, soit en combinaison avec du fer ou du vin de sherry. Mais, comme je l'ai dit, nous avons appris d'Hahnemann, qu'il est utile seulement dans l'anémie qui résulte de la perte de liquides. Aussi nous pouvons l'employer pour les conséquences d'une hémorrhagie. que ce soi! do la bouche, des poumons, ou de l'utérus.

\'ous p()U\ez l'employer quand une diarrhée de longue durée a épuisé le malade. Il peut encore être employé quand l'état est arri^é plus loin qu'une simple débilité, et que s'est développée celte horrible maladie connue sous le nom d'hydrocéphalie.

Dans de tels cas, (fuand Cinchona est le remède, l'enfant a les symptômes suivants : après une diarrhée infantile violente ou de longue durée, il devient assoupi, les pupilles dilatées, la respiration très rapide et superficielle; la diarrhée peut avoir cessé, ou les évacuations être involontaires ; la surface du corps est froide, spécialement les points saillants de la face ; ainsi, les oreilles, le nez, et le menton sont froids. Dans des cas tels que celui^i, Cinchona, s'il reste encore de la vitalité, ramènera le malade à la santé.

S'il échouait, vous pouvez encore vous adresser à Cale, phosph., médicament similaire, mais d'action plus profonde-

En employant Cinchona pour la faililesse résultant d'excès sexuels, rappelez-vous qu'il est seulement curatif pour la débilité résultant de la perle excessive de s|)enne. S'il y a des troubles constitutionnels, il est plutôt nuisible.

Arrêtons-nous maintenant et éludions les rapports qu'offre Cinchona avec les autres médicaments applicables aux étals de If'^bilité ou d'anémie.

Ferrum est indiqiié dans l'anémie pure, avec une apparence de pléthore.

MATIÈRK MKDICALE CUNIOLE ÎKll

Arsenicuni (»sl \e remède de la débilité résultant d'un oxcès do travail musculaire, comme après un exercice prolongé, des excursions de montagnes, etc.

PJiosphorus est préférablement indiqué dans la prostration qui ^urvient d'une façon très soudaine, quand le système nerveux est épuisé. Aussi, nous pouvons quelquefois avoir à employer ce médicament dans toute une variété de maladies, dans la scarlatine, la rougeole, la diphtérie, et, en fait, dans toute maladie dans laquelle le système nerveux semble avoir subi un choc soudain. Rappelez-vous que ce n'est pas un cas de Cinchona,

Acide phosphorique est encore différent de Pho}<phorus. On doit y penser dans la débilité d'origine nerveuse, quand elle n'est pas accompagnée de douleur, excepté, peut-être, une simple brûlure dans la colonne vertébrale ou dans les membres. L'esprit est plutôt apathique, et le malade tend à être assoupi et endormi. La caractéristique de celle somnolence e^t qu'on <^n est facilement tiré et qu'on est complètement réveillé.

Zincum est bon quand le cerveau devient affecté au cours de

maladies nerveuses, de la scarlaiine, ou des malaises estivaux

des enfants. Il est spécialonienl utile dans la scarlatine quand

l'enfant n'a pas assez de force pour dé\elop[)er son éruption.

Vous pouvez employer Cinchona pour les hémorrhagies, et

^ci vous pouvez difficilement agir sans ce médicament. L'hémor-

fhagie peut venir d'un orifice quelconque du corps ; le sang a

tendance à être foncé et coagulé ; le flux est assez profus pour

Que le corps soit presque exsangue: il y a du refroidissement

^^ la face, en fait de tout le corps, et les traits ont un aspect

^^ collapsus ; il y a une respiration pénible; le malade demande

^ ^tre éventé. Il le demande, non pas pour être rafraîchi, mais

^'î '"^aison de son besoin instinctif d'avoir plus d'oxygène, ce que

^^'^ntement produit en changeant les couches d'air inhalé.

^^ ^^^chona est souvent indiqué pour les hémorrhagies anté et

^^*-^i:>artum ; dans ces cas, il ne faut pas le donner à dose uni-

^' ^» mais d'une façon répétée, à petits intervalles, jusqu'à ce

^ ^ l^s conséquences de l'hémorrhagie aient disparu.

^ * >'' a un autre état dans lequel je voudrais vous recomman-

^ 1^ quinquina, et c'est quand la rétention du placenta s'ac-

^^"Pagne d'hémorrhagie. Puhai, ne fait aucun bien. Je sais

^ y a été recommandé dans ces cas d'enlever le délivre à la

^^^n, mais ma pratique a été d'administrer le quinquina jus

^^ ^ "Ce que la tonicité de l'utérus se soit rétablie, et alors d'en-

^^ver le placenta.

^^ remède le plus rapproché de Cinchona pour ces symjilO

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mes est Ipécacuanha, qui est utile lorsqu'il y a un flux de sang rouge brillant abonrlnnl, ordinairement accompagné de nausée, et quelquefois d'une rcv'^piration 1res dure cl pénible. Quelquefois il y a du refroidissement de la surface de la j^eau, qui csl cou\erle d'une sueur froide. Cest un de nos meilleurs remèdes dans rhémoptysie du début de la phtisie.

Bellad, est utile quand Thémorrhagie est de sang brillant, coagulant rapidement, et donnant une sensation de chaleur sur les parties sur lesquelles il coule.

Trillium combat l'hémorrhagie quand l'écoulement est soit rouge vif, soit foncé, et survient chez les femmes qui saignent après chaque accouchement.

Millefolium répond à un écoulement profus, rouge vif, sans douleur ; il ressemble à Aconit., mais n'a pas l'agitation et l'anxiété de ce ren)ède: aussi flux continu après un coup.

Sahina est à employer quand récoulement est rouge vif et coagulé, cl pire j)ar loul mouvement, il ef;t acrompngné de douleur s'rMendant dn pubis au sacrum. :

Carbn i:('(j. est à donner quMiid il y a une hémorrliogio i)assive contiiuie. La patiJMile a besoin d'ùlrc éventée. La ])eau e.sl froide et bleuâtre, el le pouls raj)ide et faible.

On dit que Secale répond surtout aux femmes minces et chétives. L'écoulement sanguin est passif: il est accompagné de démangeaisons dans les membres. Quoique la surface <lu corps soit froide, la malade exprime d'une façon persistante son désir d'être découverte.

Erigeron, dit-on, est utile pour l'hémorrhagie profuse semblable à celle de Sabina, mais accompagnée d'irritation de la vessie et du rectum.

Hamamelis est indiqué pour les hémorrhagies veineuses passives, spécialement quand l'endroit d'où vient le sang est senti comme douloureux et brisé.

Acalypha indien est utile pour l'hémoptysie après des accès de toux sèche.

Cinnamomum: hémorrha.Qfio profuse par une entorse ou un faux pas.

Ciiclamen. hémorrhao^ie |)rofns4\ avec \ertige et obscurcissement de la vue. comme pnr \m nuage. Ceci est différent du résultat naturel de la syncope venatit d'une hémorrhagie soudaine ou excessive: cela peut survenir après des pertes peu abondantes chez des femmes de ronslitution délicate, dont la faiblesse est cérébro-spinale.

Vous pouvez aussi comparer Ledum, Vinca minor, et Phoaphnrus, si l'hémorrhagie est causée par des polypes utérins.

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Après (|ii^ la réaction roiisoculi\e à rhémorrhatïic s'oî^l éi^blie, vous pouvoz oncoro doiinor (^inchma s'il y a un mal de tête avec violonl baltenuMit dos carotidos. C^ iiVsl pas un symptôme de Bellnd. C'est i-ci une indication de l'anéniio. tandis que. avec Bellad,, ce symplùim» osl un symptôme do I'Iin jx'rcmie.

C'est une earaetéristicpie générale de ce remèd(» do produire un érélhîsme nerveux a\cc ses symptômes de faihlcsso. (Ce fait rapproche plus China d'.'lrsen/cum que du torpide (\irbo veg,). L'esprit est suractif, quoique manquant d'endurance. Les idées viennent à l'esprit avec une profusion gênante, empêchant le sommeil. En fermant les yeux on voit des personnes et des figures. La surface du corps est sensible au toucher. Cette susceptibilité est plus imaginaire que réelle. S'il a une légère dou leur, il la sent d'une façon intolérable, et il craint, dés qu'on essaye de s'approcher de lui, qu'on ne le touche. (Aruiva i\ un symptôme spml»lablo dans la goutte: SpicfcUa a une sensibilité ai-luello de toute la surface, le iTioindre attouchement cn\oic un choc soudain à travers le cori)s lo\it entier cependant une pression a[)puyéc ou un frotteni-enl soidage). Il montre une sensibilité semblable pour un courant d'air, qui l'aggrave toujours. Ces signes sont approprié? aux douleurs névralgifpies ou autres.

Vous pouvez avoir à employer (^inchotia pour guérir Yasthénopie, mais seulement (juand elle survient comme résultat d'hémorrhagie ou de perte do liquides. Un examen avec l'ophtalmoscope montre la paj)ille pAle et anémique. Les pupilles ont tendance à être dilatées ; les yeux font mal quand on essaye de s'en servir, comme pour lire ou écrire, et les objets se troublent.

-Vous arrivons maintenant à l'étude de l'action de Cinchona sur les •organes digestils.

Il est très utile pour les dyspepsies venant spécialement après une perte d'humeurs. La digestion est si faible que l'estomac ne peut tolérer absolument aucune nourriture. Si lo malade dtne plus tard que d'habitude, il est sûr de souffrir en conséquence, ï/estomac est distendu do gaz. mais le renvoi ne soulage que momentanément. La moindre nourriture ou boisson qu'il prend *uigmente ce symptôme, do telle sorte qu'il se sent plein après nvoir pris seulement imo [)etito quantité, comme s'il avait mangé une énorme quantité de nourriture. Il se plaint souvent après avoir mangé d'une sensation comme d'une masse derrière le i^ternum, comme si les aliments restaient là. Ceci est situé plus ''out que n'est la sensation <r<enf dur d'.1/>/V.s iiiffra. Ptihat. aussi a la même sensation avec la même localisation. Cet étal, quand Cinchona est le remède, est souvent le résultat de la

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perle d'humeurs, de l'excès de thé ou de bière comme boisson, de fruits, etc. L'appétit esl souvent vorace quand il nest pas capricieux; soif d'eau froide: boit peu et souvent.

( )n peut aussi employer Cinchona dans les troubles gastriques des enfants qui demandent continuellement des friandises. Ils ne touchent pas aux aliments substantiels. En se réveillant le matin, ils sont de mauvaise humeur et irritables. Ils ont un ma\ivais goût dans la l>ouche et une langue blanche.

Cinchona esl utile dans certaines maladies des inlostins, spécialement quand elles sont accompagnées de tymi>anisme marqué. L'abdomen est énormément distendu ; cpiand on le percute, il donne immédiatement un son semblable à celui d'un tambour. C'est particulièrement quand cette tympanile survient de bonn<* heure dans le cours de la maladie que Cinrhona fait du bien: alors ce symptôme indique de bonne heure la faiblesse. Plus lard, dans le cours de la maladie, quand il résulte de la décom |)Osition, Cinchona est moins utile, et il faut recourir à des re méfies tels que Tercbinfhina, Colchicum, etc.

La diarrhée de Cinchona est très caractéristique. I^s selles sont d'un caractère lienlériqiie. Klle est pire, la nuit, ou après avoir mangé. Elle »»s! accompagn^'c d'une dépression rapidr avee émaciation. L'apparence des selles peut être jaune, aqueu se ou brune, et très fétide, (■inchona est un de nos meilleurs remèdes pour la diarrhée survenant par les temps chauds après avoir mangé des fruits.

Les médicaments qui ont l'action la plus voisine sont ici : Ferrum, Ars., Phosp, acid., Oleander, Iris versicolor, et Po doph,

Ars. et Ferrum ont tous deux la diarrhée lientérique profuse survenant pendant ou après le repas.

Acide phoaphorique diffère de Cinchona en ce que, tandis que les selles sont fréquentes et copieuses, elles ne sont pas accom pagnées de beaucoup de faiblesse.

Iris versicolor, est indiqué dans la diarrhée de l'été. Les selles sont copieuses et accompagnées de vomissements. Le patient est plus mal vers 2 ou 8 heures du matin. Il diffère de Veratrum album par l'absence de refroidissement.

Podoph. est à employer pour la diarrhée profuse partant en éclat, survenant le malin, ou plus durant le jour que la nuit. Les selles j)euvent conlenir «le la nourriture non digérée et souvent, chez les enfants, laissent déposer un sédiment farineux.

La diarrhée d'OJeander est aussi lientérique. Le malade rejette dans les selles la nourriture qu'il a prise la veille.

Cinchona, romme vous le savez tous, est un remède de valeur

dans ie Iraitement des frissons el de la fièvre, particulièrement dans cette forme de fièvre intermittente qui vient des miasmes d^îs marais. Il est utile dans les fièvres du type tierce ou quarte. Le frisson n'est pas accompagné de soif, mais la soif existe avant ou après le frisson. Pendant le frisson, le malade se tient le plus près possible du feu ou senveloppe chaudement dans ses couvertures: mais la chaleur ainsi obtenue ne lui {ait aucun bien. Le frisson est suivi d'une chaleur de longue durée, peuplant laquelle le malade désire se découvrir. Il n'a alors ordinairement pas soif. Sa face est d'un rouge ardent, et souvent il a <lu délire. La sueur qui suit est profuse et débilitante avec une soif intense. L'apyrexie n'est nucunement sans symï)lômes. Il .1 mauvaise mine, la figure est jaune brunâtre, par des complications bilieuses, la rate est augmentée de volume, et il y a une sensation douloureuse dans la région splénique, et. une perte totale d'appétit on l)ion une faim canine. Les ])icds deviennent œdémateux souveni par trouble de la composition du sang, mais surtout par troubles de la circulation hépatique ou splénique. Le sommeil est fortement troublé, et le malade, dès qu'il ferme les yeux, voit des images, etc., devant lui.

I>e sulfate de quinine a ces mêmes s\mptômes avec ceci en plus que le frisson revient avec la régularité d'une horloge. Mais les deux médicaments peuvent éiro indiqués dans un type de fièvre revenant en avance.

Le quinquina et ses préparations ont été employés avec un tel abus dans le traitement de la fièvre intermittente, qu'il est nécessaire de les 'différencier soigneusement des remèdes concordants.

Le premier de tous est Cornus {lorida. Celui-ei a la somno lence longtemps avant le frisson ; le malade se sent frissonnant, mais est chaud au toucher ; la chaleur est accompagnée d'assoupissement, et est suivie d'une sueur profuîc^,

^îenifanthes est excellent quand le frisson prédomine, avec un froid de glace des bouts des doigts; en fait, toutes les parties périphériques du corjfs deviennent froides.

Avec Capsicum le frisson commence dans le dos, avec soif. 1^ malade se sent mieux par l'application de chaleur dans le flos et quand on l'enveloppe, tout comme pour Ignatia.

Eupalor, perfol. est utile quand le frisson survient le matin, ^^ le matin d'un jour et l'après-midi du suivant; mais ordinai rement cependant à 9 heures du matin. Le frisson est souveni précédé de soif et de vomissement amer. Boire de l'eau rend 1* malade frissonnant. I^ fièvre est ordinairement suivie d'une trè.s légère sueur.

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iMchcsis pout être employé après l'abus de la quinine, quand les accès l'eviennent au printemps,

Canchalagua, fièvre du printemps, frisson intense, mains ri dées comme celles d'une blanchisseuse.

Eucalyptus est un rpmède qui a été hautement recommandé dans les fièvres malàriennes. mais je dois dire que je ne sais rien ou peu de chose sur lui.

Ipéca est utile dans la fièvro intermittente quand le type a été perverti par la quinine. Vous ne pouvez obtenir un tableau clairement défini du cas. Tout est confus. Ipéca semble avoir la propriété de développer les symptômes et de guérir le cas, ou bien il vous fournit des données suffisantes pour vous rendre capable de choisir le remède approprié. Le symptôme caracté' ristique (ïlpécn pendant Tacoc'^s est un frisson court suivi d'une longue fièvre. Ordinairement nous trouvons des symptômes gas^ triques, avec une prépondérance de nausée.

Un aulro remède qui peut être employé pour enle\er les mauvais effets de là quinine est Arfienicum. I! est indiqué quand les paroxysmes surviennent plus ou moins ])cn<)diquement. 1-a soif est grande. La rate est gonflée. T>^s symptômes d'hydro- ])isie apparaissent. Des paroxysmes névralgiques surviennent à la face, et re^iennent tout à fait régulièrement. .4rsenîc. peut être indiqué quand presque toute sorte de maladie prend le type malarien. Dans ces cas, vous trouverez que les remèdes ordinaires ne sont d'aucune utilité.

Un autre remède encore dans les cas graves est Carbo veget. 11 est spécialement utile après l'abus de la quinine quand il y a de la soif pendant le frisson ; quand le corps est d'un froid de glace, et ce refroidissement est spécialement noté au-dessous des genoux, et quand il y a un manque de réaction. Vous serez surpris de voir avec quelle exactitude un cas apparemment sans espoir guérira avec l'un ou l'autre de ces remèdes.

Il y a une constitution développée par les miasmes des marais pour laquelle il est nécessaire d'employer des remèdes îiyant une action profonde. Parmi eux le premier est Aranen (liadema. Ce. médicament s'applique aux personnes qui n'ont [)as un type distinct de fiè\ re. mais qui pAtissent à chaque chang<îment de temps froid ou humide. Les symptômes paraissent C'Ire mal définis. Une fois, ils se sentent dyspeptiques, une autre fois ils souffrent de p-irtout'': mais dans tous les cas l'infection constitutionnelle est à la hase de toute la maladie. Aranea dia riemn changera tellement le type de la constitution que le ma lade échappera désormais à tout malaise quand il sera exposé h l'humidité.

* cas.

Dans certains cas \ous aurez à employer Ferrum comme antidote à la quinine, spécialemenl quand survient Tanémie ])articulière à ce médicament. La face a facilement des flux de rougeur, et les vaisseaux sanguins battent. La rate est augmentée de volume, et des symptômes hydropiques se manifestent surtout aux pieds.

Cinchona, pour en revenir à ce médicament, est aussi d'une utilité essentielle dans le traitement des types hectiques de fiè> vre, tels que ceux que produit une suppuration de longue durée. I-e chirurgien est appelé^ à l'employer très souvent quand, après l'ouverture d'un abcès, des symptômes de fièvre hectique se développent. I^s joues sont rouges. L-e malade est excessivement nerveux, l'irritabilité nerveuse étant en grande disproportion avec la force du malade. Il est si prostré par la fièvre qu'il lui est difficile de lever la tête. 1^ diarrhée ajoute à sa faiblesse. D'abondantes sueurs nocturnes l'épuisenl aussi. .\ côté de Cinchona, dans celte occurrence, vous d^vez plnror dans votre (esprit ses analogues, qui sont surtout Aïs. et (^avhn reg. Vous rencontrerez souvent \u\ cas jxraw^ dans Icf|ne] (Inchona arrMe son cours, et ne produit plu!* d'amélioration. Mors vous aurc? i\ choisir entre Ars. et Carbo veg.. suivant les symptômes du

Carbo veg, aussi bien que Cinchona, est à se rappeler comme un remède pour empêcher le collapsus, qui suit l'ouverture d'un abcès froid, comme il en survient dans les caries vertébrales. Les symptômes des deux remèdes sont presque identiques, et votre choix entre eux peut être difficile si vous ne trouvez d'autres symptômes se rapportant distinctement à l'un ou à l'autre.

Psorinum, comme Cinchona, est utile dans certains cas de sueurs nocturnes. Il est indiqué quand les sueurs profuses surviennent après une maladie aiguë; comme une fièvre typhoïde, ptc., etc. Le malade est très découragé, sans espoir de guérison; il reste faible, avec un tremblement des mains et une faiblesse (iu dos et des articulations.

Ine autre forme de suppuration dans laquelle vous pouvez employer Cinchona est la suppuration des poumons, particulièrement chez les buveurs quand la maladie est accompagnée de fièvre hectique.

Vous pouvez être aussi amenés à l'emploi de Cinchona dans l^s états de désorganisation, soit des tissus externes, ou de la substance pulmonaire; dans ce dernier cas, il est indiqué par l€s symptômes hectiques et par la fétidité de la respiration. Ici Cinchona rivalise avec .Irs., Sccnle, et Lachesis»

Ne confondez pas la respiration *fétide que je viens de men tionner avec celle qui vient de certaines formes de bronchites dans lesquelles rexpectoralion est longtemps retenue et se met à se décomposer dans les poumons. Pendant que le malade res pire tranquillement on ne peut remarquer aucune odeur extraordinaire. Dès qu'il tousse profondément l'haleine devient horriblement fétide. Cette sorte de toux demande Capsicum; et peut-être tout proche comme importance Sanguinaria Canadensis.

Vous trouverez Clnchona souvent indiqué dans le rhumatisme inflammatoire, non au début de la maladie, mais plus lard quand la fièvre a pris un caractère intermittent. Les jointures reslent encore gonflées. Les douleurs caractéristiques dans ces cas sont les élancements et les douleurs pressantes. Le malade ne vous permettra pas d'approcher, criant de douleur si vou.*? touchez les parties atteintes, tellement la superficie est exqui sèment sensible.

Cinchona est aussi un remède nérraigiquc. Il répond spécialement à la névralgie du nerf sous-orbitaire d'un côté quelcon que, quand les symptômes sont typiques dans leur retour, el quand le plus léger attouchement ou courant d'air froid donne une aggravation. Si la névralgie est d'origine malarienne, Cia chona est d'autant plus indiqué.

Vous pouvez ici comparer Cedron, qui est applicable à la névralgie malarienne ordinairement sus-orbitaire, quand les attaques reviennent avec une régularité d'horloge.

Dans l'ictère vous auriez à employer China quand la surface du corps el la sclérotique sont jaunâtres, Le foie est gonflé et sensible au toucher, et il y a une sensation comme d'ulcération sous-cutanée dans Thypochondre droit. Les selles sont blanchâtres, et sont accompagnées de gaz fétides, ou même il y a de la diarrhée. Il est spécialement indiqué dans la diarrhée venant d'excès sexuels, par perle de liquides humoraux, d'abus d'alcool et de catarrhe gastro-duodénal.

Les antidotes de Cinchona sont : Arsenic. Ipéca, Cnrbo veg., Lachesis^ Puisât,, Ferrum et Veralrum album. Pour la plupart d'entre eux les indications ont déjà été données.

Cinchona et la Morphine sont antagonistes pour leurs symptômes cérébraux.

Cinchona et Bellad, sont antagonistes pour les symptômes du cœur, la température, etc-

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