‹ Matière médicale clinique de FarringtonChapitre 32 sur 59 · LEÇON XXXVII · texte numérisé non relu

LEÇON XXXVII

Solanée»

Les médicaments composant ce groupe présentent de grandes similitudes dans leurs symplomatologies respectives. Les trois premiers médicaments : Bellad., Hyosc, et Stramoniumj sont d'un usage courant, même dans une pratique ordinaire. Il n'y a presque pas un symptôme de l'un d'entre eux qui ne puisse être trouvé presque le même dans l'un des autres. Les ressemblan-ces sont, en fait, d'une similitude troublante. J'ai rangé ces remèdes, non d'après la botanique, mais plutôt selon leurs rapports médicaux. Par exemple, les quatre premiers (BeU., Hyosc, Slram,, Solanum nigrum)^ attaquent surtout le cerveau et ont des propriétés narcotiques, ils sont donc placés en un groupe.

Ensuite nous avons Tabacum, qui a aussi des propriétés narcoti<}ues, mais qui agit aussi sur d'autres parties du corps que le cerveau. Puis vient Dulcamara, qui contient une petite quantité de Solanine, et n'est que faiblement narcotique. Une grande quantité de cette drogue serait nécessaire pour produire les effets soporifiques qu'on peut obtenir avec Siram. ou Hyosc. Enfin, nous avons Capsicum, qui est absolument irritant ou acre. Placé sur la peau, il agit comme un vésicant ou un contre-irritant. Il peut avoir quelques effets narcotiques, mais il diffère entièrement des autres membres du groupe. Les ressemblances entre les trois premiers sont si grandes, qu'il n'est pas bon de les faire suivre l'un l'autre. Il y a quelques symptômes de Bellad, et de Hifosc, qui sont opposés, non pas tant dans la phraséologie, par laquelle ils sont exprimés, car ils peuvent se lire exactement de même, mais il y a des résultats agissant dans des directions opposées ; en conséquence, ils se servent quelquefois d'antidotes l'un à l'autre. C'est spécialement vrai des symptômes de la peau.

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, . Bexxado^^na.^ ,

Belladonna ou li\ luorelle mortelle, était connue du moudo médical 150Oans avant J.-C. Les Vénitiens nommèrent la planto « herba bella donna », parce que les dames l'employaient comme cosmétique dans de IVau distillée. La plante, spécialement le^ feuilles, contiennent VAtropine bien connue, ainsi que Yasparagine, et aussi de la potasse et d'autres substances alcalines. I^i racine aussi contient de Tatropine, quoiqu'en proportions variables. Bellad. est très toxique pour Thomme, bien que les animaux herbivores puissent la manger impunément.

Etudiée comme poison, Bellad. cause les symptômes suivants: yeux secs et injectés ; face rouge, turgide el chaude; peau écarlate ou cloutée avec papilles tout à fait identiques à celles do la scarlatine; congestions violentées, particulièrement à la tôle ; bouche et gorge d'une sécheresse terrible; cette, dernière sensation s'étend en bas, produisant des déglutitions fréquentes, et des spasmes suffocants du voile du palais et de la gorge. La soif est violente, et cependant l'eau donne une aggravation; vertige, confusion, hallucinations, et finalement stupeur. I-es pupilles sont dilatées au point de faire presque disparaître Tiris (1). Mouvements musculaires; convulsions. De tels cas d'empoisonnement ne sont pas rares en Europe, où [a plante est indigène, et où ses baies ont été prises pour des cerises. Dan^ ce pays on l'a prise accidentellement, ou dans des tentatives de suicide. Pour combattre l'empoisonnement, il faut employer la pompe gastrique, les émétiques d'eau de moutarde chaude, et le café fort sans lait ou sucre.

Bellad., comme remède homœopathique, est presque aussi vieux que l'art lui-même. Notre symptomatologie d'expériences et de cas d'empoisonnements nous permet d'employer le médicament avec une certitude mathématique, tant que son choix est fait avec discernement. Mais, comme tous les polychresles, il en a été fait abus par les praticiens pressés et sans soin, et ainsi, on le donne souvent quand ses ressemblances avec le cas en traitement sont tout à fait superficielles et partielles. Parmi tous les médicaments il a au plus haut degré le pouvoir de produire des effets opposés.

(1) Bellad. dilata la pupille en stimulant le sympathique. Phyxostigm<i la contracte en stimulant lo S** nerf crânien. Gplmmivm la dilate en paralysant le 3* nerf crânien.

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Bellad, e&t gi souvent revenue dans les précédentes leçons en la comparant avec d'autres médicaments, que vous êtes déjà familiers avec elle. Pour cette raison, beaucoup des symptômes du médicament peuvent être passés rapidement en revue» Mais d'abord laissez-moi vous dire quelque chose du caractère général de Belladonna. Elle me semble s'appliquer surtout aux personnes de tempérament pléthorique, qui sont sujettes aux congestions, spécialement à la tête plus qu'en une autre partie du corps, qui sont plutôt grasses et flegmatiques, quelque chose comme Calcit'ea oslr., tans la pâleur de ce remède.

Elles sont plaisantes et de bonne humeur en bonne santé, mais deviennent excessivement irritables et désagréables lorsqu'elles sont maldes. Cette sociabilité agréable, qui semble les faire de, si bonne compagnie paraît ôlre tournée à l'état opposé quand elles sont atteintes par la maladie. Elle s'applique aussi aux enfants précoces, à grosse tête et à petit corps, qui peuvent être scrofuleux avec tendance au gonflement des lèvres et à l'hypertrophie des glandes. Ils apprennent rapidement; le sommeil n'est pas naturel; la tête est brtyante, les joues rouges; il y a des cris pendant le sommeil.

Bellad,, quand elle est à employer chez les enfants, demande qu'il existe des symptômes cérébraux. Il peut y avoir de l'excitation cérébrale, comme le montrent les sauts des membres, Tirrilabilité rendant l'enfant de mauvaise humeur, ou une inflammation méningée absolue.

Une particularité de la Bellad, est la faculté qu'elle a d'exciter la contraction des fibres circulaires des vaisseaux sanguins, la contraction des sphincters, etc. Cette qualité imiverselle de Bellad, se montre dans la conslriction de la gorge, pire par les liquides; constriction de l'anus, qui, avec un besoin de ténesme ^t une pression dans le rectum, suggère le médicament dans la dysenterie; et une constriction spasmodique du col de l'utérus, retardant le travail; besoin fréquent et inefficace d'uriner, avec miction peu abondante.

Ivp caractère de la maladie dans laquelle Bellad, est indiquée est aigu, soudain et violent. La rapidité de l'invasion de la maladie devrait suggérer Bellad. Par exemple un enfani est parfaitement bien en se couchant. Quelques heures après il est réveillé avec des symptômes violents, secousses des membres, irritation cérébrale, cris pendant le sommeil. Tous ces symptômes suggèrent Bellad.

De même aussi, dans les inflammations, si elles sont violentes et surviennent soudainement, et sont presque accablantespar leur intensité. Bellad. est encore indiquée. Nous pouvons

y penser dans les abcès, que oe soit un abcès de l'amygdale, un clou, ou toute autre sorte d'abcès, quand le pus se développe avec la rapidité de Téclair,

Aussi nous la trouvons indiquée dans Térysipèle phlegmoneux, qui arrive rapidement à la suppuration. Les parties atteintes deviennent très gonflées. Le pus se fraye un chemin à Iravers les tissus entre les muscles. La soudaineté de l'attaque suggère Bellad. Les douleurs répondent complètement à ce caractère du médicament. Elles viennent soudainement et durent plus ou moins longtemps, et cessent aussi soudainement qu'elle»^ sont venues. Tel est le caractère général de Bellad.

Bellad, agit sur le tissu musculaire et sur les articulations. C'est un de nos meilleurs remèdes dans le rhumatisme aigu et chronique. Les douleurs sont coupantes, tiraillantes, s'étendant le long des membres comme des éclairs. Les articulations sont gonflées, rouges, et luisantes; des traînées rouges irradient de la jointure enflammée; fièvre rhumatismale, avec douleurs attaquant la nuque, les épaules, et la partie supérieure des bras. C'est un de nos meilleurs remèdes dans le torticolis rhumatismal, causé par la coupe des cheveux, l'humidité de la tète, ou par le fait d'être resté la tête et le cou exposés à un courani d'air.

L'action de Bellad, sur le cerveau doit être comprise avant d'aller plus loin. Il ne me semble pas, en passant en revue les symptômes du médicament, que Bellad, cause autant une inflammation positive des méninges qu'elle ne développe les symptômes collatéraux de l'inflammation. Ainsi .4coni/. cause une inflammation réelle des méninges avec augmentation de l'exsudation ; ainsi encore, Bryonia cause une inflammation avec une exsudation de leucocytes et de plasma sanguin, constituant une inflammation complète. Bellad, semble plutôt provoquer la congestion. Les vaisseaux sanguins surchargés semblent s'être rompus et avoir produit de petits points rougeâtres ou des ecchymoses dans les tissus, excitant ainsi une irritation congestive du cerveau à côié de la séreuse. L'exsudation qui suit cette irritation congestive est une exsudation de sérum, et c'est tout à fait la sorte d'exsudation qui résulte toujours de la congestion veineuse. Ce n'est pas l'exsudation inflammatoire, riche en plasma, qui se produit avec Brijonia, Apis, et Sulphur., mais non avec Bellad. Encore une fois, Bellad. produit tant de symptômes collatéraux d'irritation cérébrale que nous trouvons son emploi indispensable dans cet état.

Quels sont les symptômes particuliers qui l'indiquent? Ce sont ceux-ci: congestion de la tête. Celle-ci peut, dans sa forme

la plus légère, consister en une simple sensation de chaleur de la tête, les pieds étant froids. D'autres fois, et dans des formes plus vioknles, nous trouvons la face rouge et le blanc des yeux un peu injecté. Le malade se plaint d'un violent mal de tête avec battements. Il peut être soit assoupi, soit éveillé. Souvent ces derniers symptômes alternent, c'est-à-dire que parfois le malade est assoupi et tombe dans un lourd sommeil, et s'en réveille avec frayeur, criant, ou d^^i^inant des signes d'irritation cérébrale, comme des mouvements des membres et des tressaillements isolés des muscles, et, quand cette forme d'irritation augmente, nous trouvons les yeux rouges, le bfanc des yeux ayant presque l'aspect de viande de bœuf crue.

Les carotides battent si violemment, que leurs pulsations sont facilement visibles. Cette congestion mène à une irritation inflammatoire. Nous trouvons un battement intense dans la tête, avec des douleuss aiguës lancinantes, si violentes qu'elles font pousser des cris et se tordre. Ces douleurs surviennent presque comme un éclair, et disparaissent aussi soudainement qu'elles sont venues. D'abord le malade ne peut pas dormir. 11 est dans ce malheureux état d'avoir sommeil et de ne pouvoir dormir. Quand l'évolution avance, spécialement chez les enfants, il enfonce la tête dans les oreillers, la tête est re jetée en arrière et roule d'un c6té à l'autre. On note du strabisme. Les pupilles sont dilatées. Il y a du grincement de dents. La face est rouge brillant ou môme la congestion est assez violente pour la rendre presque pourpre. Si le malade est un enfant dont la fontanelle n'est pas encore fermée, on peut la sentir tendue et faisant hernie sur la convexité du crâne, ou battant et frappant à chaque pulsation du coeur. Des convulsions s'ensuivent fréquemment, particulièrement chez les enfants, et ces convulsions sont très violentes, faisant faire au corps toutes les contorsions possibles, avec prédominance d'opisthotonos. L'urine est rare ou supprimée. Les divers symptômes, subjectifs et objectifs, qui appartiennent à cet état sont les suivants: d'abord, il y a des iressaillemenls pendant le sommeil, ou même étant éveillé. En fermant les yeux, le malade est très exposé à des visions anormales, qui ordinairement, disparaissent en ouvrant les yeux. D'autres fois, il a une sensation comme s'il tombait. Ainsi le malade, si c'est un enfant, se lève soudain de son sommeil, lend les mains en l'air, et tremble comme de frayeur. Quelquefois ce symptôme est dû à des rêves, d'autres fois à de violentes douleurs dans la tête, qu:, par leur intensité, alarment l'enfant et le réveillent, ou, d'autres ''oîs, à cette sensation qu'il est en train de tomber.

Quelquefois nous trouvons les malades avec cette irritation cérébrale gisant dans la stupeur. C'est à peine 8i ou peut les réveiller, et quand ils sont éveillés, ils sont violents, agités, frappant ceux qui sont près d'eux, tirant leurs vêtements, toutes marques évidentes d'une excitation qui, si elle n'est pas due actuellement à l'inflammation, approche de cet état.

Dans l'inflammation du cerveau ou de ses membranes, Bellad. doit céder le pas à d'autres médicaments quand l'exsudation se produit, qu'il y ait une méningite simple ou tuberculeuse Il y a très peu de relations entre Bellad. et la méningite luber culeuse. La méningite tuberculeuse est lente dans son évolu tion. Ainsi nous avons suggéré Sul[ur, Cale, Apis, et d'autre? remèdes agissant plus profondément et plus lentement que Bel lad. Et encore, quand l'exsudation s'est produite, comme l'in diquent la persistance du roulement de la tête et les cris soudains, nous savons que nous devons recourir îi d'autres médicaments, principalement à Apis. Bryonia. aussi, vient souvent après Bellad, quand la faoe est rouge par flux, ou est alterna tivement rouge et pâle. I^ plus léger essai (W remuer l'enfaul le fait crier de douleur. I^^es pupilles ne réauissent pas facile ment à la lumière.

L'enfant a un mouvem<ent de mâchonnement de la bouclie. comme s'il mâchait ou suçait. Les i^essemblauoes entre les deux remèdes sont assez grandes pour rendre souvent un choix eni barrassant. Les deux remèdes ont la hâte è boire de l'eau, le^ deux ont des cris de douleur, Taggravation par le mouvement, la constipation. Parfois, vous trouverez très difficile de distini^^uer entre les deux.

Il est plus facile <ie distinguer Bellad. d'Aconil. I>;s fièvre? causées par les deux médicaments se distinguent iU* la manier^: suivante: Bellad. ne produit pas de fièvre ifum' l'aiviin primitive par .son action sur le système nerveux synipatiiique. Aconit, te fait, Bellad. agit secondai i-ement sur le sympathique et prijnitivement sur le système nerveux cérébïx)-spinal. aussi elle cfi à employer quand ce système est atteint, ce qui. chez les 'enfants, survient très tôt. Chez les adultes, la maladie tend à commencer comme une fièvi-e, les symptômes cérébraux venatit *mj suite: ainsi, Bellad. devient le remède. Au début de la fièvn'. Aconit, est préférable quand il y a celte violente angoisse dr Vesprit, avec agitation, remuement, peur de la mort, p^au sè^'h<' et chaude, pouls plein bondissant, des hallucinations, des cris dans le sommeil, ou du marmottement et des paroles insensé^^s qui appartiennent à la fièvre. Ces symptômes cérébraux résul leni de la haute température et non de l'inflammation directe du

MATlÈKli: MÉDICALU GIJM<^IJE [ifC\

cerveau. Mais supputez que le oas aille jusqu'à co que le cerveau soit atteint; I^ peau de\ieiil si chaude qu'elle brûle presi|ue la luaia qui réexamine, ou. si. on enlève les couvertures, il .'ioiiiblr. monter une v^ipenr chaude du malade. Ceci est une sorte de chaleur qui appartient à BellcuL D'autres fois, avec celle chaleur, il y a une sueur chaude (qui n'est pas si caractéristi- <|ue iVAconit.), particulièrement ù la tèle et à la face.

Eu regardant le malade, on \oit la sueur en cliapelet. sur le iront» et elle est chaude. Ak)rs, <»neore. pour nous rendre capables de distingue!' davantaja:(\ nous axons, d'une fa<;on prédominante, ees symptômes <'e'»rél)raux : tressa utomenls }K»ndant le somniei], hallucinations» visions, et recherche plutôt que crainte de la mort. Ceci est souvent le cas <laiis la fièvre rhumatismale. Toute l'économie semble atteinte, produisant une fièvre générale avec douleur dans les jointures, volant de place en place. Celle fièvre est presque toujours accompagnée de sueurs sûres profuses, qui ne donnent aucun soulagement. Le patient parait tremper de sueur tout ce qui est autour de lui, et plus il transpire, plus il paraît ne ressentir aucune amélioration. Ici, Aconit, ne fait aucun bien, mais Hellad, en l'ait.

(juand la fièvre s'est un peu abaissée, et que la transpiration contiime encore, Mercurius est le remède apj)roprié qui y succède.

Dans les types l\phoïdes de lièvre, Bellad, est quelquefois indiquée au début dv la maladie. Klle est indiquée au stade d'excitation quand la congestion du cerveau i)rédomine. Nous trouvons un délire furieux, avec des cris et des efforts \iolents |)Our s'échapper du lit on de la maison. La face est rouge, soit d'un muge vif ou som!»re, pi-esque pourpre; h»s pupilles sont dilatées et le» yeux inject^'s. \.e pati^Mit i»st plein de frayeur, ijiiaginant rfue toutes sortes <1 accidents \onl lui arriver. L'urine est rare, et elle est ordinairement jaun<» foncé brillant, avec <hi sims sédiluent.

n y a tendance à axoir les pieds froids. Le malade tombe dans un somm(Ml lourd avec ronflement: i-v sonuneil n'est pas tranquille, car il tend à être acc(MU])aî4iié de marques d'irritation cérébrale, coimne: secousses nniscnlaires, tremblement dct membres, et cris. Si profond que &oit le sommeil, ce Ji'est jamais un engourdissement parfaitement tranquille: s'il Test, Bellad, n'est pas le remède. Vous verrez par ceci que Bellad, est indî- <fué, non par des changements dans ie cerveau causés par l'empoisonnement du sang, mais par des chaniiemenis résultant de la congestion ou de l'inflammation. Ouand la maladie a pro gressé au point de causer des altérations dans les humeurs de

Torganisme, Bellad, est de moins en moins indiquée à mesure que ces changements augmentent. Alors, il vous faudrait avoir recours à des remèdes tels que : Hyosc.^ Rhus tox., LachesU, et bien d'autres.

Quelquefois vous avez un état différent de celui qui a déjà été décrit, et cependant Bellad. pourrait être le remède. Cet état est souvent embarrassant. La face est pâle au lieu de rouge. Alors l'indication est tout aussi caractéristique de Bellad. que l'est la face rouge. Il y a ordinairement en même temps de l'irritation du cerveau et des réveils en sursaut pendant le sommeil. Cela survient ordinairement dans les maladies estivales, pendant la dentition, et dans la colique et des maladies semblables.

Le }>ouls est, soit plein el dur, comme avec Aconit,, ou bien lent. Il est lent quand la congestion cérébrale est assez grande pour causer une certaine compression du cerveau. Ici encore vous trouvez un exemple des effets alternants de Bellad. Le pouls peut être rapide pour un temps, puis devient lent, et alterne ainsi.

Les céphalées de Bellad, sont nerveuses et congestives. Le vertige aussi est congestif; le malade ressent comme s'il allait tomber en avant; ou bien tout <à coup il tombe en arrière sans connaissance. Les céphalées nerveuses sont unilatérales, situées à droite, pires de 4 heures de l'après-midi à 3 heures du matin, pires en étant couché; il semble qu'il y ait du bruit dans le cerveau; aggravation par la lumière, le bruit, ou toute conversation. Vomissement, impossibilité de rester tranquille; agitation remuante. Les céphalées congestives sont d'un caractère battant, avec aggravation en inclinant la tête du côté le plus congestionné du cerveau. Les douleurs ont souvent un caractère poignardant, frappant, rendant le malade presque fou furieux. Ouand toute la tête est atteinte, le patient (\st assis, supportant sa tête comme pour l'empêclier de se pencher; avec le mal de tête il y a ordinairement de la rougeur de la face, et un violent battement des carotides. L'esprit est souvent atteint; le malade est délirant, furieux et excité, et voit toutes sortes d'hallucinations.

Nous avons déjà vu comment Bellad. peut être indiqué dans rinflammation du cerveau. C'est aussi un remède de valeur dans l'inflammation d'autres parties du corps. Par exemple, nous trouvons que c'est le meilleur, quoique ce ne soit pas du tout le seul remède que nous ayons dans l'otite moyenne. Cette maladie vous rendra quelquefois perplexes. Les symptômes sont très graves. L'enfant porte la main à sa tête, et vous pouvez

faussemonl croira que c'est là qu'est La maladk. Les douleurs sont creusantes, forantes et tirantes, et &ont nécessairement ainsi en raison des relations anatomiques des parties atteintes. Elles viiînnent d'une façon soudaine et sont très violentes. Elles semblent frapper dans l'autre oreille, ou dans la tôle, avec des bourdonnements ou des roulements dans les oreilles. Si vous examinez l'oreille, vous trouverez le tympan bombant au dehors, avec ses vaisseaux très injectés; en fait, il a une apparence très enflammée. Il y a une rapide formation de pus, qui cherche à s'échapper soit en perforant le tympan, ou par la trompe d'Eustache, ou à l'intérieur. Dans ce dernier cas, &e produisent des symptômes alarmants, sinon mortels. C'est votre devoir de reconnaître de bonne heure cette maladie, car à ce moment vous aurez une chance de sauver l'oreille. Je crois que Bellad, est notre meilleur remède pour la maladie dans ses premiers stades; plus tard, nous avons {l'autres remèdes indiqués, comme: Hepar et Jellurinm.

Tellurium cause l'inflammation de l'oreille moyenne, avec rupture du tympan, et évacuation de pus, qui i)eut d'abord être louable, mais qui de\ient ensuite très fétide, ayant une odeur de saumure de hareng.

Dans les inflammations des yeux,- comme la conjonctivite et la sclérite, nous trouvons Bellad.^ indiquée par la soudaineté des douleurs, et de l'attaque, et par la violence des symptômes. Il y a nue grande intolérance de la lumière. L'œil semble comme énormément gonflé. La conjonctive est rouge vif. Ces symptômes vous donnent un tableau parfait pour Bellad. ïl semble attaquer l'oeil -droit plus que le gauche. C'est la congestion intense qui nous guide vers Bellad, dans les affections de l'œil ; et la môme remarque s'applique également aux névralgies dans et autour de l'œil.

Spigelia a beaucoup de douleurs oculaires semblables à celles de Bellad., mais elles sont situées à gauche, et n'ont pas la congestion intense.

Niirile d'amyle, est semblable à Bellad., étant indiqué quand les yeux et la face sont rouges.

Paris quadrilolia est excellent quand il y a des douleurs coninne si les yeux étaient tirés en arrière par des cordons; les globes oculaires ont la sensation d'être trop grands (comme Spigelia).

Prunus a une douleur écrasante, c'est-à-dire une sensation comme si les yeux étaient pressés entre deux pinces, ou des douleurs aiguës perçantes à travers l'œil et autour de lui.

La parotide est enflammée par Bellad., spécialement la droite;

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élancements, s'étendanl dans loreille; glande gonflée, chaude et rouge; lorifice du canal de Sténon est douloureux, comme abrasé; la salive est épaisse, gluante, jaunâtre, tenace; le mucus revêt la bouche et la gorge d'un enduit épais et collant ; la langue est blanche et fissurée.

Bellad. produit Tinflammation de la gorge, La langue, dans ces eas, est ordinairement rouge vif, les papilles augmentées de volume ou élevées, lui donnent Taspect d'une fraise (aussi on Ta appelée la langue fraisée (nous disons framboisée). Parfois on trouve la langue couverte d'un mince enduit blanc sur le dos, avec les papilles rouges et grossies se montrant à travers cet enduit blanc. Mais, quand la maladie progresse, cet enduit se dépouille, laissant une langue rouge vif hautement enflammée. La gorge est un point d'attaque prédominant dans les palhogénésies de Bellad, L'inflammation qu'elle y développe est d'une espèce très commune. En regardant dans la gorge, on trouve le voile enflammé et rouge vif, les amygdales augmentées de volume, particulièrement la droite, avec tendance de la maladie à s'étendre vers la gauche. Tous ces symptômes ont la môme rapidité de progrès que nous avons partout notée pour les symptômes de Bellad. Il y a une grande contraction des piliers, du voile et de la glotte, tellement que tout essai d'avaïer est suivi d'une constriction soudaine de la gorge et du rejet des aliments par le nez et la bouche. Le malade essaye de boire, et au moment où l'eau touche les piliers du voile elle est rejetée et s'échappe par où elle peut. Le malade semble être pire quand il avale des liquides, plus, en fait, qu'en avalant la salive ou des solides. Les amygdalep suppurent rapidement; les glandes du cou, extérieurement, sont ordinairement atteintes, et on les sent dans le cou comme des amandes dures, mais très sensibles. Quelquefois on trouve sur les piliers un exsudât blanc perlé, qu'on voit être du mucus et non de la fibrine. Cependant, à parler strictement, il n'y a pa3 de ressemblance entre l'inflammation de Bellad, et celle qui est caractéristique de la diphtérie ou du croup membraneux, de telle sorte que, lorsque Bellad, est administrée dans la diphtérie, elle doit être administrée pour d'autres symptômes que ceux qui appartiennent à la membrane. Le caractère général de la diphtérie est celui d'un empoisonnement du sang, tandis que Bellad, n'empoisonne pas le sang. Quand donc vous donnez Bellad. dans la diphtérie, soyez certains que c'est le remède, sans quoi vous perdrez un temps très précieux. Bellad. peut, à l'occasion, être le remède davs. los premiers stades quand la violence de Tattaque l'indique.

Laissez-moi vous rappeler que Lycopod. attaque Tamygdale droite, qu'il produit une haute température, des cris pendant le sommeil, et le réveil de mauvaise humeur et irritable. Nous trouvons ces symptômes aussi avec Bellad,; aussi, soyez bien sûr quand vous donnez ce dernier remède, que ce n'est pas Lycopod. qui est indiqué.

Il vous faudrait encore penser à Apis. Apis est un magnifique remède dans la dipiilérie. L'exsudat est plus sur l'amygdale droite, qui est rouge vif et couleur de rose; la langue est rouge et la fièvre est très élevée; la peau est sèche et très chaude, le pouls accéléré, et le malade très agité.

Mais, dans l'amygdalite, ou esquinancie, Bellad. se place à la tête de la liste des remèdes. Ici, il dépasse de beaucoup Apis on valeur thérapeutique, parce qu'il attaque le parenchyme de l'organe. L'inflammation causée par Apis est superficielle, n'atteignant que la surface muqueuse. Dans les maladies de la gorge, Bellad. forme un intéressant petit groupe avec Hepar. Mercurius^ Silicea, et Sulphur,

Quand, après l'administration de Bellad,, et malgré ce rc rnède, du pus se forme, comme l'indiquent la rigidité, les frissons, et les douleurs aiguës, lancinantes, avec battement, il faudrait changer ce remède pour Hepar. Même alors vous pour riez arriver à empêcher l'abcès.

Il faut le changer pour Mercurius si le pus s'est déjà formé et si l'amygdale a augmenté et empiété sur les parties voisines, et si la respiration est difficile. Vous notez que le pus s'est montré; Mercurius, donné à basse puissance et d'une façon répétée, produira une rapide ouverture de l'abcès et ainsi soulagera tous ces symptômes. Si vous donnez Mercurius d'abord, vous augmenterez beaucoup la durée du cas.

Quelquefois, il faut avoir recours à Silicea quand l'abcès s'est évacué et ne guérit pas. Le pus continue à se former et devient plus ou moins louable, foncé, fétide et désagréable au goût.

Dans certains de ces cas, Silicea échoue; alors il faudra intercaler quelques doses de Sul{ur, ce qui généralement, donne l'effet désiré.

Il \ a un autre remède, que nous avons employé, et qui est VAmygdala amara. Ce médicament cause une injection rouge sombre des piliers, de la luette, et des amygdales, avec douleurs aiguë'3, causant une difficulté considérable pour avaler; quelquefois elles sont si intenses qu'elles arrachent des cris au malade. Avec ces symptômes, on peut l'employer dans la diphtérie. J'ai moi-même guéri des cas de cette maladie avec Amyg- (Ifiht 'imara seule, quand il y avait cette couleur rouge sombre

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de la gorge, des douleurs aiguës soudaines, et une prostration générale marquée.

Amygdala développe la sensation de prostration, de fatigue, qui survient dans les premiers jours de la diphtérie.

Bellad, est en usage dans Vœsophayite avec sensation de constricliun; la déglutition et la respiration sont douloureuses. Veratrum viride, Rhu» et Arsenic, bont aussi des remèdes quelquefois indiqués dans l'œsophagite. ,

Pour les symptômes gastriques^ Bellad, est indiquée lorsqu'il y a des douleurs crampoïdes <lans lestomac, pires pendant un repas; douleurs perçantes; doit se courber en arrière et arrêter la respiration; brûlure. Ces douleurs gastralgiques vont toujours en traversant jus<iu'â la colonne. La sensation de pression est un symptôme gastrique prédominant; elle est pire après avoir mai^gé et survient parfois en se promenant. (Cale. ostr. a une pression comme par une pierre, soulagée par le mouvement. Chininum arsenicosum a la pression dans le plexus solaire avec douleur rachidienne juste en arrière.)

Dans les inflammations de . l'abdomen, nous trouvons que Bellad, est un remède;; par exemple, dans la péritonite, qu'elle soit ou non accompagnée de mélrite, et qu'elle soit ou non d'origine puerpérale. Les symptômes qui la demandent sont les suivants; commencement de tympanite, l'abdomen est gonflé comme un tambour, et très sensible au toucher, tellement que, en fait, la malade veut enlever toutes les couvertures. Le plus léger ébranlement dans la chambre la rend plus malade. Par exemple, si vous frappez le pied contre le lit en allant près d'elle, elle se plaint de ressentir une douleur. Vous noterez aussi la chaleur piquante dont je vous ai déjà parlé. A la main, vous sentez l'abdomen extrêmement chaud. En enlevant les couvertures, il semble s'échapi^er une bouflée do ^i^p^ur chaude, ce dont je vous ai déjà fait la remarque. Il y a une irritation cérébrale marquée. L'écoulement lochial est rare ou supprimé.

Tilia Europea est un médicament qui, c'est à mon avis certain, n'a pas reçu le crédit qui lui ét^it dû. 11 est utile dans la métrite puerpérale quand il y a une sensation douloureuse intense de l'utérus: il y a aussi une pesanteur marquée, avec sueur chaude, qui ne donne pas de soula£>ein. nt.

Un remède très communément employé par les allopalhes est Téréhcnlhina, Les symptômes que produit ce médicament sont les suivant^ : Pesanteur dans la région utérine, brûlure comme du feu vers l'hypogastre, brûlure en urinant, l'urine est souvent nuageuse et foncée, ayant une apparence bourbeuse. Dans ces ca$ la langue tend à être sèche et rouge.

Pour cette sensation d'endolorissement de l'utérus, le D' Jeanes employait une préparation de miel avec du sel, Mel cum sale. Il remployait à la 3" ou la 6* dilution. Sa caractéristique pour le choix de ce médicament était la sensation d'endolorissement dans la région hypogastrique s'étendant de l'ilion à Tilion. C'est une importante indication dans les déplacements utérins et dans le commencement de la mélrite.

Revenant à Bellad., Turine est jaune et claire; trouble avec sédiment rouge, ou profuse, et involontaire pendant le sommeil. Ce dernier symptôme suggère Temploi du médicament chez les enfants.

Il ne vous désappointera pas souvent quand les autres symptômes concordent. Il n'y a pas une vraie atonie, mais un relâchement des sphincters et une suractivité par perte de balance des fibres musculaires longitudinales. Sensation dans la vessie comme d'une boule roulante; ténesme de la vessie; strangurie; urine foncée, trouble, et rouge feu; besoin fréquent avec miction peu abondante. Dans l'incontinence avec relâchement actuel, consulter Planiago maior^ Causticum, etc. Bellad, peut avoir à être suivie dans ces cas de Cale, ostr,, Sul{ur^ et Silicea, Kreosote est indiquée dans l'incontinence spécialement quand le malade rê\'e qu'il urine.

Nous avons maintenant à parler de l'action de Bellad, Bur la peau. Elle cause d'abord un érythème, une rougeur vive, écarlaie de la peau ; la peau devient excessivement sensible au toucher. Quelquefois l'érythème consiste en une rougeur uniforme sur la surface entière du corps, telle qu'elle est dans la variété de scarlatine de Sydenham. D'autres fois, elle a une apparence érysipélateuse, venant par bandes, qui parient d'un point central et irradient dans toutes les directions è partir de ce point, la couleur étant ordinairement tout à fait brillante, le gonflement rapide avec un très prompt envahissement du tissu cellulaire sous la peau, et, dans certains cas, rapide formation de pus, qui s'enfonce profondément dans le tissu cellulaire. Ainsi \ous avez un vrai tableau de l'érysipèle phlegmoneux. Avec ces symptômes, on ne trouve pas souvent de développement de vésicules ou de pustules. Au liou de cela, il y a une surface lisse, luisante, et tendue. Les douleurs sont violentes et aiguës. Elles sont d'un caractère lancinant et piquant et ordinairement accompacrnées do beaucoup de battements, particulièrement si les parties profondes sont envahies par l'inflammation.

Si l'érysipèle attaquait la face, il commencerait presque toujours du côté droit avec tendance à aller vers la gauche. Il y a presque toujours une tendance à l'irritation cérébrale. Plus

jeune est le malade, plus celte tendance est manifeste. Il ne J'aul pas confondre cette irritation cérébrale avec une métasta&e de Térysipèle au cerveau. C'est une simple irritation causée soit par la fièvre, par Tinlensilé de la douleur, ou par Tempoisonneinent du sang, ou peut-être par les trois; mais ce n'est pas une vraie métastase. Si une métastase se produisait, Bellad^ pourrait encore être indiquée. Si, cependant, Bellad, échoue dans ces cas, nous avons d'autres remèdes; par exemple Lachefiis, quand la métastase cérébrale ne cède pas à BellmL, la face étant d'une couleur pourpre ou bleuâtre plutôt que du rouge brillant ou foncé de BeU(id,,Le malade est plus faible, le pouls l)lus rapide et manquant de force, et il y a plus d'assoupissement que nous n'en trouvons avec Bellad,

Un autre remède concordant est encore Crotalus, qui est tout à fait semblable à Lachesis, si semblable, même, que je ne peux vous donner aucun point de distinction entre les deux.

Il faut penser à Cuprum pour cette métastase, si les symptômes sont spasmodiques et violents. Le malade est menacé d« convulsions. Il y a des contractions vigoureuses des muscles fléchisseurs.

Revenant maintenant à l'érythème de Bellad,, nous apprenons que lorsque l'état devient général, il suggère l'emploi du remède dans la fièvre scarlatine. Dans cette maladie il est indi> que avant tout, jMir cette couleur rosée brillante de tout le corps; en second lieu, par l'irritation cérébrale de nature active, les symptômes allant d'un simple réveil en sursaut du sommeil ou de secousses de groupes musculaires isolés, jusqu'au délire le plus violent avec cris et sauts hors du lit. L'éruption elle-même peut être d'une espèce lisse.

Bellad, ne cause pas un rash miliaire. I^ vomissement esl violent. Bellad, produit des vomissements tout aussi intenses qu'/peca, elle est particulièrement indiquée dans le vomissement cérébral. Les symptômes de la gorge sont prédominants. Il y a un gonflement rouge brillant de la gorge, les amygdales sont luisantes, la langue a l'apparence framboisée, ou, si elle est couverte, Tenduit est mince et les papilles élevées se montrent au travers. Le pouls est plein, fort et accéléré, et il y a une grande agitation, comme vous pouvez vous y attendre. Il peut y avoir du gonflement des glandes, particulièrement de colles du cou. Il peut y avoir suppression des urines ou urines profuses. L'un ou l'autre de ces états se produit dans le cas de Bellad, L'assoupissement ou le sommeil n'est pas celui d'un coma clairement marqué. Ce n'est pas la somnolence ou la stupeur, qui est développée par l'empoisonnement du sang, état

dans lequel le cerveau est si imparfaitement fourni d'oxygène qu'il perd son activité. Ce n*est pas Tétat de Bellad, Le sommeil de Bellad, peut être profond; le malade peut ronfler; il peut dormir aussi profondément qu'une bûche, mais ce sommeil n'est pas tranquille et passif. Il pousse des cris dans son sommeil, les muscles tressaillent, la bouche a un mouvement constant comme de mâchonnement ; il y a du grincement des dents. En fait, il y a presque toujours des symptômes montrant qu'il y a une frritation cérébrale d'un caractère actif.

Quand le patient est réveillé de son sommeil, il est violent, regardant autour de la chambre d'une manière sauvage, frappant ceux qui sont autour de lui. Quand cependant la maladie est d'un type malin, ou qu'elle devient ainsi en dépit de Bellad., il n'est jamais trop tôt pyour changer de remède. Vous devez alors en choisir un autre, tel que Lachesis, Rhus tox,, ou Hyosc,

Lachesis a, dans ces cas, beaucoup de symptômes semblables à ceux qui demandent Bellad, Nous trouvons dans les deux remèdes les cris pendant le sommeil, l'agitation, l'irritabilité au réveil, la langue framboisée, la rougeur de toute la surface du corps, la suppression de l'urine, le mal de gorge et le vomissement. Mais par où diffèrent-ils ? Ils diffèrent dans l'essence même de la maladie. Dans le cas de Lachesis, la maladie est adynamique et l'empoisonnement du sang est profond.

Les symptômes cérébraux ne se développent pas vers la fureur de Bellad,, mais il y a plus de stupeur. La peau n'a pas la couleur érythémateuse brillante de Bellad., mais l'éruption est plutôt pâle, irrégulière, et sortant imparfaitement, ou elle est pourpre et bleuâtre. La gorge vous montre non seulement les glandes grossies extérieurement, mais un gonflement du tissu conjonctif tout autour, dans le tissu entourant les amygdales aussi bien qu'à leur intérieur. Les parties atteintes sont plutôt d'une couleur pourprée. S'il y a tendance à la formation de pus qui n'est pas louable, Lachesis est encore plus indiqué.

Rhus lox, précède souvent Lachesis, particulièrement quand la cellulite est une complication, et avant que se soit produite cette couleur pourpre. L'inflammation est d'un type très inférieur, le rash est miliaire (aussi Hyosc, Stram., Bryonia et Lachesis).

Revenant de nouveau à Bellad., nous trouvons quelquefois qu'elle échoue, quoique les symptômes semblent la demander, et le cas est celui de la variété de scarlatine de Sydenham. Il y a deux remèdes auxquels il faut alors penser : Sulphur, qui, aussi fortement que Bellad., produit un éry thème lisse de la

surface entière du corps. Il peut être quelquefois indiqué ail début de la maladie.

L'autre remède est Cale, oslr., qui est complémentaire de Bellad., complétant souvent ce que ce remède ne guérit que partiellement. Ainsi, dans la scarlatine, nous le trouvons indiqué quand l'éruption sort comme avec Bellad,, mais commence à pâlir. La face devient pûle et gonflée. L'urine est rare ou même supprimée, ol les symptômes cérébraux suggérant Bellad., peuvent cependant être présents.

Une autre action de Bellad, sur la peau est la production de furoncles ou d'abcès. Vous pouvez la donner dans la mastite ou l'inflammation des seins. Elle est ici indiquée par la violence des symptômes, par la rougeur irradiante, par les battements et la tendance à la suppuration. Los mêmes symptômes Tindiqucnl dans les abcès de toutes sortes et de toute situation. Même un bubon qui est d'un caractère spécifique peut demander Bellad, si les symptômes sont de caractère violent déjà mentionné, et ici il rendra service ponrlanl ce temps. Nous trouvons aussi cjue c'est le remède pour les clous qui reviennent au printemps.

Bellad, peut être employée avec succès pour les maladies esti- \alcs des très jeunes enfants. Nous trouvons que c'est le remède quand il v a des cris heure après heure, sans cause appréciable.

Nous la trouvons aussi indiquée dans l'indigestion des enfants, accompagnée de douleurs aiguës, avec des cris soudains, et en se courbant eil arrière, non en avant comme avec Coloc. Quelquefois le côlon transversc est si distendu qu'il saille en avant comme Un bourrelet dans la région ombilicale. Ce symptôme survient quelquefois dans la colique de plomb. Nous trouvons aussi Bellad. indiquée dans la diarrhée. Elle Répond particulièrement à une diarrhée dysentérique, qui est une diarrhée par le froid avec entérite, les évacuations étant accompagnées d'un lénesme considérable (car \'ous devez vous rappeler que Bellad. a une grande affinité pour les sphincters), les évacuations étant muqueuses et sanglantes. Dans la maladie estivale les .selles Sont jaunâtres ou vertes, et contiennent des masses ayant l'aspect de craie, et consistant sans doute en caséine.

Vous devez vous rappeler Bellad. comme conrtplémentaire de Chamo. dans cette colique et la diarrhée des enfants.

Dans la névralgie, Bellad. est indiquée par les douleurs venant de façon soudaine, durant plus ou moins longtemps, et disparaissant aussi subitement: les douleurs sont lancinantes, brûlantes, tirantes et changeantes. Elles sont agg^avées par le mouvement, la lumière, le bruit, ou le plus léget* ébranlement,

®f par la position couchée; et améliorées dans la position as- 5)se. Dans la prosopalgie le côté droit est surtout attaqué, spé- Ciaknient les nerfs sous-orbitaires, et la face est chaude et ''ouge. Dans la sciatique, forçant à changer de position.

Toutes ces douleurs, aussi bien que les fièvres, ont tendance

^ être exacerbées à 2 ou 3 heures après-midi, et de nouveau

^ H heures du soir. I>e pouvoir du médicament d'exciler des

^'ouieurs névralgiques dans un quelconque des nerfs spinaux

^ amené à le recommander dans les douleurig atroces qui mar-

^'^ent le commencement de l'ataxie locomotrice.

^ellcsd, est souvent indiquée pour le Iraitenlént des convuls^^^s. L'épilepsie est facilement modifiée, et quelquefois guérie P^'^ -ce médicament (1). 11 en ^st de même de cette terrible ma- M\Q^ l'éclampsie puerpérale. Et les spafemcs des enfants pen-. ^^^^ l«i denlitioti (2), pat* suile des éruptions rentrées, etc., de- "iincl.^j^( ce remède presque journellement. Danè tous ces das, ^^^yrriptôines cé^éb^a^lx doi\'ent exister d*une fôçdn prédomijwnlo : i^^jg chaude, facie avec flux de <;haleur, carotides battan-

tes, i^^x-^j] ej^ gur^ut dit sommel avec terreur, etc., écume è ^ "^^olie ayant une odeur d'irufs pourris.

|,^^^ mouvements convulsifs i:)euverit être une corhbitial*on !"^t^ï*<^slhotonos et d'opisthotonos ; ou bieri le malade, Ot*di- ^^"^^^^»~ionl un enfimt, déViertt tout à coUp rigide, se i^aidit, avec ^^.^ -^'^xix fixes, brillants. Dans les cas puerpéraux, la ffettime ^^asr2^^ connaissance, el chacJUe douléUf ekcite dé ti<)tlVéau le 5V ^^ç^^ Entré ëiix, elle s'agite, se lamentant €t triatit, dU gît

vxi.^ il faut faille attentioil à Ahsinthiûm^ qui dAuse la oongéB-

vSS^ À'^^ méningeB éérébrale« et de la moelle; les hallucinationa sdnt

L^«^W)Ve8 ; les yeujir bHlIante ; épilepBie ^ suivie d'un état obtus de l'in-

jli^ence, un état d'éblouissement.

^^ Vertige épileptique ou perte de connaissance momentanée.

Artemisia vulgaris est botaniquement semblable à Ahsinthixim et ^t utile dans l'épilepsie survenant' après une frayeur, ou quand les attaques se snccèdent avec rapidité. Une grande agitation cafactérise Ahsinih., Artemiaiay Cina, ChamOj et les autres inetabr^ des botnpoeéés.

(2) t)ans les troubles de la dentition, comparer: Krêosoie, l'ehfant est tourmenté toute la nuit, 11 remue et s'agite toute la nuit: les dents se gâtent rapidement; Colchicdm^ sellw dhangeantee, contul* fiions pendant la dentition, réflexes d'une irritation adbt>minàlei Cina convulsions, face pâle, raideur, agitation, Doïichos, gencives extrêmement sensibles, semblent démanger. Aethusa diminue rapidement Je gonflement et la rougeur des gencives : vomissement do lait caillé.

394 a! ATI ÈRE MÉDICALE CLINIQUE

dans un profond sommeil. Chez les enfants en donlition, les gencives sont gonflées et la bouche chaude oL sèche.

Parlons maintenant de l'action de Bellad, sur les organes génitaux de la femme: il a sur eux une aclion marquée. Le médicament eause une pesanteur constante et violente, pire en étant couchée, et soulagée dans la station debout (1). Les règles sont avancées et abondantes, rouge vif, et accompagnées de douleurs crampoïdes dans le dos, les bras, etc.; mal de tête ballant; dysménorr éc congestive très intensément douloureuse; pesanteur; douleurs coupantes allant de dedans en avant ou vice versa; flux menstruel fétide sans cause apparente; lochies fétides sans cause apparente. Hémorrhagies utérines; le sang s'échappe et paraît chaud; leucorrhée avec cette pesanteur; col de l'utérus spasmodique, semblant chaud et très sensible; douleur dans le dos comme s'il alkit se briser. Ix^s douleurs du travail viennent et disparaissent subitement; douleurs violentes mais inefficaces. Bellad, peut être employée pendant le travail quand le col ne se dilate pas, quand il est spasmodique. I^es douleurs sont violentes et causent un grand malaise, et cependant l'enfant n'avance pas. Le doigt, à l'examen, trouve que le col reste rigide et spasmodique. On trouvera que quelques doses de Bellad, suffisent à corriger le trouble.

Bellad. a une action sur l'appareil respiratoire. Elle cause la toux par un chatouillement dans le larynx, comme par une poussière; face rouge, yeux étincelants; toux sèche, hachée, venant par attaques très violentes; toux avec sécheresse et constriction dans les parties supérieures de la poitrine, pire tout de suite après s'être couché le soir et la nuit. Crachats de mucus strié de sang. Larynx douloureux et chaud intérieurement, pire par la pression. Brûlure dans la poitrine; douleurs piquantes par la toux et le mouvement, mais non affectées par la respiralion. Douleurs pires sous la clavicule droite. Pression dans la poitrine et entre les omoplates, avec dyspnée, en marchant et en étant assis.

Calcarea aussi a la toux tout de suite après s'être couché.

Phosphorus diffère de Bellad, en ce qu'il a l'irritation plus bas dans le Iractus respiratoire. Il a plus de crudité et le larynx est douloureux, pire en parlant ou en appuyant dessus. Avec Bellad. il est seulement douloureux à la pression.

Avec Causlicum, la toux est chatouillante; la voix est pres-

(1) Sepin en est l'opposé. Kreosofr à la posant-eiir pire par le ropos et soulagée par lo mouvement.

M.\TI^JU: .Mr:DIC.\LF. CLINÎQUK 395

que disparue ; douleur et crudité d<î la trachée, mais non do la poitrine.

Rumex a la toux sèche par chatouillement dans la fosse susslernale, aggravée par le moindre air froid ou \)i\i' une inspiration profonde.

Avec Cepa la toux cause une sensation comme si le larynx .ni lait se briser ; elle fait se rider le malade; coryza.

Lachesis a une toux par un chatouillement situé plus bas ((uo dans le cas de Bellad., aggravée par la plus légère [>ression dos vêlements.

Pour la rigidité du col utérin, rappelez -vous aussi Gchrmium, Bellad, est complémentt'iire de Cale. o,s«//\ Elle est antidotée par Collca, \'ux vont., Opium,

Hifosc. antidote ?on abus dans les affections de la peau et la loux.

LEÇON XXXVIIJ

Stramonii'm. Hyoscyamvs.

Dalurn stvamonium. — Stram. diffère en quelque façon de Bellrul. Les syinplùmes mentaux qui nous mènent au ehoix de ee remède sont les suivants : la manie ou le délire sont d'un caractère féroce, la face étant d'un rouîie vif; les veux ont un aspect sauvage et injecté, quoiqu'ils ne soient pas aussi complèt«menl congestionnés qu'avec Bellad. Les hallucinations terrifient le malade; il voit des objets qui s'élancent de chaque coin; des animaux de toute espèce impossible surgissent et le terrifient. Le malade, si c'est uu enfant, cv'w .mî demandant sa mère alors que peut-être elle est à côté de lui. Les yeux sont ouverts, et les pupilles largement dilatées. Si c'est un adulte, il a un délire très loquace. Parfois, il manifeste un esprit enjoué dans sa loquacité, et à d'autres moments il a des épouvantes. A un moment il rira, chantera et fera des grimaces, à un autre, il sera suppliant, criant au secours, etc. Souvent il a de la photomonie ou désir de lumière. Il semble avoir une crainte absolue du sombre. Quelquefois, il insiste sur ceci, qu'il est en conversation avec des esprits. Quelquefois la manie prend un caractère slupide. Il j)arle d'une manière déraisonnable et sans aucun sens et rit de ses propres essais d'esprit. Cette loquacité diffère de celle de ÎJichcsis, Avec Stram, la loquacité consiste en un sim- .ple bavardn<xo, tnndis qu'avec I.nchcsis c'est un simple saut d'un sujet ^i l'autre.

Afiaricus semble se tenir entre Stram. et Lache.si.s, ayant des ressemblances avec les deux.

Un état simulant llvidrophobie demande parfois Stramonium. Dans cet étal, tout objet brillant cause un délire furieux, du spasme do la gorge et des convulsions horribles. Le délire, spécialement dans les états typFioïdes, est tout à fait excessif et semble épuiser complètement le malade.

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