XJ
Lacresis.
Eludions maintenant Lachesis, Je veux d'abord, pour vous faire comprendre le sujet, étudier ks symptômes généraux.
Nous trouvons que Lachesis est particulièrement indiqué pour les personnes qui ont une sensibilité marquée de la surface du corps. Mais si le patient est couché en état de stupeur, et qu'on le touche, comme pour essayer de lui lâler le pouls, il montrera qu'il en est dérangé. Une forte friction ou pression ne causera aucun trouble. Le D' Hering qui, le premier expérimenta Lachesis, ne pouvait pas supporter un vêtement serré autour de son cou : il enlevait toujours son col. Il nota que, durant l'expérience, ce symptôme l'ennuya plus qu'il ne semblerait : il nota fidèlement ce fait, mais sans y attacher de valeur. Depuis lors, le symptôme a été souvent confirmé dans la pratique et a été trouvé vrai, non seulement comme un symptôme local du cou, mais comme un symptôme de tout le corps. L'application semble être qu'il y a irritation des nerfs périphériques ; et à cause de cela, le patient ne peut pas supporter le toucher ou une légère pression. Il n'y a pas d'apparence d'inflammation et on ne le confondra pas avec l'hyperesthénie inflammatoire de Aconit, Arnica et Bellad, Cette sensibilité diffère aussi de celle de Apis, qui a une douleur de meurtrissure plus aiguë que celle de Arnica, Elle diffère aussi de celle de Nux vom. et de Lycopod,, qui l'ont au milieu du corps (ceinture), seulement après un repas.
Ensuite, nous trouvons que la drogue atteint spécialement la moitié gauche du corps. Les homœopathes ont été critiqués
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parce qu'ils attribuaient aux médicaments le pouvoir d'agir sur un côté du corps de préférence à l'autre.
Le simple fait que les maladies choisissent un côté, devrait être suffisant pour faire croire que les médicaments peuvent faire de même. Le côté gauche est plus apte à être louché par les médicaments qui ont une action déprimante parce que ce côté du corps est le plus faible.
Une autre particularité de Lachesis venant, probablement, de son action sur le pneumogastrique, est son influence sur le sommeil. C'est un symptôme général que le patient est rendu plus malade par le sommeil : le sommeil donne une aggravution. Ce symptôme est plus marqué que le précédent. S'il est vrai que Lax^hesis a une influence sur les centres de la respiration, et a une action déprimante, nous comprenons pourquoi le sommeil aggrave. Dans les heures de veille nous avons un certain contrôle sur la respiration. Pendant le sommeil, ce contrôle volontaire est perdu. C'est quand ce changement se pro duit, que l'effet affaiblissant de Lachesis est marqué.
Lachesis est un médicament de valeur à la ménopause lorsque la femme est déprimée par de fréquentes grossesses et un travail pénible. Dans cet état de dépression, de fatigue, il se produit tme soudaine cessation des règles. La non-apparition do IVîcoulenient, rend la patiente de Lachesis plus malade. Peutêtre, avant la ménopause, elle était plus mal avant que pendant le flux. Le pouls est trémulant. Il y a un mal de tête particulier, et d'ennuyeux symptômes mentaux, montrant que le iMchesis ne présente ici aucune exception à la règle, qu'il agit sur les personnes débilitées et affaiblies.
Maintenant, envisageons les symptômes de Lachesis en détail.
D*abord, les symptômes mentaux. Le patient est nervewt, anxieux, loquace, passant d'un sujet à l'autre ; quelquefois avec peur d'être empoisonné. Les histoires intéressantes excitent immodérément et même augmentent les signes somatiques. Il refuse les médicaments qu'on lui offre. Quelquefois Vanxiété revêt un type particulier, et il imagine qu'il est mort, et qu'on préparc ses funérailles. La loquacité peut être accompagnée de somnolence, ol cependant d'impossibilité de dormir. Les idées se succèdent si rapidement dans l'esprit, qu'il ne peut les écrire. Il reste debout tard dans la nuit, l'activité mentale étant alors accrue d'une façon inaccoutumée. Mais cet état d'excitation est mélangé à un autre, qui bientôt s'y substitue complètement. L'esprit est affaibli, le patient ne peut penser qu*a\ec difficulté, tl a à réfléchir comment les mots s'épellént. Sulphtir. et Lycop. ont aussi ce symptôme.
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Comme Thevidion et peut-être Moschus, il y a du vertige plus accentué en fermant les yeux, ou le vertige peut être pire assis ou couché. Dans ce vertige, cette faiblesse, on peut le comparer à Theridion. Ici aussi Tétourdissemcnt est pire les yeux fermés ; mais un fait distinctif se trouve dans ce verlig64 les souffrances et la nausée sont fort aggravées par le bruit. Les deux médicaments ont des douleurs au soleil.
Arsenic, Hydroc. acid, digit., Verair. alb., Camphor.^ seraient comparables dans le vertige et la sensation de faiblesse cardia^e.
Laurocerasus ou Hydroc. acidum sont nécessaire dans les faiblesses durant longtemps ; il semble n'y avoir aucun pouvoir de réaction ; la figuré est pàle-bleue, la surface froide. Si des liquides sont introduits de force dans la gorge, on les entend rouler jusque dans Testomac. Si la syncope est la suite de rintpoduction de quelque poison dans réconomie, scarlatine par exemple, les symptômes sont semblables, Téruplion étant livide, et, après pression, reprenant très lentement sa couleur.
Digitalis aussi est un émule d(^s venins de serpents dans la syncope, avec, auparavant, obscurcissement de la vue ; le pouls est généralement très lent, et souvent le patient se plaint de nausée et de faiblesse mortelle à Tépigastrc.
Camphor et Veratrum album donnent le froid, et h\ peau couverte de sueur froide. La face peut être rouge dans le décubitus, mais si Ton so lève, elle devient pâle et le patient tombe en faiblesse : le pouls est filiforme.
Camphor, a la surface glacée, la chute soudaine, comme dans Laurocerasus, et quoique si froid, il rejette ses vêtements aussitôt qu'il est assez fort pour remuer, même, quoiqu'il soil inconscient.
• Dans les effets morbides de la chaleur du soleil, comparer Glonoîn., Bellad., Camphor., \atrum Carh., et Theridion. Les deux premiers, avec une face rouge gonflée, une faiblesse paralytique (Glon.), inconscience, etc., ressemblent à Lachesis, mais le dernier donne los effets de h\ chaleur avec un sujet déjà
épuisé.
Tous les venins de serpentas ne peuvent supporter la chaleur ft ainsi nous trouvons lx^au<-oup de malaises revenant au printemps et en été. Dans le cas de Lachesis, le patient peut être en état ébrieux, ou prostré par la fatigue mentale. Le chaleur du soleil le rend languissant, vertigineux, défaillant; ou, si de la congestion s'ensuit, la face est rouge sombre et paraît en môme temps creuse cl cailavérique; les extrémités sont froides. Ici Camphor peut être indiqué si la vitalité disparaît, le pouls devenant, plus mauvais, le corps glacé et baigné d'tme sueur
froide, Lachesis et Natrum Carb. sont tous deux utiles par la fatigue du temps chaud, dans lequel cas on peut leur comparer aussi Sélénium et Natrum mur.
Revenant maintenant, après cette digression, aux symptômes menlaux de Lachesis, nous trouvons que le délire est d'un type doux, marmottant. D'autres fois, le patient semble aller de plus en plus profondément dans un état torpide, avec froideur des extrémités, tremblement des mains et du corps. Quand on lui dit de tirer la langue, il la sort Irémulante, ou la prend dans les dents» ou s'il la sort, elle est tremblante, et ordinairement recouverte d'un enduit brun foncé, quelquefois avec de petites vésicules sur la pointe. Les lèvres sont craquelées ot il en suinte un sang foncé. La loquacité est ordinairement suivie de dépression cl d'une faiblesse qui arrive à un état typhoïde ; alors, il est délirant, mais non avec le délire violent de Bellad, Le type typhoïde est montré par l'enduit foncé de la langue, l'état paralytique du cerveau, par la difficulté de tirer la langue et par le fait qu'elle s'accroche dans les (lents.
Ces symptômes montrent que Lachesis est un remède inestimable dans la [ièvre typhoïde, et en fait dans toutes les maladies de type typhoïde. La loquacité dont nous venons de parler est particulièrement caractéristique. Un autre état mental (|ue ces patients typhoïdes peuvent avoir comme indiquant Lachesis est, qu'ils ressentent comme s'ils étaient sous l'influence d'une puissance accablante. Il y a ordinairement de la diarrhée caractérisée par une odeur horriblement fétide des selles.
C'est une caractéristique de Lachesis, qui aidera aussi dans la diphtérie ou la scarlatine. Même quand les fèces sont formées, et de toute autre manière naturelles, elles ont cette terrible odeur. Lachesis peut aussi être indiqué tard dans le cours de la lièvre typhoïde, quand le patient est plongé dans une stupeur avec écoulement goutte à goutte de la lèvre inférieure et autres symptômes indiquant une paralysie menaçante du cerveau.
Parlons maintenant de quelques-uns des remèdes qui concordent avec Lachesis dans ces conditions.
Dans la loquacité que nous venons de mentionner, Lachesis pourrait être comparé à Stramonium et Agaricus, Stram. se distingue de Lachesis par la rougeur de la face et les autres signes évidents d'une grande excitation sensorielle.
Mephitis, Actea rac. et Paris quadrifolia produisent aussi la loquacité.
Avec Mephitis, le sujet est comme ivre.
Avec Actea rac, la loquacité est ordinairement associée avec
la suppression des règles, avec la manie puerpérale, ou elle fait partie du délirium tremens. Lachesis est aussi utile dans cette dernière condition. Aclea est curalive quand il y a imagination de rats, etc., manque de sommeil, sensation d'atroce écrasement dans la tête, parler incessant avec continuel changement de sujet ; le patient est obligé de remuer: Lachesis a un tremblement plus marqué des mains, diarrhée et grande dépression, avec la loquacité et les hallucinations.
Paris quadrilolia, cause un bavardage très analogue à celui que produit le thé, une sorte de vivacité avec amour du babillage.
Dans ces types typhoïdes de fièvre, on peut comparer Lachesis avec Opium, Hyoscyamus, Arnica, Lycopod. et Rhus tox.
Opium est indiqué dans la fièvre typhoïde avec paralysie menaçante du cerveau, mais les symptômes qui en dépendent se rapportent à une condition très différente de celle de Lachesis, Les symptômes qui indiquent Opium en plus de l'écoulement de la mâchoire inférieure, sont : rinoonscience, la respiration stertoreuse, et une couleur sombre ou rouge brun de la face Plus la face est rouge sombre, plus Opium est indiqué. Avec Lachesis, l'étal cérébral est dû à l'effet du poison typhoïde sur le cerveau. Avec Opium, c'est un effet secondaire de l'intense congestion de cet organe.
Hyoscyamus est peut-être plus semblable à Lachesis qu'à Opium.
Ici, nous trouvons l'écoulement de la mâchoire inférieure; le patient est faible et tremblant, et il y a des soubresauts musculaires. Ce dernier est un symptôme nécessaire de Hyosc, Ici, encore, il y a respiration ronflante, comme avec Opium, avec selles involontaires et grande prostration.
Arnica est aussi indiqué quand il y a grande congestion du cerveau. Le patient gît dans la stupeur, a'vec écoulement de la lèvre et fixité des yeux. La face est rouge foncé et les matières et l'urine passent involontairement. En plus de ces symptômes, U" séparant des médicaments que nous venons de mentionner, on trouve çà et là sur le corps des ivoints sombres, irrégulièrement disposés, ayanl une apparence noire et bleue, des ecchymoses, en un mot.
Lycopodium est le complément de Lachesis, et est, pour cela, plus apte à être indiqué après lui qu'aucun des remèdes dont j'ai parlé. Les symptômes qui indiquent Lycop. sont ceux-ci: Le patient gît dans la stupeur avec l'écoulement de la lèvre et la respiration bruyante. Il y a un bruit de mucosités dans la gorge, pendant l'inspiration et l'expiration, les. yeux sont fixes,
18 MATIÈRE MÉJ)ICALE CLINIQUE
et remplis de mucus. Lycop. est le i^môde le plus important que nous ayons pour empêcher la paralysie du cerveau ; pour cela, je pense qu'il est le plus fréquemment employé.
Laissant de côlé les symptômes mentaux de Lachesis, ses indications et de ses analogues, dans la fièvre typhoïde, nous considérerons maintenant Stes symptômes dans la tête. Nous trouvons qu'il produit un mal de tète pulsalile, ordinairement dans la tempe gauche et sur les yeux, avec de la confusion des idées avant le développement d'un coryza, et qui cesse dès que le coryza apparaît. C'est une caractéristique générale ; aussitôt qu'un écoulement est établi, le patient se sent mieux. J'ai guéri la dysménorrhée avec Lachesis quand il y avait un mal de tête précédant la dysménorrhée, mais guéri aussitôt que le flux était établi. A la ménopause, il y a sensation de brûlure
du vertex.
Dans les céphalées catarrhales ou rhumatismales, on peut comparer Mercurius, Cinchona, Puisât,, Bryonia et Gelsemium.
Cinchona guérit le mal de lête venu de la suppression du coryza, quand la douleur est pire par le moindre courant d'air,
Bryon, et Puisât, sont indiqués quand la sécrétion catarrhak arrêtée est jaune épais et gris respectivement.
Gelsemium quand la motilité est diminuée et le patient assoupi, avec des douleurs névralgiques de l'occiput au front
el à la face»
Le mal de tèle peut aussi venir de désordres gastriques ou intestinaux; ou il peut être l'accompagnement de (ièvres ou de maladies d'origine zymotiquc. Lo pali<Mit a une tendante .lu sancr à monter vers les régions supérieures avec battements dans la tête, rougeur sombre de la face, figure bouffie, confusion mentale, allant de la simple confusion à la stupeur absolue, souvent accompagnée, en plus, de cécité partielle, palpitations du, cœur et faiblesse. Les douleurs de tête sont bnèvciuent comme il suit : tranchantes et pénétrantes, et semblant se concentrer à la racine du. nez. D'autres fois, les douleurs vont du zygoma à l'oreille. I-a direction des douleurs est caractéristique. Parallèlement à cette douleur du zvgoma à loroille, nous avons des douleurs allant de la tête jusqu aux yeux et en-dedans des veux. Ce sont toutes des dou eurs caraclérislinues de Lachesis. 11 y a queU|ue chose de phi^^ q»* je veux maintenant mentionner, qui est probablement d origine rhumaiisn.ale : des douleurs dans la tête, descendant dans les épavr les et le cou du côlé atteint, et souvent accompagnées d une lé-ère raideur du cou, soit catarrhale ou rhumatismale.
lachesis peut être indiqué dans des formes plus graves de mal de l.He ; par exemple, dan« l'inflammation des membranes
MAxièHë médicale clinique 19
du cerveau ; douleurs traachanbefl dans la tête, faisant jtjler des cris au malade ; langue montrant ses papilles ; langue comme une fraise ; le patient roule la tête d'un côté à l'autre et la plonge dans l'oreiller.
Il est particulièrement utile quand un exanthème, scarlatine, ou érysipèle ne s'est pas développé ou a été répercuté. Le patient est d'abord très assoupi, mais incapable de dormir ; il a du tremblement et des palpitations de cœur. Bientôt la stupeur arrive, et il devient alourdi et endormi, et on ne peut l'en tirer qu'avec difficulté.
Dans les douleurs de tête intenses, comme dans la méningite, il faut se souvenir de la relation entre BelLad. et Lachesis, la différence entre ces médicaments étant plutôt dans le degré. Tous deux sont indiqués dans la méningite, dans l'érysipèle, dans la scarlatine, dans l'apoplexie.
Mais le premier (Bellad,) représente le stade initial de ces maladies ou de ces étais dans lesquels, môme quoiqu'il y ait stupeur, il y a encore évidence d'irritation et non entièrement de dépression. Ainsi, souvent, le patient sort de son lourd sommeih crie, grince des dents, se réveille effrayé. Son pouls est *>rdinairement fort et la surface congestionnée est rouge, ou, plus intense, rouge foncé et livide. S'il y a une éruption, comme dans la scarlatine, elle est rouge, même si elle est diminuée, mais la vitalité n'est pas si basse que les extrémités soient froides, ni le raeh bleuâtre, et le tissu cellulaire infiltré et faisant prévoir une suppuration malsaine, comme avec les venins de serpents. Souvent, cependant, après l'usage de Bellad,^ on trouve avec évidence de la dépression cérébrale, ou un empoisonnement sanguin, ou une paralysie menaçante; dans quel cas Lachesis serait indiqué. Le patient crie en dormant ou se réveille effrayé, la langue montre ses papilles hérissées, la tête est chaude, et la face rouge; mais le pouls est plus rapide et plus faible, les pieds sont froids, la chaleur de la surface est irrégulièrement distribuée; l'esprit est plus embrumé et l'assoupissement persiste, la partie enflammée, ou la fausse membrane, ou l'irruption, suivant le cas, devient plus pourpre; c'est ce qui indique le changement.
Considérant l'action de Lachesis sur les sens spéciaux, nous trouvons que les yeux sont affectés par le médicament. Il cause la diminution de la vision ; des points sombres apparaissent devant les veux : la vue semble soudainement disparaître ; il y a sensation de défaillance avec palpitations de cœur, et en même temps tremblement nerveux.
Lachesis est un des principaux remèdes pour la vue faible lorsqu'il y a maladif du cœur et vertifpe. On peut aussi Tem-
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ployer avec succès pour ce qu*on peut appeler Yapoplexie rétinienne. Là, il agit très bien en causant la résorption du sang.
Dans cet état de la rétine, les médicaments les plus voisins de Lachesis sont Crotalus, Phosph,, et Arnica.
L ophtalmie 8cro(uleuse indique Lachesis quand les symptômes sont plus accentués après le sommeil. Il y a grande pholophobie et douleurs d'un caractère brûlant, piquant, pénétrant, «'étendant aux tempes, au sommel de la tête el à l'occiput. Il y a aussi des démangeaisons et des picotements, dans les yeux el les paupières, plus accentués au toucher. La vision est troublée, avec des mouches noires devant les veux.
Crotalus peut être aussi indiqué dans la kératite, quand il y a des douleurs tranchantes autour des yeux, paupières collées le matin, et névralgies ciliaires avec ces douleurs, pires au moment des règles.
Dans les maladies de Voreille, Lachesis peut être un remède pour les bourdonnements et les sifflements dans les oreilles, el les autres sortes de tintements qui sont calmés quand on met le doigt dans Toreille ou qu'on la tiraille. Cela montre que le tintement n'est pas d'origine oongestive, mais catarrhale, et par occlusion de la trompe d'Eustache. La cire est altérée comme qualité, et devient pâteuse et fétide. Il y a du gonflement entre l'oreille et la mastoîde, avec douleur battante et raideur. On peut ici comparer Nitric, acid., Capsicum, Aurum, Hepar, et Silicea,
Elaps et Crotalus, comme Lachesis, ont une action sur les oreilles. Elaps produit un catarrhe avec cérumen noir dans les oreilles, tintements d'oreilles et otorrhée. I>e suintement est jaune gris, liquide et sanglant. Lachesis seul semble avoir Ta mélioration de l'oblitération eustachienne par l'introduction du doigt dans le méat.
Crotalus cause une sensation de bouchement dans les oreilles, surtout à droite, associée à une sensation comme si un cérumen chaud en coulait.
La FIGURE, chez le patient de Lachesis, varie naturellement avec l'état de l'économie qu'elle produit à ce moment. Dans beaucoup des maladies dans lesquelles le remède est indiqué, la face a une pâleur terreuse. Dans les maladies exanthématiques, elle a tendance à être gonflée ou bouffie; rouge bleuâtre ; si l'éruption survient, elle sort mal, disséminée et osl d'une couleur sombre.
Son expression est anxieuse et douloureuse avec stupeur : la face est défigurée, est comme après une débauche; il y a des cercles bleus autour des yeux. Avec des troubles abdominaux
comme dans la fièvre intermittente, la figure est terreuse, grise.
Lachesis a aussi des convulsions de la face, du trismus, des contorsions de la figure, de Texlension du corps en arrière (opisthotonos), des cris perçants, les pieds froids et démangeants. Un soudain gonfl-enienl de la face.
Pour le fjnnflemeni de la face, on peut comparer: Apis, Bellad., Arsenic, Lycopod., Hyosc, Rhus iox,, Puisai., Stram., Kali carb., et Phosph.
Pour le teint maladif, pâle ou terreux; Arsenic, Bufo, Lycopod., Carbo veg,, Rhus tox., Cinchona, Phosph. et Phosph. acid.
Cercles bleus autour des yeux; Arsenic, Cuprum, Phosph., Secale cornut., Verairum alb.
Aspect fatigue de débauche; Bapiisia, Hyosc, Carbo veg., \ux Dom., Sulph.. Opium, Nux mosch.
Pour les convulsions faciales: \ux vom., Hyosc, Bellad., Hydroc. acid,, Lycop., Cicuta, Camphor., Phytolacca. arsen.
Apis, Arsenic et Kali carb répondent au gonflement de la face, même sans aucune rougeur. Avec Apis, il y a aussi cuisson des paupières, et sensation do raideur. Avec Arsenic, le gonflement se trouve derrière les yeux, la glabelle, ^t le front (aussi Sairum ars.).
Kali carb. a les sacs bien connus des paupières supérieures et aussi le soudain gonflement des joues.
L'expression, le teint d'Arsenic sont très semblables h ceux des venins. L'anxiété et la souflrance sont marquées par plus d'ajjritalion et d'irritabilité, avec peur de la mort, etc., et la face enfoncée est plus complètement hippocratique avec les traits tirés, les yeux excavés et une sueur froide. Quand elle est jaune, ou terreuse, elle est cachectiauc. S'il y a des symptômes de trismus, le patient sera trouvé étendu pâle, comme mort, quoique encore chaud. Tout à coup il se réveille et est pris de graves con'vulsions, après lesquelles il retombe dans une sorte de rigidité cataleptique. Les yeux sont en partie ouverts, avec du mucus sur les conjonctives.
Lyeopod. a la figure pâle ou jaune, profondément ridée, paraissant élongée. Les mouvements convulsifs sont les seuls. Ilans toutes les expériences du remède vous noterez une alternance de contraction et d'expansion. Kl dans In figure on note : langue tirée au dehors et couverte de blanc, tremblement spasmodique des muscles de la face, angles de la bouche alternativement tiraillés et relâchés, ailes du nez de même. Les yeux peuvent être en partie ouverts et couverts de mucus, mauvais symptôme indiquant généralement l'épaississement du cerveau.
Phosphorus a la pâleur de la face, mais se distingua par son apparence cendrée anémique. Il faudrait sVn souv«nir, car ce remède comme les \cnini*, a la l'ace houtTie, creusée, bleuâtre autour des veux, les lèvres bleues.
Hyoscycmius est très semblable à Ijtchesis, dans l'expression faciale et dans les phénomènes convulsifs. Il a un aspect tout à fait stupide, comme ivre ; la face est contorsionnée et bleue, ou gonflée et rouge brun ; des tressaillements, des tiraillements de groupes isolés de muscles. La faim apparaît avant les attaques.
Siramon, est facile à distinguer par sa face gonflée, turgide. effrayée au réveil, les spasmes se renouvelant par la lumière, et l'expression contractée, mélancolique avec rides du front.
Hydroc. acid. répond complètement aux symptômes convulsifs et à la coloration de la face. Gomme avec Elaps^ on entend les liquides rouler dans Testomac ; mais ce dernier Ta plus comme une contraction spasmodique des sphincters, sui vie d'nn relâchement soudain.
Dans les convulsions, la surface avec Hydr. acid,, esl bloii pâle, et les muscles de la figure, des mâchoires, et du dos sont affectés. Soudain un choc est senti, (\\i\ passe comme \m éclair de la tête aux pieds, et alors vient le spasme. Ici le nMnôdr est plu« Cicuia et Helleborus que Lachesis.
Mais Cicuta a, comme les poisons, une grande difficulté pour respirer à cause du spasme, et, plus qu'aucun remède, produit le regard fixe : le spasme est suivi d'une faiblesse d'une intensité disproportionnée.
Camphor» se distingue facilement de Lachesis par le refroidissement et la réaction de la lèvre, montrant les dents-
Lachesis est indiiqué dans Vérysipèle de la (ace. Comme caractéristique, la maladie sera plus marquée du côté gauche. La face d'abord doit être complètement rouge, mais bientôt elle prend une couleur bleuâtre sombre. Il y a une infiltration considérable du tissu cellulaire, de telle sorte qu'il y a un gonflement de l'œil et du côté affecté. Maintenant, l'aspect bleuâtre de la face est accompagné de faiblesse. Même au commencement, quand la peau est encore rouge^ le pouls, quoique accéléré, est faible, les pieds ont tendance à être froids et la tôte est affectée d'une façon analogue, de telle sorte, que le patient devient assoupi, avec un délire marmottant, ou inversement, une pseudo-excitation, avec loquacité, comme je l'ai déjà mentionné.
Il faut maintenant distinguer l'érysipèle de LachesU, des remèdes semblables: parmi ceu7c-ci, est la belladonnf.. Dans ses
MATIÈRP. MHDICAI.F: CLINIQïJE Z^
syinplùiues de débul Bellad, n*a aucune ressemblance avec Lachesis. Mais dans le cours de la maladie, quand rinflammalion esl si intense, que la face gonflée devient rouge-bleu, avec menace de gangrène, ou quand le cerveau est touché, une différenciation est nécessaire. Ici, tous les deux ont la tète chaude et les pieds froids, le délire, la langue sèche, etc. Mais Lâchesis est indiqué quand les synq^tomes cérébraux ne veulent pas céder à Bellad., quand Texcitation fait place à la stupeur marmottante; avec pouls faible et rapide, que le refroidissement de la surface des membres est franchement <lû A la diminution de la vitalité plutôt qu'à la tendance du sang à se porter à la tête. Crotalus a les mêmes relations avec Bellad. Apis melL est imtiqup dans Térysipèle, quand les parties affectées montrent une tendance à devenir (tMiémateuses. Si la face est envahie, les paupières proéminentes, comme des poches d*eau. La figure est ordinairement d'une couleur rosée, ou elle peut être pourpre sombre, mais jamais profondément noir-bleuâtre comme Lachesis,
Quoiqu'il puisse y avoir une scMublable tendance destructive, la condition de Tirritalion nerveuse produite par le poison de l'abeille est très différente de celle de tous ses congénères : c'est un état nerveux inquiet, remuant, qui empêche le patient de dormir quoiqu'il ail sommeil.
Rhus toxic, est adapté à la forme vésiculeuse de l'érysipèle. Le patient est assoupi comme avec Lachesis, de petites vésicules se forment sur la face qui est rouge-brunAtre. non bleu sombre comme Lachesis, ni pourpre comme dans les cas intenses d'Apis,
Si des vésicules se forment avec Lachesia, elles se remplissent rapidement de pus. En les comparant, Rhus produit plus de vésication, avec plus de brûiUires, picotements, démangeaison, plus de douleurs dans les membres et d'agitatation: Lachesis plus d'inflammation rouge-bleuâtre avec tendance gangreneuse-
Euphorbium a droit à être noté, car il cause de la gangrène avec l'érysipèle, de l'anxiété comme par un empoisonnement, de l'appréhension, du trouble de la vue. La joue droite est d'une couleur livide ou rouge sombre, des vésicules se forment aussi grandes que des pois, et sont remplies d'un liquide jaune. Les douleurs sont d'un caractère forant, rongeant, creusant, et s'étendent de la gencive à l'intérieur de l'oreille, avec démangesii^on et fourmillement quand les douleurs sont passées.
J^achesis peut être iiuliqué dans la prosopalgie, quand la douleur eêi plus intense â gauche et quaml il y a des d(mleurs
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déchirantes autour de Torbite et des douleurs creusantes et de vis dans Tes malaire. Le délire apparaît dès que les yeux sont fermés.
Les dents s'usent et sémiettent : les gencives sont gonflées oA bleuAtres, avec des douleurs de battements. Lachesis peut cire employé avec succès dans la périodontite et les abcès à la racine d'une dent bouchée, comme aussi Mercurius, Hepar et Silicea.
Des remèdes analogues dans le mal de dents, aucun n'est si semblable que Mercurius qui, comme Lachesis, guérit quand la gencive est enflammée et la dont cariée, avec abcès à la racine. On dit qu'il a une aclion directe sur la dentine. Les douleurs sont déchirantes et pulsalives et frappent dans la face et les oreilles. Avec Lachesis, la mâchoire est gonflée, et en même temps rouge-sombre et livide ; ou elle est tendue et chaude et semble comme sur le point de craquer. Mercuriua est sensiblement plus mal par la chaleur du lit. Lachesis souvent suit l'autre, ou est employé si le patient a auparavant salivé. Merc, seul a les gencives en mauvais état avec des bords blancs.
Dans les maladies de la bouche, les aphtes, etc., Lachesis pourrait être comparée avec Baptisia, Nitric, acid., Muriatic» acid,, Arsenic, et Apis; tandis que Mercurius se compare plutôt avec Carbo veg,, Staphisagria, Kali chlor. lodine, Sulph. acid,, Nitric. acid.
Baptisia a le suintement sanguin des gencives qui paraissent rouge sombre ou pourpre, la salivation, les selles fétides, et ce dernier symptôme est justement comme Lachesis. Aussi tous deux sont indiqués dans la stomatite des derniers stades fie la phtisie. On se décidera d'après les symptômes généraux et d'après la langue qui, dans le premier, est jaune ou brime vers le centre, avec des bords rouges, brillants ; dans le dernier, elle est rouge, sèche, et brillante, spécialement à la pointe, il a les côtés et la pointe couverts de vésicules.
Mitric acid, donne une salive Acre ; les douleurs dans la bouche sont d'un caractère piquant, comme par une esquille; les aphtes et les gencives sont ordinairement blanchâtres ; il y a des places à vif, avec des douleurs lancinantes.
Murialic- acid, présente des ulcères profonds, bleuâtres, a\'ec des bords sombres ; la muqueuse est dénudée par places, et là il y a des aphtes.
Arsenic, ressemble beaucoup â Lachesis, avec des gencives livides, saignantes, des points de la langue couverts d'ampoules, et une diarrhée ulcérante. La brûlnro est plus intense, et
est associée avec le manque de repos, forçant au mouvement en dépit de la faiblesse. Dans la gangrène de la bouche, il donne d^s douleurs plus aiguës, et de la chaleur dans la bouche; les deux ont les ulcères bleuâtres ou noirs. Arsenic, a plus d'irritabilité mentale.
Apis a des vésicules bordant la langue, ou par groupes. La bouche est ordinairement rose-rouge gonflée, et il y a des douleurs d'aiguillon; le bord de la langue semble échaudé, comme généralement la bouche.
Carbo veg., Staphysagria, Sulph. acid,, ressemblent plus à Mercurius; les gencives sont blanches, spongieuses, ulcérées, plutôt que livides. Staphisag. peut donner des plaies qui semblent rouge-bleuâtre ou jaiuies; spécialement, on l'emploie après l'abus du mercure ou dans les cas de syphilis quand la faiblesse générale est marquée avec une figure creusée, avec du bleu autour des yeux.
Sulph. acid. répond à une grande débilité, des gencives blanc-jaunâtre, une peau jaune ; le patient est nerveux et violent, et constamment se plaint d'un tremblement qui, cependant, n'est pas observé pour les autres.
Salicyl- acid. cause les ulcérations, avec douleur brûlante et respiration fétide.
Lycopod. donne des ulcérations près du frein de la langue. Lachesis^ à la pointe, et Nitric. acid. Phytolacca, Natriim hypoch. sur la face interne des joues.
Phyiolacca a une certaine ressemblance générale avec ïmchesisy ici aussi bien qu'à la gorge. Tous deux causent une grande faiblesse, de l'obscurcissement de la vue, une figure creuse, les yeux cernés, la bouche ulcérée, la langue avec des vésicules sur les bords, la pointe rouge, le palais ulcéré, de la salivation profuse. Il peut être distingué par la grande douleur à la racine de la langue en avalant. Ces douleurs sont une parlie de la douleur de fatigue qui est générale sur tout le corps.
Helleborus produit le chancre de la bouche, mais les ulcérations sont jaunâtres avec des bords soulevés.
Revenant au sujet des dents cariées, on peut noter que KréosoL guérit les douleurs des dents du côté gauche ; les dents s'usent rapidement, les gencives saignent un sang sombre; mais les douleurs faciales concomitantes sont brûlantes et le patient est excitable, nerveux, et même les enfants ont des convulsions.
Thuya cause une carie juste au bord des gencives, laissant la couronne saine en apparence. Les gencives sont rayées de rouge sombre. Les dents deviennent jaunes et s'émiettent.
LEÇON m
Lachesis {suite)
Maintenant, nous prenons l'action de Lachesis sur le nez^ la gorge, et la poitrine, et tout ce qui concerne les catarrhen. Lachesis produit le catarrhe nasal, un écoulement aqueux par le nez, souvent précédé par un mal de \è\e avec battements, plus accentué dans la tempe gauche et le front, et qui se guérit quand le coryza est établi- Accompagnant le coryza il y a quelquefois des vésicules sur le nez, de la rougeur, de la bouffissure de la face et des paupières, des frissons circulant sur le corps, des palpitations de cœur et un grand relâchement de toute l'économie; de là, il est indiqué pour un rhume, qui a chance de se produire au changement de temps, par conséquent, au printemps. Lachesis peut aussi être employé dans Tozène d'origine mercurielle ou syphilitique.
Ici, on peut comparer Kali bichromicum, qui succède bien à Lachesis, et aussi Nitric, acid., Mercurius, et Lac caninum. Les médicaments derniers nommés, guérissent Tozène syphilitique et l'angine, quand les angles de la bouche et les ailes du nez sont fendillés.
Le rhume peut s'étendre à la gorge, et alors nous trouverons les amygdales augmentées de volume, particulièrement la gauche, ou avec tendance à aller de gauche à droite. La gorge, examinée, présente une couleur rouge bleuâtre, non rouge vif ni rose, le patient se plaint d'une fréquente sensation de constriction, comme si le passage de la gorge se fermait tout à coup ou comme s'il y avait une masse dans la gorge, qu'il avale constamment, mais qui revient aussi souvent.
La gorge extérieurement, est excessivement sensible au toucher.
A moins que les amygdales ne marchent ^ers la suppuration, il sera soulagé en avalant des corps solides, tandi» que la déglutition des liquides, ou h \ide, aceroît la g^ne et les douleiirs, .l'excepte la suppuration parce que. lorsque les amyg-
dates sont grosses et atteignent les piliers, rien ne peut être avalé, akrs l'essai de prendre quelque chose est suivi d'un violent rejet de cette chose, [)ar la l>ouch(» ou p;ir le nez. Mais avec l'ordinaire mal de gorge catarrhal, quand les amygdales ne sont pas gonflées dans leur parenchyme, la déglutition de nourriture souvent calme l'irritation pour quelque temps.
Le rhume peut aller plus loin et envahir les tubes bronchiques et une différente série de symptômes se développent. Le patient peut souffrir d'une toux chatouillante, irritante, qui a spécialement tendance à venir quand il se laisse aller pour dormir, le réveillant comme si on le frappait. Il ne peut rien supporter qui touche ^on larynx ou sa gorge, de telle sorte qu'il enlève sa cravate. Ce sont là, rapidement, les symptômes du catarrhe de LachesU,
Mais supposons, pendant que nous nous occupons de cette localisation, que nous ayons affaire à des affections plus sérieuses qui se manifestent dans ces régions, la diphtérie, pnr exemple. Lachefiis peut être indiqué dans la diphtérie de Tune ou de toutes ces parties. I^es symptômes qui vous amèneront à la prescrire sont ceux que je vous ai déjà donnés, avec ceuxci en plus : L'écoulement par le nez est épais, sanieux, et excoriant, symptôme objectif très dangereux- La gorge est, d'un rouge plus sombre que dans l'état catarrhal. La membrane est plus sur l'amygdale gauche, ou a tendance à aller de gauche à droite. De bonne heure se développe cet état gangreneux qui se produit dans la diphtérie, avec respiration fétide, et le danger accru d'une infection îîénérale. Les tissus qui entourent la gorge eont souvent infiltrés à un point tel qu'on a du gonflement des glandes du cou et aussi du tissu cellulaire. Le gonflement peut être si grand que le cou arrive au niveau du menton et au sternum. Les ganglions lymphatiques sont gonflés, et d'une couleur pourpre sombre et menacent de suppurer. Quand le pu» se forme, ce n'est pas un pus louable. L'enfant est assoupi, mtoie quoique fiévreux; le coeur, quoique battant plus rapidement que la normale, est évidemment grandement affaibli, comme le montrent la faiblesse du pouls et le refroi dissement des extrémités. C'e^t l'espèce de diphtérie dans laquelle vous pouvez espérer beaucoup de l'emploi de Lachefiis, La diphtérie peut envahir le larynx, et le remède est encore indiqué. On ne doit pas en inférer que Lach, est le remède de la diphtérie laryngée : mais il peut être employé lorsqu'on trouve les symptômes caractéristiques mentionnés; le malade sort de fton sommeil gêné pour respirer, et a une toux diphtérique, croupale.
28 IIATIÈRB MÉDICALE CLINIQUE
Croialus et Naia^ comme Lachesis, ont guéri dans la diphlérie. \je premier a été choisi quand les épistaxis sont persistantes ; le sang suinte de la bouche, ne venant pas simplement de la partie postérieure des fosses nasales, mais s'échappant des muqueuses de la bouche.
Nala a aidé dans des cas comme Lachesis, quand le larynx est envahi ; le patient est pris à la gorge, avec une sensation d'étranglement, les cordes sont rouge sombre, Thaleine fétide, la toux courte, enrouée ; avec une sensation de plaie du larynx et de la partie supérieure de la trachée-
Lac caninum est très semblable à Lachesis dans la diphtérie. De môme Lycopod, Ce dernier remède a l'aggravation des symptômes de 4 à 8 h. après-midi. Le côté droit est surtout pris : l'enfant se réveille de son sommeil effrayé ou bourru et en colère. Apis se distingue par l'œdème de la gorge, les douleurs d'aiguillon, les vésicules sur le bord de la langue.
De nouveau on peut trouver Lachesis très utile dans les affections des poumons. On peut l'employer dans Vasihme, quand sont présents un ou plus de ces quelques symptômes ; le patient se réveille de son sommeil avec le paroxysme asthmatique, et ne peut pas supporter la plus légère pression sur le cou ou la poitrine; finalement, il crache une quantité de phlegme aqueux avec grand soulagement. Ce dernier est un caractère négligé de Lachesis dans l'asthme. J'ai eu un succès avec lui en soulae^eant un asthmatique pour des mois.
Dans la pneumonie, Lachesis peut être utile, mais non dans les premiers stades de la maladie. Il n'y a rien dans les- expériences de Lachesis pour suggérer qu'il peut être utile dans la pneumonie. Il ne cause pas l'engorgement des poumons, la fièvre, ou le dépôt fibrineux. Mais il peut être indiqué dans les derniers stades de l'affection quand elle prend une forme typhoïde, spécialement quand un abcès se forme dans les poumons. Les symptômes cérébraux, tels que le délire marmottant doucement, et les hallucinations, apparaissent. Lés crachats sont écumants, mêlés de sang et purulents, et le patient est baigné d'une sueur profuse.
Sulphur est peut-être le meilleur remède pour empêcher la suppuration, quand il n'y a pas de symptômes typhoïdes, mais pour être utile, prenez garde en donnant Sulphur, que la pneumonie n'ait pas favorisé le développement de la tuberculose, ce serait alors donner une nouvelle impulsion à un malade déclinant. Cela hâterait seulement la fin.
Dans les affections de la poitrine, Elaps est souvent très utile. Cependant, il affecte plus le poumon droit que le gauche;
la doukur du matin y est assez forte pour empêcher le patient de se lever. Les deux sommets sont malades. Il y a une sensation de frisson dans la poitrine, après avoir bu. La toux est accompagnée de douleurs intenses dans la poitrine, plus intenses dans le sommet droit comme s'il était arraché, et les crachats consistent en sang noir. Il donne aussi une sensation comme si le cœur était serré.
On peut employer Lachesis dans la phtisie, non pour la guérir, mais pour l'amender. Souvenez-vous-en quand, dans le cours d'une fièvre typhoïde ou d'une pneumonie des tubercules se sont déposés dans l'un ou l'autre poumon. On peut l'employer dans les stades avancés de la tuberculose pulmonaire, quand le patient a une toux bruyante, qui le réveille de son sommeil, et qui se termine par l'expectoration d'une matière visqueuse, épaisse, grise, muco-purulente, qui est ré gurgitée ou vomie plutôt qu'à proprement parler, expectorée®; quand le patient transpire à chaque somme, la sueur étant surtout abondante au cou, aux épaules, et à la poitrine, et quand la force est considérablement diminuée et que le pouls indique une extrême prostration.
Maintenant, nous tournons notre attention vers le tube digestif au-dessous de la bouche. J'ai parlé de la langue en traitant des états typhoïdes. Lachesis est utile pour la faiblesse de la digestion, chez les malades qui, à la suite d'habitudes vicieuses, de l'abus du mercure, ou de la quinine, ou de l'alcool, ont l'estomac si déprimé que même les aliments les plus sim pies causent une indigestion. Les acides sont spécialement sup portés, quoique la nourriture la plus simple donne une sensation de lourdeur après avoir mangé. Quelquefois une douleur njiiireaiile est guérie par l'ingestion des aliments ou immédia If^nent après, mais bientôt des sensations de pesanteur, de tirailleiiient et d'autres symptômes d'indigestion se montrent. Parmi les choses qu'on désire, il y a les huîtres, qui peuvent quelquefois ne pas être mal supportées.
I^ foie est affecté par Lachesis, Comme tous les venins de serpents, il cause la jaunisse. Les symptômes habituels sont présents : même quand des abcès se forment, il peut être utile par la raison de la sensibilité à la pression, intolérance d'un vêtement, et battements profonds dans le côté droit.
Les symptômes intestinaux ne sont pas nombreux, quoique importants. Nous trouvons la diarrhée causée par le médica ment, des selles très fétides, mais plus souvent de la constipation, avec même particularité des selles- On peut l'utiliser spécialement dans la diarrhée chronique avec grande débilité
et aggravation au printemps. La langue est lisse, ruuge, et brillantie {Kali hic, a exactement la même apparence de langue). L'abdomen est gonflé. Le patient est plus mal avec le vin ou les acides. Il est très sensible au toucher à la ceinture.
Dans cette forme de dyspepsie, il est très semblable à Hepar. Ce dernier remède, cependant, a l'atténuation des symptômes par l'usage des condiments. Avec Hepar, les mets les plus simples sont mal supportés ; les désirs ne sont que d'une espèce ; comme s'il savait instinctivement ce qui doit remonter son estomac, le patient soupire après les condiments ou le vin, Manger, diminue la sensation de relâchement, mais la nourrilui'e fatigue dès que le processus digestif commence son lent et imparfait travail. Les intestins se meuvent très paresseusement, même quand les selles sont molles.
Cinchona, aussi, affaiblit la digestion, et amène une grande faiblesse et de la langueur après les repas. Il a aussi un désir de café. I^es fruits amènent de la diarrhée avec fermentation abdominale. Tous deux causent de la plénitude après le repas, mais seul Cinchona a la plénitude allant jusqu'à la souffrance, avec peu ou pas de répit par le renvoi et le vomissement. Des éructations ainères, un goût amer, appartiennent à ehacun ; le dernier a le goût altéré après avoir avalé, la nourriture gardant son goût normal pendant qu'on la mastique.
Les résidus intestinaux sont fétides, nauséabonds, de même que les gaz ; les selles sont jaunâtires, aqueuses, mal digérées. Mais l'aggravation marquée la nuit, après un repas, et la prostration (|ui en résulte, ne sont pas du tout comme Laxihesis. Dans la dysenterie, etc-, quand des altérations putrides ou gangreneuses se produisent, le choix est plus difficile. Tous deux ont des selles d'une odeur cadavérique, d'une couleur chocolat, avec refroidissement et grande faiblesse. Et quoique Cinchona soit beaucoup préférable si la maladie est d'origine malarienne, une telle complication ne contre-indique pas le venin de serpent. La ressemblance est encore augmentée par l'excitabilité nerveuse cjui existe dans les deux. Le choc de la lumière est pénible, Tépigastre est sensible, et le vêtement gênant dans les deux. Mais c'est dans Cinchona un accroissement de la sensibilité générale, tandis que, avec Lachesis, il y a lorpeur générale, avec hyperesthémie des nerfs cutanés. Le premier est indiqué quand les selle* fétides suivent une inflammation grave, rapidement diminuant ; ou quand la fréquence et la quantité des évacuations ont grandement diminué la vitalité.
S'il y a des symptômes (ritecticité, le choix est rendu plus
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certain. Nous pouvons eu plus nous rapporter aux syuiplonies bi«n connus d^anémie de Cmc/iona, pâleur, roulements dans les oreilles, faiblesses, etc., qui montrent combien il retentit sur le sang.
Mercurius présente certains points de ressemblance avec Lat'hesis. Ce dernier suit souvent le premier, et est aussi son antidote quand on en a abusé. Il y a perte d'appétit, langue chargée, nausées, avec oppression, et sensibilité épigastrique. I^ pression au niveau de l'estomac produit une faiblesse mortelle. L'estomac semble chargé lourdement, même après un léger repas d'une nourriture de digestibilité ordinaire. I^i sensibilité de Teslomac au vêtement est une partie d'un symptôme qui est complété par une égale sensibilité au niveau des doux hypochondres, avec plénitude et pression xevs le haut dans ralxlomen. Le patient ne peut pas rester couché sur le côté droit. S'il est hypochondriaque, il est soupçonneux, envieux, agité, la nuit, avec éréthisme vasculaire et transpiration. En fait, l'éréthisme est précisément le contraire du torpide Lachesis-
Dans les inflammations abdominales avec suppuration, comnu» dans la lyphliie, les deux remèdes sont utiles et se succè(l<Mil bien. Mercurius a sa transpiration toujours présente sans ar rèt ; les selles sont glaireuses où il y a beaucoup d'efforts, av<»c ou sans selles.
Lachesis est indiqué quand les symptômes indiquent la monaoe d'un étal typhoïde. Le patient ne peut être étendu que sur le dos avec les genoux relevés ; s'il se couehe sur le côté gauche, il semble qu'un ballon roule sur son abdomen.
Du côté du rectum et de VanuSy Mercurius a un ténesnic plus persistant, de la procidence du rectum qui semble enflammé et noirâtre.
Lachesis à un ténesme plus spasmodique, avec constriction (le l'anus, qui étreint d'une façon serrée le rectum prolabé. Tous deux ont une constipation chronique. I^ premier amène plus d'effort, avec des selles tenaces ou émiettées, du frisson pendant la défécation.
Arsenicum rend encore plus intense la faiblesse gastrique (ît générale pour laquelle nous nous reportions aux remèdes que venons de ox)nsidérer. Tandis (|u'il est vrai que le patient jm; réalise pas complètement son manque iW forces, et de là n'a pas si grand soin de se tenir couché au repos, néanmoins son compte actuel de vitalité est sérieusement réduit. En un mot, il est excessivement faible sans avoir la sensation d'être si faligué. Tout inouvenionl amène la «léfnillance. Le goût est
perdu, ou est amer, sûr, et putride, i.'cslomac est senti gonflé comme s'il était plein d'eau. Il y a désir d'acides et de café ; le café comme avec Lachesis, fait du bien au patient. Il > a des sensations de brûlure, la langue est rude, il y a anxiété el détresse après avoir mangé, comme une gastrite subaiguë, ((u'aucun remède n'améliore.
Les nausées sont fréquentes, et souvent périodiques (vers minuit), et accompagnées d'une grande prostration. Le vomissement est de beaucoup de sortes, mais se distingue du vomissement bilieux, glaireux ou sanglant de Lachesis par son caractère convulsif irrégulier, indice d'irritabilité gastrique. I.achesis répond à la faiblesse nerveuse et au tremblement des buveurs ; le spasme gastrique, les contractions spasmodiques, sont soulagés temporairement en mangeant ; il y a vomissement de bile ou de mucus.
Arsenic répond à des douleurs brûlantes périodiques, avec vomissement sûr, acide, soif violente ; mais le vomissement est de l'eau.
Cadmium snlpli. a la nausée, le vomissement jaunâtre ou noir, le renvoi salé et rance, la sueur froide de la face, les brûlements, cou[)emenls dans l'estomac, les crampes après avoir pris 'de la bière; les tranchées dans la dernière partie des intestins. Tous deux ont une sensibilité marquée au toucher, à l'estomac ou l'abdomen, des points de douleur brûlante çà el là sur l'abdornen qui est enflé (péritonite) ; les selles sont fétides, sanglantes, couleur chocolat, comme dans la dysenterie, avec constriction et douleurs coupantes dans les intes tins. Mais avec Arsenicum il y a plus de lamentations avec une expression agonisante ; il so remue sans cesse, en dépit des douleurs- La constriction intestinale est torturante, le patient déclare qu'il ne peut ^e tenir, et il se roule dans l'agonie, désespérant de la vie. L'extrême sensibilité du creux de l'estomac dén<»te un état plus j^ositif d'inflanmiation aiguë que n'eïi donne Lachesis.
Dans le vomissement de la fièvre jaune, Lachesis a, en plus, un enduit brun sur les dents, de la sensibilité abdominale.
Arsenic, a aussi la protrusion spasmodique du rectum, très douloureuse ; le ténesme brûlant ; des hémorrhoïdes, spécialement chez les buveurs; elles sortent avec sensation brûlante au moment de la défécation. Les évacuations alvines sont fétides, sombres, quelquefois involontaires, avec grande faiblesse et refroidissement. Mais Lachesis a moins de ténesme rectal, la détresse ici étant attribuable à une constriction de l'anus qu'on ne trouve pas avec un autre médicament. Arsenic, cependant,
cause phis d'âcreur des celles, avec état à vif et excoriations de ]*anu8.
Tout ce que j'ai établi là pourrait être décrit comme une di(férence entre deux droguas, dont Tune cause une irritabilité intense et une inflammation aiguë des tiesus, de Tangoisse mentale, et une extrême prostration; l'autre, de la torpidité, avec perte de vitalité, mais associée à de l'excitabilité nerveuse, de la oonstriction, de Thyperesthénie cutanée. Encore quelques états d'esprit réclament plus d'attention aux détails, et on arrive plus sûrement à mie impression d'ensemble si on soigne Tétude des particularités.
Quand il y a ulcérations des intestins, tendance aux escharres, avec selles fétides, purulentes, ou sanglantes, les deux remèdes sont très prochement alliés. La vitalité est tombée très bas, le sang suinte des lèvres et de la langue fendillées, et les extrémités sont froides. Mais même ici, les meilleures distinctions sont l'irritabilité mentale d'Arsenic, et l'intolérance à la pression de Lachesis.
Carbo veget. ressemble k' Lachesis dans la digestion faible, les accidents des buveurs, l'asthme flatulent, la oonstriction de l'œsophage, le désagrément des vêtements à la ceinture, les selles fétides, sanglantes, décomposées, purulentes, le coltap-