LEÇON XLVII
Les Acidee
L*idée des acides implique qu'ils sont plus ou moins électronégatifs. Ils se combinent tous très facilement avec les substances électro-positives, comme le Potassium et le Sodium. Il faut nous délivrer de l'impression que le terme acide implique nécessairement que ces substances sont sûres, car tous les acides ne sont pas sûrs, non plus qu'ils ne rougissent tous le papier de tournesol. On supposait autrefois que tous les acides contenaient de l'oxygène, et que l'oxygène était un de leurs principes nécessaires. Cela a été démontré comme faux, car certains acides, comme YAcide chlorhydrique et VAcide (luorhydrique, ne contiennent pas d'oxygène. Ces acides dérivent des règnes minéral et végétal. Du premier groupe, nous employons en médecine les acides Fluorhydrique et Muriatique (HOl), qui viennent des Halogènes; VAcide nitrique, combinaison de nitrogène et d'oxygèno : YAcide fiutlurique, YAcide phosphorique, Silicea ou Acide silicique, qui existe à l'état de sable dans la nataire, et n'est aucunement sûr. De même aussi la substance que nous appelons Arsenicum est un acide, YAcide arsénieux.
De la chimie organique, nous avons dérivé YAcide cyanhydrique ou prussique. Il existe dans uno grande variété de plantes. Vous êtes familiers avec YAcide oxalique. ï^eaucoup dé vous ont goûté l'oseille, et vous savez combien ses feuilles sont sûres. C'est l'acide oxalique qui leur donne leur acidité. Il existe aussi dans la rhubarbe, l^a rhubarbe me ce soit la variété médicinale ou la variété comestible, peut être ou non toxique. Quand elle croît sur une terre neuve, elle eôt très apte à contenir une quantité anormale d'acide oxalique, et ainsi peut rendre certaines personnes très souffrantes. UAcide malique et YAcide citrique proviennent du règne végétal.
T.'.lcMc malique ^ trouve pnrtîculièremonl dans les pom-
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mes et les poires, et aussi dans les framboises. UAcide citrique se trouve surtout dans les oranges et les citrons. UAcide acétique est un acide organique et est le principal ingrédient du vinaigre. UAcide laqtique vient du lait sûr.
En premier lieu, nous pouvons dire quelques mois sur les acides en général et dire ce qui les caractérise comme classe. On a déterminé par une expérimentation soigneuse que les acides diminuent les sécrétions acides du corps et augmentent les sécrétions alcalines. Si, par exemple, une quantité d*acide, comme YAcide cllrique, est prise dans l'estomac, il diminuera la sécrétion du suc gastrique. D'autre part, il augmentera la sécrétion de la salive. La valeur pratique de cette donnée est hygiénique plutôt que thérapeutique, et cependant à ce degré elle est très utile. Par exemple nous savons combien la soif est parfois intolérable dans les fièvres. Cette soif peut être due, au moins en partie, au niianque de sécrétion des glandes salivairés. La bouche est brûlée et sèche ; la langue adhère au palais. Dans les cas semblables, des boissons acidulées, par action réflexe, augmentent le flux de salive, et donneront un grand soulagement à votre malade. Par exemple, vous poutez donner de la limonade, pourvu naturellement, qu'elle ne soit pas antagoniste au remède que vous avez trouvé indiqué, car il y a des médicaments que YAcide citrique antidote et qui n'iront pas avec lui. Et encore, si vous donnez Belladonne, vous ne penserez pas à employer le vinaigre, qui retarde l'action de ce médicament. Mais, quand vous donnez Belladonne vous pouvez employer la limonade, qui en aide l'action.
Antimon, crudum ne tolérera pas les acides, mais vous pouvez employer l'eau de tamarin. Maintenant, si vous trouvez la bouche ou la gorge malades dans la fièvre, on peut enlever le coupant de l'acide en ajoutant à la boisson quelque substance mucilagineuse. Vous pouvez employer la gomme arabique, mais elle nuit un peu à la digeslion. La mousse d'Ir lande, la mousse d'Islande, «ont trop médicinales. Elles "agissent puissamment sur les poumons, et vous pourriez produire dés symptômes médicamenteux en les employant. La graine de lin a quelques effets médicinaux, mais insuffisants pour en empêcher l'emploi, l'ne autre substance qu'on peut employer est la gélaline, si vous savez qu'elle est faite convenablement. Il y on a qu'on fait avec les résidus du tannage ; d'autres avec des arêtes de poissons, et qui est tout à fait agréable au goût: mais la meilleure est celle qui /*sl faite iwec les pieds de veau. Cette dernière peut î>\ro omplovi'o lans Teau pour diminuer son tranchant.
MATIÈRE MÉDICALE CUNIQUE 489
Nous trouvons que les aeides peuvent être utiles dans la dyspepsie; non comme remèdes (nous verrons leurs usages thérapeutiques), mais nous parlons actuellement de leurs applications hygiéniques. Vous j>ouvez les donner, par exemple, dans l'acidité de Testomac. Vous administrez alors Tacide avant le repas. Faites boire au malade de la limonade avant de manger et vous trouverez souvent que la brûlure habituelle et les renvois sûrs après le repas en sont diminués. La pepsine, qui est souvent employée comme un adjuvant dans le Iraitelïïent de la dyspepsie, est parfaitement autorisable, car elle nempêche pas Faction d'aucun médicament, et n*est pas ellemême un remède, et est souvent aidée dans son action par une certaine teneur d'acide, particulièrement dans la digestion des aliments azotés.
Le vinaigre a été employé comme un antidote pour l'intoxication.
Il y a une propriété de YAcide lactique, qui est bien digno d'être notée. C'est un acide très corrosif. Il mange tous les tissus du corps. En fait, il dissout l'émail des dents, quel que soit le soin employé dans son administration. Prescrit à doses matérielles, il est ordinairement administré à travers un tube, qui l'empêche de loucher les dents. Le D' Hering avait l'habitude de recommander de nettoyer les dents, à l'occasion, avec une crème devenue sûre, en la gardant vingt-quatre heures.
UAcide muriatiqae et YAcide lactique favorisent la digestion. Certaines personnes éprouvent un grand soulagement à boire du lait aigri.
VAcide sulfurique doit être évité sous toutes les formes, parce qu'il tend à rendre la nourriture insoluble en se combinant à ses éléments albumineux. U Acide sullurique n'est pas employé dans les régimes, excepté par les enfants dans les bonbons, qui sont acidulés presque exclusivement avec cet acide.
VAcide cyanhydrique aide certainement la digestion. Il y a des personnes qui ont été guéries de la dyspepsie en mangeant des amandes de noyaux de pêches, qui conlieii lient cet acide.
Il y a une distinction entre les acides minéraux d'une part, et les acides organiques de l'autre. Les acides minéraux, comme classe, produisent une irritabilité des tissus avec faiblesse et prostration. Je parle maintenant de leurs e//e/s médicamenleux. Vous trouverez qu'ils produisent une faiblesse irritable, le pouls est faible et excitable, tandis que les acides végétaux produisent de la faiblesse sans irritabilité. Les acides, aussi, comme groupe, arrêtent les hémorrhagies. C'est une qualil<*
qui teur appartient à presque tous. Nous savons tous que V Acide acétique est utile pour arrêter les hémorrhagies. Quand j'ai un malade sujet à des hémorrhagies» j'ai l'habitude de dire à la garde que, si une hémorrhagie se J^roduit avant que je sois appelé, elle plonge un linge dans du vinaigre et l'applique sur le pubis. Cette pratique est souvent suivie de succès. Nous savons tous, aussi, que VAcide citrique produit et guérit Fhémorrhagie. Un enfant, après avoir mangé trop de citrons, eul des hémorrhagies par tous les orifices du corps, même par la conjonctive. Nous verons que les acides Phosphorique^ Sulfuriqae, et Arsénieux produisent et arrêtent tous les hémorrhagies. On dit qu'ils le font tous en raison de leur astringenee. Mais comment cela peut-il être quand ils agissent favorablement même à la 200* dilution î
Une autre propriété des acides est leur tendance à produire des lausses membranes. Aussi nous tmuvons quelques-uns d'entre eux indiqués dans la diphtérie, par exemple, les acides MurialiquCy Phosphorique , Sulfurique et Nitrique, Ici encore une précaution est nécessaire. Comme ces acides, particulièrement les végétaux, peuvent causer des dépôts croupaux, ne permettez pas à un enfant convalescent de croup de manger des fruits acides. Quand l'enfant est susceptible, ces acides peuvent tendre à reproduire la maladie.
Nous trouvons que tous les acides produisent une débilité particulière. Ce n'est pas une simple faiblesse fonctionnelle, telle qu'elle pourrait résulter d'une diarrhée assez épuisante: comme vous Irouvez avec Cinchona, ou une faiblesse fonctionnelle des nerfs, telle que celle qui est curable par le Zinc, mais c'est une débilité qui naît de l'insuffisance de la nutrition, particulièrement par une maladie du sang. Ainsi, nous trouvons qu'ils sont demandés dans les types très déprimés de maladies, maladies dans lesquelles l'empoisonnement du sang est un facteur prédominant, dans les états typhoïdes et dans la scarlatine, particulièrement quand ils sont d'un type bas, dans les états d'épuisement par abus des organes variés du corps. Ainsi les buveurs, qui se sont longtemps adonnés avec excès aux liqueurs, peuvent être soulagés par les acides Stdfiirique, Phosphorique et Arsénieux.
Nous les trouvons indiqués, aussi, dans le diabète sucré. Les principaux acides pour cet état sont : les acides Phosphorique et Lactique.
Nous trouvons aussi que beaucoup des acides sont utile», dans le scorbut, particulièrement quand il est venu d'un régime He nourriture salée avec privation do végotnux. Voil^
pour notre revu« générale des acides. Nous allons mointenanl les passer en revue par ordre, et en commençant par VAcide lluorhgdrique.
Acide FLUORifYDAïQUE.
C'est un acide hautement excoriant, qui, vous le savez, mange môme le verre. On doit se rappeler particulièrement son action sur les os et sur la peau. Il agit spécialement sur les tissus inférieurs du corps. Nous le trouvons indiqué dans les caries des os, particulièrement quand les os longs, comme le fémur, rhumérus, et le radius, sont affectés. Les écoulements des parties atteintes sont liquides et excoriants. Les symptômes sont souvent soulagés par les applications froides. VAcidc fluorhydrique est fréquemment utile j>our la carie des os temporaux, et spécialement de la mastoïde, et cela, qu'elle soit le résultat de la syphilis ou d'un catarrhe scrofuleux do Toroille moyenne.
Nous le trouvons aussi indiqué dans les fistules dentaires. L'écoulement est sanguinolent, et a un goût salé, désagréable, rendant la bouche sale, et minant graduellement l'économie entière. Ici, VAcide fluorhydrique soulagera. Il y a un autre remède qui n'a pas été expérimenté avec soin, mais qui semble agir ici mieux que VAcide (luorhydrique, et c'est le Fluorure de Calcium, ou Calcarea fluorica.
Cale, [luorica est spécialement utile pour les tumeurs osseuses et pour l'hypertrophie des os avec ou sans carie. Cet été une dame vint me voir, chez laquelle son dentiste avait diagnostiqué une nécrose de la mâchoire inférieure du côté gauche. Il avait enlevé les dents, mais la malade, ^u lieu d'aller mieux, allait plus mal, et il y avait un écoulement continuel venant de la cavité. La molaire située juste derrière celle qui avait été enlevée avait été aurifiée, et à l'examen je la trouvai rugueuse à sa racine ; et quand la malade pressait les mâchoires l'une contre l'autre, il suintait, apparemment de ses racines, un liquide fétide, foncé et sanglant, et mêlé de fins morceaux d'os carié. La gencive autour de l'os, était pourpre et fétide en elle-même. I^ dentiste avait dit qu'une opération chirurgicale était nécessaire. Le premier remède donné fut Silicea, qui parut avoir quelque effet. Il fut suivi de Fluoric, ncid. C-es deux remèdes sont complémentaires, et vous trouverez souvent dan*? les affections dos os que vous aurez à les
donner Tun après l'autre. Acide (luorhydrique est spéciale ment indiqué quand on a abusé de Silicea, Il est aussi indiqué quand Silicea semble produire quelque amélioration mais ne peut compléter la guérison. Maintenant, dans le Cas que jd viens de relater, Fluoric. acid,, fit aussi du bien pendant quelque temps, mais l'amélioration se mit à rester stationnaire, et je notai un gonflement de l'os sur sa surface extérieure. Cela me fit penser que Cale, (luorica agirait mieux, et je le donnai à la 6* trituration. Elle le prit depuis le P' août. Une semaine après l'écoulement avait entièrement cessé. La dent aurifiée n'était plus douloureuse. De petites granulations se montraient sur toute la gencive. L'examen ne peut plus découvrir l'os qui a été malade.
Vous vous reppellerez, comme distinction entre Acide (luorhydrique et Silicea, dans les affections des os et les ulcère? que V Acide [luorh. a le soulagement par le froid, tandis que Silicea ne peut supporter aucun froid. Le plus léger courant d'air est intolérable.
Nous avons maintenant à parler de l'action de YAcide {luorh. sur 4a peau. Il semble produire un état particulier de rudesse et de dureté de la peau, produisant des éruptions cutanées de nature variée. Il y a de la démangeaison. Je ne connais ]>as do remède qui cause autant de démangeaison générale et per sistante que V Acide (luorh. Il y a de la démangeaison par po tites places çà et 1.^ sur le corps. FAh est augmentée par h chaleur et soulagée par le froid. Vous trouverez, nvec YAcide (luorh., que les vieilles cicatrices deviennent plus rouges que de nature, et démangent. Par-ci, par-là, de petites vésicules se formeront sur ou près de la cicatrice, vous montrant ainsi l'affinité de YAcide (luorh. pour cette sorte de tissu. Alors de petites taches rouges apparaissent sur le corps et il y a une tendance très marquée à la desquamation. Aucun remède n'a ceci plus marqué que YAcide (luorhydrique. Vous verrez qu'il attaque aussi les ongles, los faisant croître rapidement. Thuia a l'effet de fair-f> do\ on ir les onj^les mous.
Nous pouvons nmployor YAcide (luorh. dans les panaris, particulièrement dans les panaris des os. Ici, comme dans les .'ui 1res cas do maladie des os, Técoulement est f(Mide. Ici aussi nous pon\()ns avoir le même point de distinction entrer lui et los autres remèdes, le soulagement par les ai)plications froides.
U Acide (luorh. agit aussi sur les muscles. Ici, ses effets sont I»lut6t nouveaux. Il causo nn accroissement de l'endurance musculaire. Sous son influence une personne est capable de
déployer plus de travail musculaire qu'elle n'était accoutumée. Plus que cela, elle paraît plus capable de supporter la chaleur de l'été et le froid de l'hiver. Ainsi le médicament a un eiïcl général de production de vigueur, ou tonique.
Nous trouvons le même effet avec d'autres drogues. Vous savez comment Rlius tox, rendra des personnes susceptibles de résister à la fatigue musculaire. La même chose est encore vraie à'Arsenicum, Mais le remède qui a celte propriété plus qu'aucun autre que je connaisse, est la Coca. Cette intéressante plante est employée par les peuples de l'Amérique du Sud, particulièrement ceux qui escaladent les Andes. Elle empêche tous les symptômes venant de la fatigue du voyage et de la disproportion entre les pressions atmosphériques intérieures el extérieures- Nous pouvons l'employer chez les personnes qui sont faibles, particulièrement pour les vieillards qui perdent le soufîle facilenvent el particulièrement s'ils ne peuvent se tenir dans une atmosphère raréfiée. Dans ce cas. Coca les soulage.
Sous rinfluenoi^ de Y Acide [luorh., un court somme paraît soulager. Cet effet peut aussi être produit par les basses puissances de Méphiils putorius.
Nous trouvons que YAcide {luorh. a produit, et, par conséquent, devait guérir les varices des veines. De petits amas bleus de veines par petits points furent produits chez deux ou trois expérimentateurs de Fluoric. acid. Il peut aussi être employé dans les nœvus.
Un autre remède ici est Hamamélis, spécialement dans les ras aigus. Il est souvent employé à l'intérieur et à l'extérieur dans le traitement des veines augmentées de volume.
Acide muriatiqur.
Maintenant que nous avons une idée des acides en général, nous trouverons que r.4c/<:/t* muriatique est un médicanienl très facile à étudier. L'usage continu de YAcide muriatique doit nous donner des effets pathologiques. Cet acide, quand on en abuse, produit des effets pathogénétiques, qui présentent deux séries de symptômes à étudier. Nous trouvons ses troubles mentaux et nerveux en deux stades ou classes: Parmi les premiers effets du médicament, il y a une excitation considérable.
Le iualad€ esl irritable ei de mauvaise liunwiur, et les sens âonl lous trop aigus. Ainsi la lumière blesse ses yeux, l«s bruits éloignés produisent d^s bourdonnements ou des bruissements dans les oreilles, ou un mal de tête à exacerbations. L'odorat et le goût ont une acuité anormale. Le malade est agité cl change souvent de position. Son esprit est activement engagé dans des visions en rapport au passé ou au présent et même au futur. Les joues sont rouge vif, la langue et la bouche sont sèches, et les battements du cœur rapides et irritables. Le choc cardiaque quoique rapide et irritable, manque d'éiiergio et de force. S'il a du délire surtout, ce n'est que légèrement. Il est somnolent, mais incapable de donnir, ou il se remue, rêvant et agité, toute la nuit. Maintenant, il y a les effets passagers de l'excitation ou de l'excès d'exercice qui peuvent survenir sous l'influence de V Acide ini^i'i(itigu(^' Vo\xs pouvez, sous ces symptômes, du commencement à la fin, dénoter une certaine somme de faiblesse. Il y a une apparence d'augmentation de force, mais c'est dans une constitution affaiblie. Vous savez que ce n'est pas une vraie suractivité, mais seulenKinl une irri tabilité, qui vient sous le titre de faiblesse irritable.
Le stade suivant, celui de dépression, a plusieurs degrés, naturellement. En commençant par les symptômes mentaux, nous trouvons que le malade a tendance à être triste, et est absorbé en lui-même, de façon à être taciturne, plutôt regardant en lui-même, triste et songeur. Si vous 1<* questionnez, vous saurez qu'il est anxieux de choses réelles ou imaginaires. Le mal de tête peut apparaître, la sensation étant comme si h' iXîrveau était déchiré ou brisé, ou bien il y a de la lourdeur comme si l'occiput était de plomb. Le malade devient incons cient, avec un délire marmottant, des visions et des gémissements pendant le sommeil, la langue devient plus sèche et semble s'être rélrécie et être devenue étroite et pointue ; elle est si sèche que lorsqu'il essaye de parler, elle claque dans sa bouche comme un morceau de peau de chamois. Plus tard encore, la langue se paralyse, de sorte que c'est à peine s'il peut la .remuer. Les battements du cœur sont réguliers et faibles. Le pouls a une intermittence caractéristique toutes les Iroi.*^ pulsations. Le malade devient si faible que les muscles refusent leur service. Il a de la diarrhée, qui est aqueuse, et accompagnée de prolapsus du rectum. I^es selles viennent involontairenunjl quand il n-ciiI uriner : il j^1iî?se au pied de son lit. Il n*a pas assez de force pour garder la tête sur l'oreiller. Il y à alors une menace de paralysie du cerveau. Elle est indiquée par les yeux vagues, brillants, l'écoulement de la lèvre inférieure, le
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refroidissement des exirciiiilés intérieures, ol ccl élat, s'il n'est pas arrêté, est suivi de la mort. Tels sont les symptômes qui demandent VAcide muriaiique, particulièrement dans la fièvre typhoïde.
Les remèdes qui concordent avec VAcide muriatique sont ici: Hhus, Bryonia, Apis, Acide phosphorique^ Acide nitrique, cl Arsenicum.
Bryonia lui ressemble dans les premiers slades d'C la fièvre lyphoïde. Les deux onl eolte nausée en s'asseyant sur le lit, les deux ont la langue sèche et la sensibilité sur le corps, mais il y a toute une série d'autres symptômes qui vous pcrmettrmil de les distinguer, et qui ont été menlioiniés dans la leçon sur Bvyonia.
Hhus lox., comme VAcide niurialiquc, a celte agitation au comme nceiTient. Le malde se remue et s'agite continuellement dans son lit. Il ne peut pas dormir la nuit. Il y a un léger délire avec marmottement . Tous ces symptômes se trouvent avec les deux : Rhus, et Acide muriatiq. Rhus n'a i)as tant de débi lilé que ce dernier, aussi il est suivi plutôt (jue précédé par VAcide murialique.
VAcide phosphoriquc ressemble à VAcide murialique. mais il lui ressemble sous ce rapport : VAcide phosphoriquc a rai>a thie et l'iinlifférence ;. un état complet de ne pas faire ail enlion aux choses ; il est indifférent à ce qui peut arriver à luimême ou aux autres. Ce n'est pas Tétat denuuidant VAcide muriatique, car taciturnilé n*esl pas indifférence. Et encore, VAcifle phosphoriquc ne cause pas la nuMne. prostration que nous trouvons avec VAcide muriatique. F. a slnpi^ur carclérislique de VAcide phosphoriquc est celle-t.i : le malade est faci lement réveillé de sa stupeur, et est parfaitement raisonnable une fois réveillé, sans rapport avec la rapidité avec la(|uellc il peut retomber dans son sommeil.
Apis ressemble à Acide muriatique. Les deux remèdes oui cette langue sèch^» et rétrécie, avec les deux il y a cette desrf^nlc vers le pied du lit, cxîttc menace du paralysie du cerveau, etc. La langue d'Apis est très caractéristique, et diffôn^ de celle de VAcide muriatique. Elle est couxerle de petil^'s \ésicules, spécialement le long- du bord. Le malade ne peut sortir la langue ; elle semble se prendre dans les dents, ou, s'il [>eut la sortir, elle tremble.
Vous pouvez facilement distinguer Arsenicum par les symptômes que ie vous donnerai dans ma leçon snir ce médicament. Il faudrait aussi vous rappeler sous ce rapport, Baplisia, qui a en commun avec Acide muriatique cette grande faiblesse.
Baplisia, cependant, a un aspect abruti de la face ; les dents sont couvertes d'enduit noir, et la langue est rouge sur les bords et brun jaunâtre vers le centre.
Maintenant, un mot davertissement. \e confondez pas les symptômes 6^ Acide murialique avec ceux de Belladonna, Les novices ont tendance à le faire- Par exemple, on note le flux à la faoe, la surexcitation des sens, le désir de dormir sans le pouvoir ; ce sont tous des symptômes de Bellad. Mais essayez de trouver la signification des symplômes de Bellad. et (le ceux d */4cide murialique, et vous trouverez que ce ne sont <Mi aucune façon les mêmes. Les symptômes de Bellad. s'appliquent à rhyperémie, et au début de la maladie, et non à r^puisement do Téconomie par la maladie, comme avec Avide niuriatique.
Je veux maintenant parler de ï Acide muriaiique dans la scarlatine. Le corps est d'un rouge intense, il a 1 aspect d'un homard bouilli. Il y a un afflux de sang à la tête, avec face rouge vif et grand assoupissement. L'éruption sort, d'une façon 1res disséminée, et est dispersée très irrégulièrement sur la surface du corps, et entremêlée de péléchies, avec points bleuâtres ou pourpres. L'enfant est très agité, rejette ses couvertures, et ne veut pas être couvert. Quand les symptômes progressent, la peau devient pourpre et les pieds tout à fait bleus. Vous pouvez alors avoir aussi certains des symptômes diphtériques déjà rapportés. Des symptômes catarrhaux ou môme diphtériques peuvent compliquer le cas. Il y a un écoulement clair, excoriant par le nez, irritant la lèvre supérieure. Les écoulements par la bouche sont si irritants que la muqueuse devient d'un rouge intense, et même dénudée de son épithélium. Peu à peu un dépôt gris-jaunâtre se forme dans la bouche, et particulièrement sur le voile, et sur les amygdales, la luette, et la paroi postérieure du pharynx. Un des expérimentateurs eut des symptômes qui rendirent difficile de distinguer entre ceux de la diphtérie et ce\ix produits par V Acide murialique. La respiration devient très fétide, et la luette œdémateuse. Quelquefois cette dernière pend aussi grosse que le l)ouce, appuie sur la langue, et fait que l'enfant est étranglé et étouffe. Tels sont les symptômes diphtériques et catarrhaux, et ils peuvent survenir avec ou sans scarlatine.
Belladonnn est ici en apparence, mais non en réalité, un remède concordant. Ces symptômes peuvent, à tort, vous faire donner Bellad. L'assoupissement et le trouble du sommeil, etc., de ce remède, sont causés par la congestion du cerveau, ce qui n'est pas le cas avec Muriat. acid.
Plus étroitement rapprochés sont Apis et Sulphur, qui tous deux produisent la rougeur de la peau à un degré marqué.
Kali permang. ressemble à Acide muriat. pour les symptômes de la gorge, spécialement dans Tœdème de la luette. D'autres remèdes qui ont ce symptôme sont : Apis, Nairum ftrsenicos., Mercurius cyanalus, Arsenicum et Acide cyanhij ilrique. Ce dernier remède ressemble à Acide muriaiique par ses symptômes de la gorge, et dans la couleur bleue de la surface du corps, et la présence de pétéchies dans l'éruption.
Acide sul{urique ressemble à Acide muriaiique dans la scarlatine en ce que les deux remèdes ont ces points bleuâtres, la grande faiblesse, et la membrane diphtéroïdc. Acide sulfurique n'a pas le soulagement en se découvrant' Et encore il y a sur la peau comme des sugillations. Des points apparaissent, qui donnent aux parties l'aspect d'avoir été contusionnées.
J'ai aussi trouvé Acide muriaiique utile dans les derniers stades de l'hydropisie, venant de la cirrhose du foie. Naturellement on peut l'employer dans toute autre sérieuse maladie du foie, dans laquelle les symptômes l'indiquent. L'hydropisie progresse comme elle le fait ordinairement dans la cirrhose du foie. Le malade présente finalement un état typhoïde, et devient assoupi. Ce sont les symptômes pour lesquels j'ai choisi Acide muriaiique. Il ne guérit pas, il soulagera seulement. Le malade est assoupi, et devient très émacié. La bouche est sèche, ou elle est aphteuse. Les selles sont souvent aqueuses ou involontaires. L'estomac est si faible et irritable qu'aucune noiiiriture ne peut être gardée.
V Acide nilro-muriatique doit aussi venir à l'esprit dans ces cas de faiblesse de la digestion. Vous trouverez ses symptômes rappelés dans Allen, et ils sont très semblables à ceux de VAcide muriaiique.
Les antidoles de YAcide muriaiique sont Camphor. et Brijonia pour les effets dynamiques du médicament, et les alcalis pour ses effets toxiques aigus.
VAcide muriaiique peut aussi être employé pour la débilité musculaire qui suit l'usage prolongé de VOpium.
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