LEÇON LI
ArSENICUM ALBIM.
Nous entreprenons aujourd'hui Tétude du dernior des remèdes aeides, VAcide arsénieux ou Ars. album, 11 a loule une série de remèdes concordants, et de nombreux antidotes. Ses remèdes complémentaires sonl : Phosphonis et AUium f^ntiva.
Ar.'ienicum album a été éludié ave(; soin, aussi bien <()mme [>oison que comme remède. On le oonnnîl depuis lontrtemps comme un moyen expéditif de mort, aussi on Ta fréquenimenl employé pour des suicides ou des homicides. Il a la propriété do s'unir aux tissus animaux, probablement aux parties albumineuses des tissus, les indurant et les faisant résister aux processus habftuels de décomposition, de sorte que ces tissus se conservent longtemps. Os faits sont utilisés par les naturalistes pour la conservation des oise;\ux et des animaux. Les cas d'empoisonnement accidentel par V Arsenic sont très communs, et il en est surtout ainsi en raison de l'emploi de VArsenic dans les arts. Sous la forme de vert de Schule, ou arsénite de cuixre, il entre dans la composition de certaines peintures. Il est employé fréquemment dans la fabrication de certains papiers de tenture verts, et aussi df^s ]>lanles artificielles. On l'introduit aussi dans des p:\trs <Mnpl()vées à sceller les embûlknges, et qui ont pour but de protéger les marchandises des insectes. En raison de tous ces usages, l'empoisonnement, surtout chronique» par VAracnic, n'est pas rare du tout.
Dans certaines régions, on emploie V Arsenic comme objet de régime. Les femmes en prennent pour embellir leur teint, cl les hommes s'y laissent aller parce qu'il leur permet de travailleur avec |>eu ou pas de fatigue. La drogue agit sur le tissu musculaire de façon à accroître son pouvoir d'endurance. Nous pouvons faire usage de ce fait, quand une maladie quelconque est le résultat d'ascensions de montagnes ou de longs voyages, Comme cause provoquante ou tnodifîcatrice. L'emploi abusif
de Y Arsenic mérite beaucoup d'objections, et est certainement très dangereux. Après un certain temps ces personnes :;eronl atteintes d'un empoisonnement arsenical, spécialement si elles quittent la région où elles vivent. Les symptômes de l'empoisonnement arsenical lent sont les suivants : œdèm> des paupières ; le malade souffre d'une légère conjonclivito ; les yeux sont toujours rouges et "injectés, ils démangent e! brûlent. Avec ces symptômes existe une diminution de la vision. Je ne peux dire si cela vient de l'inflammation extériei're ou d'une maladie oculaire intérieure. La muqueuse de la bouche, du nez, et de la gorge, est anormalement rouge el sèclie. Le patient se plaint d'une soif presque constante. La digestion est très certainement dérangée. Lo malade vous dira qu'il est dyspeptique. La peau prend un aspect sec et sale ; eV.c est 'exceptionnellement claire et transparente. I^e malade souffre fréquemment d'un rash ortie. De grosses pustules apparaissent, qui démangent et brûlent d'une façon intolérable. Plus tard, l'eczéma apparaît. Le malade souffre aussi de névralgies tenaces en différentes régions du corps: Tels sont les symplô mes les plus communs et les plus certains indiquant Tempoisonnemenl arsenical. En plus de ceux-ci, il y aura des symptômes aigus. Par exemple : il y aura des moments où le malade aura des attaques de vomissements, avec nausée mortelle. li vomit tout ce qu'il boit. D'autres fois, il a des symptômes cholériformes, vomissements el diarrhée et refroidissement de la surface du corps.
Vous pouvez fréquemment être appelés à combattre un em poisonnement arsenical. Si c'est un cas aigu, il vous faudrait provoquer le vomissement el administrer comme contre-poison le sesquioxyde de fer. Le fer dialyse a aussi été recommandé. Il a l'avantage d'être plus stable que le sesquioxyde. Pour h\ nausée survenant pendant l'empoisonnement chronique, Y Ipéca agit très bien. Dans les attaques aiguës simulant celles du choléra morbus, Vcrnirum album soulage.
Cinchona aussi s'applique h l>eaucoup des symptômes, particulièrement la débilité, l'hydropisie. et la névralgie.
Graphites est un des meilleurs remèdes pour guérir les symptômes cutanés de l'empoisonnement arsenical chronique.
Nous allons maintenant eonsidérer les symptômes d'Arsenic dans leur totalité. In symptôme tout à fait universel de la diogue, aussi bien dans le résultat de l'empoisonnement ou des expériences de pathogénésies, est, comme je l'ai déjà men tionné, une irritabilité des tissus. Il est présent et prédominant dans les pires cas dans lesquels on peut employer Y Arsenic.
La mort peut être presque certaine, et ceLl^ irritabilité des tissus existe encore montrant la caractéristique universelle du médicament. Même quand le patient est dans la stupeur, cette stupeur est entrecoupée de gémissements anxieux et d'agitation. En rapport avec cette qualité du médicament, nous trouvons YArsenic indiqué chez les malades qui sont anxieux et agités, changeant fréquemment de position, et remplis de la crainte de la mort; aussi, ils ne veulent pas être laissés seuls par crainte de mourir.
Le délire est violent, plus violent qu'avec aucun autre des acides excepté l'acide nitrique. Il est pire la nuit, particulièrement après minuit. Le malade a des visions de fantômes et d'autres apparitions trompeuses, avec tremblement de tout le corps. Vous ne pouvez manquer ici de reconnaître la similitude avec le delirium tremens ou manie a potu. Arseriicum est ici d'un grand usage ; particulièrement chez les vieux ivro- Lçnes, qui sont sérieusement malades de l'usage de l'alcool et qui, pour une cause ou une autre, ne peuvent abandonner leur boisson habituelle.
Les douleurs que le malade d'Arsenicuin endure, qu'elles soient névralgiques ou autres, le rendent désespéré et de mau vaise humeur, presque furieux môme. Quand il tombe endormi, il a des secousses et des soubresauts. Pendant le sommeil ses rêves sont effrayants et fantastiques. Avant d'aller plus loin, je veux vous signaler une précaution à l'égard de YArsenic. Arsenic n'est pas un médicament ordinairement indiqué pour le début des maladies. La tendance des symptômes est dans une direction mortelle. Si vous donnez le médicament trop tôt, dans une maladie, qui en elle-même tend vers la mort, vous pouvez précipiter le résultat que vous êtes anxieux d'éviter. J'ai moimême plusieurs fois fait cette faute contrairement à cet avertissement. Ne donnez pas de bonne heure Arsenicum dans la fièvre typhoïde, si les symptômes ne l'appellent pas d'une manière certaine. Ici, il est spécialement dangereux de le donne»trop tôt. Souvent Rhus lox. précède son emploi. Je dirai h môme chose à l'égard de la tuberculose.
Dans les derniers stades de cette maladie, cette agitation, cette inquiétude ne sont pas un symptôme d*Arsenic, et Arsenic ne les soulagera pas. C'est seulement un signe précurseur de la mort. Il faut que vous soyez certains que l'état mental es* indiscutablement celui â^Amemcum, ou bien vous ferez du mal au lieu de faire du bien à votre malade. Il y a une exception à ce mot de précaution, et c'est dans les inflammations du système gastro-entérique. Je peux dire qu'ici Arsenic, peut
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être ilonné toui au début sans faire aucun mal et, au contraire, avec grstnà avantage.
Passons maintenant aux inflammations et aux fièvres d*Arsenicum. Arsenicum altère le sang. 11 est utile, comme nous Tapprendi^ns, dans les types déprimés de maladie, quand les changements du sang sont sérieux. Les inflammations de ce remède sont caractérisées par leur intensité, et par la tendance à la destruction du tissu enflammé. Dans ces inflammations locales d'Arsenic vous trouverez des douleurs brûlantes, lancinantes comme sensalions caraclérisliques. Le patient les décrit comme si des charbons ardents brûlaient la partie malade. C'est souvent accompagné de battements. Cette brûlure, quand Ars. est le remède, indique la destruction des tissus, aussi elle indique ce remède dans la gangrène, dans la carie, dans le charbon, et dans celte terrible maladie, le cancer. Et elle ne demande pas Arsenic quand celte brûlure est une simple sensation. I^ malade se plaint à Toccasion de douleurs brûlantes, çà et là, qui viennent seulement de causes nerveuses. Alors Arsenicum ne fait aucun bien. J'ai souvent vu des médecins donner Ars, qu^nd des femmes se plaignaient de douleurs brûlantes dans les ovaires. Il n'y avait aucune marque évidente de quelque inflaunnation active, mais il y avait cette brûlure par ovaralgie. Arsenicum ne pouvait iei faire aucun bien. Si cei>endant il y a de Tovarite avec cette douleur, Arsenic (fe\ ienl. un remède inestimable. Tous ces cas dans lesquels Arsenic osl indiqué sont soulagés par des applications chaudes et grandement aggravés par lefroid.
Les endroits les plus importants j)()ur les inflammations d'.4rsenicum sont d'abord : l'estomac et les intestins, et à côté d eux le cœur. Cette inflannnation dans l'estomac et les intestins peut varier d*une légère irritation à la gastrite et l'entérite, les plus distinclives. La bouche est sèche, la langue blanche comme si on l'avait j^einte en blanc, ou, dans certains autres cas d'irritation de lestomac, la langue est rouge, avec les pii[)illes hérissées. La soif est intense, mais le malade ne boit que peu à la fois parce que l'eau fait du mal à l'estomac. Une quantité ordinaire de nourriture cause une sensation de plénitude ou de réplétion. Par ce symptôme, il est semblable à ÏAjcopodium. La moindre quantité de nouriture ou de boisson est vomie aupsitAf que prise. Mais nous pouvons avoir un autre groupe de symptômes : sensation de faiblesse, d'anéantissement au creux de l'estomac, soulagée en mangeant, mais dès qu'il commence M manger, il a un besoin urgent d'aller à la selle avec diarrhée. Ici le médicament est anaîogue à Cinchona et Ferrum.
Il y a uive brûlure d'estomac 1res pénibk. (Jnelquefois il y a une brûlure dans resloma€ comme par des charbons ardents accompagnée de diarrîTée. Les selles sont indigérées, muqueuses ck sanglantes, et sont accompagnées de violent ténesme et de brûlure dans le recluni. Si cela continue, les selles deviennent brunâtres et noirâtres, et horriblement fétides, ce qui montre qu*il est indiqué d'^ns les cas très sérieux d'entérite et de dyscnten<^. Les causes excitantes de ces groupes variés de symptômes aont le refroidissement subit de l'estomac par de l'eau glc^cée ou des glaces, les boissons alcooliques en excès, certains poisons, comme des saucisses gâtées, du gras rance, du beurre ou de la graisse rance, qui est entré en décomposition, et de la salade de homard en certaines saisons de Tannée.
Arsenicum produit aussi une maladie intestinale qui est presque identique au choléra asiatique. Même les formations organiques du choléra se trouvent dans ks évacuations des essais pathogénétiques d'/lrs. i\*en couoKioz pas qu*/lr,s. doit être le remède spécifique du choléra asiatique. Cest seulepent le remède quand nous trouvons les symptômes suivants ; vomissements et diarrhée iiilenscs, les selles n'étant pas tant réziforiui^s ({ue jaune-brunâtre, profuses, et fétides. Les matières vomi^»8 sont vertes, jaunes, et bilieuses. Il y a une soif br<^ lanle, avec Tagonie intense, qui appartient à Arsenicum. La surfdce du corps est froide comme glace, nx^ùs intérieurement le malade ressent comnte s'il était plein de feu.
Âps>emcum est aussi utile dans le choléra infantile, et dans Tatrophie des nourrissons. Il est indiqué \>iiv beavkcoup des symptômes i\é}h énumérés. Les synijUômes des intestins sont: les selles non digérétxs, la diarrhée qui survient dès que l'enfant commence ^ manger ou à boire, l'aggravation après minuit (i)articulièrenienl l'agitation et la diarrhée^ et ï'émaciation rapide. La peau de l'enfant a tendance à être rugueuse et sèche, et souvent jauAnlre et basanée. Le petit miilatle est agité et évidemment dans un étal do malaise constant. Ici aussi, il nous faut souvent donner Ar&. très tôt dans la makidie, parce que les symptômes ont progressé avant votre arrivée 11 so tient en rapport étroit avec Nux rom. et S^nlphwr. dai>s l'atro phie des nourrissons. Par exemple, de borbue heure dans U? cas de marasme, vous pouvez donner Arsenicum en raison de la diarrhée qui existe dans un cas fpii indiquerait Nux voai, ou Snlphur, s'il y avait de 1» constipation. La même nvomic desséchée que vous trouvez dans le cas de Sulphur, avec les symptômes gastriques particuliers d'.4r8enic, denrumderait .4rse«/c.
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Danfi tes cas très avancés, la ressemblance n*est pas avec ces remèdes, mais avec Cinchona, ou China, et avec Argentum nilricum.
Etudions maintenant quelques-uns des remèdes en relation avec Arsenicum dans les troubles gastro-intestinaux.
Argentum niiricum a les selles visqueuses, verdâlres, avec excessive flatulence, pires la nuit. Quoique les deux remèdes aient l'agitation, ce n'est pas la même dans chaque cas. Ars, a un désir agité de changer de place, tantôt s'asseyanl, tantôt se tenant debout. L'agitation du nitrate d'argent est purement nerveuse. I^ malade a de la difficulté pour respirer, avec de longs soupirs.
Beaucoup plus souvent vous serez appelé à différencier Arsenicum et Carbo veg. Carbo veg, offre de la ressemblance avec Ars. dans les affections abdominales venant d'un refroidissement de l'estomac, comme par de la glace. Il a peut-être moins d'agitation et de remuement, mais en môme temps, il peut avoir un état nerveux, irritable, anxieux, avec mouvements agités. Carbo veg. est aussi un remède analogue à Arsenicum quand une graisse rance a excité les symptômes gastro-intestinaux.
Secale cornutum est très semblable à Ars, i)ar beaucoup de ses symptômes. Les deux médicaments sont complémentaires. Ils vont bien l'un avec l'autre. Pour les symptômes abdominaux les deux médicaments se rencontrent dans le choléra asiatique. Ars. peut se distinguer de Secale par les deux symptômes suivants. Les évacuations avec Secale sont copieuses et viennent par jets. Secale n'a pas la même agitation qui appartient à Arsenic, Maintenant, quand il y a quelques symptômes spasmodiques, comme c'est souvent le cas, vous trouverez avec Secale, les doigts étendus séparément, avec démangeaisons dans les mains et les pieds.
Veratrum album ressemble à Ars. dans le choléra morbus. Ars. n'a pas de selles si copieuses. La sueur froide sur le front est plus marquée avec Veratrum.
N'oubliez pas que Cadmium sulphurium est semblable à Ars. dans le vomissement noir, que ce symptôme survienne dans la fièvre jaune ou dans une autre maladie.
Nous trouvons Ars. sou\ent indiqué dans les formes intermittentes de fièvre. Nous savons tous combien souvent Arsenic succède à CincJwna dans le traitement des frissons et de la fièvre. Il guérit souvent. Il est spécialement indiqué après Téchec de la quinine, ou après Tabus de ce médicament ; et aussi quand la fièvre a été contractée dans des marais salés le long
Matière mlidicalk clinique &2i}
du bord de la mer. Le frisson n'est pas bien défini ; en fait, il est plutôt irrégulier, mais la chaleur n'est pas douteuse. Elle est intense, avee une soif brûlante, spécialement pour les boissons chaudes ; les boissons froides rendent le malade frissonnant. La sueur ne soulage pas toujours. Quelquefois elle apparaît très tardivement. L'apyrexie est marquée par des symptômes graves, Thydropisie se montrant comme résultat de Taugmcnlation de volume de la rate ou du foie. Le malade est à peine capable de s'asseoir. Il est souvent tourmenté par des névralgies, cette névralgie étant typique dans son genre. La douleur affecte ordinairement un côté de la face et paraît presque affolante, chassant le malade de place en place. An summum de l'attaque il y a des nausées, des vomissements et des bourdonnements dans les oreilles.
Ars. peut aussi être employé dans le mal de tête intermittent, unilatéral, d'origine malarienne, spécialement après l'abus de la quinine.
Il y a plusieurs médicaments analogues à Ars» dans ces névralgies malariennes. Cedron a la névralgie, revenant chaque jour précisément à la même heure.
Chininum sidluricum répond aussi aux attaques de névralgie revenant périodiquement.
Il faut penser kValériane chez les hystériques.
Cactus grandillorus a les formes névralgiques et autres de douleurs, qui sont sûres d'apparaître quand le malade omet un repas accoutumé.
Kalmia et Kréosoie sont utiles dans la névralgie, spécialement quand il y a des douleurs brûlantes.
Magnesia phos. est indiquée pour la névralgie qui survient régulièrement chaque nuit.
Mezereum a la névralgie dans l'os de la joue ou sur l'œil gaucho. Les douleurs laisscMit de Tengourdissemenl. Elles sont pires par la chaleur. Il est s}>écialement utile quand il y a eu des éruptions herpétiques après l'abus du mercure. C'est un des remèdes que nous employons pour la névralgie du zona.
Rohinia a : sensation comme si la mâchoire était désarticulée. Avec cela, il y a un goût sûr intense, ou un goût de vomissement.
D'autres remèdos à avoir à l'esprit sont : Cinchona, Spigelia, Plaiinam, Slannum, et Chelidonium,
Dans la fièvre typhoïde, Ars. est indiqué lard dans la maladie, quand les changemenls du sang ont tellement progressé
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que Ton a uii labkau d'épuisement complet. I^ malade pense lui-même qu*il est encore capable de se remuer, jusqu'à ce qu'il reconnaisse combien il est faible. Il a des attaques de défaillance, qui sont très alarmantes ; il a des défaillances mortelles, avec sueur froide sur le corps. Le délire est pire après minuit et «st accompagné de grande agitation. Il est saiis sommeil è 3 heures du matin en raison de la grande chaleur. La bouche et la langue sont couvertes de fuliginosités, et d'un épais revêtement hrunâtre. Quelquefois la langue est très rouge. Vers le dos et la pointe de la langue, vous trouverez les papilles rouges et hérissées, comme avec Bellad., mais les symptômes concomitants vous rendent capables de le différencier de ce remède. La bouche est pleine de vésicules et d'ulcérations aphteuses, qui saignent facilement. Dans d'autres cas, la langue est bleuâtre avec des bords ulcérés. Quelquefois, dans les cas graves, l'eau ne peut pas être avalée en raison d*une paralysie partielle de l'œsophage. Vous ne trouvez pas souvent beaucoup de tympanisme dans le cas d'.4rs. Les intestins sont très troublés. La diarrhée est presque toujours présente et semble être provo([uco j)ar tout essai de boire ou do manger. Quelquefois il y a émission involontaire des sclîos et des urines. I^es selles sont d'un caractère jaunâtre et aqueux, horriblement fétides, et pires après minuit. D'autres fois, les selles contiennent du sang, des glaires, et du pus. Dans certains cas, il y a rétention d'urine par atoiiie des fîbres musculaires de la vessie. La fièvre est intense;, presque suffisante pour consumer le malade. Quelquefois ^ih avez à compter avec une diathèsc hémorrluigique, et il y a un suintement de sang de différentes parties du corps, par les yeux, le uez, etc. C'est un symptôme dangereux.
Colchicum est un remède que nous avons beaucoup de tendance à négliger dans la fièvre typhoïde. Il semble se placer dans les états typhoïdes, entre Ars, et Cinchona^ ayant la faiblesse excessive du pfemier remède et le tympanisme marqué du second. Les principaux symptômes de Colchicum sont abdominaux. Ce sont ce grand tympanisme, les selles aqueuses involontaires, impérieuses, accompagnéfes de nausées et d<e fréquents vomissements de bile. Le corps est chaud et les membres froids, tout comme avec Phosphorus. Le nez est sec et noirûtre. ljes> dents et la langue sont brunes. L'esprit est assez nuageux. Il répond correctement aux questions, mais autrement ne dit rien. Il paraît ne pas voir le danger de son état.
IjCS relations â\irsenic avec les autres remèdes dans la fîè-
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vre lyphoTd€ vous ont déjà été décrites. Je n'ai donc pas besoin de vous les répéter iei.
Ars. peut aussi être utile dans la fièvre continue, qui, dans ses premiers stades, ressemble si étroitement à celle d'Aconit que vous ne pouvez pa« être capable de distinguer entre les deux médicaments. Il y a la chaleur de la peau, le pouls plein et bondissant, l'agitation et l'anxiété.
Jusque-là, c'est exactement comme Aconit. Mais cela ne se termine pas ici. Cela arrive à un type de fièvre continué sans aucune intermittence, et avec seulement de légères rémissions. I-a chaleur augmente, le malade devient plus agité et encore plus faible, la langue devient brune et des symptômes typhoïdes se développent.
La distinction se fait facilement entre Araenic cl SulphxiP, Sulphur est aussi utile dans la fièvre continue. Arsenic est Indiqué quand la grande agitation et la brûlurre vous montrent que la maladie a été au-delà d'une simple fièvre continua.
Voyons maintenant Taclion iVArsemc sur les muqueuses. Nous trouvons que c'est un excellent remède pour les refroidissements de l'hiver. ï-e nez laisse écouler un liquide peu épais, aqueux, qui excorie la lèvre supérieure, et les cavités nasales semblent tout le temps bouchées. Ceci est accompagné d'un profond mal de tôto frontal nvec battements. Des attaques répétées de celte 5K)rle do ■rilarrho ou coryza produi.sent une évacuation de matière épaisse, jaunAtro, muco-purulente. Des ulcérations et dos croûtes se forment dans le nez. L'éternuement est un symptôme prédominant. Cet élernucment dans le cas d*.4/'i>en/c n'est pas une plaisanterie. Il ne donne pas le soulagement que j)rocuro ordinairement un bon étcrnuemenl. C'est un éternuomcnt qui vient d'une irritation dans un point du nez comme si on le chatouillait avec une plume. Après Tétcrnucment, cette ii-ritûtion est tout aussi gênante qu'avant. Quand le rhume descend, vous trouvez le cas compliqué d'asthme catarrhal.
La dyspnée apparaît. Le malade ne peut être éleiidu, particulièrement après minuit. Il est grandement soulagé par la toux avec expectoration de mucus.
Vous reconnaîtrez la ressemblance entre les symptômes d'Arsenic et ceux de la fièvre des foins. D'autres remèdes que vous jwuvez vous rappeler pour cet état sont : Ailanthus, Silicea (qui a la démangeaison ou l'irritation dans la partie postérieure des narines ou à l'orifice des trompes d'Ëuslache), Lobelia inllaia, et un remède introduit par le D' Jeanes, Rosa DanuLêcena»
Cette Rasa Damascena est utile au début du rhume des foins quand la trompe d'Eustache est envahie et qu'il y a un peu de dureté de Touïe et du tintement d*oreilles.
Sinapis nigra est indiqué quand la muqueuse du nez est sèche et chaude. Il n'y a pas d'écoulement. Les symptômes sont pires l'aprùs-midi et le soir. L'une des narines peut être prise seule ou allernativement avec l'autre.
Dans la diphtérie, Arsenic est un médicament de grande valeur. V Arsenic métalloïde lue les microbes qui produisent la maladie. Dans son étal de dilution, il guérit quand il y a fétidité de riialoino, fièvre adynami(|ue, et beaucoup de somnolence. Cette somnolence est entrecoupée de sursauts, de cris, et de secousses des membres- La membrane a un aspect sombre et est gangreneuse. Le pouls est rapide et faible. Je voudrais vous inciter à le remplacer par Ars. iod.^ si, en plus des symptômes habituels d'Arsenicum, il y a une augmentation do volume marquée des ganglions lymphatiques.
J'ai dit Qiu Arsenic agit sur le cœur. Il nous donne toute une série de symptômes cardiaques qui sont, en résumé, ceux-ci : Le battement du cœur est trop fort ; il est visible pour les voisins, et est entendu par le malade lui-môme. Il est pire la nuit et est j)articulièremcnt aggravé quand le malade est couché sur le dos. Il peut y avoir des palpitations avec grande irrégularité de l'action cardiaque. Ou bien le pouls peut être accéléré et faible. Dans les inflammations cardiaques, endocardite ou péricardite, nous trouvons Arsen. indiqué après la suppression de la rougeole ou de la scarlatine. On trouve alors l'agitation et l'agonie caractéristiques du médicament, le fourmillement dans les doigts, spécialement ceux de la main gauche. L'œdème est plus ou moins général, commençant par la bouffissure des yeux et le gonflement des pieds et se terminant par do r:Miasarquo généralisée. Il y a une grande dyspnée. Il y a deux v:irlctés do dyspnée qui apparTiennent aux maladies du ■cœur, l'une qui dépend du manque de passage du sang à travers les poumons et l'économie en général, et l'autre qui est due à l'accumulalion d'eau dans la poitrine, hydrothorax «=. hydropéricarde. Il y a des accès de suffocation, pires la nuit, particulièrement après minuit et en étant étendu. La peau est froide et visqueuse, tandis que, intérieurement, les malades ont une chaleur brûlante. Si cet étal demandant Ars. progresse sans être guéri, la néphrite de Bright, se développe. L'urine est très albumineuse et contient des cylindres cireux et graisseux. L'hydropîsie apparaît. De petites vésicules se montrent
sur les jambes, elles se crèvent, et de la sérosité suinte des membres oedématiés.
La peau elle-même est plulôt tendue et a une couleur d'une pâleur de cire. Une diarrhée épuisante semble accompagner ces symptômes. Il y a aussi souvent une soif brûlante avec intolérance de l'eau.
Je désire que vous vous rappeliez la comparaison que je vous ai déjà donnée entre Ars. et Apocijmim, et Acide acétique, qui sont à moitié route entre Ars, et Apis. Je voudrais aussi que vous vous rappeliez l'analoprio entre Ars. et Mcrcuriiis sulluricus dans l'hydrothorax.
Dans les affections dos reins vous pouvez comparer Ars, avec
Apis, Helleborus, Phosph,, Aurum, Terebinihina ci' Digitalis.
Les symptômes de Digiialis sont les suivants : Il y a hyperémie veineuse des reins. Il vous faut donc l'étudier quand* dans les affections rénales, il y a de l'hydropisie, un pouls faible ou lent, une urine rare, foncée et trouble, qui sera, naturellement, albumineuse. C'est exactement comme Arsenic, sans l'agitation et l'irritabilité de ce remède.
Nous trouvons encore Arsenic indiqué dans celte terrible maladie, l'angine de poitrine. Lxî malade est obligé dé rester debcut ; il île peut remuer les muscles sans une grande souffrance. Il retient sa respiration, tellement il lui est douloureux do respirer. La douleur semble irradier du cœur sur tgule. la poitrine et descendre dans le bras gauche. Dans les cas extrêmes, il y a une sueur froide sur le front, le pouls devient à peine perceptible, et avec tout cela il y a une tendance à de la brûlure dans la région du cœur.
Je veux maintenant parler {{(^ l'action d'Arsenic sur la peau. Vous avez déjà vu qu'il tend h produire l'induration ou le durcissement de la peau. Cola on fait un remède de valeur dans l'eczéma, et en fait, pour toute sorte de peau dans laquelle il y a un épaississement de ce tissu, avec beaucoup de desquamation écailleuse. Ars, est aussi utile dans l'eczéma proprement dit, quand apparaissent des vésicules qui tournent, en pustules et forment des croûtes. Ars, est indiqué d'une rfaçon spéciOque pour les pellicules de couleur de son qui se .pr.pduise-nt sur la tête, desc^-i^ant sur le front. Il peut aussi? être indiqué lorsqu'il y a une épaisse éruption croûteuse sur le* cuir chevelu, laissant suinter du pus, et très fétide.
Ars, se compare à Sepia, Rhus iox, et Graphites, C-omme avec Sepia, il y a une desquamation de squames sèches, mais avec Sepia cette pelée suit ^es .vésicules qui n^étaient pas.en-
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iourécs d'une peau très rouge, où elle suit une fine éruption, pire iiutour des articulations, ou une éruption circulaire comme l'herpès circiné,
lihm loX' a des vésicules sur une surface érysipélateusc rouge.
Graphites ressemble beaucoup à Arsl mnis avec suintement d'un liquide glutineux.
Clematis est analogue à Ars, mais a plus d'état à vif, l'aggravation par le lavage et Thumidité, alternant avec des croûtes sèches.
Dans les maladies à exanthème nous trouvons Arsenic indiqué avant tout dans Furticaire. Ici, c'est un médicament important quand les élevures sont accompagnées de brûlure, de démangeaison, et d'agitation. Il peut ôtre particulièrement indiqué pour les mauvais effets de la répercussion de Turticaipe. Même le croup peut ôtre guéri par Ars, quand il suit la rétrocession du rash orlié.
Dan« la scarlatine, Ars, est à employer dans certains des cas les plus mauvais quand l'éruption ne sort pas d'une manière convenable. L'enfant tombe en convulsions et gît pûle et dans une «orle de stupeur. Tout à coup il semble se réveiller, et immédiatement est pris do convulsions et alors retomibc dans sa stupeur. Il est aussi utile quand, dans le cours de* la scarlatine, les parotides gonflent et suppurent, après l'échec de Rhu8.
Ars, est utile dans la gangrène particulièrement dans la gangrène sèche des vieillards, avec grande sensibilité et brûlure dans les 4)arlie8 atteintes, avec soulagement par les applications chaudes ou brûlantes. Cette modalité vous donne une distinction suffisante entre Arsenic et un autre grand remède de la gangrène, Secale, qui est utile dans la gangrène avec soulagement par les applications froides.
Nous pouvons employer Ars, dans les pustules ou les furoncles avec orifices en pomme d'arrosoir s'y ouvrant et creusant profondément dans le tissu celliilairo. Il est indiqué par le caractère des douleurs que vous savTz qui circulent î*i travers toute la symptomatologic <VArs,, douleurs coupantes et lancinantes, avec aggravation après minuit, et irritabilité de l'esprit et du corps.
Ars, échoue quelquefois dans les pustules charbonneuses. Alors nous aVons h recourir h Anihracinum, principalement à la 30* puissance. Il a prc^cisomenl les mômes symptômes qu'.4rsetiic, mais h un docré ])lus intense.
Carbo veg, et Lachesis sont des remèdes que nous négli-
Teons dans celle maladie. Si nous employons Carbo veg.^ il csl bi«n aussi d'employer une poudre de charbon de bois sur Kl pustule charbonneuse.
Ars. peut être employé dans le cancer. Je ne viens pas proposer ce médicament pour guérir le cancer. L'épithélioma a été guéri par Conium, Hydrasiis, Ars», Clemalis, et quelques autres remèdes. Mais dans les cas de vrai ca^icer ouvert, je n en ai jamais vu de guéris ; mais même si ces cas ne peuvent être guéris, il est encore possible de leur procurer du sou- Ingi^nent. Vous savez que les douleurs du cancer- sont torturantes. Elles sont d'un caractère aigu, lancinant; uai couteau chauffé au rouge et enfoncé dans la région ne ferait pas plus de mal. Ars. les soulage quelquefois, et d'autres fois non.
Quelquefois Bellad. apporte du soulagement. Dans certains cas, Ars. iod. soulage quand Ars, alb, échoue.
Les ulcères pour lesquels Ars, peut être donné ne «ont pas ordinairement très profonds. Ils sont plutôt superficiels. Les douleurs sont du caractère déjà décrit, brûlantes et lancinantes. L'écoulement a tendance à être excoriant, foncé et sanieux. Ils tendent à saigner très facilement.
Enfin, nous considérerons /Irs.comme le remède dans les affections nerveuses. Il est indiqué dans l'hémicrûnie quand te» douleurs sont pires sur un œil et ont un caractère lancinant intense. Elles alternent souvent avec des coliques ou des affections du foie. Elles sont empirées par tout mouvement, et sont temporairement soulagées par les applications froides.
On peut aussi l'employer dans l'épilepsie. Le malade tombe sans connaissance, et alors entre en convulsions. Avant l'attaque, il a des accès de vertige et une douleur intense dans l'occiput. Les convulsions sont suivies de stupeur qui, cependant n'est pas complète, mais est entrecoupée d'agitation.