‹ Matière médicale clinique de FarringtonChapitre 48 sur 59 · LEÇON LVI · texte numérisé non relu

LEÇON LVI

Le8 préparations d'Argent

ARGENTLiM NITRICUM.

Arg. nilr,, ou le nitrate d'argent, dans son action sur le cerveau et la moelle, nous fournit une série de symptômes qui conduisent à remploi du remède dans beaucoup de formes de maladies nerveuses, depuis la simple débilité nerveuse jusqu'à Talaxie locomotrice complète, ou la paralysie. Parmi les sensations anormales qu'il cause sont les suivantes, qui sont caractéristiques du médicament: Un symplôme général lr(>s commun qui peut exister dans le mal de tète, les affections ovariennes, et beaucoup d'autres maladies, est celui-ci, une sensation comme si le corps ou une certaine partie du corps se dilatait. Dans le cas de céphalée, le malade a une sensation comme si la tête était énormément grosse. Quelquefois, avec les douleurs ovariennes, la malade dit qu'elle ressent comme s'il y avait un gonflement énorme dans le côté atteint ; et cependant l'examen ne montre aucune augmentation de volume de l'organe douloureux. Nous trouvons ce symptôme avec plusieurs autres médicaments avec Arg, nilr. De plus, il y a presque toujours du vertige quand c'est le remède. Ce vertige est associé à une débilité générale et à un tremblement par faiblesse nerveuse. Le malade vacille et chancelle comme s'il était empoisonné. Le vertige est parfois si intense qu'il devient momentanément aveugle en association avec la confusion mentale, les bourdonnements dans les oreilles, les nausées et le tremblement. Le patient souffre d'anxiété mentale. Il est très impulsif. Il a besoin d'être toujours occupé et cependant il n'accomplit rien. Il fait de fréquentes er reurs de perception. Il se hâte avec agitation pour remplir un engagement, pensant qu'il va être en retard, quand en réalité il a une heure ou plus qu'il n'est nécessaire.

Bans certains cas, il y a une profonde mélancolie. Il s'imagine, si on le laisse seul, qu'il va mourir ; il est rempli de l'appréhension d'avoir quelque maladie incurable du cerveau. Il fait constamment des erreurs dans l'appréciation des distances. Par exemple, quand il se promène dans la rue, il a peur de passer un angle de rue, parce que le coin de la maison se projette et qu'il craint de se jeter contre lui. Tou.tes ces erreurs sont altrîbuables à l'imperfection de la coordination musculaire. Ce dernier n'est pas un symptôme imaginaire : il a été rencontré un grand nombre de fois et il a été guéri par Argenium nilricum. Cet étal défeclaeux de la coordination musculaire est un symptôme prédominant dans la maladie connue sous le nom d'ataxie locomotrice, pour le traitement de laquelle les allopathes ont longteinps employé le nitrate d'argent comme un remède très appréciable. Nous pouvons aussi l'employer quand existent les symptômes suivants : Le malade vacille dans l'obscurité ou lorsqu'il a les yeux fermés. Les jambes sont faibles et il y a une sensation de brisure dans les mollets comme, après une longue marche. Il y a une sensation d'endolorissement dans la région lombo-sacrée, et aussi une douleur dans le bas du dos, 1res intense on se relevant de la position assise, mais plutôt soulag(Kî en marchant. Zincum est aussi amélioré en marchant et pire assis. La différence entre les deux remèdes est qu'Arc, nilr, a la douleur en se relevant. Quelquefois il y a une douleur dans les symphyses sacro-iliaques, une sensation comme si les os y étaient relâchés. Ici il est semblable à Aesculus hippocasianum.lJn autre symptôme que j'aimerais à spécialiser est le tremblement des mains, qui fait que le malade renverse les objets. Il est très nerveux la nuit. Quand il dort, il a toutes sortes d'horribles rêves. Ces symptômes nerveux sont spécialement pires à 11 heures du matin. Ainsi vous voyez que Sulphur n'est pas le seul remède ayant l'aggravation à 11 h. du matin.

Vous verrez les ressemblances entre Arg, nitr. et Kali brom. Cette faiblesse tremblante, avec palpitation, est l'exacte contrepartie de l'état de Noir. mur. Cet esprit craintif et plein d'appréhensions, cette imagination qu'il ne peut pas passer un ccr tain point, vous fait souvenir de Kali brom.

Mais il y a des symptômes moins graves qui demanderont Arg. nitr., et l'un d'eux est ce que nous pouvons appeler la paralysie fonctionnelle, telle qu'elle survient après les maladies épuisantes, la paralysie post-diphtérique par exemple. Ici Gels. est un remède qui concorde avec Arg. nitr.

D'autres affections nerveuses pour lesquelles nous pouvons employer Arg. nitr., sont les suivantes : C'est un des meilleurs, remèdes que nous ayons pour Vhémicrânie. Celle-ci n'est point

une simple névralgie. C'<^st luie maladie nerveuse, profonde, et certains lui supposent uno naluro (^pileptique. Elle, vient d'une façon périodique*; pour la soulngcr, le remède que nous considérons est un des meilleurs. Il y a souvent une douleur forante dans la tête, qui est pire (l.iiis k bosse frontale gauche. Cette sensation de perfora lion est soulagée en serrant étroitement la tête, aussi on est mieux -on portant une calotte en ftoie étroitement adaptée. Elle est exe liée |>ar toutes les émotions mentales d'iuie espèce désagrv^4îblo,ou j)ar tout ce qui abat le système nerveux, comme les f>ertes humorales, la privation de sommeil oti IVfforl mental.

Quelquefois les douleurs fk'\ îennent sî intenses que le malade perd ses sens. Les paroxysmes à leur point culminant donnent souvent des vomissements de bile ou de liquide sûr.

Il y a une autre forme de mal de tête qui est surtout névralgique, et pour laquelle Arcf. nilr, est le remède. ï^es os de la tête sont sentis comme s'ils élxiient en train de se séparer, ou la tête est sentie comme si elle était énormément grosse. Les douleurs de la tête arrivent à un tel degré que le malade perd presque ses sens. Ces attaques se terminent par des vomissements, probablement pour revenir une fois de plus dans quelques minutes ou une heure.

Nous trouvons encore Arg. nitr, indiqué dans la prosopalgîe, particulièrement quand les branches sous-orbîlaires de la V* paire et les nerfs allant aux dents sont atteints. La douleur est très intense et à son acmé esl accompagnée d'un désagréable goût sûr dan# la bouche. Les douleurs ont le même caractère que celles déjà décrites pour Thémicrânie. Je ne crois pas que ce goût sûr dans la bouche ait une origine gastrique, mais je pense qu'il est dû à une anomalie ou à un trouble des nerfs gustatifs. La face, dans presque tous ces cas, est pâle et creusée, plutôt terreuse que d'une simple pAlour, et dans les ca? extrêmes, quand le sang est 1res alleint, la surface du corps est d'une teinte foncée, plombée, terreuse.

Nous trouvons aussi Arg, nitr. indiqué dans cette désagréable maladie, la gastralgie, qui est \uie névrose de l'estomac. Il est si^écialement indiqué chez les femmes nerveuses, délicates. La gastralgie est excitée par les émotions, par la privation de sommeil, et fréquemment au moment des règles. Il y a une sensation dans l'estomac comme s'il y avait là une masse. Ceci est quelquefois accompagné d'un-^^ douleur ulcérative rongeante, rapportée au creux de Tesloniac. De ce point, les douleurs irradient dans toutes les direclious. Ces douleurs serpblenl augmenter et décroître graduellomoni, tout comme avec StanT\um^ Avec cela, il y a souveni un spasme intense des muscles de Irt

MATIÈRE MKDrCALE CLINIQUE 583

poila-ine. Le malade ne [iciil pas supporter d avoir un mouchoir approché de la bouche, comme si cela devait causer de la dyspnée. Le patient ne t)eul supporter la moindre nourriture parce que cela aggrave sa douleur. Quelquefois la douleur esl soulagée en se pliant en deux et en appuyant fortement la main sur l'estomac. Les paroxysmes se terminent par des vomissements de mucus glaireux, qui peut être rejeté en filaments, ou, ce qui est plus commun, ils .sont accompagnés d'une énorme accumulation de gaz. I^. patient pendant longU^mps ne peut avoir de renvois, mais quand il arrive à en émettre, les gaz viennent en énorme quantité. Ceci est souvent accompagné d'un tremblement général, ou d'une sensation comme si la tête était saisie dans un êtau.

Le plus proche allié d'Arg. nitr. ici est Bismuih, qui est indiqué dans la pure gastralgie nerveuse. La principale distinction entre Bi et Arg, niir, est dans le vomissement. Dès que les aliments touchent l'estomac, ils sont rejetés.

Une autre maladie nerveuse dans laquelle Arg, nitr, est indiqué esl Vépilepsie. Le symptôme indiquant fortement le nitrate d'argent est celui-ci : Pendant les jours ou les heures précédant l'attaque les pupilles sont dilalése. Après l'attaque, le patient est très agité et a du tremblement des mains. Il est spécialement indiqué dans l'épilepsie, causée par la fl^ayeur ou dans celle qui vient pendant la menstruation.

On peut aussi l'employer pour les convulsions puerpérales, quand entre les attaques, 1« malade est très agitée, et se remuant« tantôt sur un côté et tantôt sur l'autre.

Le nitrate d'argent est aussi indiqué dans V angine de poitrinCi Le malade se plaint d'une douleur intense dans la poitrine et la région du cœur. Il peut difficilenient respirer.

Nous le trouvons aussi indiqué dans le pur asthme nerveux^ Il y a des spasmes des muscles respiratoires, La dyspnée est grande. Une pièce remplie produit ou aggrave cette dyspnée.

Laissant maintenant l'action d'Arg, nitr. sur le système nerveux, nous arrivons à son usage dans les inflammations et les ulcérations. Nous le considérerons tout d'abord dans ce chapitre, pour les maladies des yeux. Le nitrate d'argent guérit l'ophtalmie purulente et par ce terme, j'entends une inflammation des paupières ou des veux, qui produit une ulcération ou du pus. Ce pus est épais, jaunâtre et doux. Il est utile dans l'ophtalmie des nouveau-nés quand le pus est d'un caractère que je viens de mentionner et est profus. Il est spécialement demandé après l'échec de Puisai, ou un des mercuriaux.

Vous pouvez aussi l'cmployor pour l'ophtalmie purulente do^ adultes avec pus de ce caractère. Comme avec Puisai,, les symj)

lômes sont soulagés à Tair libre et deviennent intolérables dans une pièce chaude.

Dans rophtalmie purulente, Puisai, est très étroitement unie à Arg. niir. Vous noterez que tous deux ont Técoulement purulent, prof us, épais, doux, et les deux ont le soulagement à Tair froid du dehors. Il a été établi cliniquement que lorsque Arg, nilr. cesse d'agir, une dose de Puisât, intercalée aide à la guérison.

Vous pouvez aussi employer Arg. niir, dans la blépharite, quand il y a des croûtes épaisses sur les paupières, de la supj)uration et de Tinduration des tissus. Même la cornée a été prise par Tinflammation. I>a chaleur du feu fait que le patient est beaucoup plus mal. Ce symptôme se trouve aussi avec Mercurius.

La conjonctivite granuleuse réclame aussi Arg. niir. La conjonctive est presque écarlate, tellement elle est rouge, et il y a un écoulement muco-purulent prof us.

nhus iox, ressemble beaucoup à Arg^ niir., mais il a plus de symptômes spasmodiques. Il y a fermeture spasmodique des pnupières, et quand vous les forcez h s'ouvrir, des larmes bnllanles s'en échappent et causent des vésicules autour des veux enflammés.

Euphrasia est semblable pour les paupières granuleuses ; il diffère d^Argentum nitricum en ceci : L'écoulement purulent est excoriant, et il y a, en plus, du larmoiement excoriant.

Kréosote peut être employée dans l'inflammation des paupières, chez l'enfant et chez l'adulte. Il y a un écoulement de larmes chaudes, brûlantes, par les yeux, survenant le matin de bonne heure.

Arg. niir. peut être utile dans Tasthénopîe par manque d'accommodaiîon ; même le travail de la sorte la plus grossière tire les yeux.

En venant maintenant à la muqueuse de la bouche et de la gorge, nous trouvons q}x*Arg. niir, produit une apparence rouge foncé du voile du palais. Un mucus épais se collecte dans la gorge et le patient se plaint d'une sensation comme d'une écharde en cet endroit. Avec tout cela, il peut y avoir ulcération. La cause peut être le mercure, la syphilis ou la scrofule. Les |)a pilles de la langue sont élevées. I^s gencives sont tendres et saignent facilement, mais sont très rarement gonflées, ce qui vous donne une distinction entre ce médicament et Mercurius.

Le larynx souffre de l'action d*Arg. niir. Il y a une expectoration muco-purulente paraissant venir de la paroi postérieure du larynx. Il y a aussi un enrouement marqué et quelquefois même perte de la voix. î^s chanteurs se plaignent souvent

cruno sensalion oomra« s*il y avait quelque chose gênant les organes vocaux.

Manganum est analogue au nitrate d'argent, causant des symptômes laryngés, particulièrement chez les malades anémiques ou tuberculeux. L'enrouement est ordinairement pire le matin et s'améliore quand on arrive à cracher des masses de mucus. Le malade de Manganum a la toux en lisant à haute voix, avec sécheresse doulourv?use et sensation d'avivement <hi larynx. La toux est ordinairement soulagée eu clam couché.

Sélénium est aussi sembhibk^ à Arg. nilv,

Paris quadri{olia est un médicament négligé dans les affections laryngées. Nous le lrou\ons indiqué lorsque Texpectoralion se produit particulièrement le malin, et quand elle est verte et tenace.

Le Nitrate d'argent peut être employé dans l'ulcération du col de rutérus quand il est grossi et induré, avec leucorrhée abondante, aune, corrosive, et saignement fréquent par les points ulcérés.

Maintenant, je voudrais vous reporter à Taclion d'Arg. nilr, sur les reins, parce que l'attention n'est pas adirée sur cette action du médicament. Je pense que c'est le D' Prcslon, <le i\orristown, qui l'employait surtout dans ces cas. Il le donnait très souvent dans la néphralgie par congestion des reins ou par passage de calculs. La face a une couleur assez foncée et un aspect desséché ; il y a une douleur profonde dans le bas du dos et aussi sur la région de la vessie. L'urine brûle au passage et l'urèthre est senti comme gonflé. Il y a besoin soudain d'uri» ner. L'urine est foncée et contient du sang, ou même de l'épi- Ihélium rénal et un dépôt d'acide urique. Il est spécialement utile quand Caniharis, qui lui ressemble, échoue.

II faut penser à Nitric, acid. pour les calculs urinaires quand l'urine contient de l'acide oxalique et quand celle substance est le principal élément de la pierre.

En dernier lieu, j'ai à parler de l'action <ÏArg, niir, sur les intestins. Ici il est très semblable à Arsenic. Les selles sont vertes et en petits morceaux, et consistent en sang, glaires el épîthélium. Ceci est souvent associé à une évacuation de beaucoup de gaz et est souvent provoqué par l'usage du sucre. Il est spécialement indiqué quand la diarrhée succède à toute excitation ou quand l'imagination a élé en jeu. Il y a tendance à ce qu'une «elle se produise dès qu'on prend la moindre nourriture ou boisson.

Dans le choléra infantile, il est indiqué chez les enfants qui sont maigres, d'aspect desséché presque comme des momies. Les jambes n'ont apparemment que la peau et les os. Les selles

sont vertes el glaireuses, avec gaz bruyante, e% sont pires la nuit.

Natrum mur. est le remède approprié pour antidoler l'abus Arp. met.

Argentum metallicum

Arg. mcl. |)roduil des spasmes qui simulent ceux de Ti^pilepsie. I>îs atlnqiies sont suivies d'une rage délirante, l^o ma lade saute et essaye de frapi)er tes personnes qui <H)nJ près de lui.

Il produit une douleur spnsmcHiicfue en diverses parlies du corps ; ainsi il donne naissance à une douleur dans la tête, qui augmente graduellement, et, après avoir atteint son acmé, cesse hrusquemenl. Celte douleur est ordinairement du côté gauche et est souvent accompagnée de vertige. Le malade est extrêmement oublieux. Le muscle cardiaque sympathise avec ces douleurs névralgi(|ues. Ainsi, il y aura des tressautements spasmocliques d\\ muscle cardiaque, particulièrement quand le malade est couché sur le dos.

Maintenant, la faiblesse qui succède natuj^Uement est très facile à comprendre si on se rapj^elle une qualité d*Arg, meialL, son action sur les articulations. Il a une affinité particulière pour les cartilages des articulations. Ainsi nous trouvons une débilité généraKe avec sens^ation de brisement dans le bas des i-eins. par la faiblesse du rachis, une lassitude générale forçant le malade à èlre couche i>our obtenir du repos. Le« genoux sont j>articuIièromenl faibles. Il y aura, non un vrai rhumatisme articidaire, mais une arlhralgie, avec douleurs du même caix;tère que celles de la lôte. Tous ces symptômes sont assiez communs. \ous les 1 pouvons chez les femmes nerveuses, hystériques, el chez les hommes après les pertes de fluides, particulièrement <1^ sperme.

Anj, met. agit sur la muqueuse de la gorge et du larynx. Il produit une copieuse exsudation de mucus dans le larynx. Cette exsudalion esl de mucus pur, non purulent et non séreux, maie ayant l'aspect d'empois d'amidon. Elle est accompagnée de brûlure ei de crudité dans le larynx, lesquelles sont excitées par la parole et l'usage prolongé de la voix. Le mucus est facilement expectoré.

Arg, métal, agit sur rorr//re gauche, causant une douleur de hrisrcment dans cet organe, et quelquefois une sensation comme si Tovaire devenait gros. C'est une sensation purement objeclive. Il y a souvent un prolapsus utérin associé h celle douleur de brisement.

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