‹ Matière médicale clinique de FarringtonChapitre 58 sur 59 · LEÇON LXX · texte numérisé non relu

LEÇON LXX

Caustxcum.

Causticum csl évidemment une préparation do potasse, maïs je n'en connais pas la composition exacte. Hahnemann ne pouvait pas la définir, et depuis lui les chimistes n*ont pas pu nous dire comment elle est composée. Cependant c'est un remèd« unique, et dont nous ne pouvons nous passer dans la pratique.

Il a tendance à produire de la paralysie et des symptômes spasmodiques, et des maladies de la peau et des organes d*une façon générale. Vous vous rappellerez ce fait qu'il y a antagonisme entre Phosphorus et Causlicum. Os remèdes ne se suc cèdent pas bien l'un ù l'autre, bien qu'indiqués dans la même classe de maladies. Cola doit se rappeler particulièrement pour ceux qui emploient les hautes et moyennes dilutions.

Le principal pouvoir de Causticum est la faiblesse paralytique que montre le médicament. Cette tendance i)aralytique csl une faiblesse particulière h la potasse. Causticum répond spécialement aux malades qui sont timides, nerveux, et anxieux, pleins d'imaginations terril)les, particulièrement le soir au cré- ])uscule, quand le^ ondjros <levi<'nnent plus louguv^s et l'imaginalion plus vivo. L'enfant, par exemple, a iKuir d aller se cou cher dans le noir. Cela ne s'applique pas au malheureux enfant qui a ces craintes en raison d'une éducation fautive, mais à lenfant dont les craintes viennent d'une maladie nerveuse. Adulte, le malade a l'appréhension que quelque chose va lui arriver; ou il se sent la conscience serrée comme s'il avait corn mis un crime. En formant les yeux, il voit des images effrayantes. Ceci n'est j)as ini symptôme nouveau pour vous, vous vous en souvenez pour plusieurs remèdes.

IjO malade, si)écialement si c'est une fennne, a tendance à être larmoyant et mélancolique. La face est un tableau correct de l'état mental, et exprime Tétat de déi)ression de l'esprit. La face tend ti être d'as^x^ct maladif. I^ malade est soit taciturne

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el distrait, ou en-elin a des accès de colère, avec es|wpit querelleur. Ce$t» comme vous savez, ressemblant à Phosph&rus, et vous lie devez pas faire la faule de donner Tun quand l'autre est indiqué. La mémoire défaille. Tout essai tle travail mental est suivi de symplômes nialoncontreux, tels que des élancements dans les toniix\s en lisant ou en écrivant, uno scnsalion de tension dans la tête el le cuir chevelu, particulièrement dans le front et vers les temi>es. Ceci est pire vers le soir et aussi en se réveillant d'uu sommeil. Ici encore c'est très semblable à jPfcosplioruSy qui a aussi cette sensation de tension. Le malade a aussi une sensation plutôt bizarre, et qui ne se rencontre pas souvent, et qui est une sensation comme s'il y avait un espace vide entre le cerveau et les os du crâne. Ceci est soid^gé par la ehaleur. Si bizarre que ce symptôme puisse paraître, il n'est pas assez rare pour que vous ne le notiez p^s. Notre matière médicale n'est i>a8 trop riche dans ce sens, et ainsi nous devrions utilis<*r tous les symplônK?s de ce genre que nous rencontrons.

Le vertige de Causlicum est celui qui appartient à un»e excitation du cerveau et de la moelle, comme nous le trouvons au début de la paralysie, et môme du tabès. 11 y a tendance à tomber en avant ou de côté. Il y a avec ee vertige une sensaliou constante d'anxiété et <le faiblesse de la tête. La v\ie est obscurcie comme si le malade regardait à travers im nuage-

Maintenant, avec ces symptômes du cerveau, vous avez les symptômes suivants, dont un ou deux doivent être présents pour faire le tal)leau complet. La peau dans ces cas a tendance à ôli^ sèche el chaude, et il y a presque toujours ile la constipation, hupw>ll(* (*st tout à fait caractérishiqu'e. Elle est accoBipaguée (le beaucoup de besoin, probablement par le manque d effort exjmlsif dans les fibres musculaires ivclales, avec rougeur de la face et plénitiKle des vaisseaux sanguins. Ce symp^ tome est très cojumun chez les i)ersonnes faibles et chez les enfants quand ils ont de la faiblesse nerveuse.

Très caractéristique du médieament est la paralysie de parties isolVv*s ou de nerfs isolés. Ainsi vous pouvez avoir ù l'employer <hu)s la paralysie faciale, parlieulièrenieul quand elle ré^ïiUc rrune e\jK)silion à d<^s vriits secs et frokls. U piuit a^issi être indiqué dans le jMosis qui résulte de la même cause. CoMisi, ost encore indicfué dans la j^aralysir <lt» la kangue quand la dégl'utilton (»t la j>ar(>l<^ sont i>his nu moins détruites, la j)aralysie d(^s lèvres, <A <lins la |)aralysie labio-glosso-phaj-yngée.DiaBS cette dernière maladie v-ons ne ]>ou\ez [)as alleudre l)eaucoup d'amélioration d'aucun reiuè<le. Le larynx et la vessie i>euvent

être envahis. Il y a des exemples de paralysies locales qui viennent sous la coupe de Causlicum, Ces paralysies peuvent être causées soit par une maladie nerveuse d'origine profonde, ou, d'une façon très caractéristique, de l'exposition à un froid, particulièrement au froid intense de l'hiver, quand le malade est d'une diathèse rhumatismale.

Aconit, comme Causticum, est utile dans les paralysies qui sont allribuables à une exposition au froid, spécialement aux vents froids socs. Aconit, répond bien au commencement, et Causticum plutôt quand la paralysie est devenue chronique cl refuse de céder à Aconit.

Rhus tox, et Dulcamara se comparent favorablement à Causticum pour la paralysie d'origine rhumatismale, provoquée par l'exposition à une atmosphère froide et humide, particulièrement quand il y a eu des changements de la chaleur ù des jours froids et humides. Dulcamara s'applique au début de tels cas, et non quand l'affection devient chronique. Rhus tox, répond aux cas chroniques.

Nous pouvons encore trouyer Causticum indiqué dans la paralysie qui vient de l'apoplexie ; il n'est pas indiqué pour les résultats immédiats de l'ictus, non pas pour la congestion, ni pour l'exsudation, mais pour les symptômes éloignés, quand, après résorption du sang diffusé, reste de In paralysie du côté opposé du corps.

Causlicum peut être employé dans les maladies des enfants. Il s'applique aux enfants d'aspect scrofuleux chez lesquels, bien qu'ils soient émaciés d'une manière générale et particulièrement vers les pieds, l'abdomen est gros et tuméfié. Ils sont longs à apprendre à parler. Il y a tendanc-e à l'inflammation scrofuleuse des yeux, des croûtes se forment sur les paupières, les conjonctives s'injectent et la cornée s'enflamme. Il y a une sensation constante de sable sous les paupières. Une éruption apparaît sur le cuir chevelu, spécialement derrière les oreilles, faisant que cette portion de la peau est à vif et excoriée. L'écoulement est de petite quantité et de caractère visqueux. Souvent il y a de l'otorrhée de caractère purulent. L'enfant trébuche quand il essaye de marcher. La cause de ce symptôme se trouve dans fa maladie du cerveau ou de la moelle. Ces cas ne guérissent pas rapidement. Il y a une nutrition défectueuse de tout le système nerveux. Vous devez faire savoir à vos malades que des mesures hygiéniques doivent être observées avec les prescriptions médicales, et que vous pouvez promettre une guérison seulement si le malade se joint à vous.

Les autres remèdes auxquels vous pouvez penser ici sont d'à-

kord Acide sulfurique, qui est un bon remède pour cette faiblesse e't ce dérobement des chevilles ; il y a ensuite Suiphur, et Silicea-

Si nous allons plus loin, pour montrer les effets paralytiques de Causticum, nous trouvons qu'il cause Taphonie ou la défaillance de la voix. Elle peut être ou non catarrhale. Elle est accompagnée d'une grande faiblesse des muscles du larynx, qui semblent refuser leur fonction. C'esi souvent le cas dans la phtisie, et dans les troubles laryngés tuberculeux ou non. La tendance paralytique se montre encore dans la toux. Le malade est incapable d'expectorer. Tout comme avec Scpîa, Dro $eraj Kali carh.^ Arnica, et quelques autres remèdes, le malade réussit à détacher le crachat jusqu'au moment où il retombe dans le pharynx. Le médicament a aussi ceci comme caractéristique : le malade ne peut tousser assez profondément pour avoir du soulagement. En plus de ces symptômes parétiques dans les catarrhes, vous pouvez aussi ajouter le suivant : crudité et brûlure en bas dans la gorge et la trachée, sensation comme si ces parties étaient ù vif, et enrouement avec aggravation le malin. A ce moment, aussi (ce qui va avec les symptômes g(^néraux de la potasse), il y a accumulation de mucus dans les cordes vocales et le larvnx. Les crachaUs ont souvent un goût gras et savonneux. Il semble que boire de l'eau froide sou lage la toux. Avec cette toux, vous trouvez de la douleur sur les hanches, et ceci est très caractéristique, et aussi la toux est souvent accompagnée d'une émission involontaire d'urine. Ce dernier symptôme est très caractéristique de Causiicum, Il se trouve aussi avec Nairum mur, et Scilla-

Pour les symptômes laryngés, il est nécessaire de faire une distinction entre Caust. et Phosphorus, Un point de différence est que Phosph. a souvent une aggravation de l'enrouement le soir ; Causticum a l'aggravation le matin. Tous deux ont cette faiblesse nerveuse. Un symptôme que j'ai souvent trouvé indiquant Phosph. c'est l'extrême sensibilité de l'intérieur du larynx. Le malade craint de tousser parce que cela aggrave la sensibilité du larynx. Pour la même raison, il a peur de parler. Le soulagement par les boissons froides se trouve seulement avec Causticum.

Plus semblable ft Cnuslicum encore est Carho veg. Ici vous ne pouvez pas faire de faute, parce que les deux médicaments i^e surcèdent bien. Si vous faites l'erreur de donner l'un quand l'autre est indiqué, vous ne ferez pas d'autre mal h votre malade 9\\X!P' la perte de temps causée par votre choix imparfait. Les deux remèdes ont cette crudité et cette sensibilité en bas dans

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la gorge ; tous deux ont l'ènfouerneril, Carbo vcg, ayant l'àggravalion le soir ot Causi. le matin. Carbo est indiqué àpi^s l'exposition à Tair humide du soir, CausL après un temps d'hiver dur, froid et sec.

Eupulor\ perfoL est très semblable à CauéUciim en ceci qu'il causé un enrouenieiit pire le ihatjn. Les deux remèdes sont indiqués dans rinfluenza avec douleur dans tout le corps, ijiais Eupài, a plus de douleur dans la poitrine qu'il n'a de brûlure et de crudité.

Dans l'enrouement des chanteurs o^U de ceiix qui emploient beaticoup leur voix, Càusticum ressfeinble à Graphites et à Seïe-

nium.

Dans certains cas, quand Ca,usticaiii échoue dans lenrouerrieht chronique pire le malin ou le soir, Salphur est un remédie qui suffit à tout.

' Une âilire espèce de toux pour laquelle vous pouvez encore doiiher Causticuni est celle qui s'améliore jusqu'à un certaii} point et alors reste statioiinaire, sans aller ni mieux, ni pfus mal.

Causl. est un boii remède pour les bourdonnements et les roulements dans les <3reilles ou pour les tintements d'preilks, quand les sons produisent un écho désagréable dans les oreilles. Utl-e voix qui est d'un ton ordinaire fesoiirié haut et produit des doubles échos dans l^oreille avec une confusion cléplaisaiite. Quand Càusticum est le remède, ces Symptômes peuvent exister ftvec ûii catarrhe de la gorge envahissant la trompe d'Eustaclio. Ce peuvent aussi être des symptômes de la maladie de Ménièro, dont j'ai guéri une fois un cas avec Càusticum,

Il y a [in remède que vous pouvez comparer ici, ç est l Acide s(iUcijH(nlc, qui a produit et guéri la maladie (je M^pière.

Vous pouvez aussi coini)arer Carbon, bisiilf., et le bien connu Cinchond.

Nous trouvons Cajuslicum indiqué dans la niictiori involontaire ou incontinence, spécialement chez les enfants. Il e?t spéciàlèi|K/nt indiqué quand l'accident survient pendant, lé premier spmmeii- Le trouble est aggravé l'hiver et cesse ou'ilevient plus niodëré en été. L'urine a spécialement facilité à s'échàp^per involontairement pendaAt le jour en hiver, comme résultat de toute excitation. . , .

Pour l€;s femmes qui nourrissent, nous pouvons pmployer Caust. qw^nd un ^xcè? <\e fatigue ou le niamiuç de somiiiojl menace de leur faire perdre leur lait. Ceci fait que leur esprit est très déprimé, et qu'elles prenn'enl facilement ce teint maladif caractéristique de Càusticum.

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Caust. peut être employé dans les maladies spàsihodiques, même dans les convulsions. Ainsi il peut être employé dans Tépilepsie, partieulièrement dans le petit mal. En se pi'omeriaiû en plein air, le malade toinbe, mais bientôt se remet. Pendant le stade d'inconscience, il urine. Il peut encore être employé quand les attaques sont de nature convulsive, spécialement quand elles reviennent à la nouvelle lune. Maintenant, vous n avez pas à considérer que la lune a quelque chose â faire avec ces attaques épileptiques.

Ce sont seulement les lois qui gouvernent les relations des planètes, qui régularisent les saisons, et ont à faire avec la périodicité de la nature d'une façon générale et qui s'appliquent aussi à la lune et aux troubles du corps humain ; aiiisi est-il que certains symptômes sont pires à la nouvelle lune, d'autres à la pleine lune ; certains au début et d'autres à la fîii des saisons. Il ne s'ensuit pas, parce que le maladç est pire chaque fois à la nouvelle lune, que la lune cause l'aggravation. Causi, est, de plus, indiqué dans l'épilepsie quand elle va avec des irrégularftés menstruelles, et aussi quand elle survient à l'âge de la puberté. Pour ces symptômes, Caust, est étroitement uni à Cale oslr.

Causlicum est indiqué dans la chor^ quand le côté droit ^\x corps est plus atteint que le gauche. Les iriuscleç de la f^ç^, la langue, le bras et la jambe, sont tous envahis par les ihout vements désordonnés. Quand le malade essaye de parler, j^s mots semhilent être projetés linrs de la bouche. Le malade eçt anxieux et agité dans son lit la nuit. Il est obligé de s'asscoii: et de changer (le position. Il jette sa tête involontairement, et finalement s'endort épuisé. Pendant le sommeil, les jambes ot les bras sont constamment en mouvement.

Enfin, nous pouvons être appelés à employer Causi. dans le rhumatisme, spécialement quand les articulations sont raides et les tendons raccourcis, déformant les membres. Il est fréquemment indiqué dans ce qui a été appelé arthritis rhumatoïde. Les douleurs rhumatismales s'attaquent particulièrement à l'articulation de la mâchoire. Elles sont pires par le froid et soulagées par la chaleur.

Maintenant, vous aurez à distinguer Causi. de plusieurs autres remèdes. Rhus iox. aussi a le rhumatisme par l'exposition au froid. Je vous ai déjà donné quelques distinctions entre lui et Qausi, En voici encore un^ bonne : Rhus iox. a Tagitatiou ri le soulagement par le mouvement tout le temps. Avec Causlicum l'agitation survient seulement la nuit.

Gualacum doit être préféré à Causi,, et succède bien à ce ixî

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mède, quand, dans la goutte ou le rhumatisme, il y a des contractions des tendons, tirant les jambes en les déformant, avec aggravation par tout essai de mouvement, particulièrement s'il y a des nodosités goutteuses bien développées dans les jointures.

On doit se rappeler Colocynihis pour le rhumatisme articulaire quand les jointures restent raides et lourdes. Les douleurs dans les parties affectées ont un caractère forant.

Causiicum agit aussi sur la peau, un de ses symptômes les plus caractéristiques étant les verrues. Il est utile pour la guérison de ces hypertrophies des papilles quand elles surviennent sur les mains, ou la face. Je me rappelle avoir une fois donné Causticum à un enfant qui avait deux verrues sur la paupière inférieure. A la fin de la troisième semaine du médicament, il y avait une poussée de verrues sur Tangle interne de l'autre oeil. Je crus que c'était le résultat de Causticum, Aussi, j'arrêtai le médicament. Après quelques semaines de plus, toutes les verrues avaient disparu, et l'enfant n'en a plus jamais eu depuis. Cela vous montre que Causticum produit et guérit réellement les verrues.

Causi, peut être indiqué dans la colique après que Coloc. a échoué. Les douleurs sont d'un caractère crispant, coupant, et sont soulagées en se courbant en deux. Vous trouvez particulièrement des douleurs de ce caractère suggérant Causi, dans la colique menstruelle. Prévenant les règles, ces douleurs de colique apparaissent, et sont accompagnées de douleurs tiraillantes dans le dos et les membres. Toutes les douleurs cessent entièrement la nuit.

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