LEÇON V
Arachnides
Des arachnides ou poisons d'araignée employés en méde cine, j'appellerai votre attention sur les suivants :
Mygale lasiodora, Lycosa tareMula.
Tareniula cubensis, Aranea diadema.
Aranea scinencia, Theridion curassavicum.
L'action des médicaments de ce groupe esl double ; tous em poisonnent le sang, et tous agissent surtout sur le système nerveux, produisant des troubles spasmodiques, tels que la chorée et l'hystérie. Parmi les autres symptômes nerveux qu'ils produisent, sont : l'anxiété, le tremblement, la grande agitation, l'hypersensibilité et la prostration nerveuse.
Beaucoup des poisons d'araignée développent un état cons titutionnel ou dyscrasie, les rendant utiles \lans les maladies chroniques ou profondément situées.
Prenant l'étude de ces médicaments en série, nous en arri vons d*abord à:
Mygale lasiodora<
La Mygale lasiodora est une grande araignée noire, native de l'île de Cuba. Elle a été d'abord expérimentée par le D' Houard, de cette ville. C'est un de nos meilleurs remèdes pour les cas non compliqués de chorée. Le patient a tendance à de la faiblesse mentale ou de la dépression. Il se plaint d'une
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douleur pesante dans le front. Il a de constants tiraillements dans les muscles de la face. La tête est souvent tirée, sur un côté, ordinairement le droit. Il y a aussi des tremblements et des secousses dans les muscles d*un bras et d'une jambe, ordinairement à droite. Le contrôle sur les muscles est perdu. Au moment où le patient essaye de mettre la main sur la tête, la main est violemment projetée en arrière. Quand il fait un effort pour parler, les mots sont exploses.
Je peux rapporter un cas de chorée dans lequel, par Tusage de ce remède, les symptômes convulsifs furent rapidement enlevés, et la malade, une petite fille, resta bien pendant plusieurs années. Le D' Houard, dont je viens de parler comme ayant expérimenté le médicament, m'a donné les symptômes suivants, indiquant son usage: I^es muscles de la face tressaillent, la bouche et les yeux s'ouvrent et se ferment dans une rapide succession ; on ne peut mettre la main à la figure, elle est arrêtée à mi-chemin et projetée en bas. L'allure est décousue ; les jambes sont en mouvement pendant qu'on est assis, et étendues quand on essaye de marcher : mouvement constant de tout le corps.
Les remèdes les plus semblables à Mygale, dans la chorée sont : Agaricus, qui a aussi ces mouvements angulaires choréiques. Mais, symptôme distinctif, nous avons une démangeaison des paupières ou des différentes parties du corps, comme si elles avaient été. atteintes de la gelée. Les paupières sont en mouvement constant. L'épine vertébrale est sensible au toucher-
Cifnici[uga racemosa est à employer dans la chorée, quand les mouvements affectent surtout le côté gauche et quand la maladie est associée à de la myalgie ou à des douleurs rhumatismales ou vient comme action réflexe résultant de déplacements utérins.
Tarentula est indiquée dans la chorée affectant le bras droit et la jambe droite. Les mouvements existent même la nuit.
Ignalia est indiqué pour la chorée d'origine émotive.
Zizia peut être employée dans les cas où les mouvements choréiques continuent pendant le sommeil.
La chorée de Siramonium est caractérisée par les symptômes suivants :
Les traits changent continuellement;tantôt le malade rit,et tantôt il paraît étonné ; la langue est tirée rapidement; la tête est jetée alternativement en arrière et en avant ; torsion spasmodique de la colonne et de tout le corps ; les extrémités sont en mouvement constant, quoique non toujours projetées, c«nr
quelquefois leur mouvement est rotatoire, gyratoire, et même gracieux. Les mu&cles de tout le corps sont en mouvement constant. Il peut y avoir bégaiement. Si loôprit est atteint, le patient est facilement effrayé, il se réveille terrifié de son sommeil ; ou quelquefois, il prend une altitude de prière, avec expression fervente et les mains croisées. Souvent, il soulève la tête de l'oreiller.
Revenant maintenant à Mygale""; je vous donne les symptômes suivants, en plus de ceux que j'ai déjà décrits comme produits par ce médicament. Délire parlant des affaires ; agitation la nuit ; peur de la mort ; découragement, avec expression anxieuse ; nausées, avec fortes palpitations de cri'ur, diminution de la vue, faiblesse générale ; trémulation de tout le corps le soir; frisson intense, d'une demi-heure, et nlors fièvre, avec tremblement ; douleur dans la tête, le matin, pire dans les yeux et d'une tempe à l'autre.
Mygale, ayant été donné à un irarçon pendant quelque temps, produis! I, pendant les symptômes spasmodiques, de violentes érections de la verge. Malheureusement, la verge en érection était incurvée, non droite, et en conséquence, le patient éprouvait une forte douleur. Le D' Williamson, par qui cette observation fut faite, fut amené à l'usage heureux de ce remède dans la chaudepisse cordée. Il l'employa à basse puissance. Il l'a depuis employé ù hautes puissances avec un égal succès.
Lygosa tarentula.
Dans l'empoisonnement par la piqûre de la tarentule, les symptômes ressemblent d'une façon frappante à ceux de l'empoisonnement des Ophidi<.'ns- La partie piquée devient gonflée et décolorée, les glandes lynipliatiqiies sont augmentées de volume. Par transport du poison vers le cou, le tissu cellulaire en est pris, donnant naissance à un gonflement d'une couleur rouge sombre ou pourpre. Il semble que la suffocation soit imminente quand une épistaxis, avec écoulement de caillots noirs, apparaît et amende les symptômes. La congestion cérébrale est mise en évidence par les violents battements des carotides. Mais, avec tous ces symptômes, la face est pâle et terreuAO»
Les piliers du voile apparaissent gonfles et pourpres, et il y a une difficulté pour avaler, qui est d'origine paralyli-
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que. Le patient a une soif brûlante pour de grands traits d'eau. Les selles sont sombres et fétides, et Turine rare et émise avec difficulté. Ainsi, il y a peu de chose qui nous aide à le distinguer des symptômes de Lachesis, Mais il s'y ajoute d'autres phénomènes d'ordre nerveux, qui rendent le médicament typique. Des symptômes nerveux existent dans tous les poisons d'araignées, mais Tarenlula répond, plus que les autres membres du groupe, h Vhyslèrie. Il y a xxno irritation spinale marquée, et ce que j'ai trouvé très caractéristique est la grande excitabilité des terminaisons nerveuses. La malade a les mains en constant mouvement, essayant de traduire cette hyperexcitabilité. I^ jeu d'un morceau de musique animé l'excite, et la fait agir comme une folle. Quand il n'y a pas d'assistants, elle n'a pas d'atta^ïues hystériques. Aussitôt que l'attention est dirigée sur elle, elle commence à trembler, etc. Quand elle a du mal de tête, il s'améliore en frottant la tête contre l'oreiller. Ge frottement semble l'enlever.
Tarenlula paraît agir sur l'utérus et les ovaires- Il est palliatif de l'augmentation de volume de ces organes. Il y a douleur dans la région utérine, associée à une céphalée constrictive. Il y a aussi douleur brûlante dans rhypK)gaslre et les hanches, avec sensation d'un grand poids dans le bassin. Les règles sont profuses, et sont suivies de prurit de la vulve. La patiente sent du mal et du brisement partout, particulièrement en remuant. Elle désire dormir, mais est si nerveuse qu'elle ne peut pas.
Etudions maintenant un moment les remèdes q\ii concordent avec Tarenlula, et d'abord Kali bromalum. Nous n'avons aucun remède dans la matière médicale qui ait autant de symptômes réflexes que Krdi br. Une petite irritation, telle que la dentition ou une indigestion chez les enfants peut amener des con- \ulsions. Le symptôme, cependant, sur lequel je désire attirer particulièrement l'attention, est l'irritation périphérique, avec soulagement par le mouvement ou l'usage de la partie affectée.
Crocus mérite une mention à cause de l'état hystérique qu'il est capable d'exciter, en même temps qtie des symptômes choréîques. Il donne des sauts, des danses, du rire, du désir d'embrasser tout le monde, des contractions de certains groupes d« muscles. La malade est colère, et tout h coup, s'en repent; ou colère et bavarde, riant alternativement. Comme avec Tnreniula^ la musique l'affecte. En entendant un chant, elle commencé involontairement à s'y joindre ; mais il n'y a pas de sk>ulagemenl subséquent par la musique comme avec le poison d*araigiiée.
AcidR racemosa ressemble aux araign^s en produisant le manque de sommeil, l'agitation, le tremblement, et la peur de la mort ; et encore, ces évidences de nervosité sont souvent, avec Aciœa comme avec Tareniula, des réflexes d'affections utérines.
Le premier (Actap.a) a : après qu'on est allé îiu lit, des secousses, commençant du côté où la patiente est couchée, amenant le changement de position, des frémissements et des frissons nerveux. Mentalement, les deux drogues diffèrent. Actœa cause de la nervosité ; la malade sent comme si le haut de la lôte allait s'envoler : délire, en sautant d'un sujet à un autre ; elle voit des objets étranges ; grande appréhension, comme accompagnant l'irritation utérine, douleurs dardant dans la prunelle de l'œil, traversant jusqu'à l'occiput. Elle se sent chagrinée, troublée, avec des soupirs ; le lendemain, joie trémulante, réjouissance, et enjouement.
Ce sjmiptôme de la tète de Actœa n'est pas absolument le même que ceux de Theridion, remède avec lequel la tête de la patiente semble comme si elle allait s envoler.
Hyoscyamus est utile dans les secousses locales bien mar quées et dans les tressaillements de groupes musculaires. La patiente est sans sommeil et nerveuse ; ou bien elle sanglote et crie en dormant. La tête tombe de côté et d'autre. Bavardage ; elle rit à chaque moment d'une manière bête. Bredouîllement. Excitation mentale ; elle est nerveuse, soupçonneuse, chagrine; mais non maniaque.
Causticum a une certaine ressemblance, en ce qu'il cause le mouvement sans repos la nuit ; la malade ne peut trouver aucune position tranquille. Intolérable malaise dans les membres le soir- Anxiété et timidité le soir. Tremblement. Mal à l'aise la nuit : elle se réveille d'un court sommeil, anxieuse, pouvant h peine rester 10 minutes en place ; elle est obligée de tourner la tête involontairement de côté et d'antre, jusqu'à ce que, épuisée, elle tombe endormie. Pendant le sommeil, fréquents mouvements des bras et des jambes. Elle a des secousses, surtout du côté droit du corps. Mouvements convulsifs de la bouche et des yeux avec manque de sommeil et agitation, après des éruptions répétées. Il est spécialement adapté aux rhumatisants, ou à ceux qui souffrent aussi d'affections parétiques, spécialement d'un côté de la face ou de la langue ; la bouche, en conséquence, est tordue.
Belladonna produit une inquiétude corporelle, l'indiquant dans la chorée. Le patient est obligé dfe remuer de-ci de-là, spécialement de remuer les mains et les pieds; il ne peut res-
ter longtemps dans aucune position. Le spasme prédomin>ant est 6n arrière, bien qu'il puisse alterner avec une courbure en avant. Il y a un enfoncement de la tête dans l'oreiller, mais non plus le frottement de la tête contre Toreiller comme avec Tarentula, Bellad. aussi à des constrictions, de Thyperesthésic, de la manie, avec rires, danses, cris, etc. Mais elle se distingue par l'intensité de ses symptômes ; il y a violente congestion, battements des carotides, aspect sauvage, pupilles dila * lées et yeux injectés.
Dans les états hystériques, Ignatia, quoique ressemblant sous beaucoup de rapports à Tarentula, à une individualité propre bien définie. Le système nerveux est hyper-impressionnable, incoordonné dans ses fonctions et contradictoire en action. La patiente est extrêmement susceptible aux influences émotives. La peur et le ressentimont l'atteignent sérieusement; le moindre contradiction l'offense, elle est prompte à se chagriner; et ainsi est souvent amenée à la peine et aux larmes par les causes les plus légères. Son état mental, cependant, ne se traduit pas ordinairement par la violence et la rage. Au contraire, elle nourrit ses chagrins dans la solitude et le silence et les couve jusqu'à ce qu'ils atteignent son économie entière.
Ainsi, elle devient de plus en plus nerveuse, et, en même temps, de plus en plus affaiblie. Le cœur bat nerveusement, avec un pouls variable ; fréquemment, elle soupire lourdement et profondément ; elle souffre de défaillance à l'estomac avec nsAJSée et goût fade dans la bouche ; sensation d'une masse dans la gorge, s'enflant sympalhiquement avec l'intensité des troubles mentaux. Insomnie ou violents tressaillements des membres. Le ressentiment, la frayeur, un amour déçu ou quelque autre cause semblable peuvent développer les paroxysmes hystériques ou choréiques. L'humeur change avec une rapidité extraordinaire : maintenant, elle rit et plaisante qunad tout fi coup elle fond en larmes. Ses manières deviennent précipitées de sorte que tout est fait à la hâte, et de là imparfaitement et maladroitement. Elle est affligée de violents maux de têle. Ceux-ci sont caractérisés par une prédominance de pression; la douleur s'étend à l'œil qui a la sensation d'être exprimé au dehors, ou à la racine du nez ; ou encore elle est confinée à un petit point, comme par la pression d'un clou, d'où le noin : clou hystérique. Au point culminant du paroxysme elle devient agitée et frissonnante, et souvent décrit une perversion particulière de la vue ; elle voit des zig-zags de feu quand elle regarde hors de la ligne de vision. (Voir Theridion.) Finalement, un flux prof-us d'urine colorée termine l'attaque.
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Donc, pendant que les deux remèdes donnent la tristesse, rindifférence, la profonde mélancolie et les états hystériques, seul Ignaiia a l'état d'esprit versatile et nul, Tarentula les essais dissimulés à feindre des paroxysmes et la danse sauvage.
Platina ne serait pas confondu ici avec les poisons des araignées, car il développe une forme différente d'hystérie. En réalité, on y trouve un dérangement dans la coordination des fonctions, de Tanxiété, du tremblement, de la peur de la mort, qui semble imminente au patient : aussi des alternatives de dé- * pression avec de la gaieté et des rires; de Texcilation sexuelle et des convulsions.
Mais la malade arrive à une hauteur, à une exaltation d'ellemême, qui est étrangère aux autres drogues considérées. Ses troubles mentaux arrivent à une condition d'estime de soimême durant laquelle elle regarde dédaigneusement de haoïl tout oe qiM l'entoure. Ses paroxysmes de rire ne sont pas seulement à haute voix et bruyants, mais hors de propos, venant même en des circonstances tristes- Le mal de tête est d'un caractère constrictif comme Tarentula ; mais il y a en plus une douleur de compression, comme une crampe, avec engourdissement, et les douleurs augmentent graduellement, de môme qu'elles décroissent graduellement.
L'utérus induré appartient aux symptômes des deux.
Palladium est facilement distingué par son unique phénomène mental. La malade n'est pas hautaine, mais elle est irritable, et, malheureusement, encline à un langage fort et violent. La musique, la société, ou une conversation animée l'excitent et produisent des douleurs dans l'ovaire droit ; le lendemain, elle se sent épuisée. Son égotisme se développe en amour exagéré de la bomie opinion des autres ; de là vient qu'elle se trouve continuellement dédaignée. Les symptômes utérins sont caractérisés par une faiblesse, comme si la matrice s'abaissait ; une sensation de vide dans les aines, comme si elle était éviscérée.
Moschus répète l'esprit querelleur de Palladium; mais la malade se maintient jusqu'à ce que ses lèvres deviennent bleues, ses yeux tournent, et qu'elle tombe évanouie sur le plancher. Elle souffre d'une soudaine suffocation par spasme de la glotte ou crampe dans la pwitrine ; palpitations. Elle a aussi des défaillances, du tremblement de tout le corps; refroidissement du corps; mal de tête hystérique avec défaillances, urine pâle copieuse; peur de la mort, comme avec Platina et Tarentuia, mais avec face pâle et faiblesse; elle parle seulement de la mort qui approche- Vertige, nausée, vision obscure. Vertige,
les objets tournent en cercle. (Le musc guérit quand Theridion produit le vertige; pire quand les yeux sont fermés.) Mal de tète, comme si une force pressait la tête de côté et d'autre.
Un symptôme souvent observé chez les nerveux est l'inquiétude remuante des jambes, quelquefois empêchant le sommeil. En addition à Tarentula, les remèdes suivants peuvent être étudiés ici :
Zinc, donne le mouvement des pie^ls pendant des heures après s'être couché, continuant môme dans le sommeil. Asa fœlida a souvent guéri l'agitation, de même quM m/nonium carh.; Actœa rac, a déjà été nientionné. Arsenic, si utile dans les cas obstinés de chorée, a ce qui suit : malaise dans les jambes: est obligé de changer les pieds de position tout le temps, ou de se promener pour avoir du soulagement.
Méphilis a guéri le malaise dans les jambes, comme si elles devenaient insensibles.
Sticta pulmonaria a produit une sensation comme si les jambes flattaient dans Tair. Une expérimentatrice devint si vive, qu'elle s'étendit sur une chaise longue et se mit à donner des coups de pieds en l'air, s'écriant qu'elle sentait comme si elle était sur le point de s'envoler. Cette excitabilité nous rappelle le désir de sauter que cause Tarenlula, (Comparer: Siramon., Agaricns, Cicutùy Natrum mur., ce dernier qui a : sauté en l'air, manque d'attention pour les objets rapprochés. Hijose, et Crocus.)
Asarum donne une sensation comme si le corps planait dans l'air. Il donne aussi le frissonnement et le froid à chaque émotion.
Mais il n'offre aucune ressemblance essentielle avec Tarentula, quoiqu'il offre quelque analogie avec Theridion; car il affecte tellement les nerfs, que, comme pour ce dernier, les bruits deviennent intolérables. Encore la distinction est évidente. Aiiarum est si sensitivo que, en pensant simplement au froissement de la soie, la patiente est continuellement ramenée à cette pensée; alors un tressaillement la parcourt. Quoique j'aie noté de nombreuses drogues comme ayant une ressemblance symptomatique avec les araignées, seulement les suivantes ont une relation intime: Ignatin, Moschus, Aciaea rac, Agaricus, Siram., Bellad., Magnesia mur. (le dernier dans les crampes utérines).
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Tarentula CUBENSIS.
I-/a Tarentula cubensis, l'araignée velue, donne la peinture parfaite du charbon, même jusqu'à la pustule. On peut l'employer avec bénéfice quand il y a grande prostration et diarrhée avec fièvre intermittente à exacerbation vespérale. Pour calmer les atroces douleurs qui accompagnent cet état, il agit presque magiquement. On pourrait donc le comparer avec Lachesis, Anthracinum el Silicea,
Aranea diadema.
Aranea fut proposée par Granvogl comme un des remèdes pour lesquels il parlait de la constitution hydrogénoïde, celleci étant une constitution qui ne pouvait pas lolércr l'humidité- Avec Aranea tous les symptômes sont pires par im temps humide ou par le séjour dans des localités humides. C'est spécialement vrai pour ce que nous pouvons appeler la fièvre intermittente chronique pour laquelle Aranea est le remède quand les symptômes sont aggravés à chaque changement de temps devenant humide. Le malade peut se trouver très à son aise par un jour ensoleillé,mais dès que le temps devient humide il devient malade. Pendant cette aggravation, il se plaint de frilosité (frissonnement), suivi ou non d'un peu de fièvre. Le frisson peut être typique, survenant à la même heure tous les autres jours, chaque semaine, ou à quelque période régulière. On trouve aussi que la rate est augmentée et le patient sujet à dos hémorrhagies. I^ patient peut ou non avoir eMé aupara vaut traité par la quinine.
Cinchona et Chimnum fiulphurium sont tous deux très semblables à Aranea dia/lema, dans le retour périodique des symptômes. Ils sont tous deux indiqués dans les cas de gonflement de la rate, et de fièvre par suite de séjour dans des lieux humides, etc.
Cedron.y dont il a été prétendu qu'il guérirait la morsure du serpent à sonnettes et modifierait la rage, peut aussi être regardé comme un analogue de Aranea diadema et des poisons d'araignées en général. On dit qu'il agit mieux chez les malades nerveux, excitables et même voluptueux, surtout les fem-
mes. Les sympômes fébriles et névralgiques reviennent avec une régularité d'horloge.
On l'emploie dans la fièvjre contractée dans le^ pays chauds, ou dans les pays bas, marécageux, dernière condition dans laquelle il offre une ressemblance avec Aranea, Mais le premier remède a été pris en faveur, notablement dans les pays chauds, tandis que le dernier agit mieux dans les fièvres contractées dans les localités froides et humides. 'I^ frisson prédomine, la chaleur étant faible ou manquant. Dans Cedron., au contraire, il y a congestion de la tète, chaleur arrivant par bouffées à la face alternant avec le frisson, et chaleur sèche avec pouls plein, rapide.
Aranea guérit aussi la diarrhée, et ces malades en souffrent souvent- Les selles sont aqueuses, et sont accompagnées de beaucoup de grondement dans les intestins, comme s*il s*y produisait une fermentation considérable. Le sommeil est agité et le patient, en se réveillant, a un symptôme qui est commun à tous les médicaments qui affectent les nerfs cérébro-spinaux, et qui est que toutes les parties du corps sont ressenties comme si elles étaient gonflées. Par exemple, en se réveillant, il semble que les bras ou les mains sont extrêmement gros, plus gros que d'ordinaire.
Aranea est utile dans le mal de dents, particulièrement pire par temps humide, et aussi aussitôt que le patient se met au lit. Ici, il vous rappelle Mercurius,
Il y a un symptôme d* Aranea que je n'ai pas eu l'occasion d'observer dans la pratique, et c'est l'engourdissement des parlies innervées par le nerf cubital.
Aranea attaque aussi les os. Il est spécialement indiqué dans les maladies du Calcaneum quand le malade se plaint d'une violente douleur forante dans cet os ; cela peut être dû à une simple périostite, ou être associé à la carie. Quelquefois il y a sensation comme si les os étaient en glace : c'est puremenl subjectif.
Theridion clrassavicum.
Theridion se compare avec Tarentula pour le mal de tête, l'état nerveux, l'hystérie. Selon les expérimentations, il y a même agitation, état affairé ; il désire s'occuper, quoiqu'il ne trouve de plaisir ù rien. Mais il y a une caractéristique très
distinctive, la sensibilité au bruit. C^ci qualifie le vertige, le mal de tê<te, et même les malaises d estomac. Vertige et nausée, pires quand les yeux sont fermés, pires par le mouvement et par le bruit. Chaque bruit pénètre les dents. Chaque son pénétrant et sa répercussion pénètrent à travers tout le corps. Le mal de tête est pire si d'autres personnes marchent sur le plancher. Nous avons guéri la céphalée très intense avec Theridion, quand son hyper-sensibilité était présente, aussi bien que sa nausée et son aggravation par le mooivement- Les accompagnements généraux sont les \rais effets de l'araignée ; faiblesse, tremblement, frissons et anxiété. L*hystérie aussi, indique Théridion; le temps passe trop rapidement: hilarité, bavardage; elle sent comme si sa tète ne lui appartenait pas, comme si elle pouvait l'enlever. Vibrations lumineuses devant les yeux. Sensible à la lumière; si elle regarde la lumière, des vibrations sombres se produisent: vision double. Elle se trouve mal après chaque exercice. Anxiété vers le cœur, avec douleurs aiguës dans le côté gauche de la poitrine, ou à l'épaule gauche. Elle se mord la pointe de la langue pendant son sommeil. Tout cela avec faiblesse, frissons^ ou une sueur froide facilement provoquée. Nausée, et évanouissement des idées, signes très augmentés en fermant les yeux.
Théridion est très semblable à Spigelia, qui a les douleurs névralgiques aiguës sur l'œil gauche. Avec Spigelia, cependant, la douleur vient de la nuque, et au-dessus de la tète, s'établissant alors sur l'œil gauche. Le mal de tète de Spigelia a une grande tendance à suivre le soleil, commençant le matin, atteignant son acmé à midi, et décroissant graduellement jusqu'au coucher du soleil. L'antidote de Théridion quand il cause ce mal de tète est Moschus.
On peut faire un autre usage de Iheridion dans le mal de mer des femmes nerveuses. Elles ferment les yeux pour ne pas suivre les mouvements du navire, et deviennent mortellement malades.
La moelle est très irritable. 'Nous avons ce qui est connu comme irritation spinale. L'examen révèle une grande sensibilité entre les vertèbres. L'hyperesthésie est si grande que le patient s'assied obliquement sur une chaise pour éviter la pression du dos de la chaise contre le rachis-
Un emploi particulier de Théridion, et que je pense que j'ai eu l'occasion de confirmer, est son usage dans la phtisie floride. On dit que celte drogue tend à enti*aver, et, dans certains cas, à arrêter les progrès terribles de cette fatale affection. Un symptôme que je sais être bon, ce sont les violents
picotements en haut de la poitrine à gauche, et à travers le dos. Le D' Baruch a réussi à enlever ce symptôme avec Theridion après que d'autres médecins n'avaient pu y parvenir.
Myrtus communis et Pix liquida rivalisent avec Theridion dans les douleurs du sommet gauche. Le premier a la douleur à travers l'omoplate, symptôme qu'il guérit souvent même chez les tuberculeux. Pix choisit un point à l'union du 3® cartilage costal gauche avec la côte. (S'il ne réussit pas, consulter Anisam stcïlaium, qui atteint l'un ou l'autre à la 3* côte.) Des râles, à travers les poumons, et une expectoration muco-purulente, sont plutôt les symptômes du goudron.
Le D' Baruch a aussi employé Theridion dans les affections scrofuleuscs des os, particulièrement quand Sulphur, Calcarea, Lycopod., et les remèdes ordinaires n'ont pas eu de succès. Je pense qu'il peut aussi guérir l'ozène avec carie, puisqu'il attaque les os et si souvent enlève Técoulement nasal, jauniltre ou gris-jaunâtre, épais et fétide.