LEÇON VI
Cantharis.
Le remède que je me propose de vous faire étudier aujourd'hui est Cantharis, la mouche espagnole ainsi nommée. C'est mon intention de parler des plus importants symptômes produits par le médicament, en le comparant superficiellement avec lin certain nombre d'autres ayant des effets semblables. Avant tout, pour être complet, que je vous donne quelques notes sur deux autres drogues, la Lylla viiiata et la Cantharis strygosa, La première est la mouche de pomme de terre, non la punaise de pomme de terre, dont le nom dans la pharmacopée est Doryphora, La mouche de pomme de terre agit beaucoup comme Cantharis quand elle est appliquée soir la peau. Elle produit d'abord une dermatite, qui est bientôt suivie 'de la formation de vésicules- Les parties affectées deviennent rouges, jusqu'à avoir une apparence érysipélateuse. Finalement, les vésicules se rompent, laissant une surface ulcérée. Enfin survient la mortification de cette partie.
La Cantharis strygosa est une espèce de Cantharis qui infeste le cotonnier. Celle-ci, aussi, a une vésication comme caractéristique.
Il y a d'autres variétés de cette Cantharis, parmi lesquelles sont la C. cinerea, C. marginata, C, atrata, C, mittali, MylabU cichorii et Phalaieria ; ces deux dernières sont importées de Chine.
Cantharis, la mouche espagnole, a été depuis longtemps employée par les allopathes comme contre-irritant ; quand on l'applique sur une partie de la surface du corps, elle excite une violente inflammation. Cette inflammation commence, naturellement par un érythème, qui va rapidement à la vésication. Les ampoules ainsi formées sont remplies d'une sérosité blanc-jaunâtre. L'inflammation augmentant, elles s'élargissent, et leur contenu prend un caractère purulent. Finalement, la mortification de la partie s'ensuit, dans le cas, bien entendu,
OÙ Tapplication est continuée assez longtemps. D'autres fois, de grandes ampoules peuvent se former. Elles sont quelquefois aussi grandes qu'une demi-pièce de 5 francs en argent. Elles sont élevées au-dessus de la surface, et sont remplies d'un liquide qui est excoriant- Cette propriété irritante de Cantharis est la pierre londamcntale de toute son expérimentation. Les douleurs qui accompagnent cette sorte d'inflammation sont, naturellement, très vives. Elles sont d'un caractère brûlant. Quelquefois, quand les nerfs semblent pris dans le processus inflantmatoire, il y aura des douleurs lancinantes aiguës le long du trajet du nerf.
Cependant, Cantharis n'est pas la seule drogue qui ait ces effets hautement irritants, appliquée sur la peau, ou prise à l'intérieur. Ainsi, par l'application externe, les suivantes causeront plus ou moins tôt le développement de vésicules sur la peau : les variétés de Cantharis, Formica; les variétés de Rhus, Anacardium orientale et occidentale ; les plantes renonculeuses, comme : Clematis, Ranunc. bulb.j Ranunc, sccleraliiSy Puisai., Aconit. 9 Caltha, Helleborus, Aciœa spic, les Aracex, spécialement Arum, mac,, Arum tri, Paladium, Pix, Terebenihina, Thuya, Nux luglans, Chininum sulph.; diverses espèces de Plumbago; Allium sat,; les plantes euphorbiacées, particulièrement Croion tig., Hura, Euphorbia corol., Euphorbium offic, Mancinella, Sinapis, Piper nigrum, Capsicum, Mezereum, Thapsia garganica, Chloral, Cotura maruta, Drosera, Podophyllum, Chimaphila, Oleander, Chelidonium, Cochlearia arm,, Veratrum album, Camphor-, Picric acid,, Ammonium causticum, Calcarea caustica, Sulphur, Sulphuric, acid., Kali sulphide, Nitric acid,, les préparations d'arsenic, l'acide carbolique, le mercure, Cuprum arsenicosum, Antim, tari. etc.
Rhus tox. et Anacardium causent de la vésicalion, avec beaucoup de rougeur de la peau et de l'infiltration. Le dernier ajoute la perte de l'appétit et d'autres symptômes gastriques comme concomitants essentiels. Le premier donne une peau rouge et de nombreuses vésicules, entourées d'une large bande d'infiltration. Une ligne bien marquée de l'inflammation marque le progrès du mal. Les sensations prédominxintes sont la démangeaison et le grattement ; pendant qu'avec Cantharis les sensations principales sont la brûlure et la cuisson. Le dernier, dans certains cas, employé comme topique, produit une éruption eczémateuse autour de l'emplâtre, et dans d'autres, la surface vésiquée prend une apparence molle, pultncée, presque gangreneuse ; mais la peau n'a pas le brun-rougeâtre de nhus.
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Croton tiglium produit des myriades de petites vésicules terriblement démangeantes sur une base rouge. Quand les organes génitaux sont attaqués, il y a douleur en urinant, et quelques-unes des vésicules deviennent grandes, d'autres se crèvent, laissant une surface rouge, humide. Les vésicules peuvent se iransforme-r en pustules, qui, finalement, se rompent et forment des croûtes grisâtres.
Hura Brasiliensis, proche du précédent, produit aussi des vésicules rouges. Ces deux remèdes causent une tension de lit peau, une sensation comme d'une bande de cUir, mieyx marquée avec Croton ; mais Hura a ce fait jusque dans sa vésication, car les vésicules deviennent si tendues que, lorsqu'on les ouvre, leur contenu séreux est projeté au loin. Une caractéristique de ce remède est une sensation comme d*un éclat de bois sous les ongles des |x)uces- L'éruption se fait de préférence sur les portions qui recouvrent des os, par exemple, sur la {>eau qui recouvre les os malaires.
Formica appliquée localement, produit une rougeur inflammatoire, avec démangeaison et brûlure, légère exsudation et desquamation. ly'urine est albumineuse, et sanglante, ot il y a beaucoup de besoin urgent d'uriner.
Clemdtis crispa est la nourriture de la mouche espaî?nole. Vlemaiis erecia, nous le savons, irrite la peau jusqu'à la production de vésicules brûlantes, qui deviennent des pustules et rendent un liquide ichoreux jaunâtre et corrosif. L'urine est rendue par gouttes, ou d'une façon intermittente, par un urèthre resserré.
Ranunculus bulb. et Ranunc, sceleraîus agissent de façon similaire. Dans le premier, les vésicules peuAont devenir noir bleu, ou elles peuvent produire une sécrétion qui devient corjiée. 1^1 deuxième produit des ampoules qui laissent une surface rèche avec une sécrétion acre, et ressemble à Cantharis pour le pemphigus. Pour la coloration bleue, Ran. bulb. ressemble plutôt à Lachesis : la deuxième donne des vésicules bleues profondément situées (qui apparaissent après grattage). Pour les croûtes cornées, il ressemble ù Antim. crudum.
Les nombreuses espèces d'Euphorbe ont causé la véâication. Et la variété appelée Euphorbium olficinarum a été employée dans l'érysipèle vésiculeux ; joues rouges^ couvertes de vési cules jaunes, grandes comme des pois (par l'application du suc); violente fièvre. Comme Hura, cette plante et YEuphorbium cyparissias ont une prédilection pour la région malaire. Cantharis attaque la surface du nez (comme Graph.),Eupkorbia pepliDs aussi attaque le nez, aussi bien que les joues.
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Manclnella eêi si irritante que Teaii tombant sur la peau goutte à goutte des feuilles peut produire des vésicules, mais Térythème qui raccompagne dépasse de beaucoup celui de Caniharis. Il ressemble à Téruplion de la scarlatine et a été employé dans celte maladie.
Thapaia garganvca, une ombellifère, ressemble étroitement à Croton. Cependant, il cause plus de pustules, et celles-ci se remplissent rapidement de pus.
Mezereum développe de nombreuses petites vésicules, avec une démangeaison intolérable ; mais la sécrétion forme rapidement des croûtes épaisses, hautes, du dessous desquelles suinte un pus acre.
Capsicum^ Camphor,, Terebinthina, Pix et PifK'v nigrum vésiquent très lentement. Plusieurs d'entre eux sont employée plutôt commo rubéfiants. Le premier {Capsicum), peut être distingué par le fait que les vésicules apparaissent sur des surfaces qui ont été mouillées de sueur, et la sensation est une brûlure piquante, pendant qu!avec Caniharis, c'est une brûlure cuisante, comme par du sel.
Camphor., lopiquemcnt, cause une dermalite érysipélateuss, avec forte rougeur, et, éventuellement, des vésicules (en solution concentrée). Nous y pensons généralement quand il y a eu rétrocession d\me maladie de la peau, avec ses symptômes bien connus de colla psus et de convulsions.
Pix «t Terebinthina causent une violente démangeaison spécialement le premier. La i)eau devient fendillée avec Pix, avec manque de sommeil, et saignement quand on gratte.
Les préparations de PfAassc donnent une éruf)tion plus pa puleuse que vésicnleuse, la dernière forme étant intermédiaire entre la papule et la pustule. Kali sulph. et Kaii nitricum dé veloppent des vésicules papuleuses quand elles sont a[>pHquées localement. KcUt brom. donne des puç^tulo* dans les f()llicul<*s pileux (par Tusage interne)* Kali bichromicum amène une érup tion, qui présente une vésicule déprimée au <'entre : elle suy>. pure, et en se guérissant, hus^e une cicatrice. Kuli hydv. cause des vésicules papuleuses (par Tusagf^ interne) : les vési<-o-pustttles qui en résultent contiennent de petites quantités d'ioih*. Mais aucune d'elles ne ressemble à Tampoule superficielle de Caniharis,
Chtoral est capable de produire beaucoup de formes d*éruplion. Ses vésicules sont entourées d'une hyperémie capillaire marquée.
Chininutn sulph. a catisé une a[>pareticc érythéniatouse res-
semblant fortement à la fièvre scarlatine, mais il donne aussi des vésicules confluentes qui s*ulcèrent ou se sèchent en croûtes. Du pempîiigus, aussi, peut apparaître.
Dans le pemphigus, Cantharis se compare avec Causiicum, Rhus, Ranunculus sceleralus, etc. Les suivants ont produit cette forme d'éruption, et méritent un essai ; Caltha, Nitri acicL, CopaivQj Sulphuric. acid., Chininum sulph., Carboneum oxygenisatum.
Avec Caltha, les bulles sont entourées d'un anneau ,et démangent beaucoup. Le troisième jour, elles sont transformées en croûtes.
Copaiva affecte les membranes muqueuses, donc l'estomac et l'intestin, et enfin, la peau. Un rash rouge, miliaine, se forme sur une base rouge ; urticaire, pemphigus, avec écoulement fétide excessif-
Carboneum oxygen, est porté à exciter la vésication le long du trajet des nerfs (sciatique, trijumeau, ele., et ainsi ressemble à l'herpès zoster, maladie que Cantharis a guéri à l'occasion. 11 cause aussi de grandes et de petites vésicules de pemphigus.
Cantharis a une très remarquable affinité pour les organes ur inaires. Des symptômes marqués sur les reins et la vessie peuvent résulter de l'usage externe du médicament. La même chose est vraie quand il est pris à Tintérieur. Considérons maintenant certains de ses symptômes. Nous trouvons des douleurs pesantes, de pression, dans la région des reins. A d'autres moments, de violentes douleurs coupantes, brûlantes, descendent des reins vers un uretère ou la vessie. Les parties externes qui correspondent à la région des reins, sont très sensibles au toucher. Il y a des envies d'uriner persistantes et violentes. Souvent aussi ces douleurs coupantes s'étendent le long des cordons sperma tiques jusqu'aux testicules et au pénis, accompagnées par le soulèvement des testicules. D'autres fois, il y a des douleurs dans le gland, qui, chez les enfants, se traduisent par ce qu'ils y portent fréquemment la main. Celle douleur dans le gland peut ne pas être aiguë, mais peut être une simple sensation désagréable de malaise. Quand chez les enfants on note ce symptôme, Cantharis est généralement indiquée ; d'autres fois, on peut penser aussi à Mercurius solub.; naturellement, le symptôme peut être une habitude que l'enfant a contractée, et alors cela ne demande pas ces remèdes.
En arrivant à la vessie elle-même, nous trouvons ici, encore, une extrême sensibilité superficielle de l'hypogastre (spéciale-
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ment quand la vessie est distendue par Turine), et surtout un insupportable ténesme vésical. Quelquefois le patient aura le désir d'uriner toutes les 2 ou 3 minutes- L'urine ne passe pas librement ou copieusement; mais s*écoule petit à petit en gouttes chaudes, bouillantes, quelquefois sanglantes, avec des douleurs brûlantes, coupantes, qui ne pourraient pas être pires si l'urine était du plomb fondu. Ce brûlemenl et ce besoin continuent après la miction, de sorte que le pauvre patient est dans une torture constante. Des exacerbations se produisent toutes les quelques minutes quand les besoins d'uriner deviennent trop urgents pour y résister. L'urine elle-même présente des changements dans sa composition. Du sang y est plus ou moins intimement mélangé, selon la partie du tractus urinaire d'où vient l'hémorrhagie.
L'urine est très rouge, indépendamment de son contenu sanifuin, et dépose un sédiment de mucus. Des moules flbrineux, des cellules épithéliales, de petites pièces membraneuses enroulées venant du revêtement des parties à travers lesquelles elle passe, les tubes du rein, les uretères et la vessie, sont observés au microscope.
Tel est le tableau des effets de Canthnris, quand ils atteiîînent leur maximum. Do ces symptômes extrêmes on a tous les degrés de gravité depuis la plus légère irritation au col de la vessie, avec aggravation après la miction.
Quelquefois on trouve une urétJirite avec les symptômes urinaires que j'ai déjà mentionnés, et un écoulement gonorrhéal de mucus ou d'une matière purulente.
Ainsi, ces symptômes caractérisent Cantharis, et l'indiquent dans toute une variété d'affections. Vous vous attendez à son emploi dans l'inflammation des reins, particulièrement dans l'inflammation de l'un ou l'autre de ces organes plutôt que dans le mal de Bright chronique.
Nous trouvons, donc, que Cantharis est un remède de valeur dans la colique néphrétique, spécialement quand les douleurs sont très violentes. On a dit dans les discussions que c'était un non-sens de parler de soulagement des douleurs produites par le passage des calculs rénaux par la médication homopopathiqueè L'uretère est un tube étroit, et le calcul est souvent gros, et on dit qu'il ne peut pas passer sans douleur. C'est une erreur. Le remède indiqué peut diminuer l'irritabilité locale si bien que la douleur tenant au passage des calculs rénaux peut être grandement modifiée.
Souvent, on trouve Cantharis indiqué dans la gravelle des
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enfants, quand ils ont cette irritation descendant vorn le pénifl, avec loucher presque constant de cet organe.
Vous trouverez CantharU indiqué dans la cystite aiguë plus fréquemment que tous les autres remèdes ensemble.
Il est aussi indiqué dans Thématurie d'origine inflammatoire. Il a aussi une action secondaire sur la production de la rétention d'urine, effet dû à la gravité de» symptômes préexistants.
Dans la gonorrhée, Canlharis est indiqué quand il y a une irritation très intense, non un simple écoulement avec les symptômes nécessaires de brûlement, de cuisson, et de démangeaison. Il y n do la cordite, un éréthisme sexuel marqué. Il est aussi indiqué dans les cas dans lesquels le désordre a été supprimé par l'usage des injoctions, et que la maladie atteint le col de la vessie.
Maintenant, un mot sur les remèdes agissant sur les organes urina ires d'une façon semblable à Cantharis,
Cannabis saliva est très semblable à Cantharis dans ses phénomènes uréthraux.Il a le même écoulement jaunâtre par Turèthro. Il semble y avoir plus de brûlement et de cuisson avec Cannabis, pendant qu'il y a plus de ténesme et de douleurs coupantes avec (^antharis. Le gland est rouge foncr et gonflé. Il peut y avoir de la cordite. Canlharis sntivn |)eut être indiqué dans la simple néphrite aiguë, mais n'est pas non plus d'une grande utilité dans le mal de Bright chronique. Il a cependant, une douleur tirante dans la région des reins, s'étendant vers les glandes inguinales, avec sensation nauséeuse anxieuse à l'épigastre.
Cannabis indica est très employé dans les contrées d'Asie. Il produit les phénomènes mentaux les j)lus extraordinaires, dépassant de beaucoup Opium dans ses effets. I^s deux points centraux des phénomènes mentaux de ce Cannabis indica sont les illusions sur les distances et sur le temps. Le temps et l'espace paraissent très élargis. Par exemple, le patient vous dit qu'il a faim, qu'il n'a rien mangé depuis six mois, quand les mets dont il vient de prendre sont encore à côté de son lit ; ou, en regardant par la fenêtre, il vous dit que les objets qui sont à quelques pieds sont distants de plusieurs kilomètres.
Mais ce sont les symptômes urinaires de Cannabis indica qui nous intéressent surtout pour le moment. Il est très semblable à Cantharis, et on dit qu'il est bien supérieur à ce médicament dans la gonorrhée, quand la cordite est très marquée. Dans les affections des reins, Cannabis est indiqué quand l'uré-
mie est déclarée, accompagnée d'uno violente céphalée, avec une sensation comme si [e vertex s'ouvrait et se fermait. Si le délire apparaît, il est asBOcié aux illusions de temps et d'espace que nous avons relatées,
Equiselum hyemale est une plante qui croît dans Teau. Il contient une grande quantité d'acide silicique. 11 agit très semblablement à Cantharis sur les reins et la vessie. Il y a cependant moins d'bémorrhagie et moins do ténesme vésical qu'on n'en trouve avec Caniharis, L'urine est moins brûlante et ne contient pas autant de flocons fibrineux. Cantharis n'est pas indiqué si souvent que Equisetum quand il y a un excès de mucus dans Turine. La vessie est sensible et douloureuse, avec forio douleur pressive, pire après la miction. Il y a constant besoin d'uriûer, quelquefois avec sensation de distension de la vessio et miction profuse. Pendant l'émission de l'urine, une douleur brûlante est ressentie dans l'urèthre. Equisetum a acquis un grand renom dans rincontinence. Il West montré curatif dans ces cas même, quand l'irritation vésicale est marquée, spécialement chez les femmes, et quand l'urine contient du sang et de l'albumine.
Linaria est une autre drogue qui a produit et guéri l'incontinenoe avec besoin d'uriner fréquent et douloureux, faisant lever le patient la nuit.
Eupatorium purpureum est semblable à Equifietum d^ns Tir rilalion vésicale des femmes, condition dans laquelle il est employé par le D*" R. Hughes, d'Angleterre. Il cause un besoin fréquent et douloureux, avec un écoulement, soit excessif, soit rare, d'urine haute oji couleur, contenant du mucus,
Peiroselinum^ une variété de persil, est indiqué par le besoin d'uriner fréquent, soudain, et irrésistible. Dans le cas d'im enfant, il sera pris soudain du besoin d'uriner. S'il ne peut être satisfait immédiatement, il se lèvera et s-e baissera avec douleur. Vous trouverez Peiroselinum utile dans la gonorrhée a\^«c besoin soudain et strangurie.
Cannabis, Cantharis et Mercurius ont tous ce soudain besoin d'uriner, mais il est le plus fort avec Peiroselinum.
Clematiê erecta doit être choisi quand il y a du mucus dans Turine, mais pas de pus ; quand l'urine s'écoule par accès et s'arrête, ou que le patient est obligé d'attendre longtemps avant qtie ses efforts pour uriner aient réussi, laissant passer seulement quelques gouttes, avec de violentes douleurs le long de Turèthre, suivies d'un jet plein, sans douleur. On doit penser à Clemaiis^ au début du rétrécissement inflammatoire. Conium est utile dans les maladies de l'urèthre et de la ves-
sio, quand il y a du pus dans l'urine. Autrement, il est comme Clemaiis. Il a le passage de Turin-e par à-coups et par arrêts.
Doryphora est indiqué dans Turéthrite des enfants au-dessous de 10 ans, quand la maladie a été provoquée par une inflammation locale. Dans ces cas, on peut penser aussi à Hyoscyamus.
Capsicum est quelquefois utile dans la gonorrhée, spécialement chez les personnes grasses à fibre lâche ou de disposition plutôt indolente. L'écoulement est épais, jaune. Le patient se plaint de douleurs d'aiguillon dans le méat, et de picotements dans l'urèthre entre les mictions.
Copaiva et Cubeba ; les allopathes en ont tellement abusé que nous avons, à mon avis, trop de tendance à les négliger. Copaiva cause une uréthrite avec brûlure au col de la vessie et dans l'urèthre. L'écoulement est d'une couleur laiteuse et d'un caractère corrosif. Le méat urinaire est tuméfié, enflammé, et douloureux, comme s'il était blessé.
Cubeba cause des douleurs coupantes et de la conslriction après la miction. Cet écoulement est muqueux. Copaiva et Cubeba sont tous deux utiles dans Tirritation qui accompagne l'épaississemenl de la vessie.
Thuya nous donne des symptômes de gonorrhée continue ou souvent répétée. Le patient a un continuel désir d'uriner. Le besoin est violent, mais à chaque fois, il ne passe que quelques gouttes d'urine sanglante; ou, si elles ne passent pas, il y a intense démangeaison. L'écoulement uréthral est peu abondant et vert.
Des excroissances verruqueuses apparaissent sur les parties génitales et vers l'anus. La nuit, il y a des érections douloureuses qui empêchent le sommeil. Avec Cantharis, les érections empêchent d'uriner, ce n'est pas le cas de Thuya,
Argentum nilricum suit Cannabis dans la gonorrhée, quand l'écoulement devient purulent et que l'urèthre est ressenti douloureux et gonflé.
MercuriuH solubilis et corrosivus suivent quand l'écoulement devient pire la nuit et est vert et purulent. L^ mercure corrosif cause le ténesme le plus violent, du brûlement et du gonflement ; de là, il ressemble beaucoup à Cantharis,
Le méat urinaire est très rouge. Merc. solub, a plus de brûlure entre les mictions que n'en a Cantharis.
Chimaphila a été trouvé utile dans le catarrhe de la vessie causé par des calculs. Il produit la miction fréquente la nuit avec accroissement de la faiblesse.
Dans rirritation du col de la vessie, on peut user d'un certain nombre de remèdes, dont je vais mentionner quelques uns :
Erigeron, avec ou -wns urine sanglante.
Pulsatilla est indiquée quand la miction est suivie de dou leurs coupantes et qu'il y a pressi<Jn et douleur au-dessus du pubis.
Avec Ferrum phosph, les symptômes sont pires lorsque le patient reste longtemps debout, et mieux après la miction.
Le malade de Digilcdis trouve un soulagement à s'étendre; cette position soulageant le mieux la sensation de pression au col de la vessie.
Sulphur vient pour enlever les restes d'une gonorrhée»
Ipomea nil, qui est une variété de la gloire-du-matin, était un remède employé par le D' Jacob Jeanes, pour le passage d'un calcul du rein dans la vessie, quand les symptômes suivants étaient présents : violentes douleurs coupantes, dans une région rénale, descendant vers l'uretère du côté correspondant. Le fait distinctif qui le sépare des autres remèdes est que ces douleurs excitent la nausée.
Hydrangea a aussi été employé pour les douleurs intenses accompagnant la gravelle et les calculs.
Sarsaparilla est utile j>our la gravelle des enfants, quand ils crient et hurlent après le passage de l'urine. On trouve alors un sable grisâtre dans les linges.
Ocinum peut être employé dans la colique néphrétique quand il y a hémorrhagie considérable ; quand l'urine, aon seulement a un sédiment, comme avec Partira brava, mais. contient beaucoup de sang.
Terebinthina, comme Cantharis, a une action marquée sur les reins ; mais diffère de ce remède en ce que l'urine est toujours sombi^, nuageuse et fumeuse, par l'adjonction de sang» C'est dû à la congestion des reins.
Cochlearia armoracea, ou le raifort, est une drogue de valeur. Il donne des sensations de brûlure et de coupure dans le gland, pendant ou après la miction, avec beaucoup de strangurie. L'urine devient épaisse comme de la gelée.
Nous avons maintenant Vva ursi. Ce remède n'a pas d'égal quand les symptômes cystiques ou uréthraux sont attribuables à un calcul dans la vessie. On a, comme symptomatiques du médicament : la miction brûlante, bouillante ; le jet de l'urino s'arrête soudain, comme si une pierre avait roulé en face de l'orifice interne de l'urèthre. Quand l'urine passe, elle est vis-
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qtieusc par le mélange de mucus et de sang. Il semble diminu4îr répaissisaemenl inflammatoire des parois vésicales, et soulage la souffrance jusqu'à ce que le calcul puisse être enlevé par une opération.
Semblable à lui, est Pareira brava, qui est un grand médicament de la gravelle el des calculs vésicaux, quand le patient est obligé de se mollre à quatre pattes pour uriner. Le ténesmo est grand. L'urine passe par goutte. I^es douleurs descendent des reins dans les cuisses et môme jusqu'aux pieds. Lurine laisse déposer un copieux sédiment d'acide urique et aussi de sang.
Cela fait penser à Berberis rulyttrU. (-elui-ci est indiqué quand il y a une affection rénale, avec vives douleurs piquantes irradiant de la région rénale, dans toutes les directions, particulièrement en bas et en avant, remplissant de douleur tout le pelvis. Il y a des douleurs dans les lombes et dans les hanches. I/urine, quand elle passe, est plus glaireuse qu'avec Pareira brava, et dépose copieusement un sédiment argileux ayant une apï>arenoe trouble, jaunâtre. Bcrberis est un excellent remède dans le cas d'un calcul dans le rein ou l'uretère. Mainte* nant, vous \^yez la différence entre les deux remèdes : Pareira a la douleur descendant vers les cuisses, Berberis se^Uement dans les hanches et les lombes.
Vous pouvez vous attendre h trouver indiqué l'usage de Camphor quand la strangurie, la rétention d'urine, ont résulté de l'abus de la cantharide.
Dans certains cas, Kali miricum i)eut être substitué à Camphor quand les symptômes rénaux ont été» provoqués par Cantharis,
Apis, aussi, est réputé comme ayant guéri la cystite causée par Canlharis.
Aconit est fréquemment indiqué au commencement des affec tions rénales et vésicales, qui, si elles ne sont pas modifiées, progressent jusqu'à l'état de Caniharis. \je besoin urgent d'uriner, la dysurie et l'hématurie sont accompagnées par une agitation anxieuse et une forte fièvre fort différentes de l'exoressi on de Caniharis,
De même que Caniharis agit sur les tissus, produisant l'inflammation, de même, il excite le cerveau. Ainsi, nou8 trouvons le patient violent par moments, avec des paroxysmes de rage, déchirant ses vêtements et mordant tous ceux qui s'approchent de lui. Il aboie comme un chien. Le plue léger attouchement aggrave les symptômes, comme le fait aussi tout ob-
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jci brillant, comme uim; glace ou un verre d*eau. Ces symptômes ressemblent beaucoup à ceux de Thydrophobie,
Ils indiquent aussi Caniharis comme un remède utile dans les convulsions puerpérales et l'inflammation du cerveau. Les yeux sont brillants, les pupilles largement dilatées, et la face est pAle ou jaunâtre, et traduit une expression de souffrance profonde.
Ces symptômes, indicateurs d'une action inflammatoire à rinlérieur et autour du cerveau, trouvent leur concordant le plus proche dans Belladonna, qui a la plupart, sinon la totalité des symptômes ci-dessus mentionnés. L'intolérance de l'eau même est présente avec BeUadonna, La différence entre les deux remèdes se trouve dans l'expression de la figure ; Bellad. ayant la face rouge, brillante, avec les carotides battantes ; Cantharis montrant ordinairement une face qui est pôle, jaune et ridée, avec un froncement constant et une expression d'extrême souffrance. Presque toujours quand Caniharis est le remède on trouve de la dysurie.
Camphor. et Arsenicum sont aussi voisins de O/nfham. Avec <vî? trois médicaments, l'anxiété, l'agitation et l'expression de souffrance indiquent la grayité de la maladie ou l'abaissement des forces vitales.
Arsenicum ressemble beaucoup à Caniharis dani% les inflammations violentes, avec brûlement intense, agonie, soif et le collapsus subséquent. Les deux drogues peuvent aussi se rencontrer dans l'urémie. Arsenicum, cependant, n'a pas l'éré- Ihisrae sexuel, et son délire est accompagné d'une tendance à Tauto-mutilation ou au suicide. Le patient montre de la crainte de la mort ; l'agitation alterne souvent avec la stupeur.
Camphor., comme Caniharis, cause du délire, des convulsions, de la manie sexuelle, du priapisme, de la strangurie, un brûlement intérieur avec un refroidissement extérieur, de i'hyperémie ou de l'inflammation des parties internes comme le cerveau, l'estomac, la vessie, etc. I^ refroidissement et l'affaiblissement des forces vitales de Camphor. sont ordinnirement regardés comme son effet le plus caractéristique, les symptômes d'excitation étant la réaction. Avec Caniharis, au contraire, les principaux effets sont ceux d'excitation, le refroidissement exprimant le résultat de son action prolongée ou continuée. Pratiquement, on peut se décider f)our Camphor, quand il existe du délire, de la manie ou des convulsions avec du refroidissement et une extrême prostration, spécialement *=! c'est causé par la suppression d'une éruption.
Sur les surfaces muqueuses, nous trouvons que Cantharis cause une inflammation aussi vioknle qu'il le fait sur la peau. Nous le trouvons indiqué dans Tinflammation de la gorge, d'un caractère diphtérique, accompagnée d'un violent brûlement et d'une sensation d'écorchure dans la gorge, grande constriction de la gorge et du larynx, cette contriction progressant jusqu'à la suffocation à chaque essai d'avaler de l'eau. Soit dit en passant, môme les symptômes de la vessie sont aggravés par l'eau. Il semble que la vue de l'eau amène une constric tion des sphincters. Cantharis a été employé avec grand succès avec ces symptômes de la gorge et la présence de dysurie, et quand la débilité est très marquée.
Pendant que Bellad, a la constriction de la gorge, pire par la déglutition des liquides et l'inflammation intense de la gorge, pire en avalant les liquides, et l'intense inflammation de la gorge, elle manque du brûlement de la vésication, etc., si caractéristique de la mouche espagnole.
Il faut citer comme beaucbup plus rapprochés de Cantharis dans ses symptômes de la gorge, Mercurius corroslvua, Arsenic, Arum triphyllum^ DiUunhrojchia, et Capsicum.
Sur le tube digestif, nous trouvons que Cantharis produit l'inflammation de l'estomac, avec les mêmes caractères que les symptômes déjà mentionnés, l'état à vif, la grande soif avec aversion des boissons et vomissements.
Il n'est d'aucun usage dans la dysenterie. Les évacuations sont sanglantes et glaireuses, et sont mêlées de flocons qui semblent des raclures d'intestins. Ceux-ci, je crois, ne sont pas des portions de l'intestin ou des morceaux de la muqueuse, mais sont des formations fibrineuses résultant de l'inflamma tion. Le ténesme est marqué et est presque toujours associé à la dysurie. Les douleurs de l'abdomine sont comme des coli^ ques, et font courber en deux le patient. EHes sont d'un caractère tranchant, brûlant, pinçant, errant
Dans la dysenterie, Cantharis a beaucoup de remèdes concordants. Un d'eux est Colocynthis, qui a les douleurs dé coliques, courbant le malade en deux. Les selles sont sanglantes et glaireuses, avec aggravation à chaque essai de manger ou de boire. Elles contiennent aussi ce qu'on appelle les rftclures d'intestins. Coloc. diffère de Cantharis en ceci :
Ces douleurs de tranchées, avec Colocynihis, cessent après la selle, et le patient est soulagé lorsqu'il se courbe en deux ou lorsqu'on presse fortement sur l'abdomen. Si l'on considère les deux remèdes au point de vue pathologique,
Caniharis a plus d'inflammation et Coloc, plus d« symptômes nerveux.
Un autre remède très semblable à Caniharis est Colchicum. Ce remède a la distension tympanique de Tabdomen, Les évacuations intestinales sont composées de masses blanches gélatineuses, et sont suivies d'un violent ténesme et de contriction anale, tourmentant le patient pendant la selle plus que le besoin.
Un autre remède concordant est Capsicum, qui est bon pour la dysenterie venant par le temps humide. Il est bien indiqué chez les personnes fortes et flasques. Les douleurs et les autres symptômes sont accrus par la plus légère atteinte d'air soit chaud, soit froid. Boire de l'eau cause du frissonnement et accroît les douleurs.
Vous trouverez Sulphur, très bien adapté aux cas chroniques ou persistants ; spécialement quand le ténesme continue d'une évacuation à l'autre (ici il est comme Nux), ou quand le sang et le ténesme sont diminués, mais que les selles sont encore glaireuses, avec un besoin fréquent et soudain.
lincum sulphuricum a souvent guéri les cas subaigus de dysenterie. I-es douleurs sont ressenties dans les côtés de l'abdomen, probablement dans le colon.
Kali bichrom, suit Caniharis quand, quoique les raclures continuent, les selles deviennent plus gélatineuses.
Nous avons maintenant à parler de Caniharis dans son action sur les organes sexuels.^ Caniharis enflamme l'appétit sexuel, produisant un désir de coït violent et presque insatiable, avec des érections si violentes et si persistantes qu'elles arrivent au priapisme. Même l'acte sexuel ne réduit pas toujours les érections. Ces symptômes indiquent le médicament dans la cordite pendant le cours de la blennorrhagie. Ils indiquent aussi son emploi dans la passion irrésistible, que ce soit ou non le ré sultat d'un trouble mental.
Ce priapisme de Caniharis ne doit pas être confondu avec celui d'un nouveau médicament, Picric, acid. Avec ce remède, le priapisme est associé à une maladie de la moelle, comme la myélite, la méningite, ou l'ataxie locomotrice. Les érections sont violentes, le pénis est distendu presque à en éclater.
Caniharis agit aussi sur les organes génitaux de la femme, produisant la nymphomanie, condition dans laquelle il peut être un des remèdes.
Nous pouvons aussi employer Caniharis au moment du travail. Le médicament a la propriété d'expulser les môles ou
7S MATlÈllfc IhiÉDiOALtS OUMlQUE
les autMès corps ôlrangérs de rtllérua.Nous pouvons remployer à cet effet dans les cas de rétention du placenta, soil après Taocouchement à terme, soit après une fausse-couche.
Cantharis est un remède utile dans Vérysipèle^ spécialement quand il est d une forme vésiculaire. L'inflammation érysipélateuse commence par le nez, avec ou sans vésicules. Alors il envahit Tune ou Tautre joue, avec formation de vésicules qui se rompent et laissent écouler un liquide excoriant.
Graphites au^ssi a Térysipèle commençant par le nez. Il est mieux adapté à la maladie chronique.
Cantharis pourrait être rappelé comme utile dans les brûlures de U\ face quand des vésicules se forment, et que la vaseline est irritante pour le malade.
Dans les brûlures, on peut comparer ta lotion de Cantharis avec Soda bicarb.^ Arsenic, et Carbolic, oet'd., ce dernier quand les parties affectées sont ulcérées*
LÊOON VU
Hyménoptères
De Tordnô des Hyménoptères, lunis tirons Apis Mellilivu,
Vespa, Crabroj Formica rufa, et Bombus, Les effets locaux des
(K>isons de ces iiise-Ctes sont bien connus. I^ peau devient
rouge et gonflée, avec douleur brûlante ; finalement, même,
une escarre peut se produire. Chez les personnes susceptibles,
ou après Tintroduction des quantités considérables du poison,
des symptômes généraux peuvent se développer, comme la
fàible89e, la prostration, les frissons, le refroidissement ; une
grande agitation ou de Tinsenéibilité, et même la mort, peuvent
en résulter.
Les aiguillons des fourmis neutre* ou femelles {Formica, et non les Termites, qui sont des neuroptères), contiennent un poison, dont le principal composant est Tacide formique. Cet acide hautement irritant se trouve aussi dans les glandes attachées aux poils des orties piquantes, daui^ certaines chenilles, et dans la vieille essence de térébenthine.
Apis mellifica.
Pour ce femède, nous avons deux i>oms, en rapport avec la manière dont est faite la préparation. C'est, soit Apis metlifica^ l'abeille qui fait le miel, soit Apiam virus, le poison des abeilles. Les préparations originelles du remède étaient faites de cette manière : un grand plat blanc était placé sous un vase efi larme û^ cloche, d«ns lequel il y avait un orifice par lequel
on introduisait un bâton. Quelqu-es centaines d'abeilles étaient alors placées sous la cloche. Puis on agitait le bâton dans tous les sens, et les abeilles, irritées, piquaient la cloche et le plat. Après quelque temps, on laissait échapper les abeilles, et on voyait de nombreuses taches sur la cloche et le plat. On y répandait de l'alcool, obtenant ainsi un puissant extrait du poison de Tabeille. C'est Apium virus.
Dans la suite, on employa l'abeille entière. On fil des triturations de tout l'insecte. C'est ainsi que nous obtenons Apis inellifica. Les symptômes des deux préparations n'ont pas été séparés. Apis melli{ica est un remède relativement nouveau, et une acquisition de valeur pour notre matière médicale. Pour comprendre sa symptomatologie, considérons sa toxicologie. Prenons, si \x)us voulez, comme exemple, une piqûre sur la main ou le doigt. Immédiatement après la piqûre, qui cause une douleur de piquement aigu ou de brûlure, commence, très promptement, un gonflement de la région, gonflement avec élancement extrêmement douloureux. La partie est ressentie comme si elle avait été écrasée ou martelée. D'abord le gonflement est d'une couleur rosée. Il s'étend très rapidement, les douleurs deviennent intenses. Elles sont d'un caractère brûlant, piquant, ou lancinant, rarement battant. La chaleur de la partie s'accroît avec les douleurs brûlantes et piquantes. Cela peut se terminer très rapidement par la résolution,ou continuer. Dans ce cas, on peut noter que cette rougeur, celte couleur rosée devient plus intense, et en fait, prend un aspect érysipélateux. Plus tard encore, elle change de couleur et prend une teinte pâle mais bleuâtre, le gonflement déprimé par la pression montrant que les parties sont œdématiées.
Dans k suite, si l'état général est tel qu'il le permet, se produit une gangrène de la région. L'inflammation produite par Apis n'est pas alors d'un caractère sthénique. Elle n'est pas, par exemple, telle que la guérirait Aconit,, c'est-à-dire un gonflement soudain de la région survenant rapidement et se terminant par la résolution, ni telle que la guérirait Belladon. gonflement très rouge avec des douleurs de battement, mais se terminant, soit par la résolution, soit par suppuration ; mais elle est telle qu'elle marche à la destruction des tissus. Dans un cas où la piqûre était sur la main, le malade souffrait comme d'une pustule maligne à la nuque.
Apis atteint les forces vitales comme le montrent les caractères suivants du médicament : le patient éprouve une sensation étrange; il est anxieux, inquiet, a un pressentiment de mort prochaine, qu'il redoute ; le cerveau est fatigué comme
s*il allait dormir ; la prostration va jusqu*à la laiDiesse comme après un exercice ; le corps a un sentiment de brisure ; Irerablement ner<'eux ; perle de la conscience, spécialement dans les maladies éruptives ; lesprit est affaibli ; maladresse, la malade laisse tomber ce qu'elle transporte et elle rit bêtement de l'accident ; grande prostration comme dans la diphtérie, même au commencement de la maladie ; délire avec dépression et marmottement ; apathie sensorielle ; expression heureuse ; la langue n'est tirée qu'avec difficulté ,* la face a une expression d'anxiété comme par une maladie viscérale.
Apis peut être employé dans les états d'esprit ressemblant à l'hystérie : le remuement, l'agitation, l'excitabilité, le rire hors de propos, en même temps que l'inconstance à l'ouvrage ont amené à son usage heureux pwur les filles nerveuses. De plus, il a été observé qu'elles sont maladroites, laissant tomber des objets, et riant alors bêtement de leur maladresse. La passion sexuelle est trop active, et elles sont portées à la jalousie.
La confusion d'esprit et l'inconscience que nous venons de noter indiquent le remède dans les formes graves adynamiques de maladie, comme la scarlatine maligne, la diphtérie, la fièvre typhoïde, etc.
De même, une stupeur complète après l'apoplexie est regardée comme y ayant conduit quand Opium n'avait pas réussi.
Dans la scarlatine, la fièvre monte haut, et l'agitation coexistante est celle de l'agitation nerveuse. La bouche et la gorge sont très rouges, avec des vésicules sur les bords de la langue ; les amygdales sont gonflées et bouffies ; brûlure piquante et sensation comme de brûlure et d'écorchure dans la bouche et la gorge. La peau pique comme par de« aiguilles, l'éruption étant parsemée d'un rash miliaire. Il y a toujours bouffissure d'une partie de la surface. La })rostration est rapide. L'urine est rare ou supprimée. Fièvre élevée et assoupissement.
Dans la fièvre typhoïde, le délire est d'un mode marmottant. La faiblesse est si grande que la langue est tirée avec difficulté, et les muscles sont si relâchés que le patient coule dans son lit. La langue est vésiculeuse, sèche, craquée, et souvent ulcérée. Très importante est la sensibilité douloureuse de l'abdomen gonflé au toucher.
Dans la méningite ou dans l'irritation méningée, Apis tient une place prédominante comme agent curateur. C'est souvent le remède, quel que soit le mal, quand des cris aigus pondant le sommeil font soupçonner une irritation cérébrale. De tels cas commencent souvent [)ar le remuement nerveux, si c.irac«
MAT. MiD. OL. 6
lérislique des poisons d'abeille, et arrivent aux états plus sérieux. Pans la méningite tuberculeuse ou dans ^les effusions cérébrales aiguës, une éruption supprimée ou mal développée est un bon guide pour le choix de Apis.
Nous pouvons ici comparer avec profit Apis avec : Bellad,, fi\^lleborus, Arsenicurriy Bryonia, Zinc, Sidphur , Cuprum^ Glonoine, Lachesis^ Rhus, HyQscyamus,^ Natrum mur., Bovisia, eiç«<i 6yC«
Belladonna est, sans doute, souvent employée quand Apis serait mieux appliqué. Un peu de soin, cependant, rendra le praticien capable de distinguer l'agitation nerveuse du dernier de la plus intense irritation cérébrale du premier. IjCs congestions du premier sont plus violentes, qy€<î 1û battement des carotides, les yeux rouges injectés; et un assoupisj^oment interrompu par les tressautements et les cris d'effroi. L'adynamie est beaucoup moindre qu'avec Apis. Si la maladie est la scarlatine, l'éruption est lisse et rouge brillant, non miliaire. La peau est chaude et la face rouge, ou dans certains cas pâle ; mais non pâle et crdémateuse connr.e avec .4 pis. Les glandes cervicales, peuvent être gonflées, mais il n'y a pas rinfiltration celluleuse avec bouffissure érysipélateuse con^me avec le poison d'abeille.
S'il y a irritation méningée, Bellad. est indiquée quand les symplônies sont intenses ; Apis quand l'agitation nerveuse prédomine, avec le cri aigu, qui indique des douleurs poignardantes, perçantes, ou de l'excitation. Dans la méningite, Bel lad. est indiquée de moins en moins à mesure que les symptômes d'ép^mchement augmentent, tandis que Apis l'est de plus en plus, aussi longtemps que les symptômes d'irritation sont présents et que 1^ cri céphalique est marqué.
Hellleborus réclame [a première place quand l'irritation de Apis laisse place à la torpeur d'esprit ; avec manque de réaction. Le front est ridé, les pupilles dilatées, et la mâchoire inférieure a tendance à un écoulement goutte â goutte ; l'état soporeux est complet. Mouvements automatiques d'un bras et d'une jambe ; le front est baigné de sueur froide. Il peut amener une réaction de telle sorte, qu'un autre remède guérira. Dans la fièvre typhoïde, ils diffèrent complètement. Apis^ quoiqu'il ait une grande faiblesse, de l'apathie et de la stupeur, a une langue sèclie vcsiculouse et une sensibilité douloureuse exquise de rnl)domen. HeUehnrus a une complète apathie sensorielle, les narines noires, comme de la suie, un pouls lent, sans réaction au toucher ou à la pression.
Bryonia offre certaines petites ressemblances spécialement
en ce que, comme Apis, on peut l'employer pour les effusions cérébrales suivant la suppression d'un exanthème. Mais le scn- î
sorium est engourdi, bien que les sens ne soient pas aussi retournés qu'avec Apis et Helleb. Il y a un constant mouvement de mâchonnement ; la face est rouge sombre^ les lèvres rôties ; la boisson offerte est prise à la hâte et avec impatience. Si on le remue, l'enfant crie de douleur. Plus tard, quand la dépression sensorielle arrive à l'engourdissement soporeux, Helleborus le suit bien, mais si le mâchonnement et la hâte à boire continuent. Apis suit si l'état soporeux survient avec un cri céphalique, plus aigu que dans l'un de ces autres remèdes.
Cuprum se compare avec Apis quand la méningite résulte de la suppression d'un exanthème ; mais les symptômes sont tout à fait différents. Le cuivre cause des cris à haute voix, suivis de violentes convulsions ; les pouces sont fermés et la face est pâle, avec les lèvres bleues ; les yeux roulent constamment. Si des convulsions surviennent dans le cas de Apis, elles sont moins violentes, consistant en agitation et en tressaillements d'ujae moitié du corps, l'autre étant faible, tremblante.
Sulphur,, djins les éruptions supprimées, a des relations beaucoup plus étroites. Ijes deux se suivent bien l'un l'autre.
Glonoine, comme Apis, a le cri céphalique ; sensation comme si la tête était extrêmement gonflée. Un vomissement spasmodique d'origine cérébrale est très prédominant dans le premier, (Je lïiéme aussi qu'une intense congestion et des battements,
lincum produit l'irritation cérébrale ; l'enfant se réveille en frayeur, roule la tète ; il crie, et tressaille dans son sommeil. Constant mouvement inquiet des pieds. Enfanta anémiffiies trop énervés pour développer un exanthème. Dans les états typhoïdes, la prostration est très grande, avec menace de paralysie cérébrale. Inconscience, mains et pieds bleus, avec refroidissement, pouls faible: écoulement de la mâchoire inférieure. Ici l'oxyde a été employé avec succès.
Rhus tox,, quoique incompatible avec Apis a beaucoup de symptômes similaires. Dans la scarlatine, par exemple, tous deux réussissent dans l'adynamie, avec gorge enflée, inflammation éry.sipélateuse de la peau du cou, rash miliaire, assoupissement, oedème. Avec Rhiis, cependant, l'éruption est plus soml>rp. Torysipèlo rouge sombre, et il y a grande agitation corporelle, non le remuement de Apis.
Arsenicutn est semblable à Apis en beaucoup de points. Tous deux ont le changement de place anxieux, la peur de la mort, ragilation'*; grande faiblesse. (Voir aussi plus loin, dans beaucoup d*aulres circonstances.) Mais, quoiqu'il y ait dans les deux irritabilité de l'esprit, c'est plus une anxiété et une crainte avec Arsenic; plus une agitation nerveuse avec Apis,
S'ils se rencontrent dans ^les affections cérébrales, comme c'est possible, spécialement s'il y a hydrocéphalie, on doit choisir Arsenic, par la peau chaude, la face pâle et chaude. L'enfant est étendu dans la stupeur ; soudain, il tord la bouche, et une secousse parcourt son corps ; ou l'enfant est étendu comme mort, avec les yeux demi-ouverts, du mucus collant spr les conjonctives, sans réaction si on louche les paupières.
Hyoscyamus et Lachesis sont similaires dans la jalousie.
Natrum mur, y Bovisia, Lachesis, .'Eihusa, Ignatia, Nux vont. ont la maladresse ; le premier surtout est semblable à Apis,
J'ai déjà insinué que Apis pourrait être employé dans les hydropisies. Voici rapidement quels sont les symptômes qui l'indiquent. Dans les hydropisies générales, nous le trouvons indi- (|ué par des api)areiices particulières de la surface du corps. Il y a une sorte de teinte cireuse de la peau ; la peau a un aspect transparent avec une teinte blanchâtre ou peut-être légèrement jaunâtre. L'urine est rare, et il y a presque toujours absence de soif. Los syniptOnies caractéristiques sont la transparence de la peau et rabseiice de soif. Venons-en à la cause. Apis est spécialement utile dans les hydropisies d'origine rénale, que se soit ou non le résultat d'une scarlatine. L'urine est rare et fortement albumineuse, et contient des moules des tubes urinifères. Il y a du gonflement autour des paupières. La surface du corps est sentie comme douloureuse et brisée ; dans certains cas, la douleur est d'un caractère brûlant. Si l'hydropisie est d'origine cardiaque, les pieds sont œdémateux, spécialement après la marche. Ceci est accompagné d'un cndolorissciiiciit avec brûlure, intolérable.
Wùnu' quand l'hydropisie a envahi la poitrine et qu'il existe de riiydrothorax. Apis peut être lo ronièdo, s])écialemcnt quand le trouble est d'origine cardiaque.
Le patient ne peut être étendu. 11 a la même sensation do constriction dans la poitrine que nous trouvons avec Lachesis. Il a une toux sèche, qui semble venir d'une partie de la tra chée ou du larynx, ordinairement la tiachée, la toux ne cessant pas jusqu'à l'expulsion d'une petite quantité de phlegme. Ainsi, jusqu'à ce degré, le remède est exactement comme Lachesis. Mais Apis a en plus de ces symptômes un symptôme mental
MATIÈRE MÉDICALF CLINIQUE "^"^
qui vient de la poitrine, et qui est une constante sensation comme s'il ne pouvait pas vivre. Ce n'est pas la sensation do là dyspnée, mais il semble que c'est une sorte d'angoisse des prit dans laquelle le patient ne peut pas comprendre comment il lui serait possible de trouver une autre respiration, si grande est la sensation de suffocation. Souvent, a\ec ces symptômes de la poitrine, le patient a une étrange sensation comme s'il allait mourir, mais ce n'est pas la crainte intense et la fièvre sthénique d'Aconit., ni la grande inquiétude d'i4rsenic., mais plutôt une anxiété remuante.
Dans la pleurésie avec épanchement, Apis est un des meilleurs remèdes que nous ayons pour amener la résorption du liquide. Apis et Sulphur, guériront la majorité de ces cas.
Apis agit aussi sur les synoviales, donnant un tableau parfait de la synovite, particulièrement quand elle atteint le genou. Il est indiqué quand il y a des douleurs aiguës, lancinantes, piquantes Jrappant à travers la jointure, avec aggravation par le plus léger mouvement.
Bryon. affecte les jointures et leurs synoviales, mais les donleurs sont plus piquantes, avec tension ; mieux par la chaleur du lit (Apis est amélioré par les applications froides).
lodine est utile dans l'épanchement du genou, et a bien secondé Apis, spécialement chez les enfants scrofuleux (comparer aussi Kali iodaium).
Nous avons encore une autre forme d'hydropisie dans laquelle Apis est un remède, c'est l'hydropisie du cerveau, qu'on a coutume d'appeler hydrocéphalie. Il n'est pas si souvent indiqué dans la vraie hydrocéphalie, c'est-à-dire lorsque, par suite d'une cause mécanique, il s'est déclaré de l'inflammation des membranes du cerveau, suivie de l'accumulation de sérosité ; mais c'est dans la méningite tuberculeuse que ce remède est utile. Ici Apis est indiqué dans le premier stade. Les symptômes qui l'indiquent sont ceux-ci : L'enfant plonge sa tête à l'envers dans l'oreiller, et la roule d'un côté à l'autre ; à chaque instant l'enfant se réveille de son sommeil avec un cri aigu, perçant. Ce cri particulier est dû à la douleur. En plus de ce cri, l'enfant est ordinairement convulsé : un côté du corps a des convulsions, tandis que l'autre est étendu comme paralysé. Du strabisme se montre. Le pouls est rapide, faible, et l'urine est rare. Maintenant, il n'y a aucun remède qui puisse faire du bien à ce stade si Apis ne le fait pas. Dans certains cas, il y a une particularité de Apis que je mentionnerai, et qui est la lenteur de son action. Quelquefois, il vous faudra attendre trois ou quatre jours avant que vous remarquiez aucun effet de
soh administration. L'action favorable du remède est tout d'abord montrée par l'accroissement du flux urinaire.
Dans les hydropi&ies, Apis pourrait être , comparé avant tout à Arsenicum album^ qui a la même transparence de la peau, et est aussi en usage dans les hydropisies d*origine rénale, cardiaque, ou hépatique.
Les différences entre les deux remèdes sont celles-ci : d*abord, Arsenicum a la soif intolérable, ordinairement ne buvant que de petites quantités à la fois, parce que l'eau incommode l'estomac. Manger et boire causent des vomissements. J'ai vu des cas dans lesquels même une seule cuillerée à café de médicament provoquait le vomissement. Le malade a une grande agitation.
Un autre remède à comparer est Apocynum Cdnnabinum. Celui-ci est très employé dans l'Ouest pour les hydropisies générales, pour le gonflement d'une partie quelconque du corps, ascite, hydrothorax, etc., ordinairement sans aucune maladie organique comme cause. Le patient ne peut tolérer aucune nourriture. La nourriture ou l'eau est immédiatement rejclée. Il y a une sensation de faiblesse, d'anéantissement, au creux de l'estomac.
Le suivant des remèdes semblables à Apis est Acide acétique. Celui-ci est utile dans les hydropisies quand la face et les membres aussi ont l'apparence de cire ou d'albâtre. Il est spécialement indiqué quand les parties inférieures du corps, l'abdomen et les membres sont enflés; il est donc utile dans l'ascite. Jusque-là, il est semblable à Apis, Mais il a la soif q\i*Apis n'a pas, et il y a presque toujours un trouble gastrique, des renvois sûrs, du vomissement d'eau et de la diarrhée. Acide acétique est un remèfie injustement négligé dans l'hydropisie. Vous voyez comment il se tient entre Apis et Arsenicum. Il diffère de ces deux remèdes par la prépondérance des symptômes gastriques.
Maintenant, flans l'hydrocéphalie, le remède le plus semblable à Apis dans le stade d'exsudation est Sulphur, Sulphur est indiqué plus par ses caractères généraux que par son affinité particulière pour les méninges. I^ méningite tuberculeuse ne peut pas survenir chei: un enfant, d'autre part, bien portant. Il doit y avoir une diathèse à l'origine du mal. Sulphur est utile dans le môme stade que Apis quand Apis ne réussit pas à amener une réaction, particulièrement quand l'enfant est scrofuleux et a d'autres symptômes de Sulphur* L'enfant est étendu dans la stupeur, avec une sueur froide du front, avec des secousses des membres, particulièrement des jambes, avec des
spasmes des gros orteils et quelquefois aussi des pouces. L'urine est supprimée. Sulphur est surtout indiqué s'il y a eu une rétrocession de quelque éruption avant que la iilaladie se soit développée.
Helleborus est aussi semblable à Apis dania l*hydro(;éphalie. Apis est utile pendant qu'il y a encore de l'irritation du derveau comme rindique le cri céphalique. Helleborus est indiqué quand la torpeur prédomine, quand l'enfant est étendu cotnplèlement inconseient. Les yeux ne réagissent' pas à la lumière. L'urine est supprimée. Il y a un mouvement automatique d'un côté du corps. Vous noterez aussi une contraction particulière des muscles du front, surtout de roccipito-fronlal. Dans les cas moins accentués, avant que la stupeur soit aussi profonde, vous trouverez Helleb, indiqué par ces symptômes. Cette ride du frotlt est présente, en même temps qu'un mouvement constant de mâchoniiement de là bouche. L'enfant semble n'avoir aucun besoin. Il ne demande rien ; cependant, quand bn lui doniie.de l'eau, il boit avec avidité.
Maintenant, un mot concernant les différences entre Betlad. et Apis, Bellod. n'est pas ordinairement indiqilée dans les cas de méningite tuberculeuse. C'est le remède qui domine lés hlitres dans la méningite simple, mais non dans là forme tuberculeuse dé celte affection. Hellnd. est la vraie essence de l'acuité par sa symplomatôlogie. Chaque symplôhie apparaît soudain et avec une grande intensité. La méningite tuberculeuse est une maladie aévelopt)ée lentement. Cependant, si les symptômes prémonitoires sont violents, on peut employer Bêllad, au stade d'hyperémie avec douleurs aiguës, agitation, secousses, cris dans le sommeil, enfoncement de la tête dans l'oreiller, mais il cesse d'être le remède quand l'exsudation est établie. Le rôle de Bellad. est à sa fin quand celui de Apis commence. Il y a un autre remède qui se place. quelquefois entre Betlad. et Apis, et c'est Bryonia, qui agit sur les membranes séreuses, causant une copieuse exsudation. Il est indiqué après Beltdd. L'enfant devient plus stupéfié par l'accroissement de la pression cérébrale. La face a des flux soudains de rougeur et de pâleur, symptôme ordinairement mauvais ; TenFant crie, particulièrement quand il est remué le moins du monde ; ceci est un symptôme caractéristique. L^enfant est dans la stitpeur, l'abdomen distendu, et la langue ordinairement recouverte d'un enduit blanc au milieu. C'est tout ce que nous dirons pour Apis et les remèdes concordants dans les hydropisies.
L'usage suivant que nous pouvons faire de Apis est dans Térysipèle. Il est utile dans Térysipèle, particulièrement de la
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lace, quand il commence sous l'œil droit ou autour de l'œil et s'élend.de là sur la face au côté gauche; les parties devenant vite œdémateuses et prenant d'abord une couleur rosée. Le mal devient plus intense, et des douleurs brûlantes et piquantes arrivent. Il y a une fièvre élevée, avec la peau sèche et de la soif ordinairement. Maintenant, si la maladie n'est pas arrêtée et si la face prend une coloration pourpre livide, Apis peut être indiqué dans l'érysipèle phlegmoneux, qui s'engage profondément dans le tissu conjonctif et se termine par la destruction de la partie.
Il y a plusieurs remèdes qui concordent avec Apis dans l'érysipèle.
Le premier de tous est BeUadonna. La différence tient en ceci : Bellad. est indiquée dans le gonflement rouge brillant de la face (la forme lisse de l'érysipèle). Il n'y a pas beaucoup de tendance h l'oedème ou à la formation de vésicules. Les douleurs sont presque toujours aiguës ; avec battements dans les parties affectées. Presque toujours le cerveau sympathise d'une façon marquée, donnant des battements dans la tête, des visions aussitôt que le patient ferme les yeux. Le malade s'agite dans son sommeil. Le pouls est plein et dur.
Un autre remède, plus semblable ici à Apis qu'à la Bellad., est Rhus iox. Il faut être attentif à différencier ces deux remèdes, car ils sont incompatibles, et l'un ne peut pas être donné après l'autre. Avec Rhus tox.^ la couleur de la face est rouge sombre, et non le rouge brillant de Bellad., ni la teinte rosée ou pourpre livide de Apis. Il y a presque toujours une formation, de vésicules, qui brûlent et piquent, et qui se distinguent de celles de Apis, par la prépondérance de la démangeaison. Avec Rhus tox,, la maladie voyage ordinairement de gauche à droite, quand elle attaque la face.
Lachesis }>eut être semblable à Apis dans certains cas quand la face est blouo. Mais les autres symptômes vous donneront la faculté de décider.
Apis peut être A employer dans Vurlicaire^ quand apparaissent soudain sur la surface du corps des pustules blanc-rosé. Les sensations de démangeaison, de brûlure, et de piquemenl sont presque intolérables. Klles peuvent survenir comme le résultat d'un refroidissement ou dans le cours de la fièvre intermittente.
Ici Apis est semblable à Arsenicam, qui produit aussi de l'urli'^aire, et à irliai urens. Ce dernier remède est indiqué pour les plaques ortiées quand elles ne sont j)as eu étendues aussi considérables qu'avec Apis. I^a démangeaison et la brû-
lure sont intolérables. Il est spécialement indiqué quand la maladie a été produite par Tingestion de coquillages.
Terebinih. est aussi' utile dans l'urticaire par ingestion de coquillages.
Kali bromatum est indiqué quand les plaques surviennent avec des troubles nerveux.
Rhus tox. quand elles sont l'accompagnement dans la fièvre intermittente ou du rhumatisme.
Bovisia, quand elles sont accompagnées de diarrhée, les selles étant suivies de lénesme et de brûlure.
Puisât, quand l'éruption est d'origine gastrique ou utérine.
Calcarea ostrearum est spécialement indiqué pour les cas chroniques, et Sepia est indiqué quand le trouble est pire à l'air libre (de même Rumex. crispas).
Apis peut être aussi employé dans la variole, quand il y a intense démangeaison et brûlement.
Apis peut être employé dans le rhumatisme, qu'il soit d'origine articulaire ou musculaire. Il est plus fréquemment indiqué dans le rhumatisme articulaii^ ou celui qui est communément appelé rhumatisme inflammatoire aigu. Vous trouverez les parlies affectées très raides ou excessivement sensibles à toute pression, et souvent avec une sensation d'engourdissement. La jointure ou les jointures affectées sont gonflées et donnent au patient une sorte de sensation d'agrandissement raide.
Le gonflement est d'une couleur plutôt rouge pâle et il y a souvent de la fluctuation dans la jointure. Il y a des douleurs brûlantes, piquantes, pires à tout mouvement.
La (aiblesse paralytique de Apis est cette forme qui est si communément le résultat des poisons animaux, et comparable aux effets soudains et violents de certains végétaux et minéraux. Il a été souvent employé avec succès dans les paralysies suivant les affections qui diminuent la vitalité, comme la diphtérie, la fièvre typhoïde et aussi quand les exsudations méningées sont la suite des inflammations. Dans tous les cas semblables, la préexistence ou la suppression d'un exanthème constituent une indication majeure pour le poison de l'abeille et la réapparition des symptômes cutanés demande son interruption aussi longtemps que dure l'amélioration ainsi produite. Ici Sulphur est un grand adjuvant.
Dans ces cas de prostration, le patient est soit nerveux, agité €l hypersensible, ou chaud et assoupi, qu'il soit altéré ou non
Apis est utile dans les états fébriles. Il produit une fièvre do lypo intermittent, ci peut, en conséquence, être employé dans la fièvre intermittente. Il est particulièrement ulile quand
le frisson commence à 3 heures de raprès-raidi. Il y a toujours de la soif avec le frisson. Il y a de Toppreôsion dans la poitrine, avec une sensation conime si ell<? était trop pleine, ce qui est la réalité, car il y a congestion des viscères tho^aciques. Ce frisson est suivi d'une chaleur brûlante de tout le corps, avec augmentation de celte sensation d'oppression de la poi trine. La chaleur est suivie de sueur, qui petit, cependant, être imparfaite. Il n'y a jamais de soif pendant la sueur. Cela est caractéristique. Pendant l'apyreXie, il y a beaucoup de symptômes caractéristiques. Souvent le patient se plaint de dotileurs s-ous les côtes de l'un ou l'autre côté. Les pieds sont gonflés et oedémalclix, la jveau est blême oti cireuse, l'urine rare, et il y a de l'urticaire. Ainsi on voit qu'il est indiqué dans les formes plutôt graves de ces affections, quand 1,'abus de la quinine a gâté le cas, et dans léë fortnes chroniques qui ont affaibli l'état général et ont produit une maladie du foie, de k hâte.
Ici, le t^mèd^e qiii concorde le mieux avec Apis esl Nairum mur. Celui-ci est indiqué exactenlent dans le même type dé fièvre intermittente que Apis ; la différence entre les deux remèdes est dans le moment de l'apparition du frisson, à 10 heures du matin dans le cas de Natriim mur,, et à 3 heures dé l'après-midi dans \é cas de Apis,
Dans les lypes typhoïdes de fièvre, Apis est quelquefois indiqué. Nous le choisissons en premier lieu d'après l'état mental. Le délire n'est pas d'un type actif; le patient est étendu dans un état de stupeur avec marmottement : la face est soit rôuge fluxionné, soit plus fréquemment, pâle et blême ; d'autres fois, il y a une expression heureuse du visage. Dans ce type de fièvre, nous trouvons que la peau est d*une chaleur brûlante par placés, pendant que, dans d'autres, elle est anormalement froide ; la surface cutanée est presque toujours sèche ; s'il y a de la sueur, elle est presque toujours passagère ; la prostration est si grande que le patient coule dans son lit ; il ne peut siiffifeammenl exercer sa force musculaire jx)ur rester en ix»sitîon sur Toreiller. La langue est sèche et rouge, et, de même qu'avec Lachesis, elle se prend dans les dents quand on essaye de la faire tirer, et tremble ; on trouve souvent, aussi, qu'il peut y avoir un enduit blanchâtre ou plus sombre sur le dos de la langue, pendant que les bords, spécialement à la pointe, sont rouges el couverts de petites ampoules et de vésicules.
Dans ces cas. Apis ressemble à Acide muriaiique, qui a cette prostration, mais à la diathèse acide caractéristique.
Dans la scarlatine, Apis comme vous pouvez l'avoir déjà
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deviné d'après ce que je vous ai dit sur ce remède, peut être indiqué. Ce n*est pas souvent le remède dahs Ih viiriété dé Sydenham, dans laquelle Bellad. est si fréquemment indiquée ; mais il est utile quand Téruplion est entremêlée d'un rash miliaire. Ici encore nous trouvons le même manque d'effort de la nature pour donner de la fièvre. Le corps est très chaud à certaines pla<ies et ïroid à d'autres. L'éruption est d'une éotileur très toUge, tout à fail comme Bellad,, mais différent de Ce peihède, vous vous le rappelez, par la présence de cette éruption miliaire que Bellad, ne produit pas. L'enfant est assoUpi, dormant îa plupart du temps, ou assoupi, maife sans pouvoir dormir. Vous devez vous souvenir de ce symptôme, parce qu'il €st identique jusque-là avec un symptôme de Bellad, Cet état d'assoupissement ou d'absence de sommeil est associé à de l'agitation et de l'inquiétude. Vous noterez aussi que le malade est de mauvaise humeur, et manifeste chaque syriiptôihe en étant très irritable.
Cet état d'agitation de Apis doit être distingué de ceux de Rhus iox, et de Bellad. Avec Hhus iox. il y a liii état d'agitation générale de tout le corps, et aussi de l'esprit, Ivc patient se cou<ihe d'abord sur un côté du corps, et ensuite se met sur l'autre. Ceci ne se trouve pas dans l'anxiété d'Arsenic. La sensation générale est un désir de se remuer. Avec Apis, cela vient d'une sensation nerveuse générale.
L*impossibilité de dormir de Bellad, vient de l'inflammation ou de la congestion du cerveau. L'hyperémié vous donne Tétat assotipi, et le cerveau est si déprimé que le pa lient ne peut pas dormir.
En plus des symptômes déjà mentionnés polir la scarlatihe, nous trouvons que Apis est indiqué dans la diphtéricet je pense que le remède est indiqué assez lard quand l'état avance jusqu'à l'épanchement de sérosité autour du cerveau. Les symptômes de la gorge sont importants. On trouve souvent des membranes diphtériques sur les amygdales. La gorge, à l'inlérieiir, est gonflée et rouge rosé, pendant que, extérieurement, elle est engorgée, avec une teinte érysipélateuse. Apis pourrait être employé aussi tard dans la maladie pour les séquelles, c'est-àdirt quand les reins sont touchés et que l'anasarque apparaît avec ràlbuminurie.
De nouveau nous trouvons Apis indiqué dans la diphtérie, et je pense que le remède est indiqué dans la maladie pure. La maladie se produit si insidieusement que sa présence n'est pas soupçonnée,ou,dès le débutj'enfant est dans une profonde prostration avec une fièvre élevée et de l'assoupissement ; le pouls est
rapide, mais n'est pas fort. D'abord on trouve à la gorge une apparence vernissée comme si les amygdales et les cordes vocales particulièrement étaient convertes d'un vernis rouge luisant. La membrane se forme sur une amygdale, plus souvent à droite qu'à gauche, et elle est épaisse, ressemblant à une peau de chamois. La langue est souvent gonflée, de sorte que l'enfant peut à peine avaler. Si l'enfant est assez âgé, il se plaint d'une sensation de plénitude de la gorge, qui nécessite la déglutition, mais la rend très difficile. L'explication s'en trouve dans ce symptôme ; c'est que la luette est gonflée et œdémateuse, d'où la sensation de plénitude. Si l'on examine complètement la gorge, on trouve le bord de la glotte gonflé, rouge et œdémateux, ce qui rend la respiration très difficile. La respiration est laborieuse, en raison du rétrécissement de l'entrée du larynx.
Dans quelques-uns de ces cas, l'haleine est très fétide, pendant que dans d'autres, il y a peu ou pas de fétidité.
Dans d'autres cas, vous trouverez comme caractéristique de Apis, un rash rouge sur la surface du corps, et c^ rash vous fait d'abord penser que vous avez affaire à un cas de scarlatine. Voue trouvez la gorge extérieurement gonflée et érysipélateuse. Maintenant, il y a beaucoup de remèdes similaires à Apis dans la diphtérie. L'un d'eux est Arsenic.
Arsenic est indiqué dans les cas plutôt graves de diphtérie, comme vous pouvez l'attendre, quand la gorge est très gonflée h l'intérieur et à l'extérieur, quand la membrane a une couleur foncée, et qu'il y a grande fétidité . Il y a un écoulement épais, excoriant par le nez. I^ gorge est œdémateuse comme avec Apis ; le patient est agité, surtout après minuit ; l'urine est rare, et, pour les intestins, on trouve soit de la constipation, soit une diarrhée aqueuse fétide.
Dans d'autres cas, en dépit de la couleur pourpre foncée de la gorge, le for tgonflement et la grande prostration, il y a peu de douleur, Natrum nrsenicosum est le remède. Ici la luette pend comme une poche d'eau.
Un autre remède encore est Kali permanganate.
Ce remède, qui est rarement employé aux hautes puissances, est indiqué quand la gorge, intérieurement et extérieurement est gonflée, la membrane dans la gorge est horriblement fétide, la gorge œdémateuse, avec un écoulement épais par le nez. La grande caractéristique est l'extrême fétidité.
Apis cause une irritation de la muqueuse du larynx et de la trachée et aussi de la douleur dans les parois de la poitrine. On l'a trouvé très utile quand des symptômes laryngés accom-
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pagnenl Térysipèle, l'œdème de la gorge, de la glotte ou du larynx, ou dans la suppression des éruptions ; moins souvent dans la simple laryngite ou catarrhe laryngé.
La difficulté de la respiration, et spécialement Tunique symptôme, « il ne voit pas comment il va avoir une autre respii-alioii », a amené à employer avec succès le médicament dans rhydrothorax, Thydropéricarde, Tœdème pulmonaire et l'asthme.
Les douleurs lancinantes, en dard, les palpitations, l'orthopnée, ont rendu Apis précieux dans les inflammations cardiaques et rhydropisie. Les symptômes essentiels semblent être l'œdème ou un gonflement soudain des muqueuses, la dyspnée, et les douleurs soudaines, lancinantes ou piquantes : agilatian et anxiété. A comparer : Lachesis, Arsenic, Sulphur, Belladonna, Kali carfe., Spujctia, Digiialis, Asparagus, Apocynum cannàbinum.
Arsenic, a beaucoup de ressemblances. Ils sont apparemment si semblables quant à l'agitation, le changement de place, et la dyspnée, que les deux médicaments sont souvent mal appliqués l'un pour l'autre . La meilleure distinction est l'agitation remuante de Apis. S'il y a de l'hydropisie, les deux peuvent être employés si les membres sont gonflés et tendus, pâles, mais Apis a souvent de la rougeur, avec un état érysipélateux ou démangeant, aussi bien que du manque de soif.
Belladonna est trop souvent confondu avec Apis dans les affections laryngées. Le dernier a le gonflement plus (œdémateux, avec la dyspnée qui en découle ; le premier plus de oonstriclion spasmodique.
Dans les alfections cardiaques, Arsenic, Apocynum cannàbinum, Digiialis et Asparagus ont des ressemblances avec Apis, spécialement quand il y a grande débilité et hydropisie. Apoc cannab, est indiqué quand le pouls est petit et faible, les battements du cœur irréguliers, tantôt faibles, tantôt plus forts ; défaillance à l'épigastre. Asparagus chez les personnes âgées, avec pouls faible et douleur à l'acromion gauche.
Digiialis cause une apparence molle de la peau ; le pouls est lent ou faible, avec accélération à chaque mouvement du corps; sensation d'anéantissement, de nausée mortelle à l'épigastre, aussitôt après avoir mangé.
La toux de Apis n'est pas un symptôme rare, quand ce remède est employé. Elle ressemble plus ou moins à Lachesis^ Carbo veg., Rumex, Bellad,, Chamomilla, Croialus horridus, ^ux vont., Bnjonia, Ignatia, Arsenicum, Hyoscyamus.
LachesiSj Nux, Bryonia et Hyoscyamus sont indiqués si le mucus est adhérent.
Mais Lachesis a Tinloléranc^ au toucher, même du vêtement, autour du cou, symptôme qui n'est pas noté avec Apis, excepté avec la sensation de suffocation.
Rumex a une toux tracassante, persistante, aggravée par Tair froid ou par tout ce qui accroît le volume ou la rapidité de Tair inspiré.
Chamomilla diffère par ses symptômes mentaux.
Nux vom. guérit la toux causée par un mucus adhérent haut dans la trachée ; mais là, il y a une sensation de rudesse, de relâchement dans la gorge,
Bryonia ajoute l'irritation épigastrique à l'irritation sus-slernale, et les douleurs dans la trachée et lés parois de la poitrine sont tranchantes, piquantes, comme s'il y avait meurtrissure douloureuse.
Ignatia amène une toux nerveuse, et plus le patient tousse, plus l'irritation est pénible.
Arsenic, cause plus un chatouillement brûlant dans la fosse sus-sternale ; mais comme il se rencontre si souvent avec Apis, il [)ourrait être comparé à ce dernier, spécialement quand la Loux accompagne l'hydropisie, une maladie de cœur, etc. Donc Arsenic, est réellement un concomitant.
Bellçid. pourrait être employé à tort pour Apis, mais nous divans être capables de distinguer le premier par sa plus grfinde coinslriction c}e la gorge, et sa rougeur inflammatoire plus profonde.
Carbo veg. est bon dans l'enrouement, la sensation d'ukérçiliQu et dans l^ toux chatouillante, mais l'irritation est semblable û oelle que produit la vapeur de soufre.
Voyops niaintenant l'action de Apis sur les orgçines génitqux.
Apis est souvent indiqué dans les maladies des organes de la femme. Presque tous les expérimentateurs ont trouvé des symptômes se rapportant à l'utérus et aux ovaires. On pourrait le donner justement dans la grossesse, car employé à basses puissances et à doses fréquentes, il peut empêcher une faussecouche, prineipalejnent avant ou au troisième mois, car Apis produit la pesanteur de l'utérus. Nous pouvons l'employer dans l'aménorrhée quand il en résulte de la congestion de la tête .avec pesanteur do la région utérine sans apparition des règles. Particulièronioiit il est indiqué chez les jeunes filles à Tûge de la puberté, quand elles sont nerveuses et maladroites; ce n'est pas une maladresse naturelle, mais elle vient de l'in-
coordination d€s muscles. Avec ces symptômes il y a (ies flux à la face.
Nous pouvons ^ussi employer Apis dans les affeclions des ovaires, spécialement du droit. Il affecte le même rapport avec l'ovaire droil que Lachesis avec le gauche. Il est indiqué dans l'ovarite avec extrême douleur dans la région ovarienne droite, en même temps qu'avec sensations brûlantes et piquante?, et uiie tuméiactiou que l'on découvre soit au-dessus du pelvis, soit d'uiie façon plus car^-çtéristique, à travers le rectum ou le vagin.
Dans les kystes de l'ovaine, Apis est un excellent remède pour faire régresser l^ maladie, spécialement dans les stades du début, \qus avops ici, en plus des douleurs brûlantes et piquantes, lengourdissement descendant dans la cuisse et sur le côté droit du corps, une sensation de serrement dans la poitrine, avec toux. Ce n'est pas un symptôme d'une maladie du poumon, mais un réflexe de l'utérus.
Maintenant, jl y ^ une combinaison du miel avec du sel, connue sous le nom de Mel cum sale, Celui-ci a été pendant des années en Allemagne un remède populçiire ix)ur les troubles de la vessie et pour les maladies . particulières aux femmes. J'ai employé ce remède dans le prolapsus de l'utérus et même d^ns la métrite chronique, spécialement qu^nd elle est associée à la sub-involution et à l'inflanimation du col. Le symptôme spécial qui vous amène à ce remède est une sensation de douleur à travers l'hypogastre d'un ilion à l'autre.
Apis peut être employé dans les maladies des yeux. J'ai eu beaucoup de cas d'asthénopie guéris par ce remède quand la lecture cause de la cuisson dans les yeux, avec ^arn>oi^ment et démangeaison des paupières, et du brûlement avec piquement. Apis est aussi un remède pour le staphylome, que ce soit de la cornée ou de la sclérotique.
Dans les maladies externes de l'œil, Apis n'est pas ^ns valeur. Les yeux sont très sensibles à la UuTiière. La conjoncli\e est rouge ou bouffie av<*c cliémosis. Cependant ce gonflement de la conjonctive palpébrale avec Apis vient plus de la congestion que d'un vrai chémosis comme avec Rhus tox., qui est très semblable, spécialement dans le gonflement œdémateux des paupièi-eg ; chémosis ; larmoiement abondant, brûlant ; érysipèle. Mais Apis a moins de tendance à la formation de pus, symptôme hautement caractéristique de Rhus. Dans le premier les douleurs sont piquantes, le moment de l'exacerbation est le soir, et l'e^u froide soulage les paupières enflammées. Si c'est érysipélaleux, les paupières ont un aspect liquide rouge-
bteu, comme demi-transparent. Dans le deuxième, les douleurs sont pires la nuit, particulièrement après minuit : la clialeur soulage ; les paupières érysipélateuses sont d'un rouge sombre, et sont, ainsi que les joues, bosselées de petites vésicules liquides. Les douleurs sonl ordinairement tiraillantes, déchirantes, quoique dans Térysipèle elles puissent être brûlantes, piquantes, mais a\ec plus de démangeaison que le poison d*abeille. Les paupières semblent souvent lourdes et raides.
Arsenic, se compare avec Apis pour les larmes brûlantes, les violentes douleurs, les paupières a?démateuses. Mais le larmoiement est plus acre. Les paupières gonflées sont pâles, non rouge-bleu. La conjonctive palpébrale et les bords des paupières sont très rouges. L'agitation est plus prononcée. Du soulagement est ordinairement procuré par les applications chaudes, bien que le malade scrofuleux puisse ouvrir les yeux à Tair froid au dehors, mais non à l'intérieur, même s'il fait sombre. Les douleurs sont pires à minuit et après.
Pour revenir aux symptômes de Apis, les paupières sant gonflées, rouges, et œdémateuses. 11 y a brûlement des tarses, avec agglutination des paupières. Des douleurs soudaines et très fortes donnent des élancements à travers les yeux, et elles sont soulagées par l'application d'eau froide. Les yeux sont généralement pires dans la première moitié de la nuit. Apis est souvent indiqué dans l'ophtalmie scrofuleuse, affection dans laquelle il est souvent suivi de Kali bichroniicum.
Maintenant, il ne me reste plus à parler que des symptômes intestinaux de Apis. Ce peut être un remède de valeur dans la diarrhée, telle, par exemple, que celle qui vient pendant le cours de la fièvre typhoïde ou de la scarlatine, ou qui résulte de l'influence débilitante d'une chaleur prolongée.
Vous le trouverez utile dans la diarrhée des enfants qui sont très débilités. Il y a généralement alors de l'irritabilité cérébrale, avec l'état connu comme liydrocéphalique. Les symptômes sont très semblables à ceux qui indiquent Apis dans l'hydrocéphalie. L'enfant se réveille avec un cri. Les selles sont peu abondantes, aqueuses, de couleur jaune, et ordinairement pires le matin. A chaque mouvement du corps, les intestins fonctionnent comme si l'anus n'avait aucun pouvoir. Les selles peuvent être fétides ou non.
Cela diffère de Bryone, qui a la diarrhée du matin, pire par le mouvement, en ceci que, avec Apis, le mouvement l'aggrave, non parce que c'est un de ses effets généraux, mais parce que l'anus est si incertain.
Dans les mauvais cas, vous trouverez l'urine rare.
On pourrait aussi penser à Apis dans le panaris. Le doigt enfle rapidement, avec une surface tendue, rouge luisant et de violentes douleurs brûlantes, lançantes.
Sous ce rapport, Apis est très semblable à Sulphur , el peut èlre suivi par Sulphur quand son action est incomplète.
Les antidotes de Apis sont Plantain et Lojchesis^ et il est complémentaire de Natrum mur,
Ledum a été proposé par Teste comme un antidote pour le» piqllres d'insectes. Le D' Drysdale a guéri avec lui la démangeaison nocturne des pieds.
En terminant, je vous demande de vous rappeler les rapports de Apis avec Arsenic, Acide acétique^ Bellad., Rhus, et Sulphur. Rappelez-vous, aussi, sou état dantagonisme avec Hhus iox.
MAT. MÂD. CL.