PEAU
Peau. — La peau est composée de deux parties superposées, une partie profonde ou clerme^ et une partie superficielle, derme (fig. 2).
Le derme dont l’épaisseur est très variable suivant les régions est formé de tissu conjonctit dense (fibrilles conjonctives, fibres élastiques, ccllides et matière amorphe interposée), dont la densité s’accroît de la profondeur à l’extérieur, si bien que, assez lâche dans ses parties internes où il se confond insensiblement avec le tissu conjonctif sous-cutané, il devient de plus en plus compact et présente extérieurement, c’est-à-dire au contact de l’épiderme, des limites nettes et bien tranchées. Dans cette partie compacte, les éléments composants du derme sont tellement rapprochés que le tissu paraît homogène sur les coupes ; pour la même raison il est à ce môme niveau très fortement cérulescent. Le derme à son contact avec l’épiderme ne forme point une surface plane, il dessine desélevures régulières, coniques, ou papilles (fig. 2, c) dont les intervalles sont comblés par l’épiderme. Dans certaines régions de la peau (plante du pied, paume de la main, pulpe des doigts, etc.), la disposition des papilles est apparente extérieurement sous forme de lignes contournées. Ces papilles sont de deux ordres : nerveuses ou vasculaires , suivant qu’elles renferment des corpuscules du tact ou des vaisseaux.
Ajoutons enfin qu’il existe, dans le derme, des fibres musculaires lisses (redresseurs des poils). En outre le derme est occupé par les glandes sél)acées et traversé par les glandes sudoripares et les grands follicules pileux qui se prolongent jusque dans le tissu cellulaire sous-cutané (fig. 3).
YJ" épiderme recouvre le derme. Il comprend deux couches distinctes ; la plus profonde est la couche de Malpighi ov\ couche muqueuse^ la plus externe est appelée cuticule ou couche cornée.
La couche de Malpighi (fig. 2, h), au contact du derme, offre une assise de cellules cylindriques granuleuses, en voie de
MAMMIFERES
division active ; c’est Vü.?,s,\.s,q génératrice ou basale. C’est cette assise qui produit en dehors les cellules épidenniques. Celles-ci, à mesure qu’elles se ditTérencient sont polyédriques, remplies d’un protoplasma granuleux [couche granuleuse) et Ibrment une zone de plusieurs assises de cellules constituant avec l’assise basale toute la couche muqueuse.
Quant à la coiLche cornée elle est formée de cellules aplaties,
de consistance cornée, disposées en un g-rand nombre d’assises dont les plus périphériques se détachent et tombent (mue, desquamation). Ces cellules cornées ne sont autre chose que les cellules de la couche granuleuse qui ont peu à ])eu évolué chimiquement et physiquementà mesure qu’elles se sont trouvées repoussées à la périphérie par les formations nouvelles de la couche génératrice.
Les modifications chimi(|ues que subissent les cellules de l’épiderme dans leur évolution consistent en une élaboration ]iar le protoplasma d’une substance qu’on appelle kératine ou matière cornée., substance dure, cornée, qui remplit les cellules de la couche cornée, et enveloppe si étroitement leur noyau (jue celui-ci devient difficile à déceler parles réactifs colorants ordinaires.
. La kératinisation paraît être le résultat d’une élaboration graduelle, car entre la couche muqueuse et la couche cornée on observe une zone granuleuse [stratum granulosum) dans laquelle les cellules sont remplies d’une substance faite de gouttelettes fines que l’on désigne sous le nom à'éléidine et qui paraît être un état primaire de la kératine (Ranvier).
Fig. 2. — Coupe de la peau de l'homme.
n. couche cornée del’éjridcrnie ; ■ — couche de Malpig'hi; — <•/, derme; — les glandes sudoriparcs se reconnaissent à leur trajet sinueux.
EPITHELIUMS — GLANDES n
Quoi qu’il en soit, chez les INIammifères, les cellules à éléi- (liiie précèdent les cellules cornées proprement dites, à kératine.
Épithéliums. — L’épiderme nous fournit le type des épithéliums pavimeuleiuc stratifiés^ c’est-à-dire formés de cellules plates disposées bord à bord et en couches superposées. On retrouve cette variété d’épithélium à la surface d’un grand nombre de muqueuses. Il e.xiste d’autres épithéliums, qu’on appelle cylindriques., en raison de la forme de leurs cellules; ils |)euventètre simples (c’est-à-dire formés d’une seule couche de cellules), ou stratifiés; ils peuvent être aussi parfois vibrntiles., c’est-à-dire pourvus sur leur surface libre de cils vihratiles. Nous aurons l’occasion de ])arler de quelques-unes de ces variétés, c’est j)our<juoi nous les mentionnons, mais ce que nous voulons retenir ici, c’est que les épithéliums donnent naissance à un certain nombre d’organes, parmi lesquels nous aurons plus particulièrement à étudier ceux que l’on désigne sous le nom de glandes.
Glandes. — Les glandes sont des dérivés de l’épithélium. En elfet, toute glande provient d’un bourgeonnement épithélial qui s’enfonce dans les tissus sous-jacents. Quand le bourgeon est creux, il forme une sorte de cul-de-sac [aciiius), une invagination, qui peut rester simple ou se ramifier. La glande ainsi produite peut rester ouverte ou perdre toute communication avec le dehors (glandes closes).
Nous ne nous occuperons pour le moment que des glandes ouvertes. Dans ces glandes, les cellules épithéliales des parties profondes de l’invagination deviennent sécrétantes, c’est-à-dire (ju’elles empruntent au sang divers éléments au moyen desquels elles élaborent un produit nouveau (produit de sécrétion); les cellules de la partie de l’invagination voisine de l’épithélium, conservent le caractère de l’épithélium ordinaire et la portion
de l’invag-inalion qu'elles tapissent constitue le tube excréteur par l’intermédiaire duquel la sécrétion est émise au dehors. Dans le plus grand nombre des cas, les cellules épithéliales des acini reposent sur une membrane homogène (membrane basale) qui délimite l’acinus et s’oppose à la pénétration des capillaires sanguins entre les celfules épithéliales. Ailleurs, comme nous aurons l’occasion de le montrer, il n’y a pas de membrane basale et son absence entraîne de profondes modifications dans la structure des glandes ainsi constituées (foie par exemple).
L’épiderme de la peau, à propos duquel nous sommes entré dans ces considérations générales sur le mode de formation des glandes, donne naissance à deux variétés de ces organes, savoir : \en glandes sudoripares et les glandes sébacées.
i“ Les Glandes sudoripares (fig. 2) ont peu d’intérêt pour la matière médicale. Il nous sullira donc de dire que ce sont des glandes tubuleuses simples, glomérulées, c’est-à-dire qu’elles sont formées d’une invagination prolongée en long tube qui pénètre dans la peau, traverse l’épiderme et le derme et s’enfonce un peu dans le tissu cellidaire sous-cutané. Là le tube s’enroule sur luimême, formant une masse sécrétrice qui a reçu le nom de glomérule.
2° Glandes sébacées. — Quant aux glandes sébacées (fig. 3), qui sont le plus souvent annexées aux poils, elles rentrent dans le groupe des glandes dites en grappe, c’est-à -dii’e qu’elles sont formées de culs-de-sac arrondis [acini), à épithélium sécréteur cylindrique, reposant sur une membrane
libres ou annexées aux poils et s’ouvrant dans les follicules.