APPAREIL DIGESTIF
L appareil digestif, chez les Mammifères, présente un certain nombre de variations qui sont en relation avec les différenccs de régime très prononcées qui s’observent dans les divers ordres.
Nous n’avons point à entrer ici dans l’étude de toutes les parties de l’appareil digestif. Pour les besoins de la matière médicale, il importe surtout d’insister sur l’armature buccale qui fournit d’importants caractères de diagnose, et sur les glandes (glandes à pepsine et annexes du tube digestif telles que le pancréas et le foie) dont les produits de sécrétion ont leur emploi thérapeutique.
Dents. — Les dents, chez les ^Mammifères, sont des organes essentiellement comjiosés d’une racine implantée dans une cavité des mâchoires dite alvéole^ et d’une couronne ou partie saillante hors de 1 alvéole. A la limite entre la couronne et la racine, il existe un sillon qui porte le nom de collet. Enfin, la dent est creusée d’une cavité que remplit du tissu (‘onjonctif {pulpe) parcouru par des nerfs et des vaisseaux y pénétrant par un orifice de l’extrémité de la racine.
Les dents ainsi composées sont formées d’une substance spéciale, voisine de l’os, qu’on appelle ivoire ou denline; à la racine, cet ivoire est recouvert d’une couche osseuse appelée cément; à la couronne par Vémail, substance calcaire (i), dure, résistante, sécrétée par une couche spéciale de cellules épithéliales cylindriques.
Développement . — Quand on étudie le dévelojipement d’une dent, on constate que celle-ci résulte du concours de deux
(i) La sul)staiioe do l’émail est formée dos mêmes sels calcaires que l’os, dans des proportions à peu près semblables, auxquels s’ajoutent 3 à 4 p. 100 de üuorure de calcium.
MAMMIFERES
organes qui évoluent de manière à se rencontrer et à participer chacun dans une proportion déterminée à la structure de l’organe. C’est d'une part une invagination épithéliale formant au-dessous du plan de l’épithélium buccal de l’embryon une lame [lame dentaire)^ à' oii partent des bourgeons qui s’isolent bientôt de la lame [organes adaniaatins) et revêtent la forme d’une cloche [cloche adainanliné) ^ dans les cas les plus simples. D'autre part, une portion du tissu sous-jacent à cette cloche se différencie en une sorte de papille qui produit à sa surface de la dentine et, l’extrémité de la papille étant coni([ue, la dentine y prend l’apparence d’un cône [chapeau de dentine). Les deux formations fonctionnant en même temps, l’ivoire ou dentine fourni par la papille se recouvre d’émail sécrété par l’organe adamantin. La racine est la portion d’ivoire qui se prolonge en dessous de la limite où la cloche adamantine dépose de l’émail. Le cément dont elle se recouvre est de l’os Ibriné par la paroi de la cavité occupée par la papille. Si l’organe adamantin s’atrophie avant que la dent ait percé la gencive (Cheval, par exemple), l’émail de la couronne se trouvant en contact pendant un certain tem])s avec la paroi de la cavité de la papille, se recouvre de cément. C’est le mécanisme général qui explique l’existence, chez nombre de ^Mammifères, de couches de cément se prolongeant sur la couronne ; de môme aussi une portion seulement de la couronne pourra être revêtue d’émail si l’organe adamantin, au lieu de présenter la forme d’une cloche, se réduit à une lame plus ou moins étendue, etc. C’est encore de la forme de l’organe adamantin que dépend la forme irrégulière et compliquée de la couronne qu’on observe chez certains Mammifères. Si cet organe a la forme d’une cloche, il donne les dents à couronne non lobée ; s’il a une forme plus complexe, il produit des replis d’émail qui s’enfoncent plus ou moins profondément dans la dentine, des cônes saillants sur la surface triturante, etc. Par exemple chez le Cheval, l’organe adamantin des