‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 18 sur 108 · FOIE · texte numérisé non relu

FOIE

gène ; cette dissolution expulsée en dehors de la cellule arrive dans le cul-de-sac et de là par les canaux de la glande elle est déversée dans le duodénum sous le nom de suc paiii créatique. C’est par un procédé analogue que se forment le suc gastrique et le mucus dans l’estomac.

Foie. — Le foie, la plus volumineuse des glandes de l’organisme, existe chez tous les Mammifères et joue un rôle important dans la nutrition. 11 a en effet de multiples fonctions. Ses cellules sécrètent d’une part deux substances : 1“ une matière de nature amylacée, dite glycogène, qui se colore en brun acajou par l’iode, et 2" un ferment diastasique, qui transforme le glycogène en glucose. Ce glucose est déversé dans le sang (veines sus-hépatiques) et en même temps un autre produit, la hile, qui résulte des réactions dont les cellules hépatiques sont le siège, est évacué par les canaux biliaires et s’accumule dans un réservoir (vésicule biliaire) jusqu’au moment du besoin. C’est donc un exemple très net de sécrétion interne (glucose) et de sécrétion externe (bile) par une même glande. (Voir cidessous, p. 21.)

La nature des sécrétions du foie ne constitue pas la seule ! caractéristique de cette glande. Sa structure intime mérite : aussi de retenir l’attention. Ce n’est, en effet, ni une glande I tubuleuse, ni une glande en grappes, comparable à celles que I nous avons eu l’occasion d’étudier jusqu’ici. L’élément fondamental du foie est la cellule hépatique, cellule épithéliale polyédrique, qui ne forme pas des acini suspendus par leurs canaux propres à un canal excréteur commun, à la manière des glandes en grappes, mais de petit amas(i) appendus à de fines ramifications A^eineuses recevant les capillaires qui enveloppent chaque cellule; en même temps des canalicules excréteurs (canalicules biliaires) extrêmement déliés (ils ne mesu-

(i) A tort appelés aussi acini.

MAMMIFERES

rent pas plus de 3 ;j. à leur origine), prennent naissance à la surlace même des cellules hépatiques et forment le réseau d’origine des voies biliaires.

Somme toute, le foie nous apparaît comme une masse glandulaire dont tous les éléments sont, pour ainsi dii’e, dissociés par les capillaires qui s’infiltrent entre eux, tandis que dans les glandes en grappes, les vaisseaux sanguins ne pénètrent jamais entre les cellules épithéliales des acini, dont ils restent séparés par la membrane basale sur laquelle elles reposent, membrane qui délimite l’acinus en dehors (p. 12). Si

l’on se reporte à ce que nous avons dit page i3, de la sécrétion du sébum, on comprendra aisément combien estdilférent le mécanisme de la sécrétion de la matière sébacée et celui des sécrétions du foie. La richesse extrême de la vascularisation sanguine qui s’étend jusqu’aux cellules mômes, dans le foie, explique cette dilférence et montre que sous ce rapport c’est au mécanisme de la formation de la graisse, par les cellules adipeuses et à sa résorption par les vaisseaux sanguins (p. i4), qu’il convient de comparer le mécanisme de la sécrétion des cellules hépatiques et de la reprise du glucose par le sang. D’ailleurs la cellule hépatique, comme la cellule adipeuse, bien que d’origine dilïerente, puisqu’elle est une cellule épithéliale, alors que la cellule adipeuse est une cellule conjonctive, peut, elle aussi, extraire de la graisse du sang et l’emmagasiner pour un temps plus ou moins long, suivant les circonstances. Chez les femelles en lactation les cellules hépatiques renferment toujours beaucoup de graisse ; la domestication des animaux paraît également entraîner la présence de nombreuses gouttelettes graisseuses dans les cellules du foie et l’on sait que, par certains artifices d’alimentation, on peut pousser très loin la localisation de la graisse dans le foie (foie gras).

Glandes closes. — Nous avons dit que le foie joue un

GLAXDES CLOSES

double rôle, celui de glande ouverte déversant la bile dans les conduits biliaires et celui de glande close, à sécrétion interne par conséquent (p. 19), rendant au sang certaines matières élaborées au moyen des matériaux (jue ce véhicule lui avait apportés (glucose). Ce nous semble être l’occasion de dire quelques mots des glandes closes et des sécrétions intei'iies^ que nous ne saurions passer sous silence, en présence des applications que l’on en a laites dans ces derniers temps à la thérapeutique, sous les noms à’ Organothérapie^ Opothérapie^ etc.

Les expériences retenlissantes de Brown-Sequard et de d’Arsonval sur le liquide extrait par expression des testicules des maminileres, avaient conduit ces expérimentateurs à admettre l’existence d’une sécrétion ?///c/7ie de ces glandes ; c’est à cette sécrétion qu’ils attribuèrent les résultats favorables obtenus dans diverses allections d’origine nerveuse. Les résultats ulté-

rieurs confirmèrent cette manière de voir au point qu’on tent a avec succès également, dans des affections déterminées, l’emploi du suc de la glande thyroïde, du thymus, etc., mais la tbéi’apcutique ue s’en tint pas là, on se servit aussi des parenchymes de divers organes : encéphale, pancréas, glande thyroïde (greffes internes), rate, glandes surrénales (i).

Au total, les expériences ont été multipliées dans ces * dernières années. Mais en dehors de quelques faits acquis on peut dire que ces questions sont encore à l’étude.

Les glandes closes sont des organes de même structure que ceux que nous avons décrits jusqu’ici, mais dépourvus de canaux excréteurs et par suite ne pouvant se débarrasser des produits de sécrétion des cellules qui les constituent que par l’intermédiaire du courant sanguin qui résorbe ces produits. Ces glandes n’ont donc qu’une sécrétion interne ; mais l’importance pliysiologique de cette sécrétion est très grande. 11 suf-

(i) Voir : Les principales prépai'ations organothérapiques. — Thèse de Doctoral en Pharmacie par E. Lépinois. — Paris 1899.

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fira de rappeler que la glande thyroïde, ainsi désignée en raison de sa situation sur le cartilage thyroïde du larynx, joue un tel rôle dans l’ensemble de la nutrition que son ablation

totale chez les animaux entraîne rapidemeent la mort, de même que son absence congénitale cause une dégénérescence spéciale du tissu conjonctif (cachexie myxœdémateuse) que parait combattre eflicacement l’emploi d’injections de suc thyroïdien. Le rôle du thymus, celui des amygdales, des glandes de Payer, etc., n’est pas moins important

Or, comme nous l’avons vu, les glandes closes ne sont point seules à avoir une sécrétion interne ; les glandes ouvertes peuvent avoir à la fois une sécrétion externe et une sécrétion interne, principalement lorsque les vaisseaux sanguins peuvent pénétrer jusqu’aux cellules sécrétantes.

Peut-être même en dehors de cette condition, des sécrétions internes existent-elles lorsque les produits sont susceptibles de dialyser au travers de la membrane basale ; enfin tout ce que nous savons de la physiologie cellulaire, laisse supposer que tout organe vivant, produit des substances, substances de désassimilation ou autres, qui sont entraînées par le courant sanguin.

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