SANG
aux éléments figurés est liquide; ces éléments figurés sont de deux sortes, des globules rouges ou hématies et des globules blancs ou leucocytes ; la substance liquide interposée est le plasma. Nous allons dire quelques mots de ces trois parties Ibndamentales envisagées dans le sang vivant.
Les globules rouges sont chez tous les Mammifères (les Caméliens exceptés) des corps discoïdes, concaves au centre, formés d’une substance homogène [globuline] et sans noyau. Chez les Caméliens, les globules sont elliptiques au lieu d’être discoïdes, mais ils manquent également de noyau. C’est donc un fait absolument général chez les ^lammifères adultes : les hématies manquent de noyau; nous disons chez les Mammifères adultes, car chez les embryons les hématies sont pourvues d’un noyau ; en outre, elles sont sphériques. Un autre caractère également général de l’hématie, c’est sa couleur rouge qu’elle doit à une matière colorante spéciale, V hémoglobine., qui imprègne sa substance et dont le rôle physiologique est de premier ordre. L’hémoglobine a en effet la propriété de se comljiner avec l’oxygène [o.ryhémoglobine) et c’est ainsi que le sang devient le véhicule particulier de ce gaz qu’il transporte dans l’intimité des tissus.
Les globules rouges nous apparaissent donc comme les éléments les plus importants du sang. Leur nombre et leur taille varient avec les espèces et aussi dans certaines conditions spéciales de l’organisme chez un même individu.
Chez l’homme, les globules rouges mesurent environ 7 p. ; ils sont un peu plus considérables chez l’Éléphant (9 u, 4) et chez le Lion (7 p, 9) ; chez les Singes, le Lapin, le Cobaye ils ont 7 P comme chez l’homme ; chez la plupart des autres iNIammifères ils sont un peu plus petits : chez le Chien, par exemple, leur diamètre n’atteint que 6 p, 7; chez le Cheval, 6 p, 5 ; ils sont particulièrement petits chez la Chèvre (4 p, 5) et surtout chez le Chevrotain de Java (2 p).
lé' hémoglobine ou matière colorante rouge des hématies est
MAMMIFERES
une substance albuminoïde renfermant du fer (o,43ào,45 p. loo) et capable de cristalliser. Elle peut être dédoublée en une substance azotée [glohine] et une substance renfermant le fer et dite hémaline. Cette hématine est de couleur brune ; elle ne cristallise pas, mais ses sels sontcristallisables. C’est ainsi que le chlorhydrate d’hématine ou hémine, particulièrement connu parce qu’il se prépare facilement sous le microscope, donne des cristaux rhomboïdaux d’un brun foncé, caractéristiques, qui permettent de déceler des traces de sang dans les recherches médico-légales et autres.
Un autre dérivé de l’hémoglobine est Vhémato'idine qui se forme spontanément dans les foyers hémorragiques anciens. Elle apparaît en beaux cristaux rouges qui sont des prismes obliques à base rhombe.
L’hémoglobine possède encore une propriété très impoi'tante à connaître lorsqu’il s’agit de déceler la présence du sang par la recherche de l’hémoglobine. Vue au spectroscope, elle présente deux bandes d’absorption qui occupent dans le spectre une situation constante, dans le jaune-vert, entre les raies D etE de Fraüenhaufer. jNIais ces bandes d’absorption sont caractéristiques seulement de l’hémoglobine oxygénée (oxyhémoglobine) ; si on la prive d’oxygène, on voit les bandes d’absorption se rapprocher puis se confondre en une large bande noire dite bande de réduction de Slolces.
Les globules blancs ou leucocytes sont des éléments sphériques, incolores, qui par ces caractères et parleurs dimensions se distinguent à première vue des globules rouges avec lesquels ils se trouvent dans le sang. Les leucocytes mesurent en effet, 9 p- de diamètre. Leur nombre d’autre part est beaucoup moindre que celui des hématies ; on admet i globule blanc pour 600 à 700'globules rouges.
Les histologistes ont longtemps discuté sur l’existence d’un noyau dans les globules blancs ; ce noyau en effet est fort difficile à voir dans le globule vivant. 11 est reconnu aujourd’hui