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qu’il existe en réalité plusieiire variétés de globules blancs. La plus répandue dans le sang est celle à noyau étranglé par places et simulant un chapelet de 3 ou 4 grains (noyaux multiples des anciens auteurs). Dans une autre variété le noyau est simple.

Quoi qu’il en soit, un caractère important des leucocytes est leur nature amiboïde, c’est-à-dire que, dans certaines conditions, leur substance protoplasmique manifeste à un haut degré la propriété de se déformer, d’émettre des prolongements, en un mot de se mouvoir spontanément. De là la facilité avec laquelle ils traversent dans certaines conditions les parois des vaisseaux (diapédèse). Les leucocytes jouent également un rôle important dans le phénomène de la phagocytose ; on sait que la phagocytose est un des procédés de défense de l’organisme, consistant dans la destruction des Bactéries que les leucocvtes absorbent et digèrent.

Plasma. — Le plasma ou partie liquide du sang vivant renferme, en outre de l’eau et des sels, des matières albuminoïdes dont les unes sont solubles dans l’eau distillée (albumines proprement dites) et les autres insolubles (globulines). Parmi ces dernières il en est une qui a reçu le nom de fibrinogène en raison du rôle qu’on lui attribue. Cette substance serait l’ao^ent de la coagulation.

On sait que le sang, hors des vaisseaux, entre rapidement en coagulation, c’est-à-dire ([u'il se prend en une masse solide, semblable à de la gelée, en un caillot., qui au bout d’un certain temps de repos se départage en une partie solide, rouge, le crno/\ et une partie li(juide jaunâtre, le liqnor ou sérum. Or ce sérum dilïère du plasma ou partie liquide du sangvivant par sa composition en matières albuminoïdes ; la globuline du plasma, connue sous le nom de fibrinogène., s’est dédoublée ; elle a produit une autre globuline et une substance nouvelle, la fibrine., qui s’est déposée en un lacis de filaments

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enserrant les hématies étalonné le caillot. On pense que ce dédoublement du fibrinogène s’opère au moyen d’un ferment soluble spécial [fibrinferment) sécrété par certains éléments du sang (probablement les hématoblastes).

Sérums thérapeutiques. Sérothérapie. — A propos du sang, nous devons parler d’une méthode thérapeutique nouvelle qui a déjà fait ses preuves et dont l’avenir est plein de promesses. Cette méthode désignée sous le nom de sérothérapie., emprunte au sang des animaux immunisés contre un microbe, dans certaines conditions déterminées, un pouvoir curatif ou tout au moins préventif à l’égard des maladies produites par des microbes de même espèce. Et comme il a été reconnu que c’est dans la partie liquide du sang et non dans les globules que réside le pouvoir thérapeutique en question, c’est le sérum des animaux immunisés qui est utilisé, d’oii le nom donné à la méthode.

Les sérums thérapeutiques sont de véritables médicaments (pii se préparent, comme nous allons le dire par des procédés tout à fait scientifiques. Leur puissance, il est vrai, paraît bien se développer grâce à l’intervention de produits végétaux (toxines microbiennes), mais ces produits ne fonctionnent que comme excitateurs des cellules de l’animal (|u’on immunise et la vertu thérapeuticjue du sérum dépend de la production de substances spéciales (antitoxines) par ces cellules réagissant sous l’excitation. Les sérums thérapeutiques sont donc non seulement des médicaments, mais encore des médicaments d’origine animale. Leur étude trouve donc bien sa place ici (i).

(i) On ne saurait en dire autant des vaccins i}ui sont des virus atténués ou des toxines altérées, c’est-à-dire des produits végétaux microbiens plus ou moins modifiés.

Nous taisons encore moins allusion aux sérums artificiels, dont le plus employé connu sous le nom de sérum physiologique est simplement composé de 7, ,io grammes de sel marin pour i 000 grammes d'eau. Tous ces sérums artificiels ne sont en effet que des solutions salines et ils n’ont rien avoir avec les médicaments qui nous occupent.

SÉRUMS THÉRAPEUTIQUES

On sait depuis longtemps que certains animaux sont plus ou moins complètement réfractaires à des maladies déterminées. L’idée vint à divers physiologistes que cet état réfractaire dépendant d’une condition spéciale des humeurs de ces animaux, cette condition devait se retrouver dans leur sang- et ({u’il serait peut-être possible de conférer l’immunité à d’autres animaux en leur injectant des doses plus ou moins fortes de sang des animaux réfi-actaires (Ch. Richet et Iléricourt). iNlais il se dégagea bientôt, de toutes les expériences faites dans ce sens, ce principe ([ue l’immunité naturelle ne s’acconqiagne pas nécessairement de propriétés antitoxi(|ues du sérum de l’animal réfractaire et que, par contre, l’immunité artitîcielle r/c/ice, c’est-à-dire celle qui s’obtient, comme nous l’indiquerons, en ])rovoquant des réactions cellulaires énergiques chez l’animal en expérience, s’accompagne de l’acquisition par le sérum de propriétés antitoxiques d’autant ]dus énergiques qu’on a pu disposer de toxines plus actives pour provoquer les réactions.

Préparation des sérums thérapeutiques. — C’est en se basant sur ce dernier principe que Behring, Roux, Kitasato et .Martin arrivèrent à déterminer une méthode générale de préparation des sérums antitoxi([ues. Les premiers fruits de cette méthode ont été la découverte successive des sérums antidi])htéri((ue et anti-tétanique. Ce n’est pas ici le lieu de retracer l’histoire de ces mémorables découvertes, mais il nous revient d’indiquer succinctement le mode de préparation ou pour mieux dire les «■randes lio-nes de la méthode générale de Behring et Roux.

Sérum aniicliphtérique. — Pour préparer le sérum antidiphtérique il faut disposer d’une toxine très active. Pour l’obtenir on doit choisir un bacille très virulent que l’on cultive dans un milieu approprié (bouillon de veau peptonisé, de iMartin). Dans ces conditions le microbe sécrète une abondante toxine d’une grande puissance. La culture est alors

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filtrée sur bougie de ])orcelaine. Le filtraluni renferme la toxine et c’est lui qui va servir à immuniser les animaux destinés à fournir le sérum antidiphtérique.

L’animal tle (dioix pour rimmunisation est le cheval, d’abord parce que son sérum normal est inoü'ensif pour l’homme et ensuite parce qu’il supporte mieux <pie beaucoup d’autres animaux les injections de toxine etqu’enfin on peut lui soustraire de grandes quantités de sérum, sans l’affaiblir outre mesure.

L’injection de la toxine se fait sous la peau de l’encolure. En raison delà viridence extrême du produit il a été reconnu qu’il faut commencer par des doses excessivement minimes. On a songé aussi à atténuer la toxine au moins pour les premières inoculations. Behring se servit pour cela d’un mélange de trichlorure d’iode et de toxine. Roux intronisa l’usage de la toxine iodée (mélange à la toxine de liqueur de Orani en proportion décroissante à mesure que progresse le nombre des inoculations). On commence par inoculer un quart de centimètre cube de toxine (i) mélangée d’un dixième de solution de Gram, puis le deuxième jour on élève la dose à un demicentimètre cube et on répète la même injection tous les deux jours jus([u’au huitième jour. Le dix-septième jour on donne un quart de centimètre cube de toxine pure et on continue à donner tous les deux ou trois jours des doses croissantes de toxine de manière à atteindre 3o centimètres cubes A^ers le cinquantième jour, puis 6o centimètres cubes, du cinquantetroisième au soixante-septième jour, etc., on arrive ainsi à pouvoir injecter jusqu’à a5o centimètres cubes le quatrevingtième jour.

L’animal est alors immunisé solidement pour longtemps mais, pour maintenir le pouvoir antitoxique de son sérum il est

(i) Il s’agit clans l'exemple cjue nous empi'iintons à Roux d’une toxine très active qui tuait un cobaye de âoo grammes en quarante-huit heures à la dose de un dixième de centimètre cube.

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nécessaire de continuer les injections de toxine à intervalles régnlièreinent espacés.

Lorsque riinnuinisalion a été obtenue, on fait des prélèvements de sang sur l’animal en ponctionnant aseptiquement la veine jugulaire. C’est le sérum qui se sépare du sang ainsi re('ueilli, qu’on distribue darws des llacons de lo centimètres cubes de ca])acité, où il se conserve pendant plus d’une année sans l’addition d’aucun antiseptique, grâce à la pasteurisation (|u’on lui fait subir (i).

Le sérum antidiphtéricpie est à la fois préventif et curatif. Il n’en est pas tout à fait de même du sérum antitétanique qui; dans les conditions de préparation actuelles est avant tout [)réveutif et n’agit (mmme curatif que dans les cas rares de tétanos à débuts très lents.

Sérum anlitélaniquc. — Le sérum antitétanique se prépare de la même manière que le sérum antidiphtérique. C’est la toxine tétanicpie iodée (méthode de Roux) qui est injectée au cheval que l’on veut immuniser et quand l’immunisation est obtenue le sérum du cheval ainsi traité a acquis un pouvoir antitoxique considérable (2).

Sérums divers. — D’autres sérums sont préparés parmi lesquels nous citerons particulièrement le sérum antipesteux (Yersin) qui a maintenant fait ses preuves et qui jouit à la fois de propriétés préventives et curatives, le sérum anti-strepto-

(1) On aura l’idée de la puissance antitoxique que peut avoir le sérum antitétanique si l'on se souvient que le sérum délivré couramment par l'Institut Pasteur a un pouvoir antitoxique de looooooooo (( milliard), c’est-à-dire suivant le principe de notation adopté par Roux, qu’il suffit d’injecter à une souris une quantité de ce sérum égale à i/iooooooooo de son poids pour la préserver contre la dose mortelle de toxine.

(2) Les divers sérums peuvent être également desséchés. Ils se présentent alors sous la forme de poudres qui conservent parfaitement toutes leurs propriétés antitoxiques et qui sont môme moins altérables à l’air et à la lumière que les sérums liquides. L’Institut Pasteur délivre ces sérums desséchés renfermés dans des tubes en verre scellés à la lampe, et dont le contenu répond à lo centimètres cubes de sérum liquide.

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cocciqae de ^larmorek qui a donné des résultats très satisfaisants dans l’érysipèle, la fièvre puerpérale, les angines diphtériques compliquées de streptocoques, etc. Il est toutefois bon de noter qu’il existe des races nombreuses de streptocoques et l’action du sérum de ^larmorek ne paraît être certaine qu’autant qu’il est employé contre une affection causée par un streptocoque de môme race ou de race très voisine de celui qui a servi à le préparer (i). — Ajoutons que ^larmorek, pas plus c[ue les autres expérimentateurs qui s’y sont essavés, n’ont réussi à obtenir une toxine streptococcique abondante. La toxine produite par les microbes ne se retrouve qu’en très faible (piantité dans les cultures filtrées si bien qu’il est impossible de se servir de cette toxine pour immuniser les animaux qui doivent fournir le sérum tbérapeuti(|ue. ^Marmorek, pour ol)vier à cet inconvénient a substitué à l’injection de toxine, l’inoculation de cultures dont la virulence avait été exaltée dans des proportions considérables (a). C’est ce streptococpie très virident qui est inoculé au cheval à doses progressivement croissantes jusqu’à immunisation solide. Le sérun^ de ce cheval a alors acquis des propriétés préventives et curatives indéni ables (3).

Cbarrin et Roger de leur côté ont obtenu également un sérum antistreptococcique en usant, pour l’immunisation du cheval, non pas de cultures bypervirulentes, mais au contraire de cultures atténuées par la chaleur.

(i) C’est au moins une manière devoir, car pour Marmorek tous les streptocoques sont de même nature et les affections variées qu'ils sont susceptibles de produire dépendent seulement de leur virulence propre et du milieu dans lequel ils évoluent. Dans ce cas, il faut donc dans l’obtention du sérum s’attacher à avoir un sérum extrêmement actif dont le pouvoir pût s’appliquer à tous les streptocoques, même aux plus virulents. Or, pour arriver à ce résultat, il faudrait pouvoir obtenir une toxine active et, comme nous le disons, c’est ce qui n'a pas encore été fait.

(a) Le milieu de culture obtenu par Marmorek pour obtenir cette exaltation se compose de sérum humain mélangé à du bouillon peptonisé. Par des passages successifs dans le corps du lapin, par exemple, la virulence devient tellement intense « qu’un microbe unique, pour ainsi dire, écrit l’auteur, introduit sous la peau d'un lapin suffit à le faire périr »,

(3) Voir Landouzy. Les Sérothérapies. Carré et Naud, édit., Paris, 1898.

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Nous ne pouvons que mentionner les divers autres sérums thérapeutiques, tels que les sérums anticholérique, antitijphiqiie, a nti pneumonique, etc. Ils sont encoi'e à l’étude et les résultats obtenus, bien que très encourageants ne sont pas absolument décisifs. Il en faut dire -autant du sérum antituberculeux, particulièrement de celui de Maragliano qui n’agit que partiellement et seulement sur certaines des toxines produites par le bacille (i).

Sérum antivenimeux. — En même temps que se poursuivaient les recherches si fécondes dont nous venons de donner un aperçu sur les toxines végétales et sur les antitoxines dont elles provoquent la formation dans l’organisme des animaux, l’attention des physiologistes se trouva attirée par contrecoup sur les venins qui, par beaucoup de leurs caractères tant chimiques que biologiques rappellent les toxines végétales et apparaissent comme des toxines animales de nature très comparable.

Calmette, Phisalix et Bertrand, en France, Fraser, en Angleterre, ont attaché leur nom à cette intéressante question à laquelle ds ont donné une solution tout à lait satisfaisante.

La préparation du sérum antivenimeux s’inspire des mêmes méthodes qui ont si bien réussi pour les sérums théiapeutiques anti-microbiens. Chez les serpents, la toxine réside dans le venin même ; on peut donc immuniser des chevaux soit en se servant de venin atténué par la chaleur (procédé de Phisalix et Bertrand), soit en utilisant le venin pur, mais en commem'ant par des doses extrêmement faibles, soit enfin, comme le fait Calmette en injectant du venin additionné de [iroportions décroissantes d hypochlorite de chaux à i/6o. Les injections répétées à peu près tous les quatre ou cinq jours

(i) Mous n’avons rien à dire des diverses tuberculuies de Koch et autres qui ne sont que des dissolutions de toxines microbiennes dans la glycérine et qui, par suite, ne sont pas des produits d'origine animale.

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donneni au ]:>oat de 6 mois environ une solide immunisation du cheval en expérience qui peut fournir alors un sérum suffisamment actif.

Parmi les particularités qu’olfre ce sérum antivenimeux qui est à la fois préventif et curatif, quand l’emploi n’en est pas fait trop tardivement, nous relèverons les suivantes : Il est thérapeutique à l’égard des venins des diverses espèces de serpents, et il l’est aussi à l’égard du venin des scorpions.

Nous ne pouvons entrer dans plus de détails au sujet des sérums thérapeutiques, cariions n’avons à les envisager ici que comme produits animaux, et si nous devions montrer par quel- ([iies exemples sur quels principes est fondée l’obtention de cette nouvelle et importante série de drogues d’origine animale, il ne nous appartient point, pas plus que nous ne l’avons fait pour les autres drogues, de disserter sur le mode d’emploi j ou de faire l’histoire, si intéressante qu’elle soit, de toutes les | tentatives qui ont finalement abouti aux résultats que nous ‘

avons enregistrés. Mais nous ne saurions abandonner cette «

question des sérums thérapeutiques sans insister encore une ; fois sur les progrès considérables qu’elle marque dans l’évolution de l’art deguérir et surle rang élevé qu’elle doit occuper ' en matière médicale (i).

(i) A ce propos, il nous paraît utile de reproduire le texte de la loi du aô avril 189,1 qui régit la préparation et la vente des sérums thérapeutiques. Eu reproduisant le texte de cette loi nous émettrons toutefois le regret que lepremierarticle n’en soit que très imparfaitement appliqué, si bien qu’il se débite sous le nom de sérums des mélanges invraisemblables qui certes n'ont jamais obtenu l’autorisation du Gouvernement.

Article premier. — Les virus atténués, sérums thérapeutiques, toxines modifiées et produits analogues pouvant servir à la prophylaxie et à la thérapeutique des maladies oontagicuses, et les substances injectables d’origine organique non définies chimiquement, appliquées au traitement des affections aiguës ou chroniques, ne pourront être débitées à titre gracieux ou onéreux qu’autant qu’ils auront été, au point de vue soit de la fabrication, soit de la provenance, l’objet d’une autorisation du Gouvernement, rendue après avis du comité consultatif d’hygiène de France et de l’Académie de médecine.

Ces produits ne bénéficieront que d’une autorisation temporaire et révocable. Ils sont soumis à une inspection exercée par une commission nommée par le ministre compétent.

Art. 2. — Ces produits seront délivrés au public par les pharmaciens, surordon-

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