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Rhône, examiné à l’état frais, ne semblent pas confirmer les précédents résultats et démontrent en tout cas que par la dessiccation le contenu des glandes à castoréum se modifie d’une manière considérable. Dans la substance fraîche, en effet, M. J. Gai n’a retrouvé ni castorine ni acide phénique bien que, les Castors du Gardon se nourrissent d’écorce de saule. 11 y a donc lieu de tenir compte, dans l’emploi thérapeutique, de l’état plus ou moins frais des poches employées. On devra également tenir compte de la perte de poids considérable que subit le castoréum en se desséchant; de recherches sur le castoréum de Sibérie (i), il résulte que, en présence de l’acide sulfurique un échantillon commence d’abord par perdre rapidement de son poids, puis plus lentement, et enfin le poids reste constant à partir du huitième mois.
La perte totale dans ce laps de temps a été de 38 p. loo.
Sur des échantillons de castoréum provenant de Castors du Rhône (2), M. Mingaud a constaté, à l’air libre, une perte de poids variant de 3i,5 à 65 p. 100, suivant le volume des échantillons, les plus petits perdant plus que les échantillons volumineux.
Formes commerci.'^les. — On distingue deux formes commerciales : le castoréum cl' Amérique ou du Canada, à peu près seul usité en France et en Angleterre, et le castoréum de Russie ou de Sibérie, employé de préférence en Pologne et en Russie, où il atteint un prix élevé.
Le castoréum d' Amérique (3), comme écrit Guibourt, « nous est présenté par le commerce, desséché dans ses deux poches,
(i) rharmaceutische Zeitung, i8()4? P- 48ü et p. 544.
{2) Gui. Mingaud. Pei’te de poids à l’air libre du castoréum du Gardon, in Journ. de pharm. et de chimie, ü* série, t. V, n» 8, i.â avril 1897, p. 894.
(3) On distinguait autrefois deu.v formes que l’on désignait sous les noms de G. du Canada et de G. de la baie d’Uudson. Guibourt a rejeté avec raison cette distinction, en faisant remarquer que tout le castoréum vendu sur le marché anglais est fourni par la Compagnie de la baie d’IIudson.
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encore unies ensemble à la manière d’une besace et plus ou moins ridées et aplaties. Il a encore une odeur très forte et môme fétide; une couleur brun noirâtre à l’extérieur, brun fauve ou jaunâtre à l’intérieur; une cassure résineuse, entremêlée de membranes blanchâtres; une saveur âcre et amère ; souvent aussi, au lieu d’être tout à fait sec, le castoréum étant plus nouveau conserve une certaine mollesse et alors son odeur et sa saveur sont encore plus fortes ». Le contenu est caractérisé par une coloration d’un brun-rouge soluble dans l’alcool. On devra choisir, de préférence aux poches aplaties et fripées, celles qui sont bien gonflées, mamelonnées à leur surface, pleines de leur produit de sécrétion; on trouve en effet, à ce point de vue, de grandes différences dans les échantillons que livre le commerce, suivant que les poches ont été prélevées sur des individus plus ou moins éloignés de l’époque du rut (i).
On trouve encore dans le commerce des poches accompagnées des glandes anales qui ont été enlevées en même temps qu’elles ; Guibourt a même figuré un échantillon de castoréum comprenant les quatre glandes et une partie du fourreau préputial avec le pénis.
Le casLoréum de Russie est en poches moins allongées, presque arrondies, rarement complètement séparées, mais plus ou moins entièrement unies en une masse bilobée, cordiforme, munie d’un court pédicule. Elles peuvent avoir ensemble 738 centimètres de large sur 5 à 6 centimètres de hauteur. Le contenu en est jaunâtre, sans la matière rouge soluble dans l’alcool qui caractéxâse la forme américaine ; de plus, il est cassant, friable, et l’arome propre est en partie caché par une forte odeur de cuir de Russie, due à ce que les
(i) On admet, en effet, que la sécrétion des glandes à castoréum est activée à l’époque du rut ; sans qu’on puisse être affirmatif, on peut admettre qu elle a pour rôle d'attirer les sexes l’un vers l’autre.