‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 41 sur 108 · DAMAN · texte numérisé non relu

DAMAN

qu’on n’observe chez aucun autre Ongulé de la période actuelle (i). Par contre, de môme que chez les Ongulés périssodactyles, l’omoplate est dépourvue d’acromion et la forme des dents molaires rappelle celle des molaires du Rhinocéros.

Daman [Hyrax) (2).

Aspect extérieur. — Les Damans sont de petits animaux de la taille du Lapin, à poils doux parsemés de soies plus longues, dépourvus de queue, celle-ci étant réduite à un moignon caché dans la fourrure. Les pattes sont courtes; les antérieures sont munies de quatre doigts et d’un pouce rudimentaire visible seulement sur le squelette ; ces doigts sont réunis par la peau et pourvus chacun d’un ongle plat. Aux pattes postérieures il n’y a que trois doigts pourvus également d’ongles plats, sauf l’orteil interne qui porte un ongle crochu, muni d’un double tranchant et contourné autour de la phalange qui elle-même est fourchue.

Car.^ctères anatomiques. — Le système dentaire (3) répond à la formule f — ; c — ; nm m Les incisives

inférieures sont proclives ; une barre les sépare, en haut, de la canine (que les anatomistes considéraient en général comme la première prémolaire), en bas, des prémolaires. Les molaires, surtout les inférieures, se rapprochent de celles des Rhinocéros et leur face triturante présente comme chez ces Ongulés la forme d’un double croissant à concaAÛté interne.

Le Daman présente certaines particularités anatomiques qui lui sont tout à fait propres ; c’est ainsi que les parties cardiaque et pylorique de l’estomac sont très nettement

(1) Los central est un os interposé aux deux rangées du carpe, entre le scaphoïde et le grand os. Rare chez 1 homme adulte, il est plus fréquent chez le fœtus. C’est un élément normal du carpe dos Mammifères pcntadactyles.

(2) A. George. Monographie du genre Daman. Ann. des sc. nat., 1875.

(3) Aoir Lataste. C. R. Soc. de biologie, 1886.

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séparées par une sorte de bourrelet saillant ; cet organe rappelle beaucoup celui du Rhinocéros. D’autre part, il existe deux cæcums. Le premier occupe sa place normale à l’origine du gros intestin ; il est très volumineux et sa capacité l’emporte môme sur celle de l’estomac ; le second se trouve entre le côlon ascendant et le côlon Iransverse ; c’est un renflement considérable muni de deux appendices coniques. Ajoutons que le foie ne présente pas moins de sept lobes et que le cerveau du Daman parla disposition de ses circonvolutions est très caractéristique et ne pourrait guère être rapproché que de celui des Carnassiers (^George, loc. cit.).

Habitat et Mœurs. — Les Damans vivent en Afrique et dans les régions de l’Asie les plus voisines, en Syrie, au mont Liban, etc. Ils sont représentés d’ailleurs dans ces localités par des espèces particulières à chacune d’elles. Les espèces principales de Damans sont :

1“ Le Daman du Cap, Hyrax capensis ButT., à pelage variant du gris fer au brun rougeâtre, avec bande dorsale noire. C’est la Marmotte du Cap de Buffon ; il habite le sud de l’Afrique.

2“ Hyrax hahessinicus Hompr. etEhr., à pelage gris de fer ponctué de noir; bande dorsale noire, ventre blanc. Habite l’Aliyssinie.

3° Hyrax syriacus Gray; pelage d’un jaune plus ou moins foncé à bande dorsale jaune vif. H habite l’Asie, la Palestine et l’Arabie.

D’autres espèces encore difïiciles à classer rentrent dans un autre genre dit Dendrohyrax.

Les trois espèces que nous avons citées vivent dans les montagnes où elles hantent les fentes des rochers ; d’autres demeurent dans les forêts et habitent les creux des arbres. La démarche de ces animaux est lourde, mais s’ils sont effrayés ils manifestent une grande agilité et sautent de rochers en rochers par petits bonds successifs. Ils se nour-

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rissent de jeunes pousses, d’herbes, de feuilles et surtout de plantes aromaticpies. Ils sont très gloutons. Leurs excréments sont rendus en masse comme le sont ceux des Pachydermes.

Ces animaux se conservent très bien en captivité et s’apprivoisent facilement.

Hyracéum.

Il fut un temps où les pharmacopées inscrivaient au nombre des remèdes pouvant être employés comme succédanés du castoréum, une substance que l’on désignait sous le nom A' Hyvacéum.

Telle qu’elle était livrée dans le commerce c’était une matière noirâtre, dure, à cassure vitreuse, comme l’asphalte, substance avec lequelle elle fut confondue (Thunberg), ayant une assez forte odeur de castoréum. On crut tout d’abord que ce produit qui venait du Cap de Bonne-Espérance, était une sécrétion de glandes analogues à celles du Castor. Mais le Daman n’a aucune glande de cette nature ; on admet aujourd’hui que c’est un mélange d’excréments et d’urine du Daman (les habitants du Cap le désignent d’ailleurs sous le nom de Dassenpiss ou pissat de Blaireau). Il est certain que les Damans abandonnent sur les rochers des quantités considérables d’excréments, et les analyses microscopiques de HyrtI ont démontré que l’hyracéiim renferme tous les éléments que peut comporter le caput mortuiiin de la digestion d’un herbivore : débris de végétaux, portions ligneuses ou corticales, cristaux d’acide urique, matières colorantes de la bile, particules résineuses, etc. Telle est donc bien la nature de l’hyracéLun, qui d’ailleurs n’est plus employé de nos jours.

PÉRISSODACTYLES

On désigne sous ce nom les Ongulés chez lesquels l’axe de symétrie des extrémités passe par le troisième doigt ; l’astra-

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gale s’articule par des surfaces planes à la fois avec le cuboide et avec le scaphoïde.

A ce groupe appartiennent les Equidés dont les formes actuelles n’ont qu’un seul doigt complet (Cheval (fig. 33), Ane, Zèbre, Ilémione, Damv) et les Rhinocérotidés, avec trois doigts sensiblement égaux, pourvus de sabots. Nous n’insisterons j)as sur les caractères de ce groupe qui n’a rien à voir avec la Matière médicale. Le lait d’Anesseetle lait fermenté de la Jument {Koumiss) sont à la vérité conseillés dans certains cas par les médecins, mais ce sont en réalité des aliments et non des médicaments. On expédiait autrefois de Chine, au dire de Guibourt, une sorte de gélatine préparée avec la peau d’Ane et qui était connue sous le nom de colle de peau d'âne ou hockiak ; cette substance, ajoute-t-il, était recommandée comme analeptique. Elle est aujourd’hui complètement tombée en désuétude et l’on peut dire que le groupe des Périssodactyles n’oflre aucun intérêt direct au point de vue où nous nous plaçons. (Voir toutefois le paragraphe Sérothérapie, p. 26.)

Fig. 33. — Membre antérieur de Cheval, montrant le doigt unique et en m l un des deux métacarpiens latéraux styliformes.

ARTIODACTYLES

Ce groupe, largement représenté dans la nature actuelle, comprend tous les

Ongulés dont le nombre de doigts est pair au membre postérieur et chez lesquels 1 axe de symétrie

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RUMINANTS

du mcmljre antérieur passe entre les troisième et quatrième doigts, le deuxième et le cinquième doigts Ibrmant une autre paire symétrique lorsqu’ils existent. Les surfaces articulaires de l’astragale pour le scaphoïde et le cuboïde, ne sontpas planescomme chez les Périssodactyles, mais conA^exes et séparées^ par une profonde dépression,

Ibrmantensemble une sorte de trochlée. Les Artiodactyles comportent deux subdivisions : 1° les Rumi-

nants; 2° les Pachydermes.

Car.actères GÉXÉIRAL’X. —

On range dans cet ordre les Artiodactyles chez lesquels les métacarpiens des troisième et quatrième doigts et les métatarsiens des troisième et quatrième orteils se soudent en un os unique à chaque extrémité. Cetos(fig. 34) est désigné sous le nom d’o5 canon (Hyæmoschus excepté). A part les Ghevrotains qui ont quatre doigts, tous les autres Ruminants n’en ont que deux. Leur nom de Ruminants leur vient d’une particularité physiologique qui est en connexion avec certaines dispositions anatomiques propres au groupe. Ces animaux ruminent, c’est-

Fig. 34. — Membre antérieur de Ruminant, c, os canon.

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à-dire qu’après avoir emmagasiné dans un réservoir spécial • (pause) une certaine quantité d aliments, ils régurgitent ces aliments pour les soumettre à une trituration complète à la suite de laquelle seulement ceux-ci passent successivement

Fig. 35. — Estomac de Ruminant, face postérieure. a, œsophage. — b, bonnet ouvert. — g, gouttière œsophagienne. — f, feuillet. e, estomac proprement dit. — p. panse.

dans les autres parties de l’estomac désignées sous les noms de bonnet, feuillet et caillette (fig. 35). C’est la caillette qui est l’estomac dif fond, c’est-à-dire celui où siègent les glandes à pepsine. Somme toute chez les Ruminants l’estomac comprend quatre poches (i).

Le système dentaire des Ruminants (fig. 36) est caractérisé par l’absence d’incisives à la mâchoire supérieure (2);

(1) Sauf toutefois chez les Camélidés et les Tragulidés (voir Alph. Milne-Edwards, loc. cit.), qui n’ont que trois poches stomacales, le feuillet faisant défaut.

(2) A l’exception cependant des Camélidés qui possèdent une paire d’incisives à la mâchoire supérieure.

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les canines font le plus souvent défaut et les molaires, très généralement au nombre de g- , sont du type à deux doubles

Fig. 36. — Tète osseuse de Mouton, montrant l’absence d’incisives supérieures et la forme des molaires.

croissants^ c’est-à-dire que les replis d’émail forment sur la surface triturante deux collines sinueuses antéro-postérieures qu’un repli transversal subdivise en deux doubles croissants.

Bea.i;reca.rd . Mat. méd.

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Parmi les particularités anatomiques propres aux Puiminants, nous ne saurions passer sous silence l’existence des contes, appendices du frontal qu’on observe particulièrement bien développés chez les mâles, bien que les femelles en soient pourvues souvent aussi.

On peut reconnaître trois types de cornes :

I® Celles des Camélopardés (Girafes), qui sont épiphysnires, c’est-à-dire qui se développent par un point d ossification spécial au niveau de la suture du frontal et des pariétaux. Elles ne sont pas un prolongement de l’os frontal, elles sont simplement implantées sur cet os. Au début même de leur développement elles sont mobiles, et ce n’est que plus tard qu’elles se soudent à l’os frontal. Ces cornes épipbysaires restent pendant toute la vie recouvertes de peau.

2® et 3® Les deux autres types sont constitués par une apophyse frontale au, sommet de laquelle se développe, par l’intermédiaire de substance préosseuse, un appendice ou corne. Deux cas sont à considérer :

a. Dans le cas des Ruminants ordinaires, dits cavicornes, l’apophyse frontale est une surélévation, à la fois, de l’apophyse sourcilière et de la ligne courbe de l’apophyse orbitaire externe. Au sommet de cette surélévation croît la corne, pari intermédiaire de substance préosseuse (voir p. 5); cette corne, connue sous le nom de cheville osseuse ou axe osseux, est persistante et se recouvre d’un étui corné. Elle est tantôt pleine (Antilopidés), tantôt creusée de sinus aériens en communication avec les sinus frontaux. Dans ce dernier cas, ou bien les cornes siègent en avant, entre les cercles orbitaires i Capridés), ou bien elles sont situées plus en arrière au-dessus des fosses temporales (Bovidés). La lorme des chevilles osseuses est très variée; elles peuvent être droites, arquées, lyrécs, spiralees, coniques, aplaties, etc. ; elles sont exactement enveloppées par les étuis cornés, qui, dès lors, affectent les mêmes configurations.

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b. Dans le cas des Cervidés, l’apophyse frontale reçoit le nom de pivot ou couronne^ et la corne qui se développo à son extrémité par l’intermédiaire de substance préosseuse est caduque et appelée bois. Le bois est généralement l’apanage des mâles (i ) .

Ainsi le bois des Cervidés est l’homologue de la cheville osseuse des Ruminants cavicornes (2). Nous étudierons avec quelques détails, à propos de la corne de Cerf des pharmacies, comment se font la chute et la régénération des bois et quelle est leur structure particulière.

Enfin, quelques Ruminants sont dépourvus de cornes (Caméliens, Moschidés) ou n’en ont que de rudimentaires (Muntjac); on remarquera qu’un développement marqué des canines coïncide précisément avec cette absence de cornes.

Les organes génitaux mâles des Ruminants présentent les caractères suivants : la verge, comme chez les Carnassiers, arrivée à la symphyse pubienne continue son chemin en avant vers l’ombilic. Dans ce trajet son fourreau préputial lui est fourni par la peau de l’abdomen; nous avons fait connaître page 35 le mode de développement de ce fourreau. Des muscles rétracteurs retiennent la verge, au repos, dans le fourreau et sous cette action elle se recourbe sur elle-même à sa base. Ces muscles rétracteurs ont leur insertion mobile sur les côtés des corps caverneux et leur insertion fixe ati sacrum, par l’intermédiaire de cordons fibreux; d’autre part, il existe des muscles rétracteurs et des muscles protracteurs du fourreau. Les premiers s’insèrent dans la région périnéenne et par l’autre extrémité sur les côtés du prépuce; les seconds, composés de plusieurs faisceaux, naissent des parois de l’abdomen, en

(1) Toutefois, chez les Rennes, dont les bois sont persistants et non caducs, les femelles en sont pourvues comme les mâles.

(2) Ch. Robin et Ilerrmann. Mémoire sur la génération et la régénération de l'os des cornes caduques et persistantes des Ruminants. In Journ. de l'Anat. et de la l'/iys,, 1882, p. 2o5.

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avant de l’ouverture préputiale, et se réunissent sur le bord postérieur de ce pli cutané, de manière à constituer une sorte de sphincter en forme d’anse.

Peu d’autres particularités à signaler; rappelons toutefois l’absence ou l’état très rudimentaire du protometra.

Classification. — En utilisant les diverses particularités d’organisation que nous venons d’exposer, il est facile d’établir un groupement des nomlireuses familles que comporte l’ordre des Piuminants. On a tout avantage alors, comme je l’ai indiqué ailleurs (i), à se servir pour établir les premières divisions des remarqualiles caractères que présente la placentation envisagée dans les différentes familles du groupe. En effet, le placenta est diffus chez les Camélidés et les Tragulidés, tandis qu’il est cohjlédonaire (2) chez tous les autres Ruminants. On peut donc faire une première subdivision, celle des Acoiijlédonés, comprenant les deux familles des Camélidés et des Tragulidés. Leur rapprochement est encore justifié par ce lait que les Tragulidés n’ont point de feuillet h l’estomac et que chez les Camélidés cette même poche est très rudimentaire. En même temps, les Camélidés comme les Tragulidés sont dépourvus de cornes; mais les Camélidés progressent sur des sortes de semelles qui garnissent la face inférieure de leurs pieds (3), et leurs hématies sont elliptiques, tandis que les Tragulidés sont onguligrades et ont des hématies circulaires.

Les Ruminants h placenta cotylédonaire, d’autre part, comportent deux subdivisions, suivant que les cotylédons sont

(1) Note sur la placentation des Ruminants, par MM. H. Beauregard et Raoul Roulart, in Journ. de l'Anal. et de la Phys., i885, et Bull, des natural. du Muséum, 1897, II» I , p. 20.

(2) Un placenta diffus est celui dans lequel les villosités sont uniformément répandues à la surface du chorion. Lorsque ces villosités se groupent et s’hypertrophient par places, ces groupes sont appelés cotylédons et le placenta est dit cotylédonaiie.

(3) D’où le nom de Tylopodes qu’on leur donne.

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