CA CH A LOT
Leurs formes et leurs dimensions sont assez différentes d’un individu à un autre (i) ; elles sont tantôt aiguës et un peu courbes, tantôt obtuses, droites et peu saillantes. La couronne présente des traces d’usure plus ou moins précoces et prononcées.
Tète. — Les autres caractères sont ceux que nous, avons indiqués comme caractères généraux des Cétacés fp. i65). Nous n’aurions que fort peu de chose à y ajouter si nous ne devions donner une description détaillée de la tète. C’est dans la tète, en effet, que se trouve 1’ « organe du blanc », c’està-dire l’organe spécial qui fournit le spennaceti., et pour connaître les rapports exacts de cet organe il est nécessaire d’étudier la structure du crcàne et de la face dont l’ensemble présente l’aspect extérieur si frappant que nous avons décrit plus haut.
Tète osseuse. — La tète du Cachalot (fig. 66 à 69), dépouillée des chairs et réduite à son squelette, offre l’apparence la plus inattendue. Alors en effet que la tète entière était une masse énorme presque deux fois aussi haute que large et d’égale hauteur, ou à peu près, d’arrière en avant, la tète osseuse, apparaît comme une sorte de char antique dont le plancher fort long et se terminant en pointe est constitué par les os de la face aplatis et élargis (maxillaires et prémaxillaires avec le vomer au centre). Ces os se relèvent en arrière et forment avec le frontal et avec les nasaux, sortes de lames peu épaisses, une immense muraille osseuse cintrée, à convexité postérieure, qui surmonte le crâne réduit aune boîte osseuse relativement peu développée. L’asymétrie de la tête osseuse est fort prononcée et porte sur tous les os de la face que nous venons de désigner ; mais elle se manifeste surtout à l’œil par l’inégalité de développement
(1) La plus voluiuiiieuse dent connue semble être celle qui figure an musée du Havre ; elle est comprimée à la base et mesure 24 centimètres de long sur lô centimètres de large au niveau de l’orifice pulpaire. Elle pèse i kg. 4i<>-
MAMMIFERES
(les fosses nasales, celle du côté droit ayant des proportions d(! J)caucoup inférieures à celles de la fosse nasale gauche.
Le vasle bassin osseux cpie nous venons de décrire est, tout
Fig. 67. — Tète osseuse de Caclialol l'ig- ' — Tète osseuse de Cacludol
uiâle, vue par la face supérieure. femelle, vue par la face supérieure:
/H, maxillaire. — y-',"', prémaxillairc.
entier, en avant et au-dessus du crâne proiirenient dit ; il repré- .sente le s(pielette de la face. Or c’est dans ce bassin facial que nous allons trouver l’organe du blanc ; c’est dire que le sporniaceti n’a aucune relation avec l’encépliale, dont il a cependant été censé provenir, pendant des siècles.
NaFines et (( Organe du blanc ». — -Si nous revenons maintenant à l’étude de la tête entière du Cachalot, nous constatons
CJ eu A LOI
(|iie le plancher lonné par les maxillaires et les iiitermaxillaires supporte une masse énorme de chair et de graisse, masse (pii atteint et dépasse même la hauteur de la muraille osseuse maxillo-lrontale et s’appuie en arrière sur cette muraille. Une dissection de cette masse énorme olFrede grandes dilhcultés et s’explique difficilement sans de noinhreux détails dans lesquels nous ne pouvons entrer ici. Aussi, pour être plus clair, prélerons-nous reproduire une section frontale (lig. 69) pratiquée sur une tèted’unjeune sujet(i), section qui permettra de se rendre plus aisément compte de la composition de l’énorme masse (pii forme la tète du Cachalot. Sur le plancher osseux on trouve étagés de bas en haut : 1° un lit de graisse (lit adipeux) (o) extrêmement épais; 2" au-dessus de celui-(d se voit la coupe d’une sorte de manchon à épaisses parois fibreuses « la caisse» (A), qui renferme la section des deux conduits membraneux des narines séparés par le cartilage de la cloison ; au-dessus de la narine droite siège 1’ (( organe du blanc » (//); 3“ sur les c(îtés de la (M)upe sont les sections des muscles nasaux [un') ; 4® enfin 1 ensemble est enveloppé par un lard épais. ^
Ainsi dans cette masse énorme nous ne trouvons rien autre chose que les conduits membraneux des narines et leurs muscles, l’organe du blanc et son enveloppe fibreuse, le tout reposant sur un lit adipeux considérable. C’est en effet ce que montre la dissection.
Les narines s’étendent d’arrière en avant depuis les fosses nasales osseuses jusqu’à 1 extrémité du museau, mais elles sont très dissemblables. La narine gauche, celle qui répond à la large fosse nasale gauche et qui relie celle-ci à l’évent uni(pie, est un tube membraneux à peu près régulièrement cylindrique dans toute son étendue.
La narine droite, bien que s’ouvrant en arrière dans une
(1) Cotte tète avait i",'Jo de long; l’animal entier pouvait donc avoir 4 mètres ou un peu plus.
MAMMII’EHES
fosse nasale extrêmement rétrécie, présente cependant dans toute sa portion membraneuse un diamètre Inen supérieur au diamètre de la narine gauche. Elle est en même temps plus complexe. En effet, dès sa sortie de l’orifice supérieur de la
Fig. G9. — Coupe transversale de la tête du Caclialot.
a, espace occupé parle sper.naceli ; paroi fibreuse de la ca/s.se; r, enveloppe de erraisse où est plongée la narine droite d- g, narine gauche; h, cartilage de la cloi- Ln- l, lard; m, faisceau du imiscle nasal gauche ; n, n\ muscles nasaux gauclu. et droit; o, lit adipeux séparant la caisse des os maxillaire r, et intermaxillairep, i/,<aitilage voinérien.
fosse nasale, elle envoie en haut un diverticulum (sinus) en forme de sac piriforme qui s’appuie stir la muraille maxillofrontale et se moule sur sa surface.
A partir du point où elle a fourni ce diverticitle, la narine droite se continue en suivant une légère courbe jusqu à 1 extrémité du museau. Mais au lieu de se terminer dans un évent