‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 57 sur 108 · MAM MI FICHES · texte numérisé non relu

MAM MI FICHES

Garacïkues phvsiql’es et chimiques. — Le blanc de baleine purifié, tel qu’il se trouve dans les officines, est un corps blanc, transparent, d’un éclat gras et nacré, doux au toucfier, inod-ore, insipide, fusible à 49“> Insoluble dans l’eau, il est plus soluble à chaud qu’à froid dans l’alcool, l’éther, les huiles fixes et volatiles. Sa densité = 0,943.

Il dépose de scs dissolutions alcooliques et éthérées, sous forme de paillettes cristallines; c’est la cétine pure, mélange d’éthers cétyliques où domine le palmitate. Dans le blanc de baleine, la cétine est accompagnée de divers corps, en particulier, suivant Ileintz, des éthers stéarique, jialmitique, eétique, et myristique; il renferme aussi de l’éthal, du niéthal et du stéthal. Le blanc de baleine n’est saponifiablc que dans des conditions très spéciales. A l’air il jaunit, devient acide et prend une odeur de graisse rance.

Falsificatioxs. — On falsifie le blanc de baleine avec le suif, l’acide margarique, l’acide stéarique et aussi avec la cire ou des substances grasses provenant de macérations de viandiî dans l’eau. Le suif se reconnaît à l’odorat; l’acide marirarique (i) et les matières grasses à leur point de fusion; en outre, ces dernières, traitées par la potasse caustique, donnent lieu à un 'dégagement d’ammoniaque facile à déceler. L’addition d’acide stéarique se reconnaît en fondant le spermaccti suspect au bain-marie et l’agitant avec de l’ammoniaque li(|uide. On laisse refroidir; il se produit ainsi un savon ammoniacal qui retient le blanc de baleine sous forme d’émidsion quand il est en faible proportion, ou qui l’abandonne sous forme de croûte surnageant le savon quand il y a peu d’acide stéarique.

(ij On a imporlé autrefois de New-York, sous le nom de Solar spermaccti (Clievallier et Haiidrimont, Dictionnaire des altérations et falsifications, 4e édit., p. i.'îti), un produit qui paraissait n’être que de l’acide margarique.

A Mil ni': Glus

La ('ire enfin se reconnaît au moyen (ie l’éthcr (jui donne alors une solution trouble et laiteuse,

Lsa(,ks. Le blanc de baleine n’est plus employé qu’à 1 extciieui , il entre dans la composition du cold-cream et dans celle de divers cérats et pommades. Quand on l’emplo^ait a lintéiieiir, en potions, on 1 émulsionnait au moyen d’un jaune d’oeiiL

Ambre gris.

lIisToiiKiUE. Généiialités, — L’ambre gris se forme dans le lettum du Cachalot (i); il revet les caractères propres aux calculs intestinaux.

.Avant d’arriver à la connaissance de ces faits si simples, et, semble-t-il, si lacilcs a vérifier, des siècles se sont écoub's pendant lesquels les plus grossières erreurs ont été mises en circulation au su jet de l’origine de l’ambre gris. Comme on en trouve souvent des morceaux plus ou moins volumineux flottants à la surface de la mer, au .Japon, aux îles Moluques, sur les c()les de l’Arabie et de l’Afrique orientale, au Brésil, aux Antilles, etc., ou rejetés par les vagues sur les plages, on a longtemps regardé l’ambre gris comme une sorte de bitume ou comme formé de résines végétales provenant des terres \oisines et bituminisées par 1 action simultanée et prolongée de l’eau salée, de l’air et du soleil.

Airey, se basant sur l’odeur musquée de l’ambre gris desséche, le considérait comme une sorte d’adipocire ou gras de

(i) Le Cachalot (l'h„. scier macrocephalus) est le seul Cétacé qui produit de l ambrc (pis. a 1 exeeption toutefois d’une petite cspèee de Cachalot des mers du Japon, ni sous e nom < e hogia, ou mieux koguio\ qui semble en fournir également .. Pouehet dans son mémoire sur l'ambre pris {Vol. commémor. du centenaire du W«xe«,„ .8.),), nous apprend en effet (sur les indications qui lui ont été données par

AL Dautromer, interprète de la lépation du Japon) que le Kopia est appelé, suivant les P ovmeos. Ouk. komnra, ou encore Makko kouzira, dernier nom qui sipnif.e « qui n (LtM *i!” lu I ïnéme Cétacé que Kæmpfer [Amenilatum exoticarum ^

L>-ris ^ dans 1 inte.stin duquel, dit-il, on trouve souvent de l’ambre

Baleine » •>pf‘nais appellent « kouzira no fuu », cest-à-dire « excrément de

MAMMIFERES

cadavre résultant de la décomposition spontanée des grands Céphalopodes à odeur musquée qui abondent dans les mers chaudes. Cette idée a été en partie reprise récemment par ceux qui expliquent l’odeur de l'ambre en admettant (pi’elle provient de ce que le Cachalot se nourrit presque exclusivement de Céphalo[)odes, tels que VEledoue moschata, à odeur de musc.

Quoi qu’il en soit, avec L’Ecluse (ii, on arrive à une notion un peu plus précise. Il tient d’un certain Servat ^Marel, qui lait le commerce de l’ambre, du musc et des pierres précieuses, que l’ambre gris n’est autre chose ([u’un résidu d’aliment amassé pendant longtemps dans l’intestin d’un Cétacé ; mais il pense qu’il s’agit de la Baleine IVanché et non tlu Cachalot. A part ce ])oint erroné, ce qui suit se rapproche de la vérité.

Clusius explique, en ellet, que les aliments mal digérés, ditil, forment une matière épaisse qui se coagule dans l’estomac, et que celui-ci rejette quand il en est trop surchargé. De là l’ambre bottant que l’on trouve dans les parages iréquentés par les Cétacés. Si l’animal est tué avant l’expulsion de l’ambre, on trouve celui-ci en grande quantité et d’excellente qualité. Clusius signale qu’on y trouve souvent des becs de Céphalopodes.

C’est seulement deux cents ans plus tard que Swédiaur {Journal de. physique, t. XXV) établit que l’ambre gris provient du Cachalot; il le considère comme l’excrément du (Cachalot « endurci contre nature et mêlé de pax'ties de nourriture qui n’ont pas été digérées )>. Cuibourt(2) cependant hésite encore; Swédiaur a dit que le Cachalot se nourrit principalement de Seiches, ce qui explique qu’on trouve des becs de Seiches dans l’ambre gris ; Guibourt, qui connaît mal les

(1) L’Ecluse ou Clusius, loc. ci/., 1Ü04, p. 148, 149.

(2) Guibourt. Histoire des drogues simples, 1870, t. IV, p. 122 et suiv.

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