‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 58 sur 108 · AMBRE GRIS · texte numérisé non relu

AMBRE GRIS

mœurs du Cachalot pense fjue ce sont au coiitraire les Baleines (jui se nourrissent de Mollusques, puisqu’elles sont privées de dents; aussi conclut-il que l’opinion soutenue par Clusius mérite qu’on l’examine de nouveau et que l’on étudie « si la Baleine Iranche, plutôt que le Cachalot, ou tout au moins tout aussi bien que lui, ne produirait pas l’ambre g-ris »,

Aujourd’hui, la lumière est laite. L'ambre gris est une con- <;rétion intestinale propre au Cachalot i .

Aspect extéiueuh. — L’apparence extérieure de l’ambre gris est variable, et cela est facile à comprendre si l’on songe (pie les morceaux de ce produit livrés au commerce ont des origines assez variées. Tantôt, en effet, l’ambre est frais, ayant été recueilli directement dans l’intestin du Cachalot; tantôt il est flotté, trouvé à la côte, après un temps parfois considérable d exposition à l’air et à la lumière. Enfin l’ambre frais est plus ou moins complètemeni desséché avant d’acquérir sa véritable valeur marchande. De là dans les caractères extérieurs de grandes variations que nous allons indiquer :

Le volume des morceaux d’ambre trouvés dans l’intestin du (..acbalot est très variable. Nous avons eu l’occasion récemment d en observer un morceau pesant 8 kilogrammes ; il semblait ne représenter qu’une partie (environ la moitié) du calcul entier. D autres calculs sont beaucoup plus petits ; nous en avons vu (pii, entiers, ne dépassaient pas 5oo grammes, de môme (pi on connaît des échantillons de beaucoup plus volumineux, telle la masse d ambre gris du poids de 182 livres qui appartenait à la Compag’nie hollandaise des Indes orientales et (jui a été figurée [lar Vander (2).

La forme générale des calculs d'ambre gris est spbéricpie ou ellijisoîdale. La surface est rarement lisse ; elle présente ordi-

(1) Noir G. Poiiohot, toc. cil., et G. Pouchet et BeauregarJ, Note sur l'ambre gris, C. R. de la Société de Biologie ^ 1892.

{2) ^aIuIcI^ Thésaurus cochîearuin. Lugd. Bat., 171 1, lab. lui et Liv.

MAMMIFERES

nairement des rugosités plus ou moins saillantes qui paraissent parfois résulter de l’addition de calculs plus petits à l’extérieur de la niasse. L’ambre frais ou incomplètement desséché est poisseux à sa surface, qui est en même temps d’un noir très foncé. Conservé dans un endroit sec, il perd de son poids et revêt extérieurement une teinte grisâtre.

Les morceaux qui ont llotté et qui sont restés longtemps exposés à l’air sont d’un gris cendré et leur surface prend un aspect pulvérulent. Leur densité est aussi fort diminuée; leur apparence générale rappelle alors assez bien celle de certaines ponces, ou même de gravats de démolition, ou de plâtras parfois presque complètement blancs.

\Sodeiir de l’ambre gris ne varie pas moins. Lorsqu'il est irais, il a une odeur fort désagréable oii domine un relent stercoral prononcé ; par la dessiccation, ce relent s’eiface [leu â peu et il ne reste qu’une odeur très suave et fine, sui generis, qui rappelle toutefois celle du musc. On a attribué cette odeur à la nourriture spéciale du Cachalot, qui, nous l'avons dit, se nourrit de grands Céphalopodes dont quelques-uns répandent une odeur musquée. Il paraît certain, d’après les recherches de Pelletier et Caventou (i), que cette odeur n’est pas particulière à l’ambréine, qui dès lors, n’en serait que le véhicule, car « on l’en dépouille de plus en plus par des dissolutions souvent répétées ».

C’est aussi l’opinion de G. Pouchet (loc. cil..). « Certaines remarques personnelles, dit-il, nous paraiss’ent, â leur tour, venir â l’appui de l’opinion des deux chimistes et montrer que les cristaux ne sont ici que le véhicule d’une odeur dont le (‘orps de l’animal entier est imprégné. Les pièces provenant des Cétacés, conservées dans les cuves à alcool des laboratoires, ont une odeur spéciale bien connue des anatomistes et qui passe pour n’avoir rien d’agréable. Or, une personne ayant

(i) Journal de pharmacie, t. VI, p. 4!).

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