AMBRE GRIS
la grande habitude de Todeur de l’ambre, à laquelle nous faisions voir un rectum de Cachalot tiré de la cuve, nous dit qu’elle retrouvait dans celui-ci quelque chose de l’odeur de l’aitibre. Et une autre personne d’odorat très fin, après que nous venions de manier de l’ambre pendant plusieurs heures, assimila aussitôt l’odeur rapportée sur nos mains et nos vêtements a ('elle de notre laboratoire, qu’elle avait plusieurs fois visité au moment oii 1 on disséquait diverses pièces provenant de Cachalots. Ce ne sont point là, bien évidemment, des preuves décisives, mais il n’est nullement établi non plus qu’une nourriture spéciale donne au contenu de l’intestin du Cachalot l’odeur d’ambre, et entre les deux hypothèses, l’avantage semble encore à celle que nous proposons ».
/I la cassure l’ambre gris offre la structure des calculs à couches concentriques. S’il s’agit d’un calcul de petites dimensions il y a un seul noyau enveloppé par des couches d’épaisseur inégale, dont les surfaces de séparation pour quelques-uns au moins, offrent une apparence générale et une coloration rappelant celles de la surface extérieure, ce qui laisse à penser que les couches successives se sont déposées à des intervalles plus ou moins éloignés. Dans les gros calculs, les noyaux sont parfois assez nombreux. Nous figurons (fig. 70) un morceau d’ambre qui comprend trois noyaux enveloppés chacun d’un certain nombre de couches puis repris ensemble dans une série d’enveloppes communes. La cassure des noyaux est conchoïdale ; leur couleur sur les morceaux frais, est d’un jaune chamois plus ou moins foncé. Les couches enveloppantes les plus internes ont également cette teinte, mais plus ces couches deviennent externes plus elles deviennent foncées et les plus superficielles sont tout à fait noires.
Sur les morceaux desséchés la teinte jaune des noyaux et des couches profondes s’atténue et prend l’aspect de certaines terres argileuses d un jaune terne. En tout cas, à un examen plus attentif, toutes les parties jaunes apparaissent plus denses
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et plus homogènes et comme formées crime masse foncée Hneiiemcnt sablée de petits points clairs; c’csl là un excellent caractère du bon ambre ; à mesure cpi’on gagne la périphérie, cette texture spéciale de l’ambre tend à disparaître; la masse
Fig. 'O. — Pliologr:ij)liic d'ime j)ortioii de calrul d'ambre gi-i.s.
D’apri‘.s lui échaiitilloii prêté par M. Klotz.
est moins bomogène, de couleur très foncée, tout à fait noire dans les parties les plus extérieures, couleur cpi’on retrouve, comme nous l’avons dit, à la surl'ace de certaines couches tpii ont dû évidemment rester un temps assez long en contact avec la paroi intestinale avant de se couvrir d’une couche nouvelle.
AM B HE Glus
Lorsque l’ambre est Irais le couteau n’y pénètre que Jillicilement, il s’englue clans la masse et ne peut en être retiré •cpravec beaucoup de peine. Pour l'aire une section il Tant chauli'er légèrement le couteau et agir très vite.
Les morceaux bien secs peuvent se casser plus aisément mais ils ne peuvent être sciés ; la scie s’écliauflant par le mouvement de va-et-vient, fond 1 ambre à son contact et la section revêt une teinte noire. Somme toute, l’ambre l'ond à une temj)érature de 38 à 4o".
Composition et origine. — L’ambre gris est essentiellement Ibrmé par un conglomérat de cristaux aciculaires, tantôt alignés parallèllement en sti-ates, tantôt disposés en masses rayonnantes (spbéro-cristaux , tantôt enfin enchevêtrés sans ordre. Ces cristaux constituent la substance appelée ambréine par Pelletier et Cavenlou qui l’avaient isolée en tiaitant lambie par 1 alcool bouillant c^t procédant à plusieurs 1 ecristallisations. L ambréine, en ellet, est soluble dans l’alcool. Elle l’est également dans le chlorolbrme et l’huile de ricin ; dans la vaseline elle si^ dissout au . bout d’un certain temps mais ce produit est un exc^ellent véhicule pour l’examen microscopique. L’ambréine n’est pas attaquée par les alcalis.
Un second élément constituant de l’ambre gris est du pigment noir (pigment mélanique) qui existe dans toute la niasse, iiidis qui prédomine dans les parties noires des couches concentriques. Les coupes minces pratiquées sur l’ambre montrent que le pigment se dispose en lignes parallèles entre les aiguilles d ambréine lorsque celles-ci ollrent la diS|)osition en stiates, tandis qu il entoure d un cercle plus ou moins l'égulier les cristaux d ambréine à disposition ravonnante.
L existence de cet abondant pigment noir dans l’ambre «-ris se conçoit aisément quand on se reporte à ce que nous avons dit de l’origine de l’anibre gris. C’est en efl’et, dans le rectum du Cachalot qu’il semble bien se déposer et particuliérement
MA MM l F KH ES
dans l’avant-dernière portion de celui-ci. Or, à ce niveau, le rectum présente subitement une dilatation où des cubs-desac latéraux doivent aisément se former et cette portion dilatée est tapissée d’un épithélium dermique très fortement pigmenté. « On peut en comparer l’aspect à celui d’un cuir de chaussure ciré». (G. Pouchet, loc. vit.) La muqueuse sousjacente présente un nombre considérable de glandes cylindriques tapissées jusqu’au fond de cellules pigmentaires volumineuses, à pigment noir très foncé. C’est évidemment le pigment mélanique ainsi répandu en abondance dans toute cette région de l’intestin qui, entraîné par la chute même do l’epithélium, et se mêlant continuellement aux cristaux d’ambréine, contribue avec eux à former le bézoard.
Ajoutons enfin qu’un troisième élément vient concourir, en quantité variable aussi, à la constitution do l’ambre gris; il s agit de matières stercorales qui se trouvent englobées dans la masse du calcul ; c’est ainsi ((u’ou trouve dans celleci des becs de Céphalopodes, entiers ou en morceaux, toujours empâtés dans une abondante quantité de pigment noir, au point qu’on les dirait extraits de la houille.
Formes commerciales. — Dans le commerce l’ambre sfris se
présente ordinairement sous forme de calculs entiers ou de morceaux, arrivés à un état de dessiccation déjà assez grand. En effet les commerçants de Boston, où est aujourd’hui concentré le commerce de l’ambre gris, reçoivent ce produit plus ou moins Irais et le tiennent en réserve dans des caves, de telle sorte qu’il ne perde pas une trop grande quantité de son humidité tout en acquérant sa valeur marchande. (]cs caves sont soustraites à la curiosité de visiteurs quelconques à 1 égal des caves où les grands établissements financiers gardent leurs coffres-forts. C’est que le prix de l’ambre est toujours fort élevé. Actuellement, en effet, il atteint 2 à 3 ooo francs le kilo, suivant sa qualité. Certaines sortes
AMUIIE GHIS — l'ALSIFICATIoys
reconnues comme particulièrement bonnes (les sortes très sèches et presque blanches) atteignent même le prix de 7000 francs le kilo. Les morceaux d'ambre gris vendus parles commerçants de Boston n’ont jras ordinairement atteint l’état de siccité qui convient pour leur l'aire perdi-e leur relent stei-coi-al et acquérir leur fine et suave odeur d’andrre. Les acheteui-s les enferment alors dans des boîtes de fer-blanc percées de ti-ous ou la dessiccation se poursuit lentement. L ambre, dans ces conditions, se recouvre .IVéquemment d’une légère couche blanche considérée par certains auteurs comme for-mée d’ambréine sublimée. On trouve bien, en effet, des cristaux aciculaires dans cette production, mais on y rencontre surtout des thalles de moisissures, ce qui s’explique aisément en raison de l’humidité du milieu ou se fait la dessiccation lente (i). On trouve aussi sur certaines surfaces des taches vertes et rouges qui résultent du développement de Cryptogames. Il faut conserver 1 ambre plusieurs années pour arriver au lèsultat cherché. La valeur du produit s’accroît dom; em-ore de l’intérét des sommes payées pour l’acquérir. Aussi l’ambre gris, vendu au détail et prêt à être employé, dépasse-t-il encore le prix (|ue nous avons indiqué plus haut (2).
h ALsii ic.vTioxs ET UsAGEs. — LAie matière aussi recherchée ne
(1) Nous a^ons déterminé I une des moisissures qui, pour une part au moins, consti-
tuent 1 einoreseenoe en question; cest une Périsporiacée du genre Stcri^matocjstis nous iivons dénommée 67. On en trouve la description dans’notre mémoire
‘('JP*”""'""* micrographie, dirigées par Miquel,
(2) Au cours de nos recherches sur les Cryptogames, de l’ambre gris (/oc. cil.) nous . \ ns tioine dans de volumineux morceaux (du poids de S kilos) conservés depuis lieux ans. une llacteric vivante, que nous avons dénommée, en raison de ses caractères a de sa provenance S/Mn//um recti Physcleris. Cette Bactérie plaçée dans des condi-
ens convenables de milieu nutritif et de température (gélatine peptone additionnée laisse, température j;"), donne- rapidement d’abondantes cultures. Nous avons emis 1 opinion que c est au développement de ce Spirillum (et d’autres Bactéries entrées par iioii.s dans 1 ambre) qu’est due la dcstructiôn lente des matières stercorales ur serval, de matière nutritive. Mais cette destruction est très lente en raison des on t,o„, .lelectueuses o.’i se trouve placé le Spirillum. Aussi avons-nous émis l’idée 1 on pourrait activer 1 action purifiante du microbe en suivant les indications de
l’I'nnUî^ “ “I* température tout au moins. On conçoit tout
1 interet luinnner de cette remarque.
Heaiuegard. Mat. inéd.
MAMMIFERES
peut nianc|iier de tenter les lalsificateurs. On a done essayé de faire de l’ambre gris de toutes pièees avec des résines, de la cire, etc. L’essai commercial consiste à percer le produit suspect avec une pointe de 1er chauffée; elle doit pénétrer facilement, mais s’engluer dans la masse; si la pointe a été rougie au feu, il se produit quand on la retire une goutte liquide de couleur claire et d’odeur agréable.
Ce mode d’essai joint aux caractères de texture très spéciaux que nous avons indiqués, particulièrement à l’apparence de sablé clair sur fond jaune chamois, sullit en général à édifier le commerçant. Toutefois il peut arriver qu’il y ait doute s\ir la valeur véritable du produit. Le procédé suivant a été indiqué par G. Pouchet [loc. cit.) et est susceptible de venir sérieusement en aide à l’observateur. 11 est basé sur le mode de disposition des cristaux d’ambréine dtins la masse, mode sur lequel nous avons insisté plus haut et qu’on reconnaît très aisément sur des coupes minces par un simple examen à la lumière polarisée sur une lame de sélénite. La préparation revêt alors de magnifiques colorations qu’on n’observe point dans le cas oii l’ambre est remplacé par des résines ou autres produits.
On reconnaîtrait encore les résines à ce qu’elles ne résistent pas comme l’ambréine à la potasse.
Ajoutons enfin que l’ambre gris brûle avec une flainnie fuligineuse; il ne laisse qu’une petite quantité d’un charbon léo-er. S’il est additionné de substances résineuses, il donne
un charbon plus volumineux et plus lourd.
L’ambre gris n’est plus guère employé actuellement en médecine. 11 a été longtemps inscrit dans les pharmacopées comme excitant, antispasmodique et aphrodisiaque. Il est par contre très employé en parfumerie où il est recherché comme un excellent soutien des parfums.
SAUROPSIDES
O.. sons le non. ,1e Sauropskhs, les Oiseanx, les Rep-
tiles Cl <|„el,|ues lonnes éteintes (O.lo.iloniill.es, A.-chc, ryx, Dmosaiiriens, etc.).
léopte-
(.sne„autés. - Tons les Sam-opsi.les sont ovipai-es (.n.eltiuclo.s ovov,vi|,a.-cs) et par là se ,lisli„g„e„t des Ma.„.nie,-es. a„x,,„els ils son, reliés ton.efois par les Mo„„„.c.nes
(VOIl“ j). 4v.;.
Corn, ne chez les Monot,-én,es également, la ccintu.'e Ihoi-a- '•'t|tic (lo,-sc|n’ellc existe) ollée „n os eo,-aeoïdien ,p,i vient ■tappnyer snr le sternnm. Panni les ea..ae,éres communs à ons les San,'opsnles nous rappellei-ons eneoi-e : l'artienlation tn ,-r, ne avec la colonne vertébrale par rintcr.nédiaire cl’„„ -londyle unnp.e . Icxistence d'nn os carré, pièce ,,ni a pour -.actce essentiel de donner articulation à la mâchoire infé- .•tonre. s, lue,, que chez tons les animaux de ce groupe la màho..-e .nlenetu-e ne sarticnle plus direce.nen. avec le crâne ■ a mn.pl, beat, on des osselets de roule, ,,ui sont réduits à une
ecc considei ee comme représentant l'étrier et désignée sous le nom de columelle.
Chez tous les Sauropsides la respiralion est pulmonaire |Cs organes ,1e la circulaüou, par contre, présentent de senles var,at.o„s. Chez les Oiseaux, le camr est à quatre eavi-
nui’ic „ 7T 7'''" ''' t'
n.éla„r ttat'lf veineux ne se
■f^langc au sang artéiiel. Chez les Reptiles, sauf chez les
SAl'ROPSIDJCS
C-ocoJiliens, qui ont un cœur à quatre cavités, le ventnu. e est unique ou au moins les deux ventricules communiquent entre eux nlus ou tuoiiis largement, par suite de l'etal inco.nnlet de la cloison interventriculaire. 11 existe deux crosses aortiques, une droite et une gauche, qui se rencontrent en arrière du cœur. 11 y a donc mélange du sang artériel et i u sano veineux, et cela inênie chez les Crocodiles dont le cœui est bien séparé, car les deux crosses aortiques eo.nmiuuquent
dès leur origine par un orifice (loranien Panizzœ) (■).
’ La dill'ércuce d-organisation de l'appareil circulatoire i|ue nous indiquons entre les Oiseaux et les Reptiles «at une des causes de la prol'omle diirérence qu'on observe dans 1 élévation de leur température. Les Oiseaux sont, comme les Matun.ileres, des animaux à température constante, taudis que les Reptiles
sont des animaux à température variable.
La tciipérature des Oiseaux est remarquablement elevee et ils semblent le devoir aussi d'une part «upneu,.,r,ns„,e (a) 1res
développé chez eux, d'autre part aux product.ous epidernuqucs spéciales ou plumes qui recouvrent leur corps, (.liez les Repflles, le pneumatisme (3) l'ait delaut et il u existe jamais di, plumes; mais, par contre, on trouve fréquemment uu dernia osquelette qui prend même parfois un développe, uent considérable (carapace et plastron des Tortues; écailles osseuses de Crocodiliels et de divers Lacertiliens, etc). Chez ceux qiu sont dépourvus de dermato-squelelte la peau est revêtue de productious cornées plus ou moins épaisses qu, ne manquent point non plus d'ailleurs chez les espèces i, derniato-squelette.
U) Chez les Crocodiles le ventricule droit donne ' “
1-artle pulmonaire, le ventricule gauche lourntt 1 aorte droite.
(2) Sauf dans le crâne de quelques espe -.m,ï'iion de l’air inspiré, non
(■T) Le pneumatisme des Oiseaux diverlieultims ou sacs
seulement dans les poumons, mais Kponchiques. Ces sacs s’étendent dans la
àéCieiis en thorax et dans l’abdomen. Us commtini-
!le. certains Oiseaux il s’en développe de
considérables sous la peau.
LA CEliTJLIEyS
Pour nous ronl’oriner au plan que nous nous sommes tracé, nous nous bornerons aux caractères généraux que nousvènons d'indiquer. Les Oiseaux ne donnant aucun produit à la matière itiédicale, nous dirons seulement quelques mots des Reptiles (pii ont un intérêt à ce point de vue. I