‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 69 sur 108 · ARTHROPODES · texte numérisé non relu

ARTHROPODES

L’embraiicheiuent clos Arthropodes compi'cnd des animaux dont le corps est loriiié d’anneaux [zoonites) cjui portent des appendices articulés pairs (i). Ghacjue anneau peut porter une paire d'appendiees, ou bien eeux-ci se localisent et n’existent (pie dans certaines régions du corps. Les Arthropodes ont été divisés eu 4 elasses principales, savoir : les Crustacés, les Insec'tes, les Arachnides et les ^Myriapodes (2). Nous ne nous oec'uperons ici cpie des deux [ireniières classes.

CRUSTACÉS

C.vR.vcTKREs généu.vux. — Les Crustacés sont prescpie tous acpiaticpies et respirent au moyen de branchies. Leur corps

(1) Lorsque les appendices des Articulés alteignenl leur développement typique, ils sont formés d'un grand nombre d’articles dont voici la nomenclature, d après H. Milne Edwards. En partant de la base d’insertion, on trouve successivement le coxopodite (hanche) ; le basipotUle (trochanter supérieur) ; V ischiopodite (second trochanter) ; le meropodile (cuisse); le carpopodile,{gcnou} ■ le propodile (jambe) et le dacttjlopudile (tarse). L'ensemble des cinq derniers articles constitue \ endopodile : sur le basipodite peut s’insérer latéralement une seconde série d articles qui constitue Y exopodile {palpes des pièces buccales, par exemple).

Les modifications que présentent les appendices en relation avec leurs fonctions consistent dans une réduction du nombre des articles ou dans une difTérence morphologique plus ou moins accentuée; mais fous les appendices, depuis les antennes jus- <(u aux pattes ambulatoires, sont considérés comme dérivant de l appendice type dont nous avons donné plus haut la nomenclature (Savigny). Pour rappeler «ette étroite relation génétique, Milne-Edwards a conservé dans la nomenclature des appendices buccaux le premier membre de chaque mot composé désignant chaque article, et il a remplacé le deuxième membre {podiie) pav gnalhile {coxognatUile, basignalhite. etc.).

(2) Ces classes peuvent se distinguer au premier coup d’œil par le nombre des paires de pattes (appendices ambulatoires). .\u riombre de trois paires chez les Insectes, de quatre paires chez les Arachnides, elles sont généralement plus nombreuses chez les Crustacés et plus encore chez les Myriapodes (de 1 1 à ifio paires)-

CRUSTACES

comprend trois régions, la tête, le thorax et l’abdomen; mais la tète est fréquemment soudée au thorax en un céphalothorax dont la composition élémentaire ne se reconnaît guère qu’aux appendices insérés à sa face inférieure. La fusion peut même s’étendre à certains zoonites abdominaux. La tête porte deux paires d’antennes, les yeux et des appendices buccaux en nombre variable. Au thorax et à l’abdomen correspondent également des appendices dont le nombre, la forme et les usages varient avec les espèces ; toutefois, les dernières pattes thoraciques et celles de l’abdomen sont le plus souvent des appendices ambulatoires.

Carapace ; mue. — Malgré le nom de Crustacés donné au groupe entier, tous les animaux qui le composent ne sont point pourvus d’une carapace durcie par encroûtement de sels calcaires. C’est toutefois le cas pour les espèces à organisation élevée (Ecrevisses, Cloportes), qui vont être étudiées dans ce chapitre. Nous aurons l’occasion, à propos de l’Ecrevisse, de donner des détails circonstanciés sur la textnre de cette carapace.

Bien que beaucoup de Crustacés, avant d’atteindre leur forme définitive, passent par des états intermédiaires plus ou moins nombreux, il est rare qu’ils aient acquis toute leur taille lorsqu’ils arrivent à leur état parfait. Ils peuvent s accroître encore pendant longtenqjs et alors la carapace qui les enveloppe devient trop petite pour les contenir. De là, la nécessité de 7Hues successives qui s’opèrent à des époques déterminées.

Ces mues sont ordinairement totales, c’est-à-dire (|ue 1 animal sort de son ancienne carapace comme d’un étui qu il abandonne en entier. La rupture de cette carapace se fait en des points d’élection ; mais néanmoins la sortie de 1 animal ne s’opère pas sans peine, d’autant plus que la croissance de ses tissus qui l’oblige à muer ne se fait pas après la mue, mais bien avant celle-ci; c’est même cette croissance qui, pour une grande

ORGA.VES /NTE/iNES

part au moins, est la cause de la rupture de la carapace.

La mue des appendices, d’autre part, se fait à la façon d’un homme qui relire ses bras des manches d’un habit, avec cette différence que les appendices des Crustacés sont articulés, c’est-à-dire formés de segments qui se rétrécissent plus ou moins aux articulations. On conçoit dès lors qu’il y aurait impossibilité pour l’animal à extraire ses parties molles de semblables manches si un mécanisme spécial n’intervenait. Pour permettre cette mue des membres, il est nécessaire que la carapace qui les recouvre devienne extensible. Aussi voiton souvent (Crabes), quelque temps avant la mue, des parties de la carapace formant les segments des membres perdre leur dureté et se réduire à des surfaces cuticulaires, élastiques, par suite d’une résorption partielle des sels calcaires qui encroûtaient cette cuticule. Cette résorption s’opère précisément au voisinage des extrémités des segments du membre, là ou ils sont rétrécis. On conçoit dès lors que l’extraction des parties molles en sera facilitée. Cette résorption des sels calcaires paraît d’autre part être utilisée par l’animal qui en fait des réserves pour durcir ultérieurement sa nouvelle carapace. C’est probablement là, en particulier, l’une des sources des réserves que font les Ecrevisses, réserves connues sous le nom de Gastrolithes ou Yeux d’écrevisse (voir plus loin), bien que chez l’Écrevisse la résorption de la carapace avant la mue n'aille pas ordinairement, que je sache, jus({u’à la production de surfaces molles. C’est par un autre mécanisme, la rupture suivant une fente longitudinale de la carapace des membres, (]ue cet animal, comme nous le verrons, réussit à sortir de ces parties de son enveloppe.

Organes internes. — \C appareil circulatoire offre des degrés très divers de développement. Chez les formes les plus élevées en organisation il existe un cœur dorsal, avec un système de vaisseaux artériels et veineux presque complètement clos.

CnVSTA CES

appareil respiraloire est composé de Ijranchies qui sont des appendices rameux fixés à la l)ase des meml)res thoraciques et parfois sur les membres abdominaux.

h'appareil digestif s’étend en ligne droite de la bouche à l’anus ; il est accompagné, dans sa partie antérieure, de cæcums hépatiques, constituant parfois de volumineusc's glandes.

Enfin le système uerceax offre tous les degrés de concentration et d’extension de la chaîne ganglionnaire ventrale. Dans les formes inférieures cette chaîne ganglionnaire peut être fusionnée avec la masse cérébrale en un ganglion unique ; mais à l’ordinaire il existe, outre la chaîne ventrale, un groupe de masses nerveuses constituant au-dessus de l’œsophage un cerveau. Les yeux sont tantôt simples {stemma tes) ^iixwioX composés [yeux à facettes)^ et dans ce dernier cas ils sont pairs et sessiles ou pédiculés.

Les sexes sont séparés chez tous les Crustacés (Girripèdes exceptés).

Clvssific.xtion. — On divise souvent les Crustacés en trois groupes :

i“ Les Entomos ïRACKS, groupe très hétérogène dans lecpiel on fait rentrer les Cirripèdes [Anatifes) , les Copépodes, les Ostracodes et les Phyllopodes ;

2® Les Ediuophth.almes (i) ou AirrnnosTn.xcÉs comprenant les Amphipodes et les Isopodes ;

Les PoDomiTH.ALMES (2) ou Thouacostu.vcés avec les Stomapodes^ les Cumacés, les Schizopodes et les Décapodes.

Deux seulement de ces sous-ordres, les Isopodes et les Décapodes, ont quelque intérêt pour nous.

(1) Dont les yeux sont sessiles.

(2) Dont les yeux sont pédonciilés.

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