‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 70 sur 108 · C LO P O HT E · texte numérisé non relu

C LO P O HT E

Isopodes

Les Isopodes sont des Crustacés à yeux sessiles (Edrioplithalmes), à corps élargi. Les zonites tlioraciqiies sont libres et non soudés entre eux ou avec la tète ; un certain nombre des pattes abdominales sont lamelleuses et Ibnctionnent comme des appareils respiratoires. A ce sous-ordre appartiennent le C loporte e\. \ Arniadille^doni on a lait autrefois usage en médecine.

Cloporte {Oniscus Asellus, L.),

C.\a.\cïÉREs GÉxÉH.vux. — Le Cloporte (fig. est un petit (.rnstacé dont la carapace médiocrement dure est Ibrinée de i4 zonites, savoir : la tète, ~ anneaux thoracicpies et b abdominaux dont le dentier pourvu de pointes styliformes. La tète j)orte deux paires d’antennes; les antérieures sont rudimentaires; les postérieures, plus longues, i'omptent 8 articles. Les anneaux thoracicpies j)ortent chacun une paire de pattes terminées par un crochet. Les lamelles internes des trois dernières paires de pattes abdominales fonctionnent comme appareil resj)iratoire. Les lamelles internes des autres pattes al)dominales et les externes de toutes les paires servent d’appareil de protection et chez les femelles retiennent les <rufs jusqu’après leur éclosion. Ces Crustacés vivent dans les endroits humides et sombres (caves, celliers, etc.).

Us.VGEs. — Le Cloporte n’est pas usité en médecine, mais il a longtemps figuré dans les pharmacopées (pilules de Morton, par exemple) ; il passait pour diurétique, et il peut l'étre, en effet, ajoute judicieusement Guibourt, « en raison des particules

CHUSTA CES

saipètrées au milieu desquelles il vit et qui s’attachent à son corps ». Mais Méhu a démontré qu’il n’}" a point de nitrates dans la composition du test ou du corps de ces animaux.

En outre du Cloporte ordinaire, on trouvait aussi dans les olïicines un autre Isopode, \ Armadille [Anuadillo officinarum Brdt.) qui venait surtout d’Italie. L’Armadille se distingue du Cloporte par sa l'orme plus bombée et par la propriété qu’elle a de se rouler en boule lorsqu’elle est menacée et de conserver cette forme après dessiccation. Le corps des Armadilles est très poli et brillant ; les appendices caudaux, courts et lamelleux ne sont point saillants. Enfin, les antennes postérieures (externes) n’ont que 7 articles.

L’Armadille a subi le sort du Cloporte et n’est plus usitée aujourd’hui.

Décapodes.

Caractères généraux. — Les Décapodes sont des Crustacés à yeux pédonculés (Podopbtbalmes) dont la tète et les zonites thoraciques sont soudés en un vaste céphalothorax qui abrite les branchies et la plupart des organes digestifs et sexuels. En arrière des pièces buccales proprement dites, on trouve au céphalothorax 5 paires de pattes ambulatoires, et 5 paires également à l’abdomen. Celui-ci est tantôt allongé et puissant [macroures)^ tantôt très petit et alors replié contre la face inférieure du céphalothorax [brachyiires). C’est au premier de ces groupes qu’appartient l’Ecrevisse dont nous allons donner une brève description afin de faire connaître le mode de formation du produit connu en matière médicale sous le nom de gaslro- Utiles ou yeux d’Ecrevisse.

Ecrevisse [Aslacus fluviatilis., l'abr.).

Caractères extérieurs. — L’Ecrevisse est un Décapode inacroure recouvert d’une carapace dure, divisée en 2 régions

ÉCRE VISSE

distinctes ((ig. 74) : le céphalothorax et l’abdomen. A sa face supérieure le céphalothorax n’offre point de divisions répondant aux zoonites soudés pour le former, mais à sa face inférieure ou sternale on reconnaît aisément ces segments (fig. 75). En avant, le céphalothorax se prolonge en une sorte d’éperon saillant ou rostre, de chaque côté duquel se voient les yeux (yeux

Fig. 74- ■ — - Écrevisse mâle,

ab, .ibdomen. — clh, céphalothorax. — kd, sa portion recouvrant les hranchies. — y, rostre. — a^, ai, antennes antérieure et postérieure. — 8, troisième patte-mâchoire. — <j, pinces. — lo à i3, dernières pattes aiuhulatoires. — 19, nageoire caudale.

composés). Ces yeux ligni'ent la première paire de membres céphaliques. En arrière des yeux se voient deux paires d’antenifes, dont les antérieures [antennules) sont courtes et terminées par deux filaments annelés inégaux. Les antennes postérieures sont au contraire très allongées. En arrière de ces trois premières paires d’appendices on en trouve trois autres qui entourent la bouche. Ce sont les pièces buccales, savoir : les mandibules et deux paires de mâchoires.

Puis viennent les appendices thoraciques proprement dits, qui consistent en trois paires de pattes-mâchoires ou maxillipèdes suivies de cinq paires de pattes ambulatoires., dont la première est remarquable par le grand développement de ses pinces [pattes ravisseuses) qui font de ces membres des organes préhenseurs puissants.

cnrsTA CES

Enfin, à l’abdomen on compte six paires de pattes natatoires dont les deux premières, chez les mâles, sont modifiées pour la fécondation et dont la dernière est transformée de chaque côté

Fig. 75. — Ecrevisse, vue par la face ventrale.

A, niàlc. — C, femelle. — a\a’, antennes antérieure et postérieure. — an, «ril. — an, anus. — en, ex, endo- et exo-podite de la dernière paire de membres abdominiiux formant avec le telson /. la nageoire caudale. — mo, orifice génital mâle. — o’o. orifice génital femelle. — p, à pb, membres abdominaux. — membres thoraciques.

en deux larges lamelles (fig. ^5 en, e.r) qui forment avec, au milieu d’elles, le dernier zonite ou telson, l’expansion en éventail ou queue terminant l’abdomen. C’est aux pattes abdominales que se fixent les œufs après la ponte, chez la femelle.

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