‹ Matière médicale zoologiqueChapitre 7 sur 108 · M. OLE Y, REPRÉSENTANT DE LA SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE · texte numérisé non relu

M. OLE Y, REPRÉSENTANT DE LA SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE

Messieurs,

Henri Beauregard Taisait partie de la Société de Biologie depuis l’année 1884 et, depuis lors et déjà dès les années immédiatement précédentes, il n’a pas manqué à nous apporter les principaux résultats de son Incessant travail. Et ainsi nos Comptes rendus contiennent beaucoiqj des laits nouveaux ou presque toutes les notions générales qui sont sortis, d’une part, de ses patientes observations sur la morphologie, le parasitisme, le développement et les mœurs des Insectes vésicants ; et, d’autre part, des longues recherches qu’il a poursuivies avec tant de persévérance, soit seul, soit en collaboration avec son maître Georges Pouchet, sur la morphologie des cétacés ; et enfin de ses observations, dans un domaine plus limité, mais dont l’exploration a toujours passé pour difficile, sur les systèmes dentaires; Ce sont là les œuvres qui ont assuré à notre regretté collègue, parmi les naturalistes, la place qu’il méritait. — Dans d’autres recherches, — et je ne parle que de celles dont la Société a eu connaissance, — Beauregard a fourni de bons exemples de l’aide que peut procurer à la solution des problèmes physiologiques l’intelligente application de données anatomiques précises : c’est ce que l’on voit dans ses remarques sur la physiologie de l’oreille, sur le rôle de la fenêtre ronde et sur celui de l’appareil de Cortl, fondées sur des observations histologiques comparatives chez des animaux dont l’ouïe présente des diflerences considérables. — Tout récemment, il s’était orienté vers l’étude des organismes inférieurs. Le point de départ de ces nouvelles recher-

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clics niéi'ite d’ètre relevé, car 11 témoigne de l’esprit d’observation de notre collègue. Dans un travail lait avec G. Pouchct sur l’ambre gris, on trouve la remarque que sur certains échantillons existent des ellloresceuces au milieu desquelles se distinguent des fdaments mycéliens, « que l’nn de nous étudie «, ajoutent les auteurs. C’est cette observation de 1892 que Beauregard reprit et développa avec succès en 1897 et 1898 et qui le conduisit à la détermination de cryptogames nouveaux qu’il fit connaître sons le nom de cryplo- "ames de l’ambre oris.

(^)uelque estime, ^lesslenrs, que nous eussions tous pour notre laborieux collègue, elle était encore augmentée par ce ([ue nous savions de sa vie extra-scientifique. Sou activité, en ed'et, ne se bornait pas à ses travaux de laboratoire. Disciple des Paul Bert et des G. Pouchet, il aurait volontiers, lui aussi, considéré comme juste cette loi de Solon qui notait d’infamie quiconque ue prenait pas part dans les discussions publiques. Convaincu que sou ollice spécial, si consciencieusement ([n’il fût accompli au mieux des intérêts du haut enseignement en France et de la recberche scientifique, n’épuisait pas tout son devoir social, il s’occupa très activement d’œuvres d’utilité publicpie ; pendant longtemps il assuma la lourde charge de secrétaire général de l’une de nos plus importantes sociétés d’enseignement populaire, l’Association Phllotechulque. Et c’est la même conviction, d’ailleurs, qui, chaque fois que l’occasion se présenta, môme dans les temps les plus troublés, de manifester en faveur de ce qu'il croyait œuvre de justice et de vérité, le fit agir simplement, mais nettement.

N’est-ce pas aussi, nous pouvons le penser, cette noble tendance à s’occuper d'autres intérêts (jue de ceux liés à sa fonction propre, et, pour tout dire, cet esprit de dévouement qui l’engagèrent ii accepter, dans notre Société, et lui permirent de remplir avec un soin inlassable la charge difficile, toujours délicate, même dans une société scientifique, et, il faut bien l’avouer, quelque peu ingrate, mais si utile, de trésorier ? C’est le privilège des associations vivantes et bien agissantes de trouver toujours les dévouements qui sont nécessaires à leur existence et qui assurent la fécondité de leur œnivrc. Davaine, puis .loannès Chatln sont restés l’un et l’autre

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douze ans trésoriers de la Société ; dans l’intervalle, Gallois le Int pendant nenf années consécutives. Beanregard a rempli ces l'onctions depuis 1886 juscpi’à ce jour, c’est-à-dire durant treize ans, et s’en est constamment acquitté à la satisfaction de tons. Et jnsqu’an terme même de cette pénible maladie contre laquelle il se défendait si conragensement, il n’a cessé de s’occuper des intérêts qui lui étaient confiés.

Il nous sera donc permis d’ajouter à tons les regrets qui sont dus à la disparition du travailleur et du savant qu’était Beanregard, ceux que nous cause la perte de l’un de nos collègues les plus dévoués. A ce titre aussi, la Société de biologie honorera longtemps sa mémoire.

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