ABEILLE DOMESTIQUE
transparentes, irisées, qui est le réservoir et le lieu d’élaboration du miel. Puis vient l’estomac proprement dit, cylindrique, mais portant vingt-trois étranglements produits par la musculeuse transverse. A la limite de l’estomac et de l’intestin s’abouchent les nombreux tubes de ^Malpighi dont l’extrémité
Fig. 122. — A, appareil Q. — B, appareil de l’Abeille (d’après Leuckardl).
oe, ovaires. — o<I, oviducte. — rs, réceptacle séminal. — ea, vagin. — m>a, poches annexes. — ks, réceptacle de l’aiguillon. — nul, intestin terminal rejeté en arrière. — stl, glandes sébacées. — gd, glandes à venin. — l, testicules. — i>d, conduit séminal. — e, leur partie élargie. — de, conduit éjaculatcur. — ad, glandes annexes. — p, pénis.
terminale est libre. Cet intestin, après avoir décrit une boucle, .s’élargit brusquement en une vésicule allongée qui se rétrécit ensuite pour aboutir à l’anus.
Les glandes salivaires bien développées siègent de chaque côté de. l’œsophage. Elles sont composées de deux faisceaux de petits cæcums irrégulièrement ramiftés et incolores qui dévei'sent leur produit dans des canaux salivaires primaires aboutissant tous à un canal dilaté en forme de réservoir ; ce réservoir ou vésicule salivaire par un petit canal étroit amène la salive à la bouche. Ces glandes sont particulièrement développées chez l’ouvrière et il faut bien qu’il en soit ainsi si l’on se rappelle que cette salive doit servir à la fois au travail de la
INSECTES
('ire, à la dio-cstion des aliments et peut-être aussi à l’élaboration du miel.
Organes génitaux (lig. laa). — Les organes cf n’olTrent rien de particulier. Ils comprennent une paire de testicules avec canaux déférents renflés à leur extrémité distale en vésicides séminales qui se réunissent en un (^anal éjaculateur commun à l'origine duquel débouche une paire de glandes à mmuis.
L’ap[)areil copulateur est composé d’un pénis [)rotractile et
d’une armure cornée qui constitue à la fois un appareil de protection et un organe de fixation.
Les organes 9 comprennent les deux ovaires composés chacun de i5o à 200 tubes ovigères. Ils se réunissent par un oviducte propre dans un oviducte commun très court. Un peu en arrière du point de réunion des oviductes pro|)res on voit s’insérer un sac impair de la grosseur d’un grain de millet ; c’est le réceptacle séminal ; il est destiné à emmagasiner le sperme versé dans le vagin |)ar le mâle au moment de la fécondation. Enfin l’extrémité postérieure de l’ovidiKîte commun constitue le vagin (jui, tout près de sa terminaison à la vulve, reçoit une paire de glandes à mucus dont le rffie paraît être de produire le mucus nécessaire à fixer l’œuf au fond de la cellule oii il est déposé.
Chez les ouvrières les organes génitaux sont peu développés ; ({uand il en existe des traces appréciables, ce sont des ovaires plus ou moins atrophiés et toujours le récepta(d(î séminal fait défaut.
Appareil à venin (lig. 122). — On le trouve chez les femelles et les ouvrières; il comprend : Y ajipareil sécréteur et V aiguillon. L’appareil sécréteur est formé de deux longs cæcums simples plusieurs fois enroulés sur eux-mêmes, dilatés à leur extrémité libre et s’abouchant sur la ligne médiane dans un canal commun ((ui se dilate en un réservoir j)iriforme. A ce
ABEILLE BOMESTiqr E
niveau délioucho une glande impaire à sécrétion alcaline. Le réservoir enfin communique par un canal étroit avec raiguillon.
Celui-ci se compose du gorgevet^ sorte de gouttière cornée à pointe aiguë, qui scri de gaine à deux stylets barbelés très pointus, droits (diez rouvrière et garnis de dents très fines et acérées dirigées en arrière, arqués chez la femelle et n’ayant (|ue cinq dents. Ces stylets sont capables de mouvements de va-et-vient et servent à scier les tissus oii doit s’implanter le gorgcret et à l’y fixer pour y déposer le Acnin. Aussi «ifràce à leurs barbelures dirigées en arrière restent-ils fré- (piemment implantés dans la plaie. Alors que chez lesCuôpes l’écoulement du venin résulte de la contractilité môme du réservoir à venin, chez l’Abeille il n’en est pas de même (Carlet). Le réservoir n’est pas contractile et l’écoulement du venin se j)roduit par l’action d’une sorte de piston constitué par une piè<;e située à la base des stylets, sur leur côté dorsal. Quanti les stylets l’ont saillie ce piston aspire le venin de la vésicule ; [)uis quand les stylets reprennent leur place, le piston se rabat et laisse passer le venin dans le gorgeret d’oii il sera expulsé dès que les stylets glisseront sur celui-ci. C’est donc par une sorte de mécanisme de pompe aspirante et foulante que se fait l’appel du venin dans le gorgeret et son inoculation dans la plaie.
Le venin de l’abeille est transparent comme de l’eau et d’une grande- acidité qu’il paraît devoir à de l’acide formique concentré.
Appareil sécréteur de la cire. — La cire est sécrétée [>ar des cellules siégeant dans l’hypoderme des arceaux ventraux de l’abdomen. Les cellules sécrétantes n’ont pas de canaux sécréteurs et la cire traversant la cuticule chitineusc mince (|ui forme les surfaces membraneuses du bord antérieur des arceaux cornés se dépose en cet endroit divisé par le cadre ohitineux qui en soutient les bords en deux surfaces appelées aires civières. La cire ainsi sécrétée forme donc dans chaque
INSECTE
aire cirière une petite plaquette. Il existe neuf aires cirières, deux entre chacun des i", 2% 3" et 4® anneaux, et une seule entre le 5® et le 6®.
^Iœurs. — Nous résumerons brièvement les faits relatifs aux mœurs des Abeilles, car on en trouve la description dans nombre d’ouvrages spéciaux ; nous n’insisterons que sur les points qui se rattachent plus particulièrement à notre sujet.
Comme nous l’avons dit, l’Abeille domestique vit en sociétés nombreuses. Si nous envisageons un essaim, composé d’une reine et d’un millier d’ouvrières prenant possession d’une ruche, nous constatons que tout d’abord les ouvrières s’occupent à boucher toutes les fissures que peut présenter leur demeure avec une substance résineuse, désignée sous le nom de propolis, qu’elles ont recueillie sur les bourgeons de peuplier, sur les bouleaux, les pins et autres plantes produisant des résines.
Cela fait, elles procèdent à la construction des cellules et à leur approvisionnement en miel.
Construction des cellules. — Les rayons ou gâteaux de cire destinés à servir de nids aux larves et de magasin à la communauté pour le miel et le pollen sont construits avec la cire que sécrètent les ouvrières.
A cet effet l’ouvrière détache des plaquettes de cire de son abdomen, en se servant pour cela d’une sorte de pince que forme le premier article du tarse postérieur avec l’angle interne saillant de la jambe. La cire est alors portée à la bouche, saisie par les mandibules et malaxée de manière à en former un filament mou que l’Abeille applique contre la voûte de la ruche ou ajoute aux lamelles déjà déposées. Plusieurs Abeilles travaillent toujours de concert à la même place sur les deux faces du gâteau qui se trouve ainsi suspendu perpendiculairement à ce plafond de la ruche et porte sur ses deux faces des cellules. Celles-ci sont creusées avec une régularité pour ainsi