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PRODUITS DES ABEILLES

Produits des Abeilles^

Ces produits sont la propolis, la cire et le miel.

PaopoLis. — Nous avons vu ipie e’est une matière résineuse empruntée aux végétaux. Nous la rappelons parce qu’on l’a autrefois prescrite en médecine comme résolutive, en pommades ou en fumigations.

Cire. — Origine. — On crut longtemps que la cire produite par les Abeilles n’était pas une secrétion, mais que celles-ci employaient la cire qu’elles pouvaient retirer ties végétaux. Plus tard on lui attribua pour origine une élaboration du pollen dans l’estomac à la suite de laquelle ce pollen aurait été transformé en (dre et dégorgé par la bouche sous forme d’une bouillie blanchâtre.

Iluber s assura que des .Abeilles nourries exclusivement avec' du pollen ne produisent jamais de cire et que celles, au contraire, a qui il donnait des matières sucrées produisaient abondamment une cire très pure. 11 s agissait donc bien d une sécrétion et les expériences ultérieures de MM. Dumas et Milne-Edwards l’ont confirmé. Mais ce n’est pas à dire que sa composition ne puisse être influencée par la nature des matériaux que les Abeilles ont eu à leur disposition ou encore que celles-ci n’emploient jamais la cire des végétaux, même quand elles en trouvent de grandes quantités. Bien loin de là. C’est ainsi, par exemple, que la cire des Andaquies produite par des Mélipones est formée de :

Cire de palmier, fusible à 72“ 5o

Cire de canne à sucre, fusible à 82® 45

Matière huileuse 5

Extraction. — Quoi qu’il en soit, pour obtenir la cire dans un degré de pureté convenable on retire les gâteaux des

IAS£CTES

ruches, on les coupe en morceaux et on les place sur des claies.’ La plus grande partie du miel s’écoule. Quand il est recueilli, on soumet les gâteaux à la presse, puis on fond les résidus avec de l’eau ; on laisse refroidir lentement pour permettre aux impuretés de se déposer et quand la cire est solidifiée on la retire des chaudières et on enlève avec un couteau la partie inférieure du pain de cire qui est très impure et qu’on désigne sous le nom de pied de cire.

La partie supérieure du pain, assez pure, est jaune, d’une odeur de miel ; c’est la cire brute.

Pour oljtenir la cire cierge ou cire blanche, il faut lui faire subir un traitement spécial capable de détruire les matières colorantes. C’est l’opération du blanchiment. 11 s’obtient soit par l’ozone dégagé des prairies, soit par l’action des agents chimiques, chlore, composés nitreux, etc. Dans le premier cas la cire fondue dans l’eau et laissée au repos pour lui faire abandonner scs impuretés est versée sur des rouleaux de bois tournant dans de l’eau froide. La cire se fige alors en rubans qu’on étale sur des châssis de toile mince à la surface de grands prés, en pleine campagne. Lorsqu’elle est blanchie on la fond et on la coule en petites plaques circulaires.

La cire blanche obtenue par les réactifs chimiques conserve toujours une certaine quantité de ces substances chimiques.

Caractères physiques. — La cire ainsi préparée est blanche, translucide, insoluble dans l’eau, soluI)le dans l’alcool, l’éther, les graisses, etc. iNIalléable à 3o“ elle fond à 62“ ou 63®. Sa densité est 0,966. Elle brûle avec une flamme blanche, sans laisser de résidu.

Caractères microscopiques. — Suivant Dujardin, la cire blanche vue en fragments, ou en minces copeaux, lorsqu’elle a été préalablement fondue sur le verre qui sert de porteobjet, manifeste une structure cristalline si on la regarde dans

la lumière polarisée au travers J’une lame mitice de gypse. Quand la cire dissoute dans l’essence de térébenthine se dépose par suite de l’évaporation du dissolvant, il se forme de petits discpies radiés et lamelleux qui dans la lumière polarisée se montrent traversés par une croix noire ou lumineuse suivant la direction des plans de polarisation.

La cire en copeaux minces paraît d’abord amorphe même dans la lumière polarisée ; mais si on la mouille d’un peu d’essence de térébenthine sa structure cristalline devient de nouveau évidente. Enfin les lamelles de cire extraites des aires cirières sont sans action sur la lumière polarisée jus([u’à ce (ju’on les ait fait fondre ou dissoudre. !Mais si ces lamelles se sont plissées quand on les déposait sur le porte-objet, chacun des plis ainsi formés dépolarise fortement la lumière [)ourvu (ju’il ne soit pas dans le plan de polarisation ; ce ([ui sullit pour démontrer que la lamelle est formée de fibres perpendiculaires qui ont été couchées et rendues obliques le long de chaque pli ; mais le fait de cette striuUure fibreuse est montré encore plus complètement par l’expérience suivante : on fait avec la pointe d’une aiguille de petites dépressions sur cette lamelle et l’on observe que dans la lumière polarisée chacune d’elles parait entourée d’un anneau lumineux et traversé par une croix noire (Pihier, loc. cil.). Tous ces caractères sont d’un haut intérêt, car ils permettent de caractériser très nettement la cire par l’examen microscopique.

Composition chimique. — La cire est composée par le mélange de trois substances, savoir :

1“ La cérine ov\ acide cérotiqueQ>^^W'0‘.i soluble dans l’alcool, mais cristallisant par refroidissement. Cette substance fond à 78“ et constitue la plus grande partie de la cire ;

2“ La myricine ou palmitate de myricyle., (G®“IT‘) 0%

insoluble dans l’alcool, fusible à les alcalis la décom-

posent en acide palmitique et en mélissine ou alcool myricique;

Beauregard. Mal. méd.

lASECTES

3“ La céroléine, substance molle, soluble à froid dans l’alcool, fusible à 28°5.

Formes commerciales. — 11 existe presque autant de sortes de cire, commercialement parlant, qu’il existe de régions qui en produisent. En France on apprécie particulièrement la cire de Bretagne., recherchée parce qu’elle se blanchit très facilement tandis que la cire du Gâtinais, probablement en raison de la présence du safran, se laisse blanchir très dillicilement.

La cire de Bourgogne d’une belle couleur jaune et presque inodore s’emploie ordinairement à l’état brut.

La cire de Normandie., et diverses cires exotiques, d’Italie, de Russie, d’Amérique, du Sénégal, du Levant, etc., sont répandues dans le commerce et présentent des qualités variables qui les font emploj^er brutes ou purifiées.

Falsifications. — En raison de sa valeur marchande élevée, la cire est fréquemment falsifiée. On y ajoute de l’eau, des poudres susceptibles d’en augmenter le poids (plâtre, kaolin, craie, sulfate de baryte, fleur de soufre, ocre, etc.), des substances colorantes (curcuma, sciure de bois), des fécules, des résines (galipot, colophane, j)oix de Boiu’gogne), des matières grasses (suif, acide stéarique), de la paralline ; de la cérésine., substance extraite de Vozohérite (cire fossile); enfin des cires végétales (cire de myrica, du Japon, etc., voir j)lus loin).

Les substances minérales seront décelées par l’analyse du dépôt que laissera la cire fondue dans l’eau.

Les fécules dans la même opération se reconnaîtront à l’examen microscopique.

Les résines seront facilement isolées en traitant la cire par l’alcool à froid ; elles se dissolveront dans le réactif tandis que la cire restera insoluble.

Le mélange de suif se reconnaîtra par la détermination du point de fusion ou encore du degré alcoométrique nécessaire

l’ROüVITS DES ABEILLES

pour laire flotler la cire oxaininée. La cire pure flotte sur un liquide alcoolique marquant 29° à l’alcoomètre centésimal; un mélange de 2.5 p. loo de suif’ ne flotte plus que sur un liquide alcoolique marquant ifq" 65 ; un mélange de 5o p. 100 sur un liquide marquant 5o“ 20, etc. (Legrip et Hardy).

Quant à la paraffine et a la (n^résine, on les décéle en traitant à chaud la cire suspecte par l’acide sulfurique fumant additionné d’alcool amylique Liés HodardL Dans ces conditions, la cire est cliarbonnée, tandis que la paraffine et la cérésine résistent, surnagent l’acide et peuvent être, après refroidissement, lavées et pesées.

Lsages. — La cire est employée en pharmacie [)our la confeo tion des cérats et de nombre d’onguents et d’eni[)lâtres, dans la j)réparation des suppositoires, bougies, etc.

!Miel. Pvépavalion . — Le miel obtenu, (U)mme nous le disions plus haut, en e.xposant les rayons au soleil sur des (daics, est le miel de première qualité appelé miel vierge o\\ miel (le goutte. Celui qui provient de 1 expression est le miel commun j il est plus coloré, d une saveur et d’un parfum moins lins.

Composition. — Le miel est un mélange en proportions variables de glucose, de saccharose, de mellose et de mannite avec des principes aromatiques et colorants empruntés aux plantes sur lesquelles il a été récolté. Aussi ne doit-on pas oublier que la qualité du miel est très fortement influencée j)ar les propriétés des plantes croissant dans la région où butinent les Abeilles. Les exemples sont nombreu.x de miels ayant acquis des propriétés délétères lorsqu’ils avaient été recueillis sur des j)lantes vénéneuses (aconit, etc.). On sait d autre part que l’arome et la couleur du miel ont la même source. Le miel de Bretagne doit sa teinte foncée et son goût singulier au sarrasin et à la bruyère ; le miel de Provence est

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aromatisé par la lavande ; celui de ÎVarbonne par le romarin, le thym, etc.; celui de Valence par l’oranger, etc.

Sortes commerciales. — En France on en compte plusieurs dont les plus réputées sont:

Le miel de Narbonne, d’abord licpiide et transparent, puis grenu et compact.

Le miel du Gâtinais, blanc et moins grenu, est moins aromatiq ue.

Le miel d’Alsace a une saveur résineuse.

Le miel de Bretagne est brunâtre, coulant, d’une odeur forte ; il est réservé pour la préparation des médicaments vétérinaires.

Vos miels français sont actuellement concurrencés par des sortes étrangères, très nombreuses, de la Havane, du Chili, etc.

Falsifications. — Le miel peut être additionné de substances telles que fécules, sable, craie, matières terreuses, etc.; mais les falsifications les plus fréquentes sont celles qui consistent à l’additionner de sirop de de.ctrine pour en diminuer la consistance, ou àc glycose. La dissolution du miel dans de l’alcool à 8o“ laisse la dextrine indissoute et permet de la doser. Pour la recherche de la glycose on pourra essayer de déterminer la présence du sulfate de chau.x que contient presque toujours la glycose et que ne renferme jamais le miel.

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