HÉMIPTÈRES
Cahactkues généraux. — Les Hémiptères ou Ruyncotes sont des Insectes caractérisés par la disposition de leurs pièces buccales généralement organisées pour piquer (fig. lad). La bouche des Hémiptères forme une sorte de rostre, constitué par un tube (lèvre inférieure) recouvert à sa base par le labre
uihiiprÉREs
élargi et triangulaire (clypeus). Les mandibules et les mâchoires sont représentées par cpiatre soies (|ui peuvent faire saillie au dehors ou rentrer dans le rostre.
Kig. i’23. — Pièces bucc:ilcs cl’llémiplèros. — A, de Peiilaloine. — B, de
Pyrrlioclioris.
a, antoimos. — thr, labre. — md , mandibule. — tx-fy, màeboires. mxt, lèvre inférieure.
Les ailes sont ordinairement au nombre de quatre (rarement deu.x); tantôt les quatre ailes sont membraneuses [Homoptères), tantôt les deux antérieures sont à demi solides à la base et membraneuses à l’extrémité [Hétéroptères]^ parfois les ailes manquent complètement.
On divise en général ces insectes en quatre groupes, savoir :
Aptkres [Parasites), ex. Pédiculides .
Phytophtires [Poux des plantes), Coccides, Aphides etP^^Zlides.
IM si; C TE s
HoMOPTÈitEs {( icadaires). Ex. Cicades^ Fiilgorides, etc.
HÉMiPTkiiEs PR. DITS. Ex. Népldcs, Hydvomélrides, Lijgéides, olr.
Nous avons à nous occuper ici des deux laniilles des Coccides et des Aphides.
Coccides.
Caractères généraux. — Les Coccides ou Gallinsectes sont encore connus sous le nom commun tle Cochenilles. Ce sont des Insectes chez lesquels le mâle beaucoup plus petit (pie la (emelle et longtemps pris par les naturalistes pour un Diptère [larasite de celle-ci est pourvu de deux grandes ailes membraneuses et de deux balanciers représentant, comme chez les Diptères les ailes postérieures atrophiées. A l’état adulte ils sont dépourvus de rostre et de stylets.
Les lenielles, aptères, sont grosses, à cor[)s lourd et trapu ; leur division en segments devient très confuse à mesure (|u elles se develo|)pent, si bien cju’elles ne forment plus (pi une masse inerte, se recouvrant en outre d’une cpiantité plus ou moins considérable de cire produite par des glandes spéciales. Elles se lixent sur les plantes au moyen de leur rostre très développé. Les mâles subissent des métamorphoses com- [ilétes (alors que tous les autres Phytophtires ont des métamorphoses incomplètes). La larve après sa dernière mue perd son rostre puis se confectionne un cocon dans lerpiel elle devient une lorme immobile. La femelle au contraire, provieni (I une métamorphose incomplète. La larve (pii doit la former se recouvre de cire et sous cet abri subit ses dernièros transformations. Après fécondation par le mâle ou sans fécondation (j)arlhénogénèse), suivant les cas, elle pond ses œufs et son corps se dess(M‘hant au-dessus d’eux leur sert d’abri protecteur.
COCCfDE.S
Aux Cochenilles (i ) se rattachent de nombreux genres parmi lestjuels Ericenis,, Tachardia, Gascardia, Rennes^ Gossyparia ('occu$, Llaveia nous intéressent plus particulièrement.
Ericerus ceriferus, Guér. Mén. — Syn. E. pe-la, Künck. ;
Coccus sinensis, Westw.
CxiiACTÈRKS EXTERIEURS. — Cette Cochenille cirière produit la substance dite cire de Chine ou pe-la. Elle oü're <xla de particulier que c’est au mâle et non à la femelle ((u’est due la production de la cire.
Le mâle beaucoup plus grand que la femelle est d’un rouge fauve; il a deux longues ailes mendiraneuses et deux balanciers terminés chacun par deux soies. L’extrémité de l’abdomen porte deux longs poils.
La femelle adulte est globuleuse et présente à sa face inférieure une échancrure au moyen de laipielle le corps se moule sur la branche où elle se fixe.
Mieurs. — Les œufs pondus par la femelle sont blancs et semblables à des petites lentes. Au mois de mai, on recueille CCS œufs, on les enveloppe dans des feuilles de gingembre et on les suspend à difféi’entes distances aux branches de l’arbre à cire. Dans les premiers jours de juin les œufs éclosent, et les Insectes se mettent à produire de la cire. Quand on a élevé des Insectes pendant trois ans sur le môme arbre il convient de laisser reposer celui-ci pendant trois ans.-
CuLTURE. — Voici comment Elisée Reclus, cité par R. Blanchard, raconte les coutumes des habitants de la province de Ssc-Tchouen où la culture de l’Insecte à cire est très prospère : « Lnc des plus curieuses industries agricoles de la province
(1) R. Blanchard. /,c.î Coccides ulUc/!, Paris, i88'5.
i.\sECTf:.s
est celle de la cire végétale ou pei-lo, qui ne peut se faire que par la division du travail entre les habitants de deux districts éloignés. L’Insecte iCoccus pela) qui élabore la cire, naît et se développe sur les feuilles du Ligustrum lucidum dans le pays de Kientcbang, prés de Ningyuen. A la lin d’avril les cultivateurs recueillentavec soin les œufs de cet Insecte et se rendent à Kiating-fou, à quatorze journées de inarehe, de l’autre côté d’une chaîne de montagnes. La route est très pénible et c’est la nuit ([u’il faut la parcourir [)our que les œufs ne souffrent pas de la chaleur : de loin, toutes les lumières qu’on aperçoit sur le chemin sinueux des monts produisent un effet très pittores(|ue. Par une exception unique en Chine, les portes de Kiating-fou restent constamment ouvertes pendant la saison de la récolte des œnifs. C’est après le transport que commence l’opération délicate; il faut détacher les œufs de la branche sur la(|uelle on les a portés et les placer sur un arbre d’espèce diflérente, le Fraxinus sinensis, oii les Insectes naissent et secrétent la (dre blanche si appréciée des Chinois. »
IhiODUCTiox DE L.v CiHE DE Chixe. — Les Inscctes se orou-
pent par pa((uels autour de la branche de l’arbre. Tout d’abord blancs et gros comme des grains de millet ou de riz, ils deviennent plus tard de couleur violette et rouge et la cire qu’ils produisent en abondance prend le volume d’un œuf de poule i^lL lilancbard). Ils se tiennent ainsi par grappes et enveloppent les branches; on dirait que ce sont les fruits de l’arbre (i).
L F/‘ice/‘as ce/‘//è/'//.s‘ vit indistinctement sur un grand nombre (1 arbres, particulièrement sur les Ligustrum lucidum ai L. glabrum, sur le lîhus succedauus, V Hibiscus syriacus, le Celastrus ceri férus, le Fraxinus siueusis, etc.
ün le cultive particulièrement dans les provinces de Ssé- Ichoueu, du Hou-kouaug, du Yuu-uau et du Fo-hien.
(i) Détails extraits et cités par R. Dlancluircl de l ouvrag’e chinois intitulé Pen-tsao- Kariff-mou .
COCCIDES
Composition et propriétés de la cire de Chine. — La Cire de (diine, Pe-la., Cire d insecte., et Sperniaceti végétal est une substance Ijlanche, translucide, a cassure tibreuse, plus dure et plus sèche que la cire d Abeilles et se réduisant en poudre non adhérente sous la dent. Elle Ibiid à 83^
Insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool et dans l’éther elle se dissout dans les huiles essentielles. Non attaquée par les acides elle n’est pas saponifiée par les bases.
Par sa composition elle répond à un éther de l’alcool cérylique ou éther cérotique, le cérotate de cérvie (?’*IP‘'*0^ Soumise »à la distillation sèche elle se dédouble en acide cérotique et en cérotène.
Usages. En Chine la cire Pe-la est employée pour la l'ahri- (.ation des bougies et sertaus.si en médecijie aux mêmes usages
((lie la cire d’abeilles.
Tachardia lacca(i), R. Rlancb. — Syn. : Carteria lacca, Sign.
C est 1 insecte producteur de la laque.
Caractères extérieurs. — L’insecte qui produit la laque présente les caractères suivants (fig. ia4 et laa) :
Le mâle, très petit (i mm. 4 de long;, est pourvu de deux longues antennes a q articles. Il s’en produit deux générations par an remarquables par leur dimorphisme. Le mâle d’été est aptère, celui d hiver est pourvu de deux ailes membraneuses, transparentes un peu plus longues que le corps. Au cours de son développement le mâle se couvre complètement de résine et on n aperçoit aucun orifice communiquant avec le dehors ; chez la femelle, au contraire, l’incrustation de résine présente
(i) \oir A. Gascarfl. Conlnbution à t'élude des gommes laques des Indes et de iladagascar, avec une note de Targloni Tozzetli sur les Cochenilles à laque. Thèse de 1 Ecole de Pharmacie de Paris, iSg J.
IXSECTJSS
en «‘liaciue point de la laque eorrespondanl au corps de l’in secte: un orilice répondant à l’anus de l’animal et deux points grisâtres en relations conune nous le dirons tout à l’heure avec deux tubercules voisins de l’anus.
La lemelle telle que l’a décrite Targioni-Tozzetti [loc. ci(.) se présente sous la forme d’un cor])s ovalo-ellipti(jue s’enfonçant par une extrémité aiguë verticalement dans la branche qui
Fig. 124. — Tacliardia lacca, d’après Tai'gioui TozzcUi. Individu isolé, traité par la potasse, vue latérale.
«, anus au soiiiinet du tubereulo impair tergal. — b, bouche. — m, tubercules ma ni ilia ires latcrau.x.
Fig. 122. — Tacliardia lacca, bouche, d après Targioni Tozzctii.
Soies iiiaxillo-mandibulaircs avec lobes oraux et languctlc au milieu.
porte la laque ; cette extrémité aiguë est l’extrémité orale, l’extrémité opposée [tout donc être appelée aborale.
L’extrémité orale comprend la botiche avec l’armature stiivante : Entre la lèvre stt[)érietire et la lèvre inférieure avet; une languette assez large, on voit les stylets maxillo-mandibulaires. Ces stylets très grêles sont recoitrbôs en forme d’anse vers lettr base (probablement au repos). Cn large lobe oral se voit en outre de cha(|ue côté de la bouche. A la face ventrale, vers l’union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs du corps, siègent pres(jue sur la ligne médiane deux stigmates, dont le péritrème est en forme de tonnelet à surface criblée d’orifices répondant à autant de filières.
L’extrémité aborale présente 4 tidiercules ; un impair dorsal, à l’extrémité duquel est l’anus, (fig. 19.4 <'/), deux latéraux
COCCIDES
dits tubercules mamillaires (w) et entre ceux-ei, à la face ventiale, un petit tul^ercule court, terminé par une pointe aigue yi).
Le tubercule uiicil, c est-a-dire celui (jiii porte l'anus, est formé d’un article basilaire membraneux, peut-être rétractile
Fif;. laG. — Tacliardia lacca, sogiiiciU lorminal cliitinisé du tubercule anal, d’apres Targioni Tozzetti.
ni, papilles coniques. — p, rangée de jjoils articulés. — e, rangée d’écailles.
— ji, soies rayonnant autour du disque <J.
— a, anus.
big. i'2~. — lachardia lacca, disque terminal des tubercules niainillaircs, d'après Targioni Tozzetti.
A, projection horizontale. — B, coupe verticale du disque. — c, cercle chilineux. — pf, plaque de filières.
et d un article terminal cliitinisé. Ce dernier porte une rangée double de soies raides, suivies plus près de l’orifice anal d une rangée de petites écailles bifides ou pectinées, suivies elles-mêmes d’une rangée de 10 longs poils sétilbrmes. Enfin un disque percé de filières enveloppe immédiatement l’orifice anal un peu excentrique (fig. 126).
Les tubercules inamillaires sont formés d’un seul article cliitinisé dont la chitinisation s’épaissit insensiblement de la base au sommet. Le sommet est tronqué et terminé par un disque épais divisé en plusieurs aréoles à bords relevés et per cées de filières nombreuses (fig. 127)^
Quant au petit tubercule impair ventral, il paraît être un organe génital (?).
Ajoutons qii en arrière de l’extrémité aborale ainsi constituée on aperçoit deux stigmates bordés d’un épaississement en \, et sur la ligne médiane on voit des groupes de filières dont les unes répondent à des extrémités d’apodèmes dorsaux tandis que les autres forment une chaîne ventrale.
IiXSECrES
Les femelles ainsi constituées sont enveloppées de résine et fortement colorées en rouge surtout lorscpie leur corps est rempli d’œufs ou de larves, car ce sont les œufs et les larves cjui ont la couleur la plus intense.
Les Tachardia sont ovovivipares. Les larves au sortir du corps de la mère sont d’un rouge vermillon.
Gomme-laque. — La gomme-laque renferme trois substances principales : de la résine, de la cire et de la matière colorante. Nous avons dit déjà que la matière colorante est surtout due à la présence des œufs et des larves. Pour faire saisir les rapports de la cire et de la résine entre elles et avec l’Insecte nous ne pouvons mieux faire que de reproduire le chapitre dans lequel Gascard expose la méthode qu’il a employée pour déterminer ce point intéressant : « Dans le but, dit l’auteur (/oc. cit., p. 49)1 tle rechercher si la cire, dans la laque, est intimement mélangée à la résine, nous avons utilisé l’alcool à 90® qui, à froid, dissout bien la résine, tandis que la cire reste absolument insoluble. Un fragment de gomme-laque {laque en bâtons), contenant une colonie d’insectes, est suspendu dans le haut d’une éprouvette remplie d’alcool à 90°. Quelques minutes après on voit apparaître au-dessous de la gomme-laque des stries jaunes produites par la solution de résine qui tombe au fond ; on change l’alcool le lendemain et le surlendemain. La colonie présente alors l’aspect suivant : la surface extérieure est devenue blanchâtre; une section pratiquée perpendiculairement au rameau présente trois assises : l’intérieure et l’extérieure sont blanches, l’assise intermédiaire est rouge, elle est formée par les Insectes dont la matière colorante est insoluble dans l’alcool à 90“.
Les zones blanches sont produites par une matière plus ou moins étirée en fils donnant à ces masses blanches l’aspect de pinceaux, qui partent des insectes et semblent les réunir entre eux. Les pinceaux extérieurs traversent la résine et
COCCIÜES
viennent fonner à la surface ces marbrures grises c|u'on ob^ serve sur les morceaux de gomme-laque en bâtons. Un fragment de ces masses blanches placé dans une goutte de benzine sur une lamelle, est examiné au microscope, il paraît formé de filaments blancs, ayant assez l’aspect de la soie... si on chaufî'e la lamelle une partie plus ou moins grande de la masse blanche disparaît et par le refroidissement de la benzine tics cristaux de se forment in situ. Quelquefois la totalité du produit disparaît dans la benzine chaude, d’autres fois une sorte de résine reste à la place. » Dans le premier cas les pinceaux sont uniquement formés de cire, dans le second cas ils sont constitués de cire mélangée à des poils. La cire provient des filières, tant du tubercule génital et des tubercules mamillaires que de celles (|ue nous avons signalées au voisinage des stigmates et à la surface du corps. Il résulte de ce qui précède que cette substance n’est pas mélangée à la résine mais qu’elle occupe dans l’incrustation résineuse des positions bien déterminées; elle forme en réalité des voies étendues de l’insecte à la surface de l’incrustation ; le rôle de cette cire est de j)rotéger les stigmates contre l’envahissement de la résine et d’assurer l’accès de l’air aux organes respiratoires (Gascard).
Les arbres que fréquente plus spécialement Tachardia lacca sont des Ficus : F. indica., F. religiosct, puis Anona sguamosa, Buiea frondosa., Ziziphus jujuba et trois espèces de Mimosa. On signale encore Schleichera trijuga et Crotoii lacciferuin.
Composition chimique de la gomme-laque. — D’après les analyses de Hatchett la composition de la gomme-lacjiie serait la suivante :
En bâtons.
En grains.
En plaques
Résine
Matière colorante . .
lO
Cire
Gluten
Corps étrangers . . .
Perte
lOO
lOO
lySECTES
La résine débarrassée de cire, puis oxydée par le permanganate de potasse en solution fortement alcalinisée donne un rendement abondant en acide azélaïque.
La cire est formée d’après les recherches de Oascard de 5o p. loo d’alcool myrici((ue libre additionné d’une petite ({uantité d’alcool cérylique, le reste étant composé d’un mélange des éthers mélissique, oléique, cérolique, palmitique de ces deux alcools, surtout du premier. Dans la cire en bâtons, (iascard à décelé aussi un éther cristallisé dans lequel 1 alcool myricique est éthérifié par un acide azoté ; il semble que ce soit le premier cas signalé d’une cire azotée.
(Liant à la matière colorante de la laque on l’obtient en traitant le produit pulvérisé par des lessives de soude très faibles. On dissout ainsi la matière colorante avant la résine et on la précipite de sa solution alcaline par l’alun. Ce précipité se trouve dans le commerce sous le nom de laque-laque produit ordinaire, et laquedye produit supérieur. La matière colorante ainsi obtenue est très semblable à l’acide (‘arminique ou rouge de carmin ; elle donne des teintures très solides.
Sortes commerciales. — On reconnaît trois sortes commerciales princi[)ales : i“ la Laque eu bâtons., forme dans laipielle la résine adhère encore aux branches sur lesquelles elle s’est développée ; y.® X^Laque en grains constituée par la résine séparée par grattage des branches support; 3“ X^i Laque en plaques ou en écailles, obtenue par conqiression de la laijue fondue dans l’eau bouillante et passée à travers une toile. Suivant que dans cette opération la laque a été plus ou moins décolorée on la dit blonde, rouge ou brune.
Us.sloes. — La laque de l’Inde sert surtout à la fabrication des vernis. On l’employait jadis en médecine comme tonique et astringente. Elle ne sert plus guère que comme dentifrice.
Gascardia Madagascariensis, Targ. Toz.
Cahacteres extérieurs. — Dans l'échantillon d’une laque provenant de Madagascar, M. Gascard [loc. cit.) a trouvé des
Fij^. 1^8. — Gascardia madagascariensis, grossi huit l'çis environ (d’après Tai'gioni Tozzelti).
A, face ventrale. — R, face latérale. — C, face dorsale. — éminence portant l’aniis à son sommet. — e, fossettes percées de tilières.
Fig. 121). — Gascardia ouvei't et étalé, montrant les filières au voisinage des groupes de traclices aboutissant au.v stigmates.
Cochenilles qui ont été étudiées sur sa demande par M. Targioni Tozzetti. Ltl bouche y est organisée comme chez Tachardia et pour le reste également de leur organisation leur éttide a permis de reconnaître des caractères qui par beaucoup de points rappellent cetix de la Cochenille de la la(|tie de l’Inde. Le corps est sphéroidal (^fig’. 128), bombé dti côté sternal,
aplati à la l’ace dorsale. L’extrémité aborale présente des tubercules qui correspondent évidemment aux tubercules anal, génital et mamillaires de Tachardia. Ces insectes peuvent avoir jusqu’à 5 niill. de long sur 2 mill. de large, ils sont de couleur brune, luisants à l’extérieur; leur test est parsemé d’orifices de filières surtout nombreux au voisinage des stigmates de l’extrémité aborale (fig. 129).
J.AouE DE Madagascar. — Les inscrustations des mâles sont urcéolaires. On dirait de petites pupes disposées les unes à coté des autres.
INSECTES
Les incrustations des femelles forment des masses volumineuses enveloppant les branches à la façon de grosses bagues (tig. i3o).
En coupant ces incrustations on y voit les insectes symétriquement disposés en rayonnant (lig. i3i) et la masse s’y montre composée de deux substances différentes, rune d’un jaune citron, compacte, transparente et friable; c’est la résine; l’autre d’un jaune beaucoup plus pâle, opaque et plus friable encore, formant des traînées linéaires verticales ou sinueuses qui se prolongent jusqu’à la surface" de l’incrustation. C’est la portion formée de cire émanant des libères des In-
Fig. i3i. — Section au travers do la laque sectes. Je Madagascar.
Gascard a démontré en «, substance résineuse jaune citron. — A, traînées jaune clair; les corps des insectes sont effet (lUe de même que brisés en c, vers leur extrémité orale où ils
étaient fixés par la bouche.
dans la laque rouge des
Indes, la cire et la résine ne sont pas mélangées dans la laque de Madagascar. La cire y est très riche en acides azotés. L’auteur y a déterminé également l’existence de l’alcool cérylique éthérilié par l’acide formique.
L’arbre sur lequel est greffée la laque de INIadagascar serait une Lauracée de la tribu des Perséacées.
Les masses que forment cette laque sur les rameaux sont sphériques ou ovoïdes, atteignant à peine le volume d’un œid' de pigeon. Leur couleur est d’un jaune grisâtre avec, à la surface, des marbrures plus claires.
On obtient encore de la laque de deux espèces de Tachardia, savoir : le T. larreæ^ R. Bld. qiti se rencontre dans l’Arizona sur les branches du Larvea mexicana^ et 2“ le
Fig. i3o. — Laque de Madagascar; forme sphérique.
D après Gascard.
COCCIDES
T. 7uexicana, K. Bld. qui vit sur des branches de JIù)iosa à Tampico.
Kermès vermilio, Planchon (i). — [Coccus in/'ectorius^ Linn.;