C. ilicis auct.). Kermès animal^ graine (V écarlate
Car.vctèues GÉiSÉHAi x, HABITAT. — Cette Coclieiiille qui vit sur le Chêne garrouille [Quercus coccifera., L.) dans toute la zone méditerranéenne, n’est connue que sous sa lorine femelle. Le mâle est probablement un petit insecte à deux ailes transparentes. 11 n’a jamais été étudié, mais Nissole (1714) figure des moucherons à deux ailes voltigeant parmi les femelles et <{ui pourraient bien être les mâles en question.
Quoi qu’il en soit les femelles, très bien décrites dès i55i par Qui- (jueran de Beaujeu, évêque de Senez, qui observa leur évolution dans tous ses détails, furent depuis lors considérées tantôt comme des galles, tantôt comme des fruits du chêne sur lequel elles vivent. Les recherehes de Cestoni (1714), d’Emeric et Garidel (1715), de Canàls y Marti (1768), enfin de Truchet (1811) établirent définitivement la nature animale du Kermès.
La cause d’une erreur aussi longtemps accréditée vient de
(i) G. Planchon. Le kermès du chêne au point de vue zoologique, commercial et pharmaceutique. Paris, 18C4.
Beauregard. Mat. méd.
INSECTES
la forme même des femelles qui sont globuleuses, lisses, sans apparence d’aucune segmentation, apodes et dépourvues d’antennes. Leur couleur rouge, leur taille atteignant celle d’une baie de groseille ajoutent à l’illusion (fig. i3a).
Au commencement de mars les femelles ont les dimensions d’un grain de millet ; dès avril elles atteignent leurs dimensions définitives, c’est-à-dire qu’elles sont adultes. Elles sont alors fixées aux rameaux par un petit pédicule et procèdent à la ponte. Les œufs au nombre de 1.800 à a.ooo restent dans le corps de la mère, qui meurt bientôt, puis dès le commencement de juin les larves éclosent et sortent par un orifice correspondant au pédicule. Le corps de la mère se flétrit alors et. forme une sorte de coque fripée qui est tout à fait comparable à un fruit troj) mûr dé l’asperge.
Kermès. — Récolte et Préparation. — La récolte du Kermès doit se faire avant l’éclosion des œufs, car là encore ce sont les larves qui renferment la matière colorante. Pour obtenir cette matière colorante on procédait autrefois de la manière suivante : les coques étalées sur une toile étaient exposées au soleil. Bientôt les larves en sortaient et se répandaient sur la toile, mais on avait soin de les y maintenir. La chaleur du soleil les engourdissait peu à peu et finissait par les faire mourir. Alors on en faisait une sorte de pâte avec du vinaigre et on desséchait celle-ci au soleil sur des peaux.
Usages. — Le Kermès a été très longtemps en usage comme matière colorante ; celle-ci qui est d’un beau rouge serait, d’après Lassaigne analogue à la carminé de la Cochenille du Nopal.
Sous les noms de Kermès animal., Kermès végétal., graine de Kermès^ graine d'écarlate, baie de Karmésine, etc., cette Cochenille avait autrefois une grande valeur marchande. Au moyen âge, elle formait une branche importante du commerce : Venise, Marseille, Lucques, Gênes, Montpellier, etc..
COCCIDES
étaient les villes réputées dans l’art de « teindre en écarlate » et ceux qui « teignaient en graine » formaient une puissante corporation. Depuis la découverte de la Cochenille du Nopal, cette industrie est tombée en désuétude, et il n’y a plus guère que les Arabes et les Turcs qui, à l’beure présente, utilisent la teinture au Kermès pour obéir aux prescriptions du Koran (R. Blanchard, loc. cit.).
La réputation du Kermès comme drogue médicale ne fut pas moins extraordinaire. Plancbon [loc. cil.) divise son histoire, sous ce rapport, en deux périodes ; l’une s’étendant de Dioscoride à Mesué, et pendant laquelle il est utilisé pour ses propriétés astringentes mais n’est employé que pour l’usage externe. La seconde période commence avec Mesué (ix® siècle) qui compose son fameux électuaire dit confection alkerniès, avec du sucre de pommes, de l’eau de rose, des perles, de l’or, de l’ambre gris, du musc, etc., et le liquide coloré provenant de soie crue teinte au Kermès, bouillie avec l’eau de roses et le suc de pommes, puis exprimée.
Pendant plusieurs siècles ce fut une panacée dont le succès ne se démentit pas. Vers i58o la formule subit une première atteinte, la soie crue teinte au Kermès, fut remplacée par un sirop de Kermès, c’était une idée de l’Ecole de Montpellier {confectio Alkermes-Monspeliensiiun) .
Cette nouvelle manière persista jusqu’en 1748, époque à laquelle Lémery proposa une confectio Alkernies reformata où il n’y avait plus ni or, ni soie, ni perles, ni eau de roses, mais seulement un sirop de Kermès avec addition de Santal citrin, d’ambre gris, de musc, etc. De là au simple sirop de Kermès, il n’y avait pas loin et ce sirop en effet, depuis longtemps déjà recommandé, succéda définitivement à la confection.
Le Kermès était considéré à la fois comme résolutif, stimulant et astringent; aussi le recommandait-on pour toutes les maladies.
Aujourd’hui on ne le recommande plus pour aucune.
INSECTES
Gossyparia mannifera (R. Bl.).
Celte Cochenille vit sur Tamavix gallica, var. mannifera Ehrlj., en Asie Mineure, en Arménie et en Perse.
Le mâle est inconnu. La femelle plane et glabre inférieurement a le dos velu et présentant douze segments. Les antennes ont neuf articles et les pattes quatre segments. Le rostre est court, obtus, comprimé.
Ces Insectes se répandent en nombre considérable sur les branches jeunes duTamari.x et bientôt on voit s’écouler de ces branches une sorte de miel qui tombe par gouttes sur le sol.
Il semble bien que le miellat en question est un produit de sécrétion de l’insecte, car l’analyse de produits provenant de végétaux très divers faite par Berthelot a montré que dans les deux cas, le miellat était composé de saccharose, de sucre interverti et de dextrine.
La manne de Tamarix est employée comme aliment. Ce serait, pour une part, la manne du Sinai ou manne des Hébreux.
Coccus cacti. L. — Cochenille mexicaine^ Cochenille du Nopal, Cochenille ordinaire.
Caractères généraux. — Le mâle de cette Cochenille est très petit; il n’a guère plus de 3 niill. (fig. i33)de long. Il est d’un rouge carminé avec les ailes au nombre de deux, grisâtres, beaucoup plus longues que l’abdomen. Dix articles aux antennes ; les pattes sont longues ; deux soies qui atteignent souvent le double de la longueur du corps terminent l’abdomen.
La femelle est d’un rouge-brun. Elle est longue debà^mill. ((ig. i34), large de 4 et épaisse de 2 à 3. Les segments de l’abdomen sont nets avec une carène dorsale, et deux soies courtes terminales, divergentes. Les antennes n’ont que sept
COCCIDES
articles. Toute la surface du corps est comme givrée par une poussière cotonneuse que forme une abondante sécrétion
de cire ; l’insecte en est parfois tellement couvert que dans ses déplacements sur la plante il abandonne le petit amas cotonneux ainsi formé de cire.
Fig. i33. — Coccus cacti .
D'après E. Blanchard.
D’après Sicard.
^Iœvbs. — La Cochenille est-elle ovipare ou vivi-
Fig. i34- — Coccus cacti Ç> face, ventrale et face dorsale.
pare? On n’est point absolument fixé sur ce point; ce (|ui est certain, c’est qu’après la ponte la mère meurt rapidement et tombe ; les larves cachées sous les amas cotonneux de cire se développent et bientôt se répartissent sur la plante ; on reconnaît celles qui produiront des mâles à ce que leurs antennes n’ont que cinq articles tandis que celles qui produiront des femelles ont des antennes de six articles. Les larves femelles se fixent simplement à la plante et subissent leurs iiTétamorphoses; les mâles s’enveloppent d’un cocon de matière cireuse d’où ils sortent à l’état adulte au bout d’une huitaine de jours.
Culture. — Récolte. — C’est sur le Cactus Nopal [Opuntia coccinellifera., Mill.) et sur quelques autres espèces [O. tuna.