SE CT ES
Mill., O. vulgaris, Mill.) que se développent les Cochenilles. Ces Nopals font l’objet de cultures très soignées, car la Cochenille ne se développe que sur les raquettes fraîches et vigoureuses et dans une orientation qui les mette à l’abri de l’humidité et des vents frais. A l’état sauvage elles donnent un produit peu apprécié, mais obtenues par une culture soignée elles constituent la Cochenille fine qui fait l’objet d’un très important commerce.
C’est au Mexique et au Honduras qu’est née la culture des Cochenilles ; elle s’y pratiquait déjà lors de la découverte de r.Xmérique. Depuis, elle a été implantée avec un succès remar- (juable aux Canaries par un Français du nom de Berthelet, <lirecteur du Jardin d’acclimatation d’Orotava (voir R. Blanchard, Les Coccidés utiles, p. 78). Sa culture a réussi également à Java.
Pour récolter l’insecte on se sert de petits pinceaux au moyen desquels on brosse la surface des raquettes conservées sur la plante (Mexique) ou arrachées préalablement (Canaries).
On fait choix d’un certain nombre de femelles que l’on conserve pour la reproduction et on prépare le reste comme il sera dit plus loin.
Les femelles conservées pour la reproduction sont, au moment oii elles sont prêtes à pondre, placées dans de petits nids faits de noix de coco. Ces nids sont accrochés aux épines des Nopals et les jeunes, dès leur sortie de l’œuf, n’ont qu’à gagner la surface des raquettes pour y trouver la nourriture ([ui leur convient. C’est ainsi que les choses se passent au Mexique. Mais aux Canaries on agit autrement. Les femelles conservées pour la l’eproduction sont placées sur des toiles, dans des étuves où la température n’est pas inférieure à 20". Les larves se développent bientôt et se fi.xent à des lambeaux d’étolfe mis à leur disposition. Quand elles y sont fixées on les transporte dans les nopaleries, vastes champs où les Nopals sont cultivés avec soin. On applique les lambeaux
COCCIDES
(le toiles sur les ra(|uetles, la lace couverte de larves tournée contre la plante et on les y maintient solidement au moyen même des épines du Nopal. Bientôt les larves se fixent à la plante et elles se trouvent en même temps à l’abri des intempéries, recouvertes qu’elles sont par les toiles qu’elles viennent d’abandonner.
Cochenille. — Les Cochenilles récoltées pour la vente sont desséchées à une température de 4o“ environ, puis tamisées afin d’être débarrassées des impuretés (épines de Nopals, amas cireux) qui les souillent toujours. Lorsque les Cochenilles ont été chauffées, après avoir été préalablement enfermées dans un nouet de linge, elles conservent leur revêtement cireux ; elles forment alors la variété dite C. grise, C. jaspée, C. argentée.
Si elles ont été chauffées directement sur des plaques métalliques, elles prennent une teinte brune, noirâtre. C’est la variété dite C. noire ou Zaccatille, Cascarellia des Mexicains. Elle se présente alors sous forme de grains orbiculaires, rugueux, d’un rouge-brun foncé, avec (juelques rides grisâtres, mais ([u’on ne saurait confondre avec le revêtement gris qui saupoudre toute la surface de la variété dite argentée ou grise.
Enfin il en est (ju’on plonge dans l’eau bouillante pour les tuer. Dans ce cas toute trace de matière cireuse disparaît, c’est la forme dite C. rouge.
Formes commerciales . — Les trois formes que nous venons d’indiquer et qui résultent du mode de préparation, peuvent se trouver dans chacune des sortes commerciales. Celles-ci sont désignées comme suit :
La C. de Honduras ou Mestèque, très estimée surtout sous ses deux premières formes.
La C. du Mexique ou de la Vera-Cruz, peut être un peu moins recherchée.
La C. des Canaries qui comprend les deux formes noire et grise et qui est très estimée.
Enfin la C. de Java qui est à grains petits et rougeâtres, peu recherchée.
Composition chimique. — La matière colorante pour laquelle la Cochenille est l’objet d’un si grand commerce est la carminé^ produit cristallisable, d’un rouge pourpi*e obtenu par Pelletier et Caventoii en traitant la Cochenille par l’éther et reprenant par l’alcool. La carminé soluble dans l’eau et dans l’alcool, insoluble dans l’éther, est colorée en rouge vil’ par les acides et en violet cramoisi par les alcalis.
La Cochenille traitée par du bitartrale de potasse donne un précipité, V acide carminique ou carmin i\v\\ est le produit commercial bien connu pour sa riche coloration. Si à la solution de Cochenille on ajoute de l’alun puis de l’ammoniaque, de laçon à précipiter l’alumine, celle-ci se teint dans la liq ueur colorée et après dessiccation on obtient une poudre colorée qui est la laque de carmin.
En outre de la carminé on trouve dans la Cochenille de nombreux composés azotés parmi lesquels une grande proportion de tyrosine.
Usages. — Rappelons ses usages en teinture au point do vue industriel et en teinture au point de vue histologique. La Cochenille d’autre part, sans jamais avoir eu la vogue excessive du Kermès a toujours été employée en médecine. Elle doit peut-être à sa modestie de n’avoir pas été complètement abandonnée comme le Kermès, et on la recommande encore actuellement dans les accès d’asthme nerveux et surtout dans les quintes convulsivesde la co({ueluche(Laboulbène etO. Larcher).
Llaveia axinus. Sign. Syn. : Coccus axinus, Llavc. — Axin.
L’Axin est une Cochenille qui vit au Mexique sur divers arbres, Erythrina (Légumineuse), Jatropha curcas., Xanlho- .xylum clava-Herculis., Spondias myrobalanus. Sp. Mombin, Sp. rubra, etc.
APHIDES
Le mâle est une petite mouche rouge de i5 millimètres de long; la femelle est le géant des Goccides et atteint de 20 à 3o millimètres de long sur 12 à i5 de large. Elle est recouverte d’une bourre comme farineuse au-dessous de laquelle la couleur du corps apparaît rosée.
C’est la graisse contenue dans le tissu de l’insecte f[ui est recherchée. Celle-ci, qu’on extrait en traitant les Cochenilles par l’eau bouillante, a reçu le 'nom iVAxine. Réc^emment préparée, elle a la consistance du beurre et une odeur suigeneris, analogue à celle do l’axonge rance. Elle est d’un jaune plus ou moins foncé. Elle fond vers 36° et est insoluble dans l’eau et dans l’alcool à froitl.
C’est la substance huileuse la plus siccative que l’on connaisse. En dehors des usages industriels dont elle est susceptible, elle est depuis très longtemps d’un emploi courant dans la médecine populaire mexicaine, sous les noms d’i4j?//i ou Agé.
Aphides.
CA.RACTKRES GÉXKR.vux (i). — Les Aphiues OU PccERONs fournissent un certain nombre d’espèces gallicoles appartenan, aux genres Aphis, Lachnus. Pemphigus, etc. Ce sont des Hémiptères dont les téguments sont formés d’un épiderme revêtu d’une cuticule et doublé intérieurement d’une couche de tissu conjonctif tellement riche en graisse que celle-ci comble tout l’espace de la cavité générale compris entre les téo-uments et les orgranes internes.
Les ocelles et les yeux à facettes ne se rencontrent simultanément que chez les femelles agames ailées et chez les inâles.
(i)Balbiani. — C. R. Ac. des Sc., i87'!-i874-i87â. — Courchet. Etude sur tes galles produites par les Agltidie ns, Montpellier, 1879. — Lichtenstein. Les Pucerons, monographie des Aphidiens, Montpellier, 1879. — E. Witlaczil, Zur Anat. der Aphideti, Wien, 1882. — H. Russell. Les animaux producteurs de galles. Bull, des sc. natur., 1893. — Marchand. Des térébinthacés et de leurs produits employés en pharmacie , Paris, 1869.
INSECTES
Les Pucerons qui vivent dans les galles sont toujours recouverts d’une production cireuse qui les protège contre l’humidité de la cavité gallaire sans cesse entretenue par les déjections en partie liquides qu’ils émettent. Cette matière cireuse est sécrétée par des glandes épidermiques disposées en séries longitudinales sur le dos et les côtés de l’animal.
Outre ces glandes à cire, les Pucerons possèdent (fig. i35) des glandes à sucre ou nectaires. Celles-ci, au nombre de deux, font saillie au niveau de l’un des anneaux moyens de l’abdomen. Elles ont la forme d’une cheminée cylindrique fermée ])ar un disque chitineux ])ercé d’un petit orifice. Elles sont remplies de grosses cellules appartenant au corps adipeux et qui ont acquis la propriété de fabriquer du sucre.
Fig. i35. — Larve à demi développée ,
d’une femelle agame et aptère d’A- LappaiGll bllCCal CSt COllStl-
phispciargonii (d’après Witlaczil). comme nous l’avons décrit
A, tête. — a. antennes. — I à III, segnients thoraciques. — IV à XII, seg- '
ments abdominaux. — b^, b^, b^, les trois paires de pattes. — s, stigmates.
.a,?neaT‘“""* ““ huitième DÉVELOPPEMENT. — Lc cyclo
évolutif des Aphides est assez compliqué. 11 ressemble beaucoitp à celui du Phylloxéra, avec cette différence toutefois que toutes les générations stic(;essives d’individus asexués sont constamment vivipares. Les femelles fécondées seules, sont ovipares et produisent un ou quelquefois plusieurs œufs d’hiver. De plus, les individus ailés
APllIDES
peuvent apparaître à une époque quelconque, dans chacune des générations agaïues lorsque l’encombrement des Pucerons sur un même point rend nécessaire un essaimage ; les femelles sexuées sont toujours aptères, mais les mâles, plus petits, sont généralement ailés.
Voici comme exemple, le cycle de développement du Pemphigus covnicularius qui produit la galle du Pistachier térébinthe.
Son évolution complète exige deux années : Des œufs d’hiver déposés sous l’écorce par les femelles sexuées sort au printemps une première forme asexuée, celle des fondateurs de galles ; ceux-ci donnent à l’intérieur des galles de nombreux individus aptères comme eux et qui ne sortiront pas du lieu où ils sont nés.
Ils produisent par voie agame et vivipare de nouveaux individus qui acquiéreront des ailes et iront au loin déposer le germe de la génération suivante. Ces pucerons ailés, en effet, ([ui naissent à l’automne, vont déposer des jeunes sur les graminées où ils passent l’hiver en se multipliant par viviparité.
A la belle saison apparaît une nouvelle génération ailée qui abandonne les graminées et vient déposer, sur les Térébinthes, des individus aptères et sexués.
11 y a alors fécondation et les femelles qui ne pondent qu’un œuf (œuf d’hiver) le placent sous l’écorce et meurent sur lui. Cet œuf passe l’automne et l’hiver sans modification, et au printemps (printemps de la deuxième année du cycle) il en sort un nouveau fondateur de galles et le cycle recommence.
Les individus vivipares qui constituent les générations nombreuses intermédiaires aux formes sexuées doivent être considérés comme des femelles à organisation spéciale simplifiée, conformées pour se reproduire parthénogénétiquement. Les jeunes qui en naissent grandissent aux dépens du corps adipeux de la mère.
Galles, coques ou fausses galles. — Les galles produites
lA'SECTES
par les Aphides ne prennent jamais naissance au milieu même des tissus d’un organe. Elles se présentent presque toujours sous la forme d’une boursouflure ou d’un enroulement marginal d’une feuille, déformations produites par l’irritation que cause la piqûre de l’Insecte. Ce dernier cas est celui de la galle utriculaire du térébinthe, qui commence par une simple invagination du limbe d’une feuille. Puis les tissus se dévelopj)ent autour de l’insecte fondateur et il en résulte une coque à cavité spacieuse, à paroi relativement mince, dans laquelle on ne reconnaît pas la disposition si spéciale qu’offrent les galles des Cynips, mais seulement un tissu homogène parcouru [)ar des faisceaux libro-vasculaires. La cavité de ces galles renferme des Pucerons parfois en nombre prodigieux. Ce que nous venons de dire de leur structure légitime le nom de Coque qu’on leur donne pour les distinguer des galles proprement dites. Elles sont généralement riches en tanin et c’est la raison pour laquelle on utilise certaines d’entre elles.
Parmi les coques d’Aphides (jui font l’objet d’un certain commerce, nous citerons :
i” La C.vLLE DE Chine ou du .J.vpon [Ou-poep-tse, en chinois). Elle résulte de la piqûre d'Aphis sinensis sur un Sumac [Rhiis semialala iNIurray, var. Osbecki D. C.), petit arbre de la famille des Térébinthacées. Elle est arrondie ou oblongue, souvent très irrégulière, comme lobée. Longue de 3 à 6 centimètres, large de i à 3, pédiculée à la base et couverte d’un duvet serré grisâtre, elle a une paroi mince et cassante, d’aspect résineux, ta[)issée intérieurement d’une matière laineuse blanche (substance cireuse) retenant des débris de pucerons.
La galle de Chine donne 65 à qa p. loo d’un tanin identique d’après Stenhoiise, à celui de la galle d’Alep. L’Allemagne en importe de grandes quantités pour la préparation des acides
GALLES
tannique et galliqiie. En Chine elle est très rechcrcliée pour les usag'es thérapeuti(jues et pour la teinture.
2" Les Galles des Pistachiers. Elles sont produites par des Aphides du genre Pemphigus agissant sur divers Pistachiers [Pistacia vera^ Poir., P. Terebinthus, L.) et par un Tetra neura sur P., lentiscus, L. Nous avons donné page .553 le mode de développement de la galle foliaire de P. terebinthus que jiroduit Pem P h igus coruicularius.
Parmi les galles des Pistachiers, on trouve dans le commerce :
a. Le Caroub de Judée (de l’hébreu Karub, corne), galle siliquilbrme, longue de i5 à 18 centimètres, souvent repliée sur elle-même à la base et rappelant la forme d’une corne large de 3 à 3,5 centimètres, de couleur rougeâtre, à saveur astringente' et aromatique rappelant l’arome de la térébenthine de Chio. Elle provient de Pistacia terebinthus.
On l’a préconisée (aimmc stimulant dans la bronchite chronique et dans la phtisie, dans les cystites chronic[ues, etc.
b. Galles de Pistachier^ de Boukhara . Cette sorte est importée de l’Inde. Ce sont des galles arrondies, de la grosseur d’une petite cerise, rougeâtres ou lirunâtres extérieurement, quelquefois lobées ou didymes. On les vend dans les bazars de Téhéran et de Yèzde, sous les noms de gool-i-pistah (Heur de pistachier) et de Bazghauj ou baisouges. Elles ont un faible goût de térébenthine de Chio et sont recherchées dans l’Inde pour la teinture.
3“ Galles de Myrobalaxs. Elles viennent sur le Myrobalan citriii {Terminalia chebula Gœrtn.), de la famille des Combrétacées, d’un Puceron indéterminé. Ce sont elles qu’on désigne encore sous le nom de Fèves du Bengale^ et, d’après Gonfreville, Kadukaï-poo (fleur de Kadukaï), les myrobolans citrins étant appelés Kadukaï dans l’Inde.
366 INSECTES
Cette sorte de galle se présente sous la forme de vésicules simples ou didymes d’un jaune verdâtre, ovoïdes, irrégulières, aplaties, longues de 2,5 à 3 centimètres, ridées longitudinalement. Leur cavité ne renferme pas d’insectes.
Elles sont très riches en tanin et fort astringentes.
VERS
L’embi’ancheinent des vers comprend un grand nombre d’animaux qui ont pour caractères communs : un corps allongé, plat ou cylindrique, sans membres articulés.
Les classes principales que comporte ce vaste groupe sont celles des Helminthes^ des Bryozoaires^ des Rotifères^ des Géphyriens et celle des Aiinélides. C’est la classe des Annelides qui nous occupera seule ici, et plus particulièrement la sous-classe des Ilirudinées.
AN NÉ LIDES
Caractères généraux. — Les Annélides sont des Vers cylindriques ou aplatis, dont le corps est segmenté, c’est-à-dire divisé extérieurement en anneaux qui correspondent à des cloisons transversales plus ou moins complètes de la cavité générale. Tantôt il y a correspondance exacte entre les divisions extérieures et les cloisons internes (abstraction faite des soudures qui se produisent dans la région céphalique), tantôt les cloisons internes sont en plus petit nombre que les annulations apparentes extérieurement. Dans ce cas, les limites des segments vrais correspondent aux cloisons internes et les anneaux intermédiaires à ces limites résultent seulement de sillons qui forment des annulations sans rapport direct avec la métamérisation ou segmentation vraie du corps.
Les Annélides ont une enveloppe chitineuse plus ou moins
VE ns
mince qui n’acquiert jamais la solidité du test des Arthropodes.
L’appareil digestif est simple ; la bouche est située ventralement à l’extrémité antérieure du corps. L’œsophage est musculeux, le reste du tube digestif est un canal ordinairement droit, pourvu ou non de cæcums latéraux. L’anus est généralement dorsal. Le système nerveux comprend un cerveau, un collier œsophagien et une chaîne ganglionnaire ventrale, dont les deux moitiés sont plus ou moins rapprochées sur la ligne médiane.
Le système circulatoire est ordinairement clos et formé de vaisseaux, dont un dorsal, un ventral et deux latéraux, le tout réuni par des anastomoses transversales. En dehors de certaines Annélides à respiration branchiale, il n’existe pas d’appareil respiratoire spécial.
Les Annélides se divisent en deux sous-classes : les Chétopodes [Oligochètes et Polychètes^ etc.) et les Hirudinées. Les llirudinées et les Oligochètes sont hermaphrodites tandis que la plupart des Polychètes ont les sexes séparés.
Hirudinées (i).
Les Hirudinées ^ Discophores ou Sangsues ont le corps marqué de nombreux anneaux parfois peu apparents. A chacune de leurs extrémités se développe une ventouse, dont l’antérieure se reconnaît à ce qu’elle présente en son fond un orifice qui est la bouche, tandis que généralement la ventouse postérieure n’est pas ouverte, l’anus se trouvant à la région dorsale en avant de la ventouse. La description détaillée que nous allons faire de l’organisation de la Sangsue
(i) Moquin-ïandon. Monographie de ta famille des Hirudinées, Paris, 1846. — Gratiolet. Recherches sur le système vasculaire des Sangsues, Paris, 1860. — R. Blanchard. Hirudinées. Dict. encyclopéd. des sciences médicales, t. XIV, p. 129, 1888, et Zoologie médicale, t. II, p. ii3.
SA SGSUE
iGÿ
médicinale nous dispense d’entrer dans de j)lus grands développements a propos du groupe. Nous ajouterons seulement que l’on divise les Ilirudinées en cinq l’amilles, savoir : les IHslriohdellides, les AcanlhohdtdUdes, les Rynchohdellides, les Branchiobdellides et les Gnalhohdelüdes. C’est à cette dernière famille, caractérisée, ('onimc son nom rindi(|ue, par l’existence de mâchoires, (pie se rattache la Sangsue médicinale.
Sangsue médicinale [Hinido medicinalis Rav.).
(jAH.vcTKiiKs GKNKitAux. — Caractères extérieurs. — La Sangsue médicinale considérée a l’état d’extension movenne présente une face dorsale homhée et une face ventrale aplatie ou un peu excavée. h]lle est suscc|)tible de s’étendre (mnsidérahlcment jusqu’à devenir comme un mince ruhan ou au contraire de Se contracter énergiquement, et elle revêt alors la forme d’une olive.
Ses couleurs très variables ont permis de distinguer un grand nombre de variétés (grise, verte, noire, jaune, blanchâtre, lauve, truitée ou manpietée, etc.). La Sangsue grise, très répandue dans toute l’Europe et particulièrement estimée, a le dos olivâtre, plus ou moins gris ou foncé, avec deux paire.s de bandes latérales et une bande marginale bordée de noir; le ventre, d’un vert foncé, est maculé de noir.
Le cor()s de la Sangsue, marqué d’un grand nombre d’annulations, s atténue a l’c'xtrémité antérieure et beaucoup moins en arriére. Ln avant, se voit la bouche, orifice ventral surplombé par une forte lèvre siqiérieure en cuiller, formée de
Ul'WREGARD. Mat. inéd.
Fig. F3Ü. — Saiigsuo môdiciiiatc.
VERS
Fig. 137. — Sangsue médicinale; morphologie externe (d’après ^Vhilman).
Les cinq paires d’yeux sont représentées'par autant de gros points noirs sur les anneaux 1, 2, 3, 3, 8. — Les organes segmentaires sont figurés par des points j)lus petits et les orific^es des néphridies ])ar des traits éjiais (1 p à 17 p). A droite on a marqué le nombre des anneaux. à gauche celui des segments. — Du 3o' au 3i' anneau, orifices mâles. — Du 3.3' au 3(i“, orifices femelles. — Sur les 9', 10' et 11“ segments se développe le clitellum. — an, anus. — bs, ventouse postérieure.
trois anneaux incomplets et constituant l’organe appelé ventouse antérieure; vcntraleinent, cette ventouse est limitée par une lèvre inférieure constituée par la portion inférieure du premier anneau complet du corps. En arrière existe une ventouse circulaire.
Les auteurs attribuent en né-
néral 9a anneaux à la Sangsue.
Il en est ainsi, en effet, à la face inférieure, mais si l’on veut tenir compte des anneaux incomplets, il faut compter par la face supérieure et on trouve alors loa anneaux. Ces 102 anneaux n’indiquent pas, comme nous le disions plus haut , page 357, 102 segments, mais seulement 102 sillons apj)arents à la surface du corps. Les vrais segments sont au nondâre de 26 (lîg. 137). Chacun d’eux comprend ordinairement 5 anneaux; toutefois, les 6 segments antérieurs et les 4 postérieurs présentent une réduction considérable du nombre des anneaux.
Les segments i et 2 n’ont qu’un anneau, le segment 3 en a 2, les segments 4, ^ ^t 6 en ont chacun 3. D’autre part, en ai’rière , le segment 23 n’a
S.IAGSr/C
que 3 anneaux elles segnienls 24, 2a et 26, 2 seulenienl chaeun.
On reconnaît aisément les limites des segments quand on examine avec attention la surface du corps. En effet, le premier anneau de chaejue segment porte à sa face dorsale 8 petites papilles arrondies, saillantes, et à sa lace ventrale 6 organes semblables. Ces papilles, dites papilles segmentaires, sont disposées par paires d’une façon très régulière; elles paraissent être des organes de sensibilité, peut-être, en laison de leur structure, tles yeux en voie de dév'eloppement ; en tous cas, les cinq paires d’yeux qui se ré|)artissent sur les anneau.x i, 2, 3, 5 et 8 occupent sur ces anneaux la place des papilles segmentaires. Une autre limite des segments est (;onslituéepar des pores que l’on distingue à la limite postérieure du dernier anneau de cliaque segment, entre (‘et anneau et le premier du segment suivant. Ces jiores, dits pores néphriiliaux, sont disposés par paires; ce sont ces orifices qui font communiquer avec 1 extérieur les organes segmentaires ou organes d’excrétion. Ces organes (pi’on retrouve très génélalenient chez les Vers sont formés d’un tube (jui s’ouvre dans le sinus sanguin latéral, puis (|ui se bifur(|ue, forme une anse épaisse, dite glande mncipare, dont le canal excréteur aboutit à une large vésicule <pii recueille les [iroduits d’excrétion élaborés par la glande et les déverse au dehors par le pore néphridial auquel elle aboutit (fig. i38).
L’examen extérieur de la Sangsue montre encore l’orifice mâle, situé a la face ventrale, dans le segment 10, entre les anneau.x 3o ef 3i, et 1 orifice de la vulve sur le segfinent ii, entre les anneaux 35 et 36. Ajoutons que les segments 9, 10 et II, qui comprennent les anneaux 24 à 3q, constituent la ceinture ou clitellum. C’est une région particulièrement riche en glandes de la peau, qui secrétent abondamment, au moment de la ponte, une substance mucilagineuse au moyen de laquelle la Sangsue édifie le cocon dans lequel les œufs sont pondus.
VERS
Caractères anatomiques. — Téguments. — Ils sont formés d’une mince cuticule et d’une couche de cellules épidermiques avec de nombreuses glandes unicellulaires ; puis vient l’iiypodernie renfermant les ('ellules pigmentaires auxquelles
l’animal doit ses colorations. Enfin, une couche musculaire à fais- (■eaux circulaires et plus profondément une couche longitudinale coin-
plètent la structure de la peau (fig. 1 38). Lacuticule est sujette à un renouvellement fréquent, aussi trouve-t-on dans les réservoirs oii l’on conserve les Sangsues de nombreuses mues ipii ont été longtemps prises pour des mucosités secrétées par elles. La mue semble s’opérer diflicilement lorsque l’animal est phu'é dans un réservoir à paroi lisse. -La difliculté qu’il éprouve peut le fatiguer au point de le rendre malade et de le faire périr. L’addition de sable au fond de l’eau permet aux Sangsues en train de muer de trouver un point d’appui qui les aide à se dégager de leur mue.
Appareil digestif. — Il débute, comme nous l’avons dit, par un orifice buccal situé au fond de la ventouse antérieure. Celle bouche est limitée par trois lèvres laissant entre elles une ouverture en forme d’étoile à trois branches, une supérieure et deux latéro-inférieures. Au fond de chacune de ces trois branches ou commissures se trouve une forte mâchoire ayant la forme d’une demi-scie circulaire pourvue d’un manche en (continuité avec le bord rectiligne et garnie d’environ 90 dents
üt) fcm
Fig. i j8. — Section Iransvel’salo d 'une Sangsue (d’après Lang).
/■/«. coiu'ho musculaire annulaire. — Im. rouelle luuseiilaire longHudinale. — vt, vaisseaux latéraux. — n/i, uéphridies. — rd , vaisseau dorsal. — dm. luuseles dorso-ventraux. — vésicule
terminale denéphridie. — bm, cliaiue nerveuse. — Cl’, vaisseau ventral. — h, testicules. — cd, conduit déCcreut. — jnd, intestin movcii.