‹ Matinées littéraires: cours complet de littérature moderneChapitre 17 sur 49 · M ATIXKKS LU TER AI KM S · texte numérisé non relu

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raie, el la rus»*, don! la conquête ;i routé tanl île peines à l'amant, n'esl autre chose à leurs yeux que la sagesse. Ceux-ci el ceux-là onl assurément vu dans ec livre ce (pi aucun de ses cviteurs n'a voulu \, mettre1. Telle n'était pas toutefois, on peut le croire, l'opinion qu'en avait le célèbre chancelier de l'Université Jean Gerson. Gerson , l'infatigable défenseur de la morale évangéliqae , écrivit mi traité et monta en chaire pour condamner le Roman de la Rose, où se rencontrenl à chaque page de grossières injures contre les femmes, les prêtres et les rois. \oiis ne serions point étonné que ees injures mêmes eussent été la principale cause du succès prodigieux qu'obtint <e poème i\i-s son apparition, el que les graves attaques dont il fut l'objet de la part des lioinines religieux eussent contribué à en prolonger la vogue scandaleuse. \i l'esprit, ni le talent, ni même le génie, ne peuvent servir d'excuse à l'immoralité. Si, comme veut l'entendre Clément U.uol, la rose est la sapience, létal de grâce, le souverain bien, l'éternelle béatitude, il faut convenir que le poêle ^ conduit son lecteur par les chemins les plus dangereux el les mieux faits pour l'égarer.

Ce poème renferme cependant quelques beautés de détail dignes d'attention, telles que les portraits de Convoitise, d'Envie, d'Avarice et d'Hypocrisie. Voici comment d'un trait le poète peint l'Oisiveté ;

Il paroit bien à son atour Quelle l'inii | > • » ■ i embesoignée : Quand elle s'étoil 1>m'm pignée, Kl bien parée el atournée , Si itoii faite mi journeVi

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t'oyons encore comment le poète décrit la marche rapide du Temps :

Le Temps qui s'en va nuil cl joui', Sans repos prendre et sans séjour, El qui de nous se pari cl emble (marche, ambulat) Si céléremcnl qu'il nous semble Une maintenant soii en un poinl , El il nr s'j arreste point, Uns ne fine (cesse) d'outrepasser, Si que l'on ne pourrai) penser Lequel temps c'est (jni est présent.

Ce le demande au clerc lisant, Car ainçois ( pendant i qu'il a ce pense/ Sera-l-il ja outrepassez.

Le Temps si ne peut séjourner, Mais la toujours sans retourner, Comme l'eau, qui s'avale (descend) tonte, Dont n'en retourne arrière goûte.

Le Temps s'en va, et rien ne dure, \e 1er, ne chose tant soit dure; Car il gastc loui et transmue :

C'est celui qui les choses mue, Qui tout fait croistre et tout nourrit Et qui tout use et tout pourrit :

Le Temps si envieillit nos pères, Kl xieillil rois et eniperères, El aussi nous emicillira , Ou la morl jeunes nous prendra.

On Irouve assurément de la pensée, «le la grâce el même de la poésie dans ce fragment , el nous pourrions en citer d'autres qui ne lui sonl poinl inférieurs; mais il faut une rare patience pour les chercher parmi les viiiijl

Ii;n m Vit \ï: IIS LITTERAIRES.

mille vers <l<ml l'ouvrage se compose. Il paraît que le roi Charles IX n'eut pas ce courage, toul poète qu'il était lui-même : il demanda à Antoine Baïf de lui en faire l'analyse, el Baïf répondit au roi par le sonnet suivant, qui nous parait donner une idée nsscz exacte <l<' ce poème célèbre :

Sire, sous le discours d'un songe imaginé, Dedans ce vieil roman vous trouverez déduite D'un amant désireux la pénible poursuite, Contre mille travaux, en sa flamme obstiné. Paravanl que venir à sou bien destiné, Faux-semblant l'abuseur tâche le mettre en fuite. \ la fin, Belaccueil, en prenant ta conduite, l.e loge, après l'avoir longuement cheminé.

L'aman I dans le verger, pour loyer des traverses

Qu'il passe constamment, souffrant peines diverses, Cueil du rosier fleuri le bouton précieux.

Sire, c'est le sujet du Roman de la Rose,

Où d'amours épineux la poursuite est enclose :

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