I.a rose, c'est d'amour le «merdon ;;racieu
Il nous semble que Baïf esl beaucoup plus dans 1»' \ rai que Clément lllarot.
Le Roman de la Rose lil naître plusieurs poèmes : les uns le combattirent , un plus grand nombre l'imitèrent. Les allégories devinrent ;ï l;i mode; mais cette importation de l'Orient fut moins heureuse sur le sol français que dans sa terre natale. Nous leur préférons beaucoup ««'s coules, ces fabliaux qui, durant (les siècles,
LITTERATURE FRANÇAISE. Mil
onl l'ait la joie de nos pères, el <|iii nous anmsenl encore sous les divers déguisements qu'on leur a l'ait prendre. Les conteurs français n'ont point la vive e( brillante imagination des conteurs arabes; mais ils possèdent au plus haut degré cette gaieté franche el naïve qui se communique et provoque le rire. L'Arabe est grave même dans ses joies ; le Français esl gai même dans ses chagrins ; el celle différence de caractère entre les deux peuples se retrouve dans leurs coules, lors même que Ions deux les puisent à la grande source où se sont abreuvés presque Ions les couleurs, la littérature de l'Inde.
Ce serait une étude curieuse de chercher par quelle filière ont passé les plus anciennes créations de l'esprit humain pour arriver jusqu'à nous, en subissant, selon les temps et les lieux, mille transformations diverses, sans que jamais se soif perdue la donnée première qui a servi de thème à toutes ces variations. A lais nous devons, pour nous renfermer dans noire cadre, nous borner à vous donner quelques notions sur les contes el fabliaux du moyen âge, que les trouvères récitaient el quelquefois chantaient à la table des rois el des seigneurs. Les douzième et treizième siècles en oui produit un grand nombre, qui nous semblent surtout curieux par la peinture qu'ils nous offrent des mœurs de ce qu'on nomme le bon vieux temps. Il faut en convenir, dans ce temps on respectait peu la délicatesse, la décence et la pudeur. Toutes les aventures galantes, toutes les anecdotes scandaleuses furent exploitées par les poètes, qui, en les racontant en vers, ne prirent même point la peine d'en adoucir la crudité. Si, à cette époque, les
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iii'iirs des dames étaienl chastes, assurément leurs oreilles ne l'étaient pas. Il semble qu'on ;iil reconnu aux couleurs le droit de ne rien respecter de ce que les homme* doivent le plus vénérer sur lu terre : la religion et la vertu.
Parmi les fabliaux du moyen âge il en est plusieurs! tels que Le lai d'Arts totej Aucassin cl Nicolette, et Le* trois Chevaliers ri la chemise, qui présentent des détails pleins de grâce el de sentiment. I n <rrand nombre son! imités de deux grandes compositions arabes, traduites d'abord en latin, puis en fiançais; lune, intitulée DolopathoSj esl originaire de l'Inde : c'est l'œuvre d'un poète nommé Sendebar, qui vivait un siècle avant l'ère chrétienne. Le Dolopathos a été traduit en persan, en hébreu, en syriaque, en grec, plusieurs lois en latin, deux lois en vers français, en flamand, en allemand, en espagnol et en italien. Aucun livre, si ce n esl I Iliade el peut-être l'Enéide, ne compte autant de traducteurs cl d'imitateurs, cl cependant aujourd'hui le titre en est a peine connu. Le second ouvrage, égalemenl traduit de l'arabe, esl le Castoiement i le Châtiment ). In juif espagnol, converti au catholicisme, l'apporta en France en I 106. C'eat l'histoire d'un jeune homme prêt à entrer dans le monde, a qui son père donne des conseils sur la manière de s y conduire, en appuyant chaque leçon d'une historiette ou d'un apologue. Plusieurs de ces historiettes ne sont rien moins que morales : on les retrouve presque toutes dans le Décameron de Boeeace el dans nos vieux couleurs. La littérature orientale lit invasion en Europe au temps des croisades, pendant que nos barons portaient en Orient