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l'esprit chevaleresque. Ce fui un échange de deux grands principes de civilisation : mais, outremer, l'islamisme s*' opposai! iiu progrès de la chevalerie, tandis qu'en France la littérature trouva dans le christianisme un puissant auxiliaire. Toul l'avantage lui pour nous. La civilisation alla toujours croissant sur le continent européen depuis les croisades; clic s'arrêta en Orient, au sein de la victoire... et combien même n a-l-ellc [tas reculé depuis Saladin jusqu'à nos jours! Tout s'explique par la différence d(^ religions : la lui du Christ est toute de lumière et de liberté, la loi de Mahomet est toute de fatalité et de despotisme.
L'apologue ou la fable parait, comme le conte, avoir pris naissance en Orient : long-temps avant Ésope les Saintes Ecritures en offraient plusieurs exemples. Il est difficile de savoir si l'apologue s'introduisit en France par nos relations avec les Arahes, ou si nous devons ce genre de poésie à la découverte des manuscrits grecs cl latins. Il parait que le premier fablier français (c'est le mol dont on se servait alors) fut ce même Adenès ou Adam à qui nous devons plusieurs romans de chevalerie; mais le plus ancien auteur d'apologues dont les ouvrages nous soient parvenus est une femme, comme sous le nom tic Marie de France, qui écrivait vers Je milieu du treizième siècle. Le recueil de ses failles, auquel elle donna le titre A'Vsopet (Petit Ésope), contient plusieurs fahles imitées d'Esope et de Phèdre , et d'autres qui paraissent lui appartenir eu propre; : c'est ainsi qu'à coté des fables du Loup et de l'Agneau, du Renard et Au Coi'* beau, un trouve celle du Vilain qui élève une comeitt* y
celle-ci peinl trop évidemmenl les mœurs du temps pour être uni1 imitation. En voici la traduction : le texte en \i<'u\ français sérail au premier abord d'une intelligence difficile :
i Un vilain élevait une corn ci lie qu'il aimait beaucoup : il l'instruisit avec soin et lui apprit à parler. Un deses voisins la lui tua. Il porta plainte en justice, disant que eel oiseau l'amusait par son chant et son babil : le juge déclara que le voisin avait mal l'ail et le somma de comparaître devant lui. Au jour indiqué, l'accusé mit sous son manteau une chaussure en cuir de Cordoue, dont il laissa pendre en dehors un des cordons, afin de faire voir au juge qu'il la lui apportait pour le récompenser s'il lui Taisait gagner sa cause : il ouvrit si souvent son manteau que celui-ci finit par le comprendre. Le juge alors, s'adressanl au plaignant, lui demanda ce que chantait sa corneille et ce qu'elle disait. Celui-ci répondit qu'il n'en savait rien : — Puisque lu n'en sais rien, répliqua le juge, et que lu ne peux me répéter ce qu'elle disait dans son jargon, que t'importe qu'elle ne puisse plus parler? — VA il renvoya le vilain sans lui Taire droit, pour gagner le prix de sa complaisance.