M AT I \ É E S L I T T É H A I R E S
François, qui récita un beau sonnet en l'honneur des anciens Romains. Et cela finii avec beaucoup de gloire
pour le poêle, car tout Je peuple criait : k Vive le Capitule et le porte ! »
Ce n'était pas seulement au poète élégiaque qui avait chanté Laure, ni au poète national qui avait chaulé l'Italie, que les honneurs du triomphe étaient décernés. Une des plus grandes gloires de Pétrarque, aux yeux des lettrés de l1 époque, était sans nul doute d'avoir tenté de marcher sur les traces de Virgile et de Cicéron. Cependant, tout ce qu'on peut dire en laveur de ses œuvres latines, deux fois plus volumineuses que ses œuvres italiennes, c'est qu'elles notent rien à sa renommée. Leur médiocrité est une nouvelle preuve, ajoutée à tant d'autres, que le génie de la forme cesse de soutenir l'écrivain le plus habile lorsqu'il manie une langue dont l'usage a cessé d'être populaire. Pétrarque, qui devait une grande partie de sa réputation à un poème en vers latins intitulé VAfrique, OÙ il célébrait la gloire de Scipion , était loin de croire qu'un jour viendrait où le plus faible de ses sonnets serait préféré à tous ses vers latins, et où ses Lettres, que l'on comparait de son temps à celles de Cicéron, ne seraient plus consultées que comme documents historiques. .Mais c'est là une erreur naturelle à l'esprit humain. On se persuade que ce qui a coûté le plus de peine et de travail mérite aussi le plus de gloire : l'homme se refuse à marcher dans la voie que Dieu lui a faite, pour suivre une roule interdite à ses pas ambitieux; et il b'j égare, sans que, le plus souvent, il lui soit possible de retrouver le bon chemin. Heureusement pour