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. 0 clair et brillant soleil! combien ta lumière réjouit des yeux qui, cette nuit encore, croyaient ne plus le revoir! Onuit triste! ônuit obscure ! combien tes ombres étaient épaisses! Combien tu as fatigué mon àme par de vaines terreurs! Tu m'avais entourée de tant de craintes, i. M)
i70 MATINEES LITTERAIRES,
que je croyais perdre L'objet de mon amour et que je le laissais ici après moi... Et vous, mes fils, si beaux, eu qui je retrouve et les traits et les yeux de votre père, vous aussi , il me semblait que vous restiez ici abandonnés par moi... 0 triste songe! dans quel effroi lu m'as jetée! Je tremble encore, je tremble... Grand Dieu, détourne de nous un si triste présage!.. •
Ici le chœur, composé de gens du peuple , à la manière du chœur antique, vient à elle et lui dit :
« Ce sont de tristes nouvelles que je t'apporte, dona Inès , des nouvelles de mort! Infortunée, tu ne méritais pas la mort cruelle qui vient ici te chercher.
Là NOURRICE.
• Que dis-tu? Parle.
LE CHOEUR
Je ne puis parler : je pleure.
INÈS
» Kl pourquoi pleures-tu?
LE CHOEUR
n Je regarde ces nobles traits, cr^ beaux yeux...
[NÉS
« Ouel malheur si terrible viens-tu donc «n'annoncer?
li> CHOEUR.
» C'est ta mort.
INÈS
» Grand Dieu! Il est donc mort, mon époux, mon
infant ! •
Quoi cri sublime de l'amour ! Inès croit qu'elle ne peul mourir que de la mort de son époux : elle ne pense pas que la mort puisse l'atteindre autrement. Mais le chœur ne tarde pas à la détromper. Il lui dit :
Vous devez mourir tous les deux.
[NÉS
« 0 douleur! Ils veulent tuer mon hien-aimé. Pourquoi le tuer ?
LE CHOEUR
55 Parée qu'ils veulent te tuer; et, comme il vit en toi, c'est en toi qu'il mourra.
LA XOURRICE.
55 Dieu, détourne de nous ces affreux malheurs!
LE CHOEUR
55 Ils viennent, les voilà! luis, infortunée! J'entends déjà les instruments de fer qu'on prépare pour ta mort. Des hommes armés te cherchent et viennent de ce côté. Le roi lui-même est à leur tète, déterminé à assouvir sur toi sa colère. Sauve tes enfants et toi : ne souffre pas «que ton malheureux sort retombe sur eux !
[NÉS
55 Malheureuse ! me voilà seule. Ah ! monseigneur, où es-tu , que tu ne viens pas à mon secours ?