‹ Matteo CivitaliChapitre 29 sur 53 · LA CHAIRE A PRÊCHER DE LA CATHÉDRALE DE LLCQUES · texte numérisé non relu

LA CHAIRE A PRÊCHER DE LA CATHÉDRALE DE LLCQUES

DITE LE PULPITO (1404)

'année 1492 est une année d'épreuve pour Matteo ; il est, grâce à Dieu, sain d'esprit et d'intelligence, mais le corps est languissant : Lïcei corpore /a/ig-iiejis, est-il dit dans son testament, qu'il revise, et dépose chez le notaire, ser Lucensio Megliori. Nous apprenons par ce document qu'il a perdu un de ses fils, le dernier, Paolino, à peine âgé de deux ans ; Giovanni et Nicolao lui restent, avec trois filles, dont deux légitimes ; sa femme Elisabeth lui est de plus en plus chère, c'est à elle qu'il lègue l'usufruit de tout ce qu'il possède. C'est aussi par un des articles de ce testament qu'il laisse à l'église de Monte San Quirico le modèle en terre du Strùit Sébasticji. Jusqu'en 1494, nous ne trouvons plus trace de travaux qui nous certifient de sa présence à Lucques ; nous pourrions croire qu'il est encore sous le coup de cet état de langueur ; niais dès les premiers jours de l'année 1493, il a repris l'ébauchoir. L ArcJiivio notarilc de la ville, parmi les pièces provenant de l'étude de maître Michèle Giannini,

CIVITALI, SA VIE ET SON ŒUVRE

contient le contrat qu'il passe le 22 février 1494 avec le respectable Messer Domenico Bertini, citadin de Lucques, membre de la fabrique de la cathédrale. Toujours généreux et toujours fidèle à Matteo, Bertini s'est proposé de doter ladite cathédrale d'un pulpito on pervio (chaire à prêcher), digne de la grandeur du lieu. Avec le Volto Saiito, — le lambeau de Pietro A'oceto, — \ Autel de Saint Régnlits, Y Alltel du Saint-Sacrement, — le Sépulcre de Domenico

Bertini, et enfin le — Parapeto — du chœur, auquel il se rehe d'ailleurs par le parti pris et la nature de l'ornementation; le Pulpito iormç, encore aujourd'hui un ensemble admirable, tout à la gloire de Matteo Civitali, et cet ensemble fait du Dôme de Lucques un véritable musée de sculpture où il faut venir étudier le maître.

L'acte notarié nous apprend que déjà, à la date du 22 février de cette même année 1494, Domenico Bertini avait par devers lui, dans sa propre demeure, le modèle de la chaire à prêcher, modèle en cire qui aurait été exécuté en 1493. Il est stipulé que, dans deux années à partir du jour de la signature, Matteo aura mis l'œuvre en place, sous peine d'un dédit de cinquante ducats d'or, larf^hi, à payer « de temps en temps », « seghondo che il lavoro andcrà avanli ».

Cette chaire à prêcher, l'œuvre d'un architecte plutôt que celle d'un sculpteur ; par l'heureuse combinaison des plans, l'ingéniosité

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