‹ Matteo CivitaliChapitre 30 sur 53 · CHAIRE DE LA CATHÉDRALE · texte numérisé non relu

CHAIRE DE LA CATHÉDRALE

des dispositions, la combinaison des lignes et leur simplicité, rentre dans la catégorie de ces œuvres ornementales où Matteo excelle. Sur ce terrain-là, le Civitali peut lutter avec les plus grands artistes de la proto-Renaissance; fermeté de lignes, noblesse des proportions, convenance et appropriation parfaites au but poursuivi ; sobriété dans la répartition des éléments décoratifs : toutes ces qualités sont là réunies. Un sculpteur qui a fait partout ses preuves

Détails de la Console de la Chaire à prêcher. (Cathédrale de Lucqucs.)

comme Matteo, se gardera bien d'appeler la figure humaine à jouer son rôle dans une composition qui doit rester purement architecturale. Ce n'est pas ici le lieu ; c'est par des combinaisons de lignes légèrement agrémentées d'une ornementation discrète, que l'artiste arrivera à l'effet. C'est le triomphe de la simplicité et l'excellence du goût florentin, un bel exemple du goût classique renouvelé par l'esprit du xv" siècle italien ; en face du dessin des frises de lu base, ornées de ces coquilles, de ces dauphins et de ces mascarons inspirés de l'antique ; on verra comment un grand artiste sait subordonner ses ornements à ses grandes lignes, les répartir, et, après avoir séduit par la noble disposition de l'ensemble : arrêter l'œil un instant et le

CIVITALI. SA Vil-: ET SON ŒUVltE

retenir par de jolis détails bien à leur place, et contenus à temps dans leurs justes saillies. Ce qui nous frappe aussi dans le Piilpito, c'est la façon ingénieuse dont l'artiste passe successivement d'un plan à un autre et, d'un parti pris hexagonal, sait arriver au cul-delampe, dont il fait une simple console rattachée au pilier auquel il a adossé son monument.

Un lourd baldaquin de bois a longtemps couronné le Piilpito ; en 1662, on en constatait déjà l'addition, et nous lisons dans un document qu'on se préoccupait de dorer et de peindre « le chapeau », « // Cappello e Postergale del Piilpito ». Cette addition regrettable n'était pas dans la pensée du maître ; mais à notre récent passage à Lucques, nous avons constaté que la fabrique du Dôme a bien voulu céder aux avis des personnes compétentes. En supprimant « le chapeaU; » on a rendu au monument son aspect primitif.

Abside de la Cathédrale de Lucques.

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