CHAIRE DE LA CATHÉDRALE
des dispositions, la combinaison des lignes et leur simplicité, rentre dans la catégorie de ces œuvres ornementales où Matteo excelle. Sur ce terrain-là, le Civitali peut lutter avec les plus grands artistes de la proto-Renaissance; fermeté de lignes, noblesse des proportions, convenance et appropriation parfaites au but poursuivi ; sobriété dans la répartition des éléments décoratifs : toutes ces qualités sont là réunies. Un sculpteur qui a fait partout ses preuves
Détails de la Console de la Chaire à prêcher. (Cathédrale de Lucqucs.)
comme Matteo, se gardera bien d'appeler la figure humaine à jouer son rôle dans une composition qui doit rester purement architecturale. Ce n'est pas ici le lieu ; c'est par des combinaisons de lignes légèrement agrémentées d'une ornementation discrète, que l'artiste arrivera à l'effet. C'est le triomphe de la simplicité et l'excellence du goût florentin, un bel exemple du goût classique renouvelé par l'esprit du xv" siècle italien ; en face du dessin des frises de lu base, ornées de ces coquilles, de ces dauphins et de ces mascarons inspirés de l'antique ; on verra comment un grand artiste sait subordonner ses ornements à ses grandes lignes, les répartir, et, après avoir séduit par la noble disposition de l'ensemble : arrêter l'œil un instant et le
CIVITALI. SA Vil-: ET SON ŒUVltE
retenir par de jolis détails bien à leur place, et contenus à temps dans leurs justes saillies. Ce qui nous frappe aussi dans le Piilpito, c'est la façon ingénieuse dont l'artiste passe successivement d'un plan à un autre et, d'un parti pris hexagonal, sait arriver au cul-delampe, dont il fait une simple console rattachée au pilier auquel il a adossé son monument.
Un lourd baldaquin de bois a longtemps couronné le Piilpito ; en 1662, on en constatait déjà l'addition, et nous lisons dans un document qu'on se préoccupait de dorer et de peindre « le chapeau », « // Cappello e Postergale del Piilpito ». Cette addition regrettable n'était pas dans la pensée du maître ; mais à notre récent passage à Lucques, nous avons constaté que la fabrique du Dôme a bien voulu céder aux avis des personnes compétentes. En supprimant « le chapeaU; » on a rendu au monument son aspect primitif.
Abside de la Cathédrale de Lucques.