LE SAINT GEORGES DE SARZAXA
de son patron; il a fait des recherches; elles n'ont pas immédiatement abouti, mais l'armurier, poursuivant l'enquête, a réussi à découvrir un fragment du torse de cheval, l'arrière-train, qui gisait dans les fossés du bastion de la fortification de Sarzana nommé « Lo Spuntone » sous des morceaux de pierre amoncelés, qui formaient une sorte de Testaccio. Cet arrière-train conserve encore des traces de dorure, il a été remis aux mains de la municipalité. Nous savons donc désormais la dimension exacte du Saint Georges ; de la tête à la queue, le cheval mesurait quatre-vingt-dix centimètres. L'illusion de l'Alizeri est détruite, mais la vérité a son prix, et cette fois, nous la saurons tout entière ; en effet, deux années plus tard, dans sa séance du 13 avril 1877, M. Achille Neri lit une seconde lettre au marquis Campori ; où il l'avise d'une nouvelle découverte. En feuilletant les registres de l'Archivio communale de Sarzana, il vient de trouver le document suivant : la propre lettre d'envoi du sculpteur au magnifique capitaine de la ville, dont nous donnons ici le fac-similé :
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[Inius] A. Di. Aprile 1499.
« Magnif'^'' Capitanio e quanto padre honorando ect... Vostra Mag-^'» sa quando noi ci ritrovamo chosti dinansi a li magnifici signori de
CIVIT'ALT, SA VIE ET SON ŒUVriK
S" Giorgio a chossi in presencia vostra. Se rimase che noi devesimo dare hordine al Santo Giorgio e a la cholona chono li loro fornimenti, e chosi abiamo dato modo a tuto. E per che el precio non si fermo, siamo chontento sia remiso in messer Acellino, el quale a sperimento di tutto. E vedete di mandare al présente duchati dodisi per li marmorj, e dareteli a maestro Jeronimo aportatore di questa che non manchi, e chosi vi mando un pocJio di disegiio di ditta cholona ; e non guardate al disegno l'opéra sarà quella che supeirà. Non achade altro salvo siamo a li piaceri vostri e Idio vi chonsori in la sua gratia.
« Per lo vostro Matteo Civitale « in Charara. »
{Extra) Magnif" Capitanio di Sargiana qiianto Padre honorando, ect.
On voit par ces mots : Vi mando un poco di disegno^ que nous n'avons plus rien à désirer au point de vue des découvertes relatives au Saint Georges; voilà bien, en effet, le dessin de la statue, sur sa colonne, portée sur trois marches, et de la propre main de Matteo. De ce document plutôt unique que rare, (un dessin de sculpteur du Quattrocento,) il faut donner ici le fac-similé.
Combien nous fûmes moins heureux que M. Neri le jour où, rencontrant une lettre de l'Alberti adressée à Matteo da Pasti, le fameux médailleur, lettre qui accompagnait l'envoi d'un dessin du Temple de Rimini, dessin sur lequel le grand architecte discutait longuement avec celui qu'il avait laissé pour exécuter son œuvre ; nous eûmes la déception de ne plus trouver dans le pli le dessin du maître florentin !
Nous avions donc raison de dire que ces publications faites dans les diverses provinces d'Itahe, ces archivi rédigés par des hommes distingués, bibhothécaires et archivistes, sont une source féconde à laquelle nous ne puisons pas assez, faute de les suivre régulièrement. Cette lettre au capitaine de Sarzana lève un doute et résout une question, car enfin les regrets du commandeur Alizeri ont eu un écho dans l'histoire de l'art ; en perdant le Saint Georges, on avait cru