‹ Matthieu BonafousChapitre 3 sur 9 · Ê LOU · texte numérisé non relu

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Académies, et ces Compagnies s’empressaient d’admettre dahs leur sein, non-seulement le généreux Mécène qui confiait à leur jugement le soin de décerner aux plus dignes les couronnes qu’il leur offrait, mais le savant qui ne cessait d’enrichir leurs annales et de joindre ses efforts personnels à ceux qu’il provoquait de toutes parts. Vingt concours ouverts par sa libéralité, un nombre infini de publications dues à sa plume infatigable, une correspondance scientifique étendue , des voyages entrepris chaque année dans la vue de ses éludes agronomiques, des recherches originales d’une valeur, d’une utilité incontestables, tels sont les titres qui lui ouvrirent les portes de près de cent Académies, à la tête desquelles figurent l’Institut de France, les Sociétés d’agriculture de Paris et de Turin, l’Académie de Lyon, les Instituts de Naples, de Venise, les corps savants les plus célèbres de la France, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’ Italie. Et qui ne se serait empressé d’accueillir un ami, un protecteur si ardent du progrès intellectuel? Quels savants de profession secondent ce progrès d’une manière plus efficace que ces hommes rares et précieux, qui, sans chercher dans les sciences des moyens de gloire ou de fortune, les aiment, les cultivent , les encouragent , avec un zèle aussi pur que désintéressé? Ce sont eux qui fondent les institutions savantes, qui provoquent les découvertes, qui subventionnent les inventeurs, qui publient ces beaux ouvrages, effroi de la spéculation, et qui composent l’élite de ce public éclairé sur lequel s’établit le niveau scientifique d’une nation. Le mérite d’un savant se mesure-t-il donc uniquement sur le nombre et l’éclat de ses découvertes? — « Qu’at-il inventé » , demande la multitude? — Il a fait mieux que découvrir, pourrait-on souvent répondre ; il a propagé des vérités utiles qui, sans lui, fussent restées ignorées ou sans emploi ; il a provoqué des recherches et il les a récompensées ; il a secondé , par son exemple comme par ses largesses,

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ie mouvement progressif du savoir humain. Un pareil résultat ne vaut-il pas mieux que telle découverte douteuse dont la subite apparition luit parfois d’un éclat éphémère , pour retomber ensuite dans une complète obscurité? Découvrir, d’ailleurs, n’est pas toujous le fruit o’un effort du génie ou des prévisions de la science. Le trait de lumière que le hasard apporte inopinément à une intelligence hardie, fût peutêtre resté stérile, si quelque savant modeste mais persévérant, ou seulement un homme de pratique n’avait eu le mérite d’en comprendre la portée et d’en faire une heureuse application.

L’application ! n’est-ce pas là en effet le but extrême, définitif, des conceptions du génie et de la science? Le progrès de la civilisation ne repose-t-il pas sur la double base des développements de l'intelligence et de ceux du bien public? Mais, pour atteindre ce dernier point, il faut quelque chose de plus que de l’imagination et du savoir : il faut encore aimer les hommes, apprécier leurs besoins, et se sentir prêt, pour les servir, à plus d’un grand sacrifice. Une âme vraiment généreuse n’a pas besoin d’avoir connu le malheur pour y compatir. M. Bonafous, né dans une position en quelque sorte privilégiée, n’y vit d’autre privilège que celui de pouvoir être utile. Son idée dominante était l’amélioration progressive de la condition des cultivateurs. Convaincu que c’est par l’état de l’agriculture que l’on peut juger partout de la prospérité générale, aucun perfectionnement ne s’accomplit, pendant un quart de siècle, dans les sciences ou les institutions agricoles, qu’il n’y ait pris la plus large part. Dans son empressement à encourager, à récompenser le travail, sa libéralité dépassa plus d’une fois la limite de ses ressources. Ses propres recherches l’entraînaient souvent à des dépenses considérables; « toujours prêt à prodiguer son argent pour enseigner aux autres à épargner le leur, » il suppléait à l’insuffisance de sa fortune par quelques privations et par l’économie. Partout

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enfin, comme on l’a dit de Parmentier, son maître et son mo« dèle, partout où il fallait rendre de grands services, partout où l’on se réunissait pour faire le bien, il accourait le premier, et l’on pouvait compter sur ses talents, sur sa fortune et sur ses efforts personnels.

L’âme expansive, affectueuse de M. Bonafous ne s’annoncait nullement par ses dehors. Calme et froid en apparence, bien que ses manières fussent affables, il portait un cœur chaud, sympathique et bienveillant. Son activité était remarquable, incessante. Si l’on se demande où en était la source, ce n’était point dans ce qui fait ordinairement l’objet de l’ambition des hommes, car il n’avait rien à désirer sous le rapport de la fortune et de la considération. Ceux qui l’ont cru animé d’un secret penchant pour les honneurs et la vaine gloire, l’ont mal jugé; ils ont ignoré qu’il n’accepta point du roi Charles- Albert le titre de baron, qu’il refusa deux fois les fonctions de député aux états de Sardaigne, enfin que par son mérite, sa position sociale, et les antécédents de sa famille, il avait naturellement droit de prétendre aux emplois les plus brillants, comme aux dignités les plus élevées. Sans doute il ne fut pas insensible à des marques d’estime publique et de considération, qui ajoutent parfois à l’autorité des services et à la valeur des bienfaits que l’on répand ; mais il attachait trop de prix â son repos et à son indépendance pour rechercher l’éclat des hautes fonctions, et il n’accepta que les titres auxquels il avait de justes droits, surtout lorsqu'ils lui donnèrent l’occasion d’être utile et de faire le bien.

Et lors même qu’il n’eût fait que céder en cela aux usages, aux préjugés peut-être du pays qu’il habitait, qui oserait taxer de faiblesse une condescendance qui peut amener de si beaux résultats? Trop heureux quand les travers inhérents à notre nature tournent en définitive au profit réel de l’humanité !

Où donc chercher la source de cette activité infatigable.

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si ce n’est dans son zèle sincère pour la science, et surtout dans celte bonté native, dans ces mouvements de bienveillance et de générosité dont la crainte d’offenser la modestie de sa mémoire nous permet à peine de reproduire quelques traits! Ne sera-ce pas faire une sorte de violence à la discrétion dont il sut entourer tant d’actions généreuses, que de rappeler ce qu’il fit pour l’éducation du fils d’un grand chimiste dont il avait été l’ami ; pour l’établissement de sa filleule ; pour le peintre Mecco, qu’il fit élever jusqu’à l’àge de dix-huit ans et qu’il envoya ensuite à Rome poursuivre ses études artistiques ; pour une jeune fille dont il fournit la dot à son admission dans un couvent d’ivrée; pour le fils d’un employé de ses messageries qu’il fit élever au collège de Chambéry; enfin, pour M. Félix Rassat et pour son frère, qu’il combla de ses bienfaits et qu’il avait en quelque sorte adoptés comme ses fils ?

A l’une des séances de la Société d’Encouragement, le descendant d’un savant illustre, d’origine anglaise, ayant obtenu de cette compagnie une demi-bourse pour entrer dans une école spéciale, écrivit que, sa position ne lui permettant pas de paver l’excédant, il se voyait dans la nécessité de refuser cette faveur. — a Je ferai le reste, » dit aussitôt M. Bonafous, dont la voix fut à peine entendue du président. Et en annonçant à la mère du candidat cette résolution , il écrivait ces mots : « Je vous prie, Madame, de dire à votre fils que ce « qu'il peut faire qui me soit le plus agréable, c’est de trans- « mettre un jour à un jeune homme de son choix l’instruc- « tion solide qu’il aura puisée à l’école des arts et métiers. » Hâtons-nous de dire que ce vœu touchant a été religieusement accompli.

Un de ses amis , savant respectable , avait réuni une bibliothèque , la plus complète qui eût été formée sur les sciences agricoles, et qui , à sa mort, dut être vendue.

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M. Bonafous entendit son petit-fils exprimer le regret de ne pouvoir conserver au moins une collection biographique importante, relative aux membres de 1 Institut , dont son grand-père avait fait partie. Au jour de la vente, Matthieu Bonafous se fit adjuger ce bel ouvrage pour une somme considérable, et le lendemain il l’adressa à son jeune ami, en le priant de l’accepter, comme un témoignage de l’affection qui l’avait uni à son aïeul.

Ajoutons ici un tableau touchant dont nous devons les détails à un témoin oculaire, et qui se rattache au dernier séjour qu’il fit à Lyon. M. Bonafous faisait dans cette ville une pension à la veuve d’un conducteur, longtemps attaché à sa maison de Messageries. Cette femme était devenue aveugle; il alla lui porter quelques secours, et, en entrant chez elle, il dit qu’il venait de la part d’un de ses amis de Turin. — Un ami! dit la pauvre aveugle; je n’ai à Turin qu’un protecteur !..... — « il n’a le droit de protéger personne, reprit M. Bonafous, mais son amitié est acquise à tous les malheureux. » Et déjà , au son de sa voix, la pauvre femme l’avait reconnu, s’était jetée à ses genoux, et baignait de ses pleurs la main de son généreux arni.

M. Bonafous appartenait en quelque sorte à une double patrie. Bien que la plus grande partie de son existence se soit écoulée loin de sa ville natale, son cœur ne l’oublia jamais , et les corps savants de cette cité glorieuse ne cessèrent à aucune époque de recevoir de lui d’éclatants témoignages de déférence et de dévouement. Dix concours, dont il fournit les sujets et les prix, furent confiés au jugement de l’Académie et de la Société d’Agriculture de Lyon, auxquelles il fit en même temps hommage de ses principales productions, comme de toutes les recherches qu’il entreprit en vue de la belle industrie lyonnaise. Il n’oublia pas davantage son pays adoptif, le

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Piémont, qui lui doit l’importation des chèvres du Tliibel, la culture de la betterave, les concours sur la culture du chanvre, sur l’instruction primaire, sur l’assainissement des rizières* et de nombreuses institutions d’instruction publique ou de bienfaisance. Ce qu’il fit pour une autre contrée à laquelle il n’appartenait à aucun titre, peut donner la mesure de ses sentiments spontanés de compassion expansive, et révéler , pour ainsi dire, un nouvel aspect de cette âme pleine d’élévation, comme de sympathie généreuse.

Dans ses fréquents voyages de Lyon à Turin, M. Bonafous avait eu souvent l’occasion d’observer les grandes cultures ainsi que les industries principales des deux pays, et telle était l’origine première de ses nombreux travaux sur la soie, le mûrier, le maïs, le riz et la vigne. Entre ces deux contrées si riches et si fécondes, il avait aussi remarqué, en la traversant, une pauvre région des Alpes, déshéritée en quelque sorte des bienfaits de la nature, la Maurienne, au climat rigoureux et insalubre „ où une végétation rabougrie et de chétives récoltes nourrissent à peine une population souffreteuse et misérable. Ses yeux attendris s’étaient souvent arrêtés sur ces tristes vallées; son cœur s’en était ému, et quelques souvenirs de famille étaient venus se joindre à ce mouvement spontané d’intérêt et de compassion. ( Note E).

Matthieu Bonafous se prit d’affection pour ce malheureux pays, et conçut la pensée de venir en aide à ses pauvres habitants. Fidèle aux principes qu’il regardait comme les plus propres à améliorer la condition des classes populaires , il voulut rappeler la vie sur cette froide contrée , l’assainir , peut* être même la rendre fertile, et il s’adressa au travail et à l’instruction, pour obtenir ces heureux résultats. Il établit à Saint-Jean-de-Maurienne un jardin expérimentai d’acclimatation, afin d’étudier les végétaux qui réussiraient le mieux dans cette sorte de Sibérie alpestre; il réunit dans un vaste enclos

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un nombre considérable de végétaux alimentaires, de plan!s de vigne et d’arbres fruitiers. On y distribua gratuitement aux cultivateurs des plants, des boutures, des greffes, des semences, et aux malades des plantes médicinales. En même temps, il dota la ville d’une bibliothèque publique, qu’il composa des livies les plus capables de servir à l’instruction des bons habitants de cette vallée. Il y répandit le bienfait de la vaccine, il fonda dans les environs l’établissement des eaux thermales d’Echaillon, destiné à y attirer un grand concours d’étrangers; enfin, il se proposait d’ouvrir à Saint-Jean une salle d’asile, de décorer sa cathédrale et d’y établir une manufacture. Cette petite ville de deux mille cinq cents âmes avait donné naissance â un savant médecin, le docteur Fodéré, devenu l’un des professeurs éminents de la Faculté de médecine de Strasbourg ; Matthieu Bonafous eut l’idée d’y élever un monument à sa mémoire; il y contribua le premier de la manière la plus libérale, et, lors de l’inauguration, délégué par l’Académie royale de médecine de Paris, il y prononça lui-même l’éloge du savant savoisien.

Tant d’actes généreux avaient fait de Matthieu Bonafous comme le bienfaiteur de la Maurienne. Les électeurs de cette province, ne sachant comment lui témoigner leur reconnaissance, le nommèrent deux fois leur député à la Chambre législative de Sardaigne. Matthieu Bonafous refusa cet honneur, dans la crainte d’engager son indépendance et d’être forcé d’interrompre la suite de ses travaux. Us voulurent du moins, dans leur naïve gratitude , lui décerner un litre honorifique qu’il ne put pas décliner; ils lui offrirent celui de citoyen de Sainl-Jean-de*Maurienne ; et Matthieu Bonafous l’accepta solennellement, avec reconnaissance, comme s’il lui avait été offert par la cité la plus célèbre et la plus opulente.

M. Bonafous était d’une complexion vigoureuse et robuste. Ses traits, sans être réguliers, portaient l’empreinte de ladou-

eeur et de la bienveillance ; son humeur était égale, enjouée; sa conversation était pleine de charme, parce qu’elle reflétait l’aménité expansive d’une belle âme, un goût littéraire exercé et un esprit plein de distinction. 11 y mêlait volontiers quelques plaisanteries fines, mais inoffensives, qui la rendaient piquante ; elle était surtout variée et instructive, parce qu’il avait beaucoup appris et observé. Enfin, son caractère élevé rendait son commerce d’une sûreté parfaite, et son cœur droit, honnête, inaccessible à l’envie * se montrait toujours ouvert à l’indulgence, comme aux sentiments les plus délicats.

-Tel fut Matthieu Bonafous; ainsi vécut le sage, l’homme de bien , le savant , qui semblait avoir emprunté à Charles Bonnet, cet autre philosophe de Genève, son admirable devise : Connaître et aimer . Carrière laborieuse, exemplaire, noblement remplie , comme il l’a dit lui-même de celle de Fodéré ; vie pure et active, toule dévouée à une sainte et noble cause : celle de la civilisation par l’étude. Il avait compris que, pour servir utilement les hommes, il faut souvent faire violence à leurs préjugés, à leur apathie, et savoir joindre avec habileté les secours à l’exemple , et les conseils aux bienfaits.

M. Bonafous était venu passer l’hiver à Paris pour donner ses soins à deux publications importantes : l’une était la Monographie du riz , qui devait faire pendant à sa magnifique Histoire du mais ; l’autre était le catalogue de sa Bibliothèque sericicole , dont l’impression était presque achevée. Ces deux ouvrages allaient être terminés, lorsque, dans la soirée du 22 mars (1852), M. Bonafous éprouva une indisposition subite qui parut d’abord sans gravité. Son ami, le docteur Prunelle et M. Félix Rassat ne le quittèrent qu’au milieu de la nuit. Le lendemain, à cinq heures, il s’éveillait en proie à un accès de fièvre pernicieuse des plus violents, compliqué d’accidents nerveux, et, malgré les secours les plus habiles, les plus actifs.

le même jour, avant midi, Matthieu Bonafous n’existait plus.

Cette mort si rapide et si prématurée fut un profond sujet de deuil , non seulement pour sa famille et pour ses amis , mais aussi pour la science, pour les lettres, surtout pour tant de malheureux dont M. Bonafous était comme une seconde providence. Ce douloureux sentiment se manifesta aussitôt, à Paris, dans le sein des sociétés savantes auxquelles il appartenait, et dans sa ville natale, où sa famille prit soin de ramener sa cendre, pour la faire reposer, selon ses vœux, près de celle d’un frère qu’il avait tendrement aimé. La ville de Turin, par de splendides funérailles, lui rendit un digne et solennel hommage, comme à l’un de ses plus grands citoyens ; enfin, la ville de Saint-Jean-de-Maurienne,qui le regardait comme un de ses enfants, voulut à deux reprises, dans un service funèbre, exprimera son bienfaiteur, sa vénération, sa reconnaissance et ses éternels regrets. ( Note F).

Pour nous, si quelque chose peut adoucir ramertume d’une telle perte, c’est la pensée que Matthieu Bonafous fut heureux, car il aimait les hommes et il en était aimé. Son existence fut dignement remplie, sinon de jours, du moins de travaux et de bonnes œuvres. H avait accompli la double mission de l’homme de cœur et d’intelligence : apprendre et faire le bien.

Dieu, en plaçant l’homme au milieu de ses semblables, avec la liberté de sa pensée et de ses actes, l’a soumis à une grande épreuve morale. En présence des merveilles de la nature, il a soumis son intelligence à une épreuve non moins solennelle.

« Cherche, imagine, travaille, a-t-il dit, ou tu n’obtiendras ni « souvenir de la postérité , ni récompense de ma justice. » Honneur donc au juste qui secourt et console ses frères , comme à celui qui marche résolument à la conquête des vérités scientifiques ! Et , si le savant comme le sage obtiennent rarement ici-bas quelque prix de leurs efforts, qu’importe? Le suprême appréciateur se souviendra d’veux.

NOTES

(A, page 6.)

On lit ce qui suit dans le Livre-cTOr de la noblesse de France :

« La maison de Bonafous est très-ancienne ; l'existence du premier de ses membres connus est constatée jusques et au-delà de 1036. » . . . .

« Il résulte d’un acte déposé à la Bibliothèque royale que Raymond vi fit une donation à Hugues de Bonafos de Teyssieu , qui l’avait accompagné à la croisade de 1243. C’est en vertu de cet acte de donation que le nom et les armes de H. de Bonafos figurent dans les salles des croisades, au Musée de Versailles. »

« La maison de Bonafous a fourni plusieurs branches ; la souche est évidemment du Quercy et du bas Limousin. L'orthographe du nom a varié selon les différents lieux que la famille a successivement habités. »

« Armoiries : armés d’azur à la bande d’argent , aux 2 et 3 gueules, au besant d’argent, surmonté d’un lambel de même : supports : deux lions. *

C’est sans doute à la branche établie dans le Languedoc qu’appartenait Joseph de Bonafos , doyen , professeur à la Faculté de médecine, médecin de l’hôpital général et des armées du roi à Perpignan, né en 1725. Il rem-r plissait presque gratuitement la plupart de ses fonctions et publia plusieurs mémoires de médecine, notamment sur les eaux minérales du Roussillon et sur la topographie médicale de Perpignan. Membre de l'ancienne Académie royale de médecine, il mourut en 1779, à l’âge de 53 ans, et Vicqd’Azyr prononça son éloge. Cette famille médicale existe encore dans le pays. Matthieu Bonafous avait aussi dans le département de l'Hérault des parents dont, suivant M. d’Hombres Firmas, il parlait de se rapprocher.

(B, page 15.)

On sait que Franklin, pour montrer l’efficacité du sulfate de chaux, comme engrais, dans certaines terres, eut l’idée d’écrire avec du plâtre eu poudre, sur un champ nouvellement ensemencé: Ceci a été couvert de plâtre.

NOTES

Au bout de quelques mois, la végétation plus vigoureuse des parties ainsi, recouvertes , permettait de lire distinctement ces mots des hauteurs qui dominaient la plaine. On comprend combien un pareil exemple dut agir sur l’esprit des cultivateurs.

(C, page 16.)

Le maïs, dont le nom appartient à la langue d’Haïti , était la base de la nourriture des Américains , quand les Espagnols abordèrent le nouveau continent. Apporté en Europe dans la première moitié du xvi* siècle, il se répandit rapidement en Italie et dans nos provinces méridionales, dont il contribua à enrichir et à étendre la population. A la même époque il était décrit par les auteurs chinois, ce qui peut faire croire qu’il est également originaire de la Chine. C’est sans doute le maïs qui nous est parvenu de cette source par les croisés et les Arabes, qui a fait donner à cette céréale le nom de blé de Turquie.

(D, page 27.)

« La Chine, dit M. Bonafous dans cette remarquable préface, n’est pas^ seule à posséder avec l’Inde et la Perse, des méthodes susceptibles d’intéresser la plus riche industrie des peuples occidentaux. A quelque distance de la côte orientale de l’Empire du milieu , il existe une vaste contrée où la culture de la soie n’est ni moins prospère ni moins honorée. Peuplée de quarante millions d’habitants, aussi civilisés et doués de plus d’intelligence que toutes les nations asiatiques qui les environnent, cette contrée est le Japon, le Ji-pèn des Chinois, le Berceau du soleil. »

« Isolé au sein des mers et gouverné, depuis deux mille ans, par des lois d’intolérance et de haine envers les étrangers, l’archipel japonais s’est déclaré, il y a deux siècles, inaccessible à toutes les nations européennes, les Hollandais exceptés. Ceux-ci, de même que les Coréens et les Chinois, dépossédés de leurs voiles et de leurs armes, vivent comme des prisonniers d’Etat, dans une île dépendante ,de la ville de Nangasaki, la petite île de Deziina, où ils ne ^voient que des interprètes japonais, obligés, par un serment solennel, de garder le silence sur les affaires du pays. Là, nul étranger ne peut diriger une lettre quelconque hors du quartier où il est relégué, sans en remettre une copie à l'autorité locale ; là,

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toute lettre provenant de l’intérieur est ouverte avant d’arriver à sa destination. Tout individufqui fraude la douane est décapité ou mis en croix. Les naturels mêmes, depuis l’anéantissement du culte chrétien, et l’expulsion des Portugais, ne peuvent, sous peine de mort, s’éloigner du sol natal. Tout habitant jeté par la tempête sur une îive étrangère, s’il rentre dans sa patrie, est soumis à une surveillance tyrannique ou détenu pour le reste de ses jours. Les fonctionnaires de l’État, dans leurs rapports diplomatiques avec les gouvernements européens, ne font usage que de la langue hollandaise, de peur que les étrangers ne se familiarisent avec la langue japonaise. »

« Un savant allemand, M. de Siebold , chargé par le gouvernement colonial de Batavia, de réunir tout ce qu’il pourrait trouver de relatif à l’histoire sociale, physique et naturelle de l’archipél japonais , est de tous les voyageurs celui qui , jusqu’à ce jour, a exploré avec le plus de succès ces îles inhospitalières. Les événements politiques qui ont ouvert récemment les abords du Céleste Empire firent croire que les Japonais finiraient par diminuer la rigueur de leurs lois répulsives, et que la civilisation occidentale pénétrerait dans leur territoire sous la forme du commerce et de l’industrie ; mais quelles que soient les tentatives des Hollandais, des Anglais, des Portugais, des Russes et de plusieurs autres nations, rien n’a pu déterminer l’empereur du Japon à laisser pénétrer les étrangers dans ses états. Séparé du reste du monde par les mers dangereuses qui baignent ses rives, et par les lois immuables qui en défendent l’entrée , l’empire du Japon veut à tout prix perpétuer son système d’isolement. Le seul moyen de percer l’obscurité qui enveloppe encore une contrée aussi difficile à explorer est de ravir sans scrupule aux Japonais les écrits spéciaux que ces peuples possèdent sur maintes branches de leur savoir. » . . . .

(E, page 59.)

Son grand’père était mort à St*Jean-de-Maurienne, en 1770, au moment où il s’occupait d’y fonder une manufacture, pour procurer du travail à la population. Ses cendres reposent encore dans la principale église de cette ville.

NOTES

(F, page 42.)

Plusieurs discours furent prononcés dans ces diverses cérémonies, où se pressait un nombreux concours d’amis et de savants ; à Lyon , par M. le docteur Fraisse, parent de M. Bonafous, secrétaire général de l’Académie , et par M. St-Clair Duport, président de la Société d’agriculture. A Paris, M. Robinet publia une notice pleine d'intérêt dans le Bulletin de la Société centrale d’agriculture. Parmi les éloges prononcés dans le sein des sociétés savantes , nous devons citer ceux de M. d’Hombres Firmas, à la Société d’agriculture de l’Hérault, de M. Despine, à la Société d’agriculture de Turin, et de M. Bouchard , à la Société d’horticulture de Paris.

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