‹ Maud. Préface et traductionChapitre 11 sur 13 · Toute la nuit, les roses ont entendu · texte numérisé non relu

Toute la nuit, les roses ont entendu

les flûtes, le violon, le basson; toute la nuit, le jasmin des fenêtres a tremblé au pas cadencé des danseurs; jusqu'au moment où le silence a précédé le réveil de Toiseau, où tout murmure s'est tu^ au coucher de la lune.

4. — Je disais au lis : « C'est pour moi seul qu'elle a le cœur porté à la joie. Quand les danseurs la laisseront-ils seule? Elle est fatiguée de la danse et du spectacle ». Plus de la moitié est partie au coucher de la lune, et l'autre moitié au soleil levant; murmurant sur le gravier et retentissant sur le pavé, le bruit des dernières roues s'éteint au loin.

5. — Je disais à la rose : « La nuit brève s'écoule au milieu des conversations, des divertissements et du vin. Oh! jeune seigneur amoureux, que signifient ces soupirs pour une qui ne sera jamais à toi?

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Mais à moi, à moi ». Je le jurais à la rose. « A jamais, à jamais à moi. y>

6. — Et l'âme de la rose pénétrait tout mon sang, et la musique éclatait au château; et je restai longtemps au bord du lac, au jardin, et j'entendais votre ruisselet tomber du lac vers la plaine et le bois. Notre bois ! Qu'avons-nous de plus cher?

7. — Cette plaine rendue si douce par vos promenades, où les soupirs du vent de mars gravent la précieuse empreinte de votre pied en violettes bleues comme vos yeux, ces ravins boisés où nous nous retrouvons, et ces vallées du paradis...

8. —Le mince acacia n'agitait pas une seule de ses longues fleurs couleur de lait; la blanche fleur du lac retombait dans le lac; et la pimprenelle sommeillait sur la pièce d'eau ; mais pour vous, la rose se tient

éveillée toute la nuit, sachant ce que vous m'aviez promis; les lis et les roses étaient tous éveillés, soupirant après l'aurore et toi.

9. — O ma rose, reine du parterre fleuri des jeunes filles, viens^ les danses ont cessé ; dans ta brillante traîne de satin, dans la lueur de tes perles, reine des lis et des roses, viens briller, avec ta fine tète, couronnée de boucles d'or, viens et sois le soleil des fleurs.

10. — Sur le chemin, une larme splendide esttombéeducalice delafleurdelapassion.

Elle vient, ma colombe, ma bien-aimée; elle vient, ma vie, mon destin. La rose rouge crie : « Elle s'approche, elle s'approche » ; et la rose blanche pleure : « Il est bien tard ». Le pied d'alouette écoute : « Je l'entends, je l'entends » ; et le lis murmure : « J'attends ».

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