Car uli corbeau croasse sans, cesse à
mon cote : « \'cillc et défie-toi, veille et défie-toi, ou tu deviendras leur outil ». Oui, je me garde contre moi-même, car souvent l'org-ueil blessé d'un homme est la marotte d'un fou.
8. — Peut-être ce sourire et cette voix tendre venaient-ils d'une pitié bien féminine, car ne suis-je pas, ne suis-je pas ici seul, de longs étés, depuis qu'elle mourut, ma mère qui était si gracieuse et si bonne ? Je vis seul dans une maison vide^ à moitié ensevelie dans le bois sombre, où j'entends à midi les gémissements des morts, et la souris qui s'échappe des boiseries en criant, et montriste nom qui résonne dans les coins, quand le frémissement des feuilles agitées frissonne dans les vastes pièces ; si bien que j'ai été pris d'une haine et d'une horreur maladives pour un monde que je n'ai encore vu qu'à peine, et qu'une plante parasite et morbide s'est fixée sur mon cœur à demi pétrifié.
9- — O cœur de pierre, serais-tu vivant et saisi par ce que tu as juré d'éviter? Car, quelle autre cause intérieure, si ce n'est celle que je crains, l'ivresse nouvelle et forte de l'amour, aurait pu me faire balbutier et bégayer, quand je vis, glorieux trésor, sa main se glisser hors de son gant sacré et ses lèvres s'entr'ouvrir comme pour laisser échapper un rayon de soleil ?
10. — J'ai joué avec elle quand elle était enfant; elle s'en souvient, maintenant que nous nous retrouvons. Ah ! oui, oui, oui, certainement, je peux être ensorcelé par quelque tromperie de coquette. Si pourtant elle n'était pas trompeuse, si Maud était ce qu'elle paraît être, si son sourire contenait tout ce que je rêve, alors la vie ne semblerait pas si amère et un sourire pourrait la rendre douce.
1. — L'ai-je entendu, en sommeillant à demi, il y a longtemps, je ne sais où ? L'aije rêvé, il y a une heure, quand je m'étais endormi dans ce fauteuil ?
2. — Deux hommes buvaient ensemble, buvaient et parlaient de moi : « Eh bien, s'il vous vient une fille, mon fils sera assez riche : c'est donc convenu » ?
3. — Est-ce l'écho de quelque histoire lue avec une joie enfantine, où des vizirs se font des signes de tête, dans quelque conte des Mille et une Nuits ?