LA VICTOIRE DE L'AISNE
21 octobre 1914.
La bataille de l'Aisne s'achève, à notre grand honneur, à notre plein avantage. Et pourquoi donc ne pas l'appeler par son nom ? C'est la victoire de l'Aisne. Encore faudrait-il dire les victoires de l'Aisne, car, le général Gherfils l'ajustement remarqué, chaque avance, chaque tranchée conquise a représenté une victoire.
Évidemment l'imagination est déconcertée. Nos victoires de 1914, celle de la Marne et celle de l'Aisne, n*ont pas le caractère ramassé des Marengo, des Austerlitz et des léna du grand Empereur, journées bien dessinées et faciles à embrasser d'ensemble comme les tragédies du théâtre classique. Les victoires de JoflFre, ce sont des entassements d'héroïsme et de science, un chaos de manœuvres pour celui qui n'a pas le cerveau (et les renseignements) d'un officier d'état-major.
On en peut tout de même, dès maintenant, saisir la courbe, le départ, le sommet, la fin et le béné-fice. La bataille de l'Aisne a commencé dans l'aprèsmidi du 12 septembre. A ce moment, depuis deux jours, les Allemands vaincus sur la Marne battaient en retraite; on espérait qu'ils s'en iraient jusqu'à la Meuse ; mais Ja sixième armée française à l'ouest de