‹ Maurice, comte de Saxe, et Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France. Lettres et documents inédits des archives de DresdeChapitre 31 sur 73 · PUIS LA LUITE DR MIEL · texte numérisé non relu

PUIS LA LUITE DR MIEL

j'ai eu des rages de tête affi*eu8es et, depuis mercredi qu'on m'a saignée, elles sont passées. Je vous renouvelle la prière que je vous ai faite, de vouloir bien prier et faire prier le bon Dieu pour le repos de son âme, quoique j'espère qu'elle n'en aura pas grand besoin, la manière dont elle est morte étant très-consolante

Cette lettre, si touchante dans sa simplicité, prouve combien on avait eu tort de blâmer l'intimité de ces deux jeunes princesses; l'instinct avait mieux guidé Marie -Josèphe que tous les conseils. Louis XV luimême éprouva le besoin de lui faire une réparation. Du moins ne trouvons -nous d'autre explication au passage relatif à la dauphine, dans la lettre suivante que le roi de France adressa à la reine de Pologne, pour lui faire part de la mort de Madame Henriette :

Madame ma soeub.

L'accablement dans lequel m'a jeté la perte que je viens de faire de Madame ma Fille et dont je vous fais part, assuré de celle que vous y prendrez, n'a point empêché mon coeur, inaccessible à tout autre sentiment que celui de la douleur, de rendre à la conduite de la dauphine, ma Fille, en cette occasion, toute la justice due aux motifs qui en ont été le principe; ils seront celui de la tendresse que je conserverai pour elle et dans laquelle vous trouverez toujours le sûr garant de mon amitié pour vous. Je suis. Madame m^ soeur, de Votre Majesté

A Versau^les, le 23 février 1752. ^^^ ^^^®

Louis.

214 La lumb housse,

Sans vouloir amoindrir le beau rôle que Madame Henriette joua dans le jeune ménage, il est permis de se demander si Marie- Josèphe, comme elle en était persuadée, devait en effet le bonheur de sa vie à une autre? Madame Henriette eût-elle réussi, si Marie- Josèphe ne l'eût pas si bien secondée ?

Peu de mois après la mort de sa soeur, au mois d'août 1752, le dauphin fut pris de la petite vérole. Les médecins le saignèrent et le ressaignèrent selon l'habitude du siècle. Ce fut à sa femme qu'il dut la vie ; elle le soigna comme une soeur de charité et étonna tout le monde par son courage et son dévouement.

A cette époque, le 7 août 1752, la duchesse de Brancas fit à la reine de Pologne, le portrait suivant de Marie- Josèphe :

Son visage est long, et ne contient que des yeux. Dieu qui nous rend un prince dont la perte eût été inexprimable, nous conservera de même une princesse, objet de Tadoration de la France. Outre les médecins de la cour, on a fait venir quatre des plus renommés de Paris, dont plusieurs ne connaissaient pas M^ la dauphine ^). Us en sont dans un enchantement inexprimable et disent: il n'y a pas de femme qui lui soit semblable. Je réponds, sans vouloir rien démentir des vertus et des

1) „M. Sënac, voyant que la petite vërole n'était plus douteuse, jugea à propos de demander an roi que l'on fît venir de Paris les deux mëdecins qui sont le plus dans Pusage de voir des petites véroles, Ponce et Vemage, et ils furent mandés sur le champ/* — Mémoires du duc de Luynes, du vendredi 4 (août 1752), T. XII, p. 83.

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