‹ Maurice, comte de Saxe, et Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France. Lettres et documents inédits des archives de DresdeChapitre 59 sur 73 · Znaïm, le 21 février · texte numérisé non relu

Znaïm, le 21 février

„J'ai reçu des nouvelles fort importantes de l'ennemi; il

ne s'agit pas ici de badinage, mais de choses si importantes

qu'elles doivent régler le sort de l'Europe. Je vous prie

donc instamment de m'envoyer quelqu'un, afin que nous

puissions prendre ensemble des arrangements solides pour

notre sûreté et pour notre réputation

Fedbric.**

Quant à Maurice, on sait que les prises qu'il eut avec le roi

de Prusse en 1742, n'ont pas empêché ce monarque de rendre

plus tard pleine justice au génie et à la valeur du vainqueur de

Fontenoj. Quand, sept années après leur orageuse entrevue à

4ô0 Mauiugs peint par Un-M^MS.

Gross-Bitesch; ces deux grands capitaines se revirent à Sanssouci; il ne fat point question de leurs anciennes discussions; ÏVédéric du moins n'y pensait plus en écrivant à Voltaire, le 15 juiUet 17491):

^J'ai vu ici le héros de laFrance, ce Saxon, ceTurenne du siècle de Louis XV. Je me suis instruit par ses discours, non pas dans la langue française, mais dans Fart de la guerre. Ce maréchal pourrait être le professeur de tous les généraux de l'Europe*'*

MAUMCE AU COMTE DE BRUHL

EnVoi d'une lettre secrète au r^i. — RecommandatioiiB et remercîments. — Renforts.

MoNsiBDB, ^ P^=^' 1^ 25 février 1742.

Je prie Votre Excellence de remettre l'incluse au Roi; elle contient une lettre de M. le cardinal, que je La prie de me renvoyer quand elle me fera Thonneur de m'écrîre. Votre Excellence me ferait plaisir si Elle voulait bien ne pas la communiquer à M. le comte Des ^ll^^rs parce que je ne serais pas bien aise que l'on sut le petit commerce que j'ai avec M. le cardinal. Elle m'a déjà fait une tracasserie avec le roi de Prusse, dont j'ai eu de la peine à me tirer ^).

J'ai reçu de Paris la nouvelle que Votre Excellence avait écrit en ma faveur à M. le comte de Ponîatowski^). Je La prie d'en recevoir mes remercîments, et d'être per-

1) Oeuvres de Frédéric le Grand, T. XXn., p. 205.

*) Voyez la lettre XXXU., du 14 février.

') Il s'agissait de l'affaire de Courlande: voyez lettre XXIV., du 24 décembre 1741. Bruhl avait promis à Maurice de soutenir ses prétentions tant à Pétersbourg qu'à Paris; et Maurice, dans un billet de Prague, du 22 février 1742 « s'était plaint de ce que Poniatowski ne paraissait pas avoir reçu les instructioua promises.

Lettres niiDiTBS. (1742.) 451

suadée que Ton ne saurait être avec un plus parfait attachement, Monsieur, de Votre Excellence le très-humble

et très- obéissant serviteur Maurice de Saxe.

Je joins une liste des régiments qui sont en marche pour venir en Bohème; nous aurons incessamment soixante et dix mille hommes ici.

xxxvn.

MAURICE A AUGUSTE m.

Maarice transmet à son frère une lettre du cardinal de Fleury. — Négociations de paix. — Perspective d'une retraite de Parméd française & travers la Saxe. .

(à PisEK, le 25 février 1742) 0-

J'ai pris la liberté d'écrire à Votre Majesté au commencement de ce mois, et de Lui conseiller de s'unir étroitement avec la France. Je me suis hasardé, depuis, de Lui faire observer le danger où Elle exposait la Saxe en permettant que le roi de Prusse emmène les troupes de Votre Majesté sur la Taja. J'ai depuis agi en conséquence de ces principes. Mais il a plu à Votre Majesté d'en ordonner autrement.

Je prends la liberté d'envoyer à Votre Majesté une lettre de M. le cardinal, par laquelle vous verrez, Sire, la confiance qu'il a prise dans vos sentiments, et que je souhaite de tout mon cœur que l'envoi des troupes saxonnes sur la Taja n'ait pas altérée.

Le roi de Prusse, qui sent qu'il a déplu à la cour de France en entraînant les Saxons par ruse et par adresse sur la Taja, dherche à la distraire de l'attention qu'elle

^) 11 A été facile de restituer la date qui manque, d'après la lettre précédente, adressée à Bruhl le même jour.

452 Màubics pbint par lui-même.

pourrait y faire, par des propositions de paix qu'il a suscitées lui-même à Vienne, et qu'il fait passer par des courriers, coup sur coup, en France, et que je crois assez frivoles. Quoi qu'il en soit,. il arrive de France plus de trente mille hommes, qui, avec ce que nous avons en Bohème, ne laisseront pas de se faire respecter.. Si les troupes de Votre Majesté avaient été à portée de se joindre, je crois que le roi de Prusse aurait filé doux, et que vous en auriez tiré, Sire, de grands avantages.

Je ne dois pas passer sous silence que le maréchal de Broglie m'a dit hier que, s'il lui arrivait un échec entre ici et le temps où il pourra être renforcé, il n'aurait d'autre retraite à prendre que la Saxe. Cett^ perspective m'afâige autant que notre situation ici, et celle des troupes saxonnes en Moravie.

Je suis avec la soumission la plus profonde. Sire, de Votre Majesté le très-humble, très -soumis et très-obéissant serviteur Maurice de Saxe.

Annexe,

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