‹ Maurice, comte de Saxe, et Marie Josèphe de Saxe, dauphine de France. Lettres et documents inédits des archives de DresdeChapitre 60 sur 73 · LE CABDIKAL DE FLEURT AU COMTE DE SAXE · texte numérisé non relu

LE CABDIKAL DE FLEURT AU COMTE DE SAXE

VEESAHiLES; le 15 février 1742.

J'ai reçu, Monsieur, la lettre dont vous m'avez honoré du 2 de ce mois, et j'avoue que j'ai pensé comme vous, et

^) Cette lettre, qui fat rendue à Maurice, mais dont Bruhl garda copie, est la même dont parle le maréchal de Broglie en écrivant de Pisek, le 15 mars 1742, au cardinal de Fleury:

„M. le comte de Saxe est bien content, avec raison, de la lettre que Votre Eminence lui a fait l'honneur de lui écrire et de celle qu'il a reçue de M. de Breteuil; c'est un très-bon offîcier-général, et qui mérite beaucoup de louanges de la manière dont il s'est comporté pour le service du Boi, quand il a été question de nous faire joindre par les Saxons; il est très-content de moi et moi de lui.** Voyez: Campagyies de Messieurs les maréchaux de Broglie et de Belleisle, (Amsterdam 1762.) T. IV., p. 48.

Lbttbbs inédites. (1742.) 453

que je crains infiniment que le roi de Prusse ne prenne point le parti de tourner tout d'un coup après son entreprise d'Iglau sur Neuhaus et Budweis. M. le maréchal Belleisle est persuadé du contraire^ et j'ai grande peur qu'il ne se trompe; car outre la lettre au roi de Pologne j'en ai vu plusieurs autres dans lesquelles il se promet de chasser entièrement les Autrichiens de la BohèmC; mais sans s'expliquer sur la route qu'il prendra pour y parvenir. J'apprends que vous étiez parti le 5 de ce mois pour aller exhorter ce prince à changer d'avis, et à se porter sur la droite au lieu de la gauche. Nous ne sommes pas même bien certains que les Saxons prennent ce parti; mais je voudrais que le roi de Prusse pût nous laisser croire qu'il sera aussi docile que le roi de Pologne, dont je connais la droiture des intentions.

J'attends ce dénouement avec autant d'inquiétude que d'impatience, et je voudrais du moins, si vous ne pouvez persuader le roi de Prusse, que vous puissiez gagner sur vos compatriotes d'aller joindre, avec M. de Polastron, M. le maréchal de Broglie.

Je compte beaucoup sur votre zèle et sur la bonne cause dont vous êtes chargé. Je ne puis qu'approuver toutes vos réflexions qui sont fort justes, et vous assurer. Monsieur, des sentiments les plus sincères avec lesquels etc.

xxxvni.

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