LES DERNIERS JOURS DU MARÉCHAL DE SAXE
X armi cette troupe dorée de volontaires désireux de partager les lauriers et les périls de l'année française que le maréchal de Saxe commandait en Flandre, un jeune et brillant officier saxon se faisait remarquer pardon grand air» sa bonne mine «t sa valeur : c'était le comte de Friesen, neveu du maréchal ^). Colonel à vingt ans, Friesen avait rejoint le camp français juste à temps pour faire ses preuves à Raucoux. Grâce à la protection de ses deux oncles, Auguste III et Maurice, il put entrer au service de France sans sortir des rangs de l'armée saxonne. Louis XV le nomma brigadier en 1747, maréchal de camp en 17.48, lui donna un régiment, puis un deuxième, enfin, après la mort de Maurice, le château de Chambord, avec toutes les dépendances et tous les privilèges accordés au maréchal (patente du Ô février 1751). Friesen ne devait pas jouir longtemps de toutes ces faveurs : il mourut, à peine âgé de trente ans, à Paris, le 29 mars 1755. Son secrétaire: le baron de Grimm, son ami: le baron de Besenval, le marquis d'Argenson, le duc de Lu^nes, le prince de Ligne, tous parlent de lui dans leurs Mémoires, et a bonnes enseignes, car tout Fcuris, sous le règne de Madame dePompadour, citait les prouesses, les madrigaux et les galantes aventures du comte de Frise,
Les papiers du dernier comte de Friesen furent envoyés en Saxe après sa mort'^), et le baron de Friesen -Eœtha, son cousin et héritier, les déposa aux archives de famille, où nous les avons retrouvés dernièrement.
Il y a parmi ces documenta plusieurs lettres particulières qui renferment sur les derniers jours du maréchal de Saxe des détails
1) Auguste-Henri comte de Friesen, dernier comte de ce nam, était fils unique dn ministre de cabinet Henri Frédéric comte de Friesen, qui, en 1725, avait épousé une saur du comle de Saxe: Auguste-Constance, comtesse de Gossell, fille légitimée dn roi Auguste II de Pologne, électeur de Saxe. .
*) I^ gouvernement français usa seulement dn droit de rétention k l'égard des correspondances officielles que Maurice avait léguées à son neveu. Ce sont les matériaux dont on composa plus tard les Lettres et Mémoires du maréchal de Saxe (Paris, 1794). Voyez VAvertissemitni.eiï tête du premier volume.
520 ^ Appendice.
HuthenticjueB et inédits. Nous choisissons deux des plus curieuses '), et pour expliquer Fintérêt historique qui s*y rattache nous ajoutons quelques documents; également inédits, des archives de Dresde.