NOCM KT FF8TIM
cun dans son parti; car il y en a deux: celui de la reine, de M. le dauphin et des dévots, en compose un; les gens attachés au roi, un autre. Le Stanislas lui a détaché à Strasbourg M. et Me d'OssoUnski, cette dernière a dit à Madame la dauphine qu'il fallait qu'elle s'attachât à la reine, si elle voulait se faire aimer de M. le dauphin, et qu'elle disposait de la tendresse de son fils. La reine de son côté fait continuellement des caresses à Madame la dauphine qui y répond très-bien, mais qui sait déjà à quoi s'en tenir. Enfin toute la cour n'est occupée que des moyens de lui plaire, et cela fait fort bien. Je fais de mon mieux pour la mettre au fait de tout, et la petite princesse se démêle de tout cela aussi lestement qu'il est possible.
Je prends la liberté de prier Votre Excellence de me faire une galanterie, c'est de me faire passer six Tovarich tartares, mais vrais tartares mahométans, de ceux qui se trouvent parmi les uhlans. J'en ferai des officiers d'uhlans dans mon régiment. M. Muldener leur donnera 50 ducats à chacun pour faire leur voyage de Dresde par Francfort sur le Alain à Strasbourg, où'il leur donnera une adresse. Il peuvent venir sur leurs chevaux et amener chacun un valet monté. Je ne crois pas que ces six personnes donnent de l'ombrage à la cour de Vienne, mais j'ose encore supplier Votre Excellence qu'ils soient de religion mahométane.
J'ai l'honneur d'être plus que personne au monde, Monsieur, de Votre Excellence le plus humble et trèsobéissant serviteur
M. de Saxe.
J'ai bien des remercîments encore à vous faire, Monsieur, de la lettre que Votre Excellence a bien voulu
„Lb pétakd a sauté!" 173
écrire à Me la princesse de Holstein et dont M. le comte de Loss m'a communiqué la copie aujourd'hui.
Nous ne saurions , sans sortir du cadre de cette étude, dévoiler les péripéties de la négociation secrète qui, entamée par le duc de Richelieu à Dresde, fut continuée à Versailles, sous la direction du maréchal de Saxe. C'est le fond sérieux de ce récit; Marie- Josèphe fut un gage de paix; son arrivée en France coïncida avec une ère nouvelle et inaugura un nouveau système politique.
Marchant de front d'abord avec les conférences de Breda, qui ne servirent qu'à amuser la galerie et les Hollandais, cette négociation, comme tant d'autres transactions mystérieuses du X VIIIe siècle, demeura sans résultat tangible et n'empêcha pas la guerre de se rallumer au printemps. Le secret en fut bien gardé; à Paris personne n'en sut mot, à l'exception du roi, du maréchal de Saxe et des négociateurs. Puysieux n'initia aucun de ses collègues, ni Maurepas, ni Noailles, à ces pourparlers, qui furent repris, après la bataille de Lawfeld, et continués, dans des conférences nocturnes, jusqu'à la veille du départ de Saint- Sévérin pour Aix-la- Chapelle; l'impératrice Marie-Thérèse avait fini par munir l'ambassadeur de Saxe de pleins-pouvoirs, en toute forme.
Des recherches toutes récentes ont fait retrouver dans les archives de Vienne1) et de Dresde2) les traces
') von Arneth : Maria Theresia's erste Hegierung^jahre. T. III, p. 479. *) Die Geheimnisst de* ttiidisiachen Cabinets. T. I. p. 132.
Noces et festins.
de cette négociation, importante pour l'histoire, puisque ces pourparlers secrets déblayèrent le terrain pour la paix de 1748 et devinrent le germe du grand revirement dans les alliances européennes, inauguré par le fameux traité de Versailles que la France et l'Autriche signèrent le 1" mai 1756.